CONSONNES PROPREMENT DITES
A. OCCLUSIVES
Les quatre catégories possibles d'occlusives sont représentées dans le système, les labiales par les caractères-types D, J , =i^=:^, et par leurs équivalents graphiques, les dentales par les caractères- types c> , s=5 , ^^ , c:^» , et par leurs équivalents graphiques, les gutturales et les aspirées par ^z:^, a, Z3, en, \, ®, **~=', et par leurs équivalents, enfin les sifflantes et les chuintantes par —*—, I, csm, et leurs équivalents, aux diverses époques. Les caractères ne couvrent pas exactement toutes les nuances de son employées dans l'usage courant de la langue, mais chacun d'eux cache, à côté de l'articulation fondamentale qu'il représentait à l'origine, des articulations secondaires appartenant à des dialectes différents ou survenues dans un même dialecte au cours des siècles. Je vais essayer d'établir leur histoire, tout au moins depuis le. début du second empire thébain, XVP siècle avant Jésus-Christ, jusqu'à nos jours.
o. Labiales.
Au début du second empire thébain, il semble que D et sa variante a^ couvrent déjà deux sons, notre sourde simple p et son aspirée pJi, o : peut-être l'ortliographe fréquente à l'âge memphite, rare plus tard, D^^^^' ^//^' ^^rque-t-elle un essai des scribes pour rendre la prononciation sourde p, aux temps antérieurs, mais cela est bien incertain. Il semble que cette double prononciation, dont nous ne pouvons rien dire à l'origine, devienne un fait dialectale à mesure qu'on avance dans le temps; à partir de l'époque .«aïte, la prononciation p/i, a, est celle des dialectes du Nord, et la prononciation /)-è- est celle des dialectes du Sud dans certaines positions, tant qu'enfin, dans le copte, elle s'exprime par n dans les dialectes du Saïd et par cç dans ceux du Delta. La prononciation / du cç s'est maintenue jus(|u"a la Un dans l'alexandrin-meinpiiifi(|ue, et, aujourd'luii encore, les Coptes la conservent par tradition, mais la prononciation p du n saïdique a disparu sous l'influence de l'arabe qui ne connaît point l'articulation p, et elle est devenue celle de la sonore b dans toutes les positions.
Voici quelques-unes des preuves grapiiiques qu'on peut donner de cette histoire : 1° Du XVP siècle acant notre ère à la fin de l'époque saïte. — Dans les trans-
\)K I.A IMInM'ilK^HK lOi VrTII'lXNE
ciiptions en liiéroglyplics ddiinées des noms sémitiques par les listes géographiques depuis Tlioutmôsis III jiis(|u';i Sliashaïui, D et ^iK répondent au e hébraïque, ()^
°\1. ■"'^^^ ^PmV,,,/,. ^9 Fou/an, ^ ^ "^^ nnç ^ll^ , (] |) ^ ^cr, .lA.saPH,
^Q^^^'^°-"^?n Hop/iarnini. |'^'^D^](] ""^^IH -u*,^ .Snrn'pfa, Sa/'ePHto, SeroFi'iK/, etc. Il est difficile de faire là le départ des deux prononciations du t) = ph ou p, mais plusieurs exemples montrent que les scribes essayaient parfois de les dis-
V ^ ^ — ra \\ ^^ /www
ting-uer par 1 écriture: -Çs w JK>^ <=> -^ JL, où le premier élément du nom
correspond à riiél)reu -ie3, rend le =i de ce mot par ^.=^, et de même i \\ \/\
tëin, I A(l ras, etc.'
Les transcriptions cunéiformes des noms égyptiens nous donnent : Pour l'époipie d'Aménôthès III et d'Aménôthès IV, dans les noms propres formés avec AX| initial, 'PnhaninOla !^^ |V 1^- ^'aouèra J^^ "v^ "^^ 1^ ^ . Pariyamahou
^^ Y\ , dans le corps et à la fin des mots (1 ^ Amanhatpe,
- -/ -J — ^ -1 1 /www c^ LJ ^J
1 /WVSAA l
^' Amanappa, 0 r""^ ^ Maiia/ipiriijn ;
Pour celle de Ramsès II, '^ © àatep-na-riiia :
Pour celle d'Asarhaddon et dAssourbanipal, dans les noms géographiques en
, Panoubou , Poiis/iirdu Af\, Pishaptoii j\ rC ®, dans le titre
Pirouâ , dans les noms d'hommes en '-' et en A^, Petoubashti W M?^,
Les transcriptions hébraïciues et grecques des noms d'époque saïte, que les prophètes et Hérodote nous ont conservées, nous permettent de saisir dans la prononciation du U des nuances qui nous avaient échappé jusqu'alors. En effet, avec la confusion graphique que les cunéiformes établissent entre les syllabiques en b et ceux en p, ou entre les prononciations sourde p et aspirée ph de leurs signes qui renferment un p, confusion qui se retrouve en hébreu pour =1, nous ne pouvons pas dire si les Egyptiens prononçaient les noms ainsi écrits Pa/iiirt ou Pualiira, Sairpla ou SarepHta, Pe/rtô ou Puerao, ni, par conséquent, si les différences de prononciation répondaient à des différences dialectales. Au contraire, quand Hérodote nous raconte la légende de Phérôn et qu'il la rattache à un édifice memphite, nous pouvons en conclure avec un certain degré de vraisemblance que Pué/'ô était une prononciation septentrionale de . D'autre
part, quand il emprunte à Hécatée de Milet, qui, lui-même, l'iivait recueillie à Thèbes, la légende des Pirômis, fils des Pirôims, nous sonunes en droit de conclure (|ue c'était
là aussi une prononciation locale qui énonçait le groupe D^^ ^m P''i-rômi[ë],
donnant à D la valeur sourde quand l'autre lui donnait dans le même temps la valeur aspirée. II est probable que la même ditïérence se retrouvait régulièrement dans les autres mots en D et que les deux dialectes qu'elle caractérise existaient déjà sous une forme plus archaïque que celle que le copte nous fait connaître. C'est ce (]ue les trans-
1. Cf. p. 12 du présent volume. Pour gagner de l'espace, je n'ai point inséré les traductions des mots cités.
criptions grecques de l'âge ptolémaïque et romain tendront ;i nous indiquer de plus en plus.
2° Du commencement de l'époque macédonienne, au commencement de l'ù<je copie. — Elles nous montrent, en effet, le D, transcrit tantôt -, tantôt -j, dans des conditions qu'il s'agit de déterminer, /^>^^^ "^'^^^ rjf ar ^^'^\^''''''H- ^ ^^ — *— ^ *Apiia?, ju-,
iu-:;*or,î, 9 ^ ^Oâ;, et ainsi de suite. Certaines de ces formes où û est rendu par ^ s'expli(iuent sans qu'il soit besoin de recourir à l'hypothèse du dialecte. Ainsi, dans iUTe'ijpr;î, l'aspiration du second D s'explique par le caractère de I'r de - — o, qui est accompagnée d'une aspiration personnelle rmidue par un ' en grec, 'l'ïuiiTr,,-, Rharasès; cette aspiration peut influer sur la prononciation du D précédent, même lorsque celui-ci n est pas contieu a <=>, comme dans <i>ar?;; X< \\ "Hû <j>a-a(.) , •^tvmy:.::, I,
mais, elle dis|)arait dans des mots du même type />^A D V^ ^ ih-sxtUv?,,-, (?) lUpjjLiu!;,
f^-c^lj]^ 1® rup/aijiaaTiv/;fi:, prouvant ainsi (|u'il y a dans la prononciation * du D au voisinage de <=>, ?, un fait probable d'influence dialectale. Il n'en est pas de même dans le rendu *?i... de l'initiale ou Af< de toute une série de noms
composés, *p!îôtjtTO'j,- ^?^R^> <î>p'.'l.Ev/wv7i; F=l D 2) ® l^VW^ •l'p'.r=^';3;p'.;
d J|, etc. : le •!> répond, dans tous ces noms, à la combinaison Q -)- Q de l'égyptien, et, par conséquent, il doit se rencontrer dans les dialectes au Sud comme au Nord, partout où il y a rencontre des sons exprimés par ces deux signes. On a, en elïet, à Thèbes
comme à Memphis, "l'aTp?,,- pour ^^ | n^^T' '^"°''''' 1^'^"'' ^^'^Jh^'^^' *'''f"^
pour « n wT' toutefois, ces deux derniers peuvent devenir niSi^ et nàTti; par affai-
blissement et disparition de l'aspirée. Le même fait- d'usure se retrouve dans la transcription hiérogl^'phique des noms grecs en *. Régulièrement elle se produit par un D
+ aspirée, m ou J, ^ ;^ -^J^ |1 ^ ^^'^-'^^ m\\ ^^"^ *''''-"' "*'•' °^'"' ''^ le trouve exprimé plus fréquemment encore par un n, non suivi d'un signe d'aspira-
tion, *d(](1^^^^ <..^Xo.ip., *Dflfl-^£p^ "''-'• ^fî^Ji '^'''"•' nOO-£^ I J| •]>':X'.--o;, □QQ ^Ssa'*^'^^ •K ^ 'l'iXiiJiijKov. Comme on voit dans ce
dernier cas, le scribe égyptien qui traduisit en hiéroglyphes l'original grec ne reconnut pas le nom du dieu (1 ^ 'Aîijjitov. Les exemples de D ou ^^= 'f se trouvent à la dizaine. Toutefois, un certain nombre de transcriptions grecques nous révèlent pour des noms égyptiens des doublets qui semblent bien indiquer une origine dialectale, ny 0 iSçWi le chat est dans les textes différents *jji';ï; et niioïî. ri(jtojï;, sans qu'on puisse expliquer la prononciation aspirée du D par l'influence de U ma-mo, qui suit ; ^^
Celui (]ui appat-tient au cheikh (Osiris) est naT,pi; et <i>ar,pti;, /^S^W"^^^ ni;ji'v.,- et
^Zfû è ''^^'''^^ et 'A,ev..,.., -^^(j"7^ ^-0.*. et ...V.M,..,-, I)|)°(|y AOdJcpiç et .\<r«ôj'i'.i;, on W iiivï.s..,- et I'ocv/ti?, et d'autres doublets du même genre. Si l'on songe (ju'ils renferment la même équivalence D -, ?, qu'on remarque des dialectes
iiK i,.\ riioxKTiQri'; lîr.Yin-iKXNE
du Saïd à ceux du Delta, on ne peut s'empêcher de penser qu'ils appartiennent à des formes antérieures de ces dialectes et que Hia-'i^. n.uoOïç, iiifxTviç, iiavoCtp;;, iiafjpK, riïjjiojTii;, 'AuevwTf,-, Sevïvoj-;;, 'A-wcptî, sout des formes saïdienncs tandis que •l'u'î'.i;, *a(JtTvic, *avoû<fi<:, ^af pu, *aoJ6Tiî, 'Auevtùip;;, Ssvevoùcptî, 'Açûitp'.ç, sont plutôt dcs formcs Septentrionales. Le passage du D p, sourde simple, à la sourde aspirée f s'accentue par le passage de « à la sonore ^-6 dans des noms de lieu commençant par , tels que Bojêatr:'.; ^oQ®'
ses composés D^(|^^ ir=vivryjg..,-, ^'^û „ J HavoOgi;, dans la vaiiMiih' 'Aipâigt? de 'AiTc-oç!î, Aœù)»!,' de (|^°[j(|J| et ailleurs : le J tardif est souvent ^ de jadis.
3» D?/ commencement de l'ôije copte Jusqu'à nof; Jours. — Avec l'introduction dans l'égyptien d'un alphabet dérivé de l'alphabet grec, la distinction des deux sons que cachait D se manifeste entièrement : les dialeetes méridionaux ont la valeur P-- à l'initiale à la médiale, à la tinale; les dialectes septentrionaux prennent la valeur aspirée ? + h = ï, d'une manière générale à l'initiale et à l'attaque de la syllabe accentuée, et réservent la valeur p pour la finale et pour les syllabes non accentuées. On aura donc "
*e M. ne r.. ^ d\^ rÇiit M. nm T., -^ ^o^ M. nooT., (] ° D «.tÇoT M. *.noT T.
n ^ , û fl ^ , ■x*o M. •2:no T., mais ^ m^ni M. a^one T., j]^ "^ " feemm M. neiunc-ttiune r., ne M. T. B.. et ainsi de suite, régulièrement : le thébain ne conserve le tç que comme équivalent de p -|- aspirée, n-(-2.. ànna les mots égyptiens, n -|- ' dans les mots grecs, tÇ<ofi pour n -\- g^wt, fÇ&n pour n -|- g^e^n, f^HKe ])our n -j- gHKe, (Çi.t'ioc pour n -)- gê-fioc , t^HpeuLwn pour n -]- onr-eiiioit. D'auti'c part, la tendance a transformer le p en b dans la prononciation, qui se manifeste dès avant la conquête arabe, s'accentue, après cette conquête, sous l'influence de la langue nouvelle qui ne possédait pas d'articulation p, si bien qu'assez rapidement, à partir du XP ou du XIP siècle, dans tout ce qui subsiste des anciens dialectes, le n se prononce b. C'est ainsi que le texte arabe transcrit en lettres coptes, ([u'ont publié Le Page-Renouf et Tasanova, écrit n».o-;i, ne^oiuje. c«.ncp, lencpeu, ncKi, eni, noKpè>, pour -A»;, li«!l, ^n<3, iJjlij. ju. (i', l<^. Le vocabulaire franco-copte que j'ai interprété donne na.m, n*^Ae.nc, ptoneo, xi&pnpE, ujois-nncK, Bam, Balance, roBe, mai^Bre, chouBHék, mais *.noc-&Ae, nA.TpiA.pujo-yg, nmceio, apôtre, patriarche, penses, et même na^cxo'"'?., cenoTc, nmi.ps'eite^, jirobablement entendus et prononcés par le drogman égyptien basque, sébous, bibarjent, ])0ur écesque, sées-cous, vif-argent; cela ne l'empêche pas d'employer le «ç pour des mots où il sentait plus fortement le son du p, «ÇoTpc, AitÇ6.!!tfiette«^, X*.tÇAioTo, «^oTep^c, «^eiiie. cç*>'\Aie, tç«,pp*.ii<vg, père, le pain bénit, la. pluie, porte, peigne, parles, parlemoi. Le manuscrit à transcriptions arabes du copte, découvert par Galtier, donne inversement jyîiljU A»e>.pequ(ioni , O'J'jL.^' SnepcitTen. yb,jl > nineTgwoT, ^Sy'^ n&.iio&i ,
^,j,yt ooncoc, LIaI gHnne. etc., et il ri''serve le ^ |)0ur l'articulation pti, f, iSi^ im^HOTi, ^^u,\ ïitÇooT, 1 J9.L.I cf^oTOT, IjyU Mtô.i:Çop*>. sauf cjuelques cas où ils lui laissent la valeur de la sonore simple n, Ji^;' '^i. ^i\ j} /•' Xi-^pH-t, Ul T'^e. Les mêmes phénomènes se
retrouvent. dans les translitérations en caractères latins que divers savants ont données de la prononciation des Coptes depuis le XVIIP siècle jusqu'à nos jours : pour Petrpeus, n est B, jûLnipiDiii atriBiromi, JûLnequje ainBàl'sclia, igon schoB, n&ipH-f Bàirâdi, mais «ç est, au moins dans le texte cité, un n non aspiré, prononcé b, ^'^"^'^'t /niBmoid, ^tioxioc isnomos, (^Hctai>.-\ Biadnàdi, S^pir^ amiBràdi, c«&e t^&i atwaBài; Rochemonteix, (|ui a consulté surtout des Coptes de la Haute-Egypte, connaît pour le n la prononciation b universelle et pour le cç à la lin d'une syllabe la prononciation b également, ^^ eBnûdi, ïi'ÇpH')- enieBradi, è<çpeti aeBran, mais partout, ailleurs, les prononciations b et f se rencontrent sans règle évidente, la prononciation b sous l'influence d'une tradition ancienne dans les plus usités des mots où les Thébains écrivaient un n b, c^«>i Bai {T. nô.i), çÇHèTe..TJu.i.cci Bi'adâornesf (T. hh), et la prononciation f, qui est celle du seul dialecte encore employé à l'église, dans la plupart des cas, t^o-s-wig Foad.s//, «icÇhoti ne'tFa'oui, ninpocÇHTHc biebroFidas, •^cÇtcic dipisis, çÇwt Fod. J'ai constaté l'exactitude des assertions de Rochemonteix, en me faisant lire les mêmes textes bibliques par un prêtre de Bibéh.
De même que n, )^^, ce 1 , ^^^, semble couvrir déjà deux phonèmes différents au début du second empire thébain, une sonore b, dont les scribes ont essayé de marquer parfois la présence par la combinaison ] h^^ ou Jm^^. analogue à ol^:K^, et une
spirante labio-dentale v, qui s'affaiblit probablement en w anglais, quand 1,^*^^, est intervocalique ou initial. Ce mouvement dans la langue s'y produisit évidemment en parallélisme avec celui qui entraîna les prononciations b, v, o, f, de 0, a^; et, à mesure que celles-ci prévalurent, surtout après l'invasion arabe, elle substitua la spirante labio-dentale v à la sonore b, et le J intervocalique ou initial devint v. La valeur B pour fe, successeur de 1 , ^^e, ne se con.serva plus qu'à la fin des syllabes ou des mots, quand ce signe ne précède pas une voyelle, sauf dans quelques endroits où elle s'altère en F, ainsi que nous le verrons plus loin.
Les faits graphiques qu'on peut apporter à l'appui de cette façon de concevoir l'histoire de J -A, égyptien et copte, sont les suivants :
1" Du XVP siècle avant notre ère ù l'époque saïte. — Le a des noms cananéens dans toutes ses positions est traduit pres(iue universellement par j , ^^^, jI/t^' Jl^^^'
dans les listes géographiques depuis Thoutmùsis III jusqu'à Shashanq, -isa J
il en est de même dans les noms communs que les scribes sémitisants affectèrent de mêler à l'égyptien vers la même époque, -^1 -r J v(1Q J"iia3-io , j ri^^ •^
J|V |0^^ pour Jm^c V jllj y^ niai.a, où une fausse assonance avec le mot
précédent a probablement amené par erreur l'intercalation de la syllabe interposée
^J- flCiJ^Om =?^; tfl^^^lL=^^=^«- de =5= /et ainsi de suite.
Les transcriptions cunéiformes des noms égyptiens ne sont pas moins concordantes. Ce sont :
Pour l'époque d'Aménôthôs III et d'Aménôthès IV, "y, iViBnim/n'ija et avec
assimilation de B à M postérieur, XiMMOKi'iija , JtT(T -Jp) Q s/iONiBcla, et peut-être 1 o k-oi/Bou, si le signe final a bien, ici, la valeur bou et non la vulevw pou; Pour celle de Ramsès II, ^^^ insmiya. La forme égyptienne de ce titre devait être
à l'origine nasoaiti-baitt avec la flexion en (10 et en -ti des noms d'agent ou d'état,
mais, l'i final s'étant amui dans la prononciation, dans 1^, reste de 1^, analogue pour la forme à Aiepir T., reste de (1(1 , le «s final s'est amui à son tour, comme tous
les ^ féminins, et l'ensemble a dû se prononcer nsi-biyé, d'où nsi-hiya cjui est l'orthographe cunéiforme. Peut-être la variante 1|^^, déjà fréquente relativement sous le premier empire thébain, est-elle un témoin graphique de l'amuissement du q\\, ^ final, et un indice de la prononciation nesi-biyé, nsi-biyé, à cette époque ;
Pour l'époque d'Asarhaddon et d'Assourbanipal , les noms en ^^^^zz^ initial, (^^ ^w>AA Boukkourninip, Bocchoris (la dérivation de © X^ U que Sethe a proposée
pour ce nom ne me parait pas admissible), i<^^ '^^ ^T^ Sr ^oiikkoiuiannipi , puis ^ s^ //fl?/i//7'Bï', Athribis, PounouBou,\ , Zob//o?/Y/, LTVÎ '^laU "-^/iCt-
Bakou. Dans tous ces noms, j , ^^^, conserve sa valeur pleine, et il est notre b sonore;
une fois, pourtant, entre deux voyelles et à la syllabe accentuée, il couvre le son du w
n ^^ 2 " anglais, Patouashtoii ^ ^, mais, comme c'est dans un teste néo-babylonien et
que la transcription assyrienne officielle PoutouBeshti donne le b, il est possible que
nous avons dans Patouashtou une prononciation dialectale non égyptienne. Je dois
dire pourtant que dans la suite on trouve aussi no-s-evcV pour iio-^oa7Tt,-, 'Ap.ua'.i; puur
8^;3:7jw^, SoO/o;, s=/j/oO'i'.î, So-j/ijjawv, etc., pour I JK^::^ J| , I J I w, I J
\\ j], etc., où un J intervocalique s'est probablement changé en f, puis s'est volatilisé complètement. En tout cas, à l'époque qui nous occupe, Hérodote et ses contemporains conservent dans la prononciation le son du J et le rendent par p, prononcé
COmmie notre b, Bo'jêaaTit; ^ ®, Boy.;c(opi; l<^5 A/w^ Hî, Saoazôjv JtT H ^^ I 1 1 'Aêuoo,-
ÎJ^' '^^^?^W^" 0n^ Ji^®- '^^=^??='^'^' "^^^'^'' Qn^'^®' •'""'• -'""'' T J^^.etc.
2° Du commencement de l'époque macédonienne an commencement de l'àgc copte. — Toutes les transcriptions grecques de noms hiéroglyphiques que nous connaissons pour cette période de temps nous montrent un p pour le signe J, sauf quelques cas où le son couvert par p, J, passe à la nasale i^. Ainsi l'on a, conformément à la règle générale que je viens d'indiquer, B'.vàjôpcç «Î^J %• 3»' ^^ > ^^. au pluriel 3r,j
n.i.o;, Bytes, ^f=>^^^ K.;ê ^, "^ J^, W.v^g. jj^ ^ J, BoO,,., Bacis,j^, NexxavÉêT,.:, NoxxovdSo, NexTaveoû); K37 Mîi , etc, mais aussi, par exception, des transcriptions telles que Mspor, pour J n f^^"^ , devenu <:=>q=^î=q à l'époque gréco-romaine,
naj(^voOê'.; pour ^^ nayvoOjjttç, et xé|ji[jf.i; pour ®J uOq- Dans ce dernier cas au moins, nous possédons une forme intermédiaire qui nous montre comment la transformation s'est produite, Xéjjioiî. Il paraît avoir existé dans le dialecte local une prononciation analogue à celle de la Thébaïde g^Me avec son b redoublé : les deux B se sont dissimilés, et la première sonore s'est nasalisée en i^ devant la seconde labiale xéjjtêt;, puis elle a fini par s'assimiler celle-ci, xâtipiç. C'est un exemple de cette altération de son b en M, qui est rare à ma connaissance, mais une forme' Mepor, pour J n rv^^o suffirait pourtant pour montrer que ce phénomène remonte loin dans le passé : on a même. dès le premier empire thébain J S i^| près de J^'^^S I vf ^^ P^"* ^'^"^^ ^^ près de ^ H juio-s-ki .1/. -^^ tandis que iï] 3 ^ se rattache à fe^ D È*-cnHT-
Ae^ciuT M. feAcitET 7". Le nom de la déesse n J) a pris en grec l'orthographe Nécpe-j,-, où
JUJ O i l AAA/W\ p , compris dans le premier élément J du mot, ait eu une valeur
particulière, rendue par cp, mais l'explication du fait est, je crois, assez simple en ellemême. La rencontre du ^^ final de et du premier élément ^ de J a produit dans la prononciation rapide une sourde aspirée th, que les Grecs ont traduite par 0, et celle-ci a déterminé par contact, pour J , une sonore aspirée bh. ;i laquelle répond en grec <p : Nebhthui, — NÉtp6j,-. Il semble d'ailleurs que les Grecs, ou les Égyptiens écrivant le grec, aient eu conscience du fait, car on trouve encore en copte la transcription ne&oio à côté du grec Néip8uî. La valeur de J = -f en ce mot" est une valeur de position très individuelle et non une valeur organique. Les transcriptions fort nombreuses des noms grecs et latins en hiéroglyphes fournissent le même traitement pour le j et
ses variantes. Elles présentent les équivalences ii£pev:-/.T, <~:>(](J . 10 SH^^v '
le son B.
3° Du commencement de l'âge copte Jusqi/à nos Jouis. — Rien n'indicjue dans l'écriture que le signe J et ses variantes couvrissent déjà le son v, mais il ressort avec évidence du rendu p-ou dans les noms grecs ou dans les transcriptions grecques de mots égyptiens <iu'ils possédaient aussi cette valeur avant le dernier stage du système hiéroglyphique, lorsque J rendit le ? grec, prononcé v. En tout cas, dans le copte n étant devenu la sonore b, b, à son tour, se déplace d'un degré lorsqu'il est initial ou jutervocaliquc, ne conservant le son b qu'à la finale ou dans le corps des mots, puis, sous l'influence de l'arabe, il fut rendu généralement dans la prononciation par v-^, sauf au milieu; des mots où, après une consonne, il est rendu jiar v, et à la lin des syllabes où il demeure b. Les variantes des manuscrits memphites et thébains sont significatives à cet égard, car, à partir de l'invasion arabe, on y trouve, par exemple, Qi |i gon M. pour
DE LA PHONliTIQUE ÉGYPTIENNE 11
giofc; on :i de môme les leçons tcnini M.,YeniHi, contre ncmne 7'., BenÏBe, et beaucoup de variantes dans les manuscrits, surtout dans les mempliiti(|ues, montrant la substitution de n à k dans l'orthographe pour indiquer la lecture b à mesure que i s'altère en v. Dans le vocjibulaire français transcrit en lettres coptes, on ne s'étonnera dotic pas de trouver des graphies comme &*.n-i.epcTki, &ife*., feeite, btni]p, Vendredi, vive, vent, venir, tout en notant d'autres cas où n-B lui-même s'affaiblit à son tour et où n prend la valeur V comme dans nip«.o, verai-vrai. Le texte arabe transcrit en lettres coptes donne t pour j, non qu'il ait prononcé j comme le \V anglais, mais il a été influencé par la prononciation turque de j, xékil, \akouJ', dlSj, ^j, etc., et il a admis, pour ce cas, l'égalité j = v :
Aejuuuie, ^j Beieneu. vékànet, véiethlakoli, vakt à;iin, Fiivàdjàdho, véienàm, etc. La même remarque s'applique aux transcriptions en lettres coptes des mots arabes du traité d'alchimie de Stern' : «.■<\x<>pp''nne mjil, e.ni«.T ^a-jl, «^-npic j j} , «-ugujine ,,,J^\ , et au texte copte transcrit en lettres arabes de Galtier : on y voit écrit Jjjl etoA, (5jjôl> na^nofci. O'vJ niteit. Sjjlj' «.TepfeoKi, ^5L^LI eieroir&o, Jjjl OjJs-«j'js^jxI iinepÊcpfetopT éfeoA, prononcés probablement évol, hano\i , nixén, aouervoki, eiétouwo, '^mbervervort éxol. Je suis confirmé dans cette opinion par les transcriptions de Thomas Petrseus et de Rochemonteix. En effet, d'un côté, Petneus emploie, pour rendre le &, le w allemand qui est notre v, asawâs kce&Hc, [qfarnôwi eqepnoài, ujùûwi o-s-stoÈi, /iiib niwân O0J& nifeere, aùc'd èfcoA, afwa eTfec, prononcés afarnovi, oujooûvi, hoim nivan, aovoul, atva, et Rochemonteix, de l'autre côté, définit ainsi la prononciation actuelle des Coptes : « Leur fe ne sonne ni comme un v ni comme un w, mais plutôt comme le h de » certaines provinces d'Espagne, c'est l'arrêt mou correspondant au h français: pour » l'articuler, les lèvres prennent la même ^position que pour former notre explosive, » mais sans brusquer le contact.... Le fe est de nature une consonne a.ssez peu solide. » Avec une prononciation rapide et forte, il semble osciller, sous l'influence des lettres » qui l'envir.onnent ou d'habitudes individuelles, entre les diverses spirantes labiales, » sourdes et sonores, dont une oreille attentive peut, néanmoins, les distinguer. Chez » ceux qui articulent mollement, il s'affaiblit jusqu'à n'être qu'un esprit doux. Ex. : » eiàoA aol, &.qùii(oit af'ein'on. C'est la prononciation que Petrïeus a rendue avi'd » pour etoA. A la fin des mots, au contraire, soit qu'il ferme la syllabe ou qu'il » soit suivi d'une autre consonne, il devient un b. Ex. : gcofe Adiî, 2«'Iioth& hanuaB, )) ni^iHt hihias, «.q^coTei afk'ôdaB'. n Le renforcement de la prononciation v en f se rencontre dans quelques noms de lieu, «.Tfeio ly^l, ficp^'oo^^T I^^j». •wL*'nÊ*.AoT ]a^Jc*, RÊAg^c -^1, etc., et la prononciation renforcée du & se traduit, en certains cas, dans l'orthographe des manuscrits d'origine memphitique, par des fautes qui substituent dans l'écriture un i à un q, et-, a.*.éi, thphA, fei, pour eq-, «,A.q, THpq, qi, ou un q à un ù, eTqc, £U)q, 2.'^(^ui, «.qp^-g^a^Ai, pour eTÎie, ^cot, ^tcw, «.Êp*.g^«.i». ; cette double substitution se rencontre, mais beaucoup plus rare, dans quelques manuscrits thébains, &o, fewTe.