CLASSIFICATION DE
Arlicle 9. Formation du limon d’atterrissement. — du terrain d'eau douce.
EL du grès sans coquilles.
— 6. — du calcaire siliceux.
—. à. — du sable et grès marin coquillier.
— À. — yypseuse,
mi (9. — du sable et du calcaire grossier.
de l'argile plastique.
de, la craie.
FRANCE NORD. 3x1
Le premier article traite de la formation de la craie signalée à Meudon, à Bougival, cte., des lits de silex en rognons qu'on y observe, et indique 50 espèces de fossiles recueillies par Defrance, mais la plupart inédites. Les fragments de coquilles fibreuses pour lesquelles on créa depuis le genre Inoceramus n'avaient pas encore reçu de nom, et aucune trace de coquille de gastéropodes n'avait été observée.
La formation d'argile plastique recouvre partout la craie; elle atteint quelquefois jusqu'à 16 mètres d'épaisseur, et, par places, est réduite à quelques décimètres. Elle ne renferme aucune trace de corps organisés. Complétement distincte de la craie, elle a été déposée dans des circonstances entièrement différentes; leurs caractères chimiques comme leur stratification doivent done les faire séparer entièrement.
Formation du sable et du calcaire grossier. Ce dernier ne repose pas toujours immédiatement sur l'argile, mais il en est séparé souvent par une couche de sable plus ou moins épaisse, sur les relations exactes de laquelle Cuvier et Brongniart restent cependant fort incertains. Les divers bancs calcaires se suivent dans un ordre déterminé, constant, de bas en haut. Quelquesuns manquent accidentellement, mais ceux qui persistent conservent entre eux la même position relative sur une étendue d’au moins 12 myriamètres.
Les espèces fossiles répandues dans chaque couche restent généralement les mêmes dans toute son étendue; mais elles diflèrent sensiblement quand on passe d’une couche à une autre. Ce caractère a servi aux auteurs pour les distinguer, puis pour les retrouver à de très-grandes distances. « C’est un signe de « reconnaissance, disent-ils, qui jusqu'à présent ne nous a point « manqué. » Aucun de ces fossiles n'existe dans la craie, mais la différence d’une de ces couches à l'autre est moindre que celle qui existe entre la craie et le calcaire, car cette dermère est complète.
Cuvier et Brongniart décrivent ensuite chaque assise du caleaire grossier, Les plus basses sont celles qui renferment le plus de débris organiques et les plus variés; ce sont aussi celles où
se trouvent les Camérines (Nummulites), soit seules, soit associées avec des polypiers et de nombreuses coquilles (Vaucienne, Chantilly, le mont Gannelon, le mont Ouin). En disant que dans tous les lieux cités, les couches calcaires sablonneuses remplies de coquilles succèdent immédiatement à l'argile plastique, superposée elle-même à la craie, on voit que dans cette région même, entre Villers-Cotterets et Compiègne, les auteurs de l'Essai sur la minéralogie des environs de Paris ont moins bien observé que Lavoisier, dont le nom ne se trouve d’ailleurs cité nulle part dans leur ouvrage.
À ces premiers bancs succèdent les autres assises du calcaire crossier des carrières des environs de Paris : le bane vert, la roche, le banc à Cérites, la rochette, ete., puis les marnes ealcaires dures, les marnes tendres avec silex et cristaux de quartz, mais dépourvues de corps organisés.
Les fossiles du calcaire grossier ont été déposés lentement et ensevelis dans des couches régulières, distinctes où ils ne se sont pas mélangés. Tous diffèrent de ceux de la craie, et, à mesure que les couches se déposaient, les espèces changeaïent; plusieurs ont disparu et de nouvelles se sont montrées, ce qui suppose une assez longue suite d'animaux marins. Enfin le nombre des espèces a toujours été en diminuant, jusqu'au moment où elles ont entièrement disparu. |
La formation gypseuse est superposée au calcaire grossier, ainsi que l'avait dit Coupé, mais non immédiatement comme semblent ici l’admettre Cuvier et Brongniart, qui décrivent suecessivement, dans la colline de Montmartre, les trois masses de gypse, en signalant la présence des restes de vertébrés fossiles dans la première ou la plus élevée, désignée sous le nom des hauts piliers, à cause de ses divisions verticales grossièrement prismatiques. Ils pensent, avec de Lamanon, que ces assises se sont déposées et ont cristallisé dans des lacs d’eau douce. Ils mentionnent au-dessus les marnes blanches avec des trones de palmiers changés en silex, des Linnées, des Planorbes, des marnes argileuses ou calcaires sans fossiles, des marnes Jaunâtres feuilletées avec strontiane sulfatée et des lits minces rem-
plis de moules et d'empreintes de petites bivalves rapprochées des Tellines.
Les marnes argileuses vertes, sans débris organiques, mais très-constantes aussi et avec des géodes de strontiane sulfatée, sont surmontées de quelques lits également sans fossiles, que recouvrent les marnes jaunes avec des coquilles marines, un banc de grandes Huîtres et de marnes blanches renfermant des lits de petites Huitres.
Les observations qui suivent, relatives à la direction des collines de gypse dues à la puissance de la pierre à plâtre, plus grande vers le centre qu'aux extrémités ou sur les côtés, est exacte quant à la partie du bassin que les auteurs considèrent.
La formation du sable et du yrès marin recouvre généralement la précédente. Elle comprend des bancs de sable siliceux très-pur, souvent à l'état de grès, remplis de coquilles marines très-variées, et que les auteurs regardent comme appartenant aux mêmes espèces que celles du calcaire grossier de Grignon. On observe ces couches à Montmartre, à Romainville, à Saint- Prix, à Montmorency, à Longjumeau.
La formation du calcaire siliceux occuperait une position parallèle au calcaire marin, ne se trouvant n1 au-dessous ni audessus, mais à côté, ou, comme on l’a dit, bout à bout. Elle semble en tenir la place dans la grande étendue qu'elle occupe à l’est et au sud-est de Paris. Placée aussi immédiatement audessus de l'argile plastique, elle est composée de calcaires tendres, blancs, grisou compactes, pénétrés de silex celluleux et ne contient aucun fossile marin ou d’eau douce. Elle renferme des pierres meulières exploitées, et, aux environs de Fontainebleau, elle est surmontée de marnes argileuses, de grès sans coquilles et du terrain d’eau douce ou huitième formation.
La formation du grès sans coquilles, qui recouvre la précédente, n’a au-dessus d'elle que le terrain d’eau douce. Les auteurs décrivent les sables et les grès de la forêt de Fontainebleau et des environs, que de Lassone et l'abbé Soulavie avaient fait connaître, mais dont les noms ne sont point rappelés. Hs n°y ont pas observé de coquilles non plus qu'à Étampes, au sud et à
la butte d'Aumont au nord, Cette distinction des formations 5 et 7 nes’est point trouvée justifiée, car ce ne sont en réalité que les deux parties d’un même tout, fossilifère sur un point, et sans fossiles sur d’autres. Coupé, suivant, commeille dit, lamême nappe de sable et de grès de Montmartre à Fontainebleau, n'avait pas fait cette faute. Quant aux sables de la butte d’Aumont qui leur sont ici associés, ils sont au contraire d’un àge très-différent.
La formation du terrain d'eau douce, qui paraît s'étendre sur toutes les autres, ressemble par sacomposition au calcaire siliceux précédent. On y trouve également des silex meulières; mais il ya de plus beaucoup de coquilles d’eau douce, semblables en tout à celles qui vivent encore dans nos marais, et de petits corps ronds cannelés, désignés par de Lamarck sous le nom de Gyrogonites.
Enfin, la neuvième formation est celle du limon d'atterrissement, comprenant les cailloux roulés et le sable des vallées avec des ossements de grands quadrupèdes.
Tel est l'exposé de la première publication de Cuvier et de Brongniart, donnée par eux comme un extrait de leur travail complet, qui, présenté aussi à l’Institut, le 11 avril de la même année, ne parut dans les Mémoires de la classe de physique et de mathématique que trois ans après (1). D’assez nombreux changements y furent apportés dans cet intervalle, sans cependant qu'aucune mention en ait été faite par les auteurs; mais nous suppléerons à cette lacune en les signalant 1er.
Après une Introduction qui est la reproduction littérale de celle de 1808, on voit qu'au lieu de 9 divisions ou articles comme ils les appellent, ils en proposent ici 11, arrangés dans un ordre diflérent, comme 1l suit :