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RocHEMONTEix, ŒuiTes dicersos. p

2. Les correspondants égyptiens de plusieurs de ces noms seraient , Jv xir • ^ ir*' ^^T^

%. Je ne sais à quel nom hiéroglyphique répond 0t(jisao-j; et Ilatai; celui-ci peut être un équi-

' llliil- DfltkAfliXDflfl

valent moderne de [I ^\ UU yr< UU-

70 IXTRODICTIOX A L'ÉTLDE

ii/oTpt;, nay.oTg..,-, nx/.oTg/.tc. n/Q-pi,- est, de l'aveu général, l'égyptien ^^"^j"^ , ' dont Ta tonique s'est fermé en o selon la règle que j'indiquais plus haut: iir/o^êiç, Celui du dieu Gabou, renferme de même le nom divin '^J'^^^' ^JT *-^""* ^''^ ^'^®* obscurci en o dans le composé, tandis qu'il se diphtonguait avec i ou se ramenait directement à f, dans le simple k?;o (*Gai6-Gê6). Par un hasard curieux, le nom du dieu Ç) il ^iT", ^^ , qui doubla H J j] lui-même doublet de 3\ à Ombos aux époques

postérieures, se trouve à la forme récente en oi et à l'archaïque en t, dans le nom, nazoTê-/.;?, nax-?;ê-/.!;, cc qui uous ramène dans les deux cas, comme on le verra, à un antique *PagAibké, *PagKhké. Je me demande également si la variante nop£,aoaT/.i; du nom qui qui s'écrit en transcription grecque nopE|jLê-v/.iî, nop£vëv''-'î. nop£STi-/.(ç, nooEOEVTiêfixi?, nouep-jrSf,/.;;, renfermait une diphtongue ai réduite à t^-ê; en tout cas, comme la variante a; assure ici à r, la valeur Ê et non i, elle nous reporterait vers une diphtongue a-i pour bxiki, bÈki, ÊHS" T. kn-s. M. accipiter. Pour en venir à des preuves plus directes, j'ajouterai que les diphtongues sont nombreuses au Papyrus Anastasi DLXXIVde la Bibliothèque nationale et sur l'horoscope Stobart, OT5-eit*.fepe, i*.ni, Vott (à côté de ïwt), aiciitot (corrigé sur juieitTio), TiJjTiii pour two-s-k du thébain, x«.éoir pour juLe-Ts-, ixt^t^vT., kpjvototwt, n«.oip (qui se résout en [no dans l'akhmimique, mais qui reste ««.t dans le thébain), Toir*.eiT, neTg^a-o-y, etc. Les diphtongues ».i', oi, wi, qui plus tard se résolurent sur h, e. o, (», se présentent encore à l'état séparé dans ces documents, a'ù.i'pe et s'i.Vpi devenus ujHpe T. giHpi AI. (ce dernier dialecte a pourtant conservé la diphtongue dans ^eAuj*.ipi, puella), es'oine, ottoia»., devenus etgconeT"., otmxxT. B. M., et «.fioiT, KoiTi, toioi-», corrigés sur *.fiojT, RiuTe, ÈoKo». Je borne ici cet exposé sur lequel j'aurai souvent occasion de revenir par la suite, et si je mentionne actuellement des faits de ce genre, c'est afin de bien montrer que l'égyptien, au moins celui de la xoiv/^ saïte, possédait des diphtongues comme le copte, <|ue même, ainsi que nous le verrons, elles y étaient probablement en plus grand nombre que dans le copte, ce que l'école allemande a méconnu, et, par conséquent, qu'on doit tenir compte de l'influence que la diphtongaison, en se formant puis en se résolvant, a pu exercer sur l'évolution de la langue. Les transcriptions assyriennes et cananéennes nous confirment dans cette impression, malgré les difficultés que la nature du système cunéiforme oppose à la perception des diphtongues. Comparant aux orthographes des scribes sémites les orthographes grecques ou coptes, on ne peut guère s'empêcher de reconnaître dans Si-\\.- \-ov-!ou, ciooTs-T T". CIW0-5-T M., daus kov-i-ih-kou, iu«.g^K, x°'*>2.'' ^- x*"*-*'^ ^^^■' dans

MA-A-l-a-ma-na XUtaiiiJLoOv, MiaiJiijfrjv, dans 0\]A-AS-/nOU-a-)'i-a GOwaiiaip-r,;;, 0'joc7![j.ip-r)ç,

oùai|jiàp-fiî, etc., l'indication de diphtongues qui sont au moins en voie de formation s^ elles ne sont pas formées. J'aurai d'ailleurs l'occasion de montrer qu'à l'atone comme à la tonique, la combinaison aï, ai de la z-^/tv/; ramesside se ramène au son simple a, 'A9oJp de HAÏthour où ^AÏ^ est devenu Haï, n*.cojt de /j.a'-i san où l'article possessif /)a'-i devient ns., MavsBwv de * M A[r]i-ne-Tlioout où i1/A[/']i, aaaj T. M., se réduit à Ma, comme il se contracte en e dans MÉnep/ithès de MA[r]\-né-pIitah, etc. ; mais cette loi ne vaut que pour la y.oivrî, avant le pas.sage de l'égyptien au copte, et les mots composés sur des formes verbales en ai après la y.ovir, et pendant l'éclosion du copte ne la connaissent pas.

IIE LA IMIONKTKniE ÉGYPTIENNE 71

IlikinoTTc, A3i».iu|eAiA&o. q».m*.gfi, q4.ipooTuj, \ icMlIUMlt (le aim et de q«wi, -x^iteuc, si-citeKe,

d'un SM i|ui in;ini|ue à l't'tat libre (M1 copte eu l'on n'ii ([lie ■si T. B., mais qui oxislait encore en démotique.

VIII. — Voi/clIcs rcdoubUh's. Le dialecte thébain du copte a, sous de certaines conditions que nous indiciuerons ailleurs, la faculté de redoubler les voyelles d'une racine, très fréquemment à l'intérieur, plus rarement en tète ou à la finale. Le même phénomène se retrouve, mais avec moins de fréquence, en bachmourique et en akhmimique; il n'existe plus en memphitiqiie, mais, comme M. Lacan l'a indiqué, quelques faits nous prouvent que ce dialecte l'a connu lui aussi', avant l'époque où il a été fixé par l'écriture grecque. Toutes les voyelles y sont soumises, s., e, h, o, w, très régulièrement, I et o-y par exception, Aj.i^a.TseT'. Axee-xe/?. A/t/lin., cAi«.Ais>6.T 7". , xxceveT. xxHHOTFCiB.,

OTHHÊ 7". , g^ieiTT'., XlOOUje T'. XIOOUJI B., KtOtOC KWCOCcT'. , KOTOTIl7\, UJOTOTST A/l/lin. On

remanjue d'ailleurs que le thébain possède très souvent une forme à voyelle simple à côté de la forme à voyelle redoublée, ci.nuj à côté de c«.».«ig, ct à côté de cct, cfcHTe à côté de cAhhtc, oTooe à côté de oTooge, kwc à côté de Kwwce, et ainsi de suite. Y avait-il une différence de prononciation entre la forme à voyelle simple et la forme à voyelle redoublée? Les grammairiens du copte n'ont pas, en général, abordé la question qui, pourtant, peut être résolue parfaitement. Le redoublement de la voyelle ne marque pas, ainsi qu'on serait tenté de le croire, un dédoublement de la syllabe primitive. Ha-ô-cse. AiecTe, oTHHfi, Kwwce, formes à voyelle redoublée, ne se prononçaient pas mA-Agé, mÈ-toué, ouÈ-Èh, kà-ôsê : les deux «., les deux e, les deux h, les deux w de l'écriture

ft« èf ce oo

répondaient, dans la prononciation, à un son unique, mage, méoué, ouêb, kôs. Le son a.*., ce, HH, (uu), différait du son simple *., e, h, w, non point par une élévation de la tonalité, mais par une prolongation de la durée pendant l'émission du phonème; dans Ai«kd.xe, juiecTe. otthrê, Ktowce, la voix, sans monter ni descendre, traînait sur la voyelle redoublée «.*,, ec, hh. woj, plus longtemps qu'elle ne faisait sur la voyelle simple «., e, h, to". Si l'on voulait noter musicalement les deux différences d'énonciation des deux ee de

- — ^ ià i d d

Aieeire OU des deux co de Kwwce par rapport à Aie-ye, kioc, on devrait écrire AxeeTc, rwwc

et ju.eTs-e, Kwc. L'état actuel du copte ne nous apprend rien à ce sujet, le dialecte usité présentement dans l'Eglise étant le memphitique ou, pour parler plus correctement, l'alexandrin, mais les textes coptes-arabes de Galtier contiennent plusieurs fois le redoublement *.*. rendu par I comme *. simple, eqo-!r«^*.Ê ^lyl , e-»oTd.*.fi ^l^l , et les poésies publiées par Junker montrent métriquement qu'au X^ et au XP siècle les voyelles redoublées ne comptaient que pour un accent comme les voyelles simples :

&.noK ne TCTt'iiKATTÏKk TeKAïa^ekT.

■nki itTô-qoîrwaj ëg^ôÔKe Axn«.uj*.d.p.

néoië Tërpi<ÇH ëTOTSSfc.

ilpi nneTHô^no'yq xxin ëTUjëCïiT.

1. Lacau, a propos des ooyelles redoublées en copte, dans la Zeitschri/t, 1911, t. XLVlll, p. 77-81.

2. Maspero, Notas sur différents points de Grammaire ou d'Histoire (1874), dans les Mélanges, t. 1, p. 146.

eïc OTAJLHÎîtgë itooar ëninâTr ënëqg^i.

■se oT«^?6 ëcjTOofië ne nKÀpioq.

ft'2^*>ÏA».oitïôii iq'xoôcÔTS" ëiiëuji?y,

OTg^HKC g^UKÔq ëqUJ*.ltT*.TëTJUlé '.

Si anciens que puissent être les manuscrits coptes, on y retrouve ces voyelles redou- V)lées, ceux du V" ou du-VI« siècle comme ceux du X^ Allant un peu plus haut, je me heurte à des formes comme «.è^ujHci, nëep, eetHc, caiotott, toot, a'ooAie, a-Ax*-»-, nRwcoT. neep, dans l'horoscope Stobart et le Papyrus Anastasi DLXXIV de la Bibliothèque nationale, pour «.yei B., nô-gpe T. (ce qui suppose une forme *ne^), ohtc, cxiot, TOOT T.. (s'cowju.e T., 'AX/aî (formé avec oô.^, où l'a. était long), Hkot M. (où le redoublement toto montre l'allongement de o), ntowpe T. en composition neepe, nepe, mais je ne relève rien de semblable dans les transcriptions en lettres grecques des autres papyrus magiques du démotique. Il y a là, en effet, un cas de traduction artificielle par un caractère redoublé du son correspondant tiré en longueur, et cet artifice a dû ne pas se présenter du premier coup à l'esprit des scribes qui, à l'époque romaine, ont rendu en lettres grecques la parole égyptienne; toutefois, le phénomène, pour ne pas avoir été reconnu encore, n'en existait pas moins déjà, et, outre les formes directes que je noterai ailleurs, diverses considérations peuvent le prouver. Nous savons en effet que, dans certains mots, le redoublement du copte a été produit par compensation afin de rétablir chez eux l'équilibre perdu par la disparition d'une lettre dans le prototype hiéroglypique, un <=> comme dans 13 devenu .d K , ka.».c T. neec Akhm., kwioc koocT., ou un ^

comme dans q , AieepeT. Akhm. Cela nous permet de suppo.ser que, dans 13, le

«==>, en s'évanouissant, avait entraîné l'élongation du son-voyelle, comme c'est le cas en anglais où porter, corner, tnrner, sonnent actuellement /)o-oïe, ko-orie, tu-une, avec une vibration très légère des cordes vocales derrière la voyelle accentuée, po-o'^te, ko-o'^ne, tu-w^ne : aUI, ^"^^yï , écrit kITc en copte, aurait donc été déjà dans la xoiv<; ra-

messide, ka-a'^s, qui serait devenu plus tard, suivant la loi que j'ai indiquée, kiucoc, iieec énoncés ko-o'^'-s, ke-e — s, que le memphitc aurait réduit à kcoc, kcc, kôs, kès. De même pour ^ devenant , Aieepe en thébain et en akhmimique, xiepi en mem-

phitique : l'accent tonique dans le mot primitif est sur la première syllabe qui, amsi que tout l'indique pour les dérivés de mots hiéroglyphiques ayant pu renfermer la syllabe '^^^, devait être vocalisé en À : de même que I'a accentué de pàtrem, mdtrem, amàtus, devient e eu français, père, mère, aimé, dans les deux premiers cas avec un allongement de e en compensation de la disparition du t, la forme *m\tÉrét, mktré, ^ , devient en égyptien màré-mé-éré avec allongement compensateur Aieepe

dans les dialectes qui admettent ce phénomène, puis Aicpi dans celui qui ne l'admet point. Si l'on examine l'ensemble des mots qui, formés par analogie sur ce modèle, reçoivent en copte des voyelles redoublées, on reconnaîtra qu'ils étaient déjà anciens dans

1 11 .luNKER, KoptUrhe Poésie, 1908, p. 38 sqq., où les vers sont scandés.

DE LA PHONÉTIQUE i;:(iYl'TIKNNE 73

la langue, pour la plu|);ut, (|naiul ri'Ciilui'o lésa saisis, par suite? (|u'ils devaient posséder à l'époque antérieure la prolongation vocalique spéciale à laquelle répond en copte l'artifico graphique des signes-voyolles redoublés. Il y a donc lieu, je crois, do conclure avec M. Lacau que le phénomène s'était produit déjà longtemps avant l'époque copte, 0 dans l'ancêtre commun de tous les dialectes' ». Nous verrons plus tard que les orthographes hiéroglypliiciues ni'inclin(Mit à penser ipi'il en fut ainsi.

IX. — Conclusions. Il résulte donc de l'examen rapide auciuel je viens rie me livrer que le système vocalique de l'égyptien, sans être des plus complexes qu'il y ait eu, était pourtant assez compliqué. J'ai déjà indiqué la série des sons qui peuvent dériver de Va à l'article de cette voyelle : je remets à parler plus longtemps des timbres ou-o et i-Y au chapitre des sonnantes. En attendant, on peut constater que le vieil égyptien possédait, au moins pour la /.'v.vr; ramesside, trois a. un a franc (|ui est demeuré A par la suite, un  qui s'est obscurci, vers la fin de l'époque ramesside, en ou puis en w et en o, un À qui, vers la même époque, a tourné à e, puis à i. A un moment donné, tous les phonèmes se rattachant à ces trois a et à leurs dérivés se sont prolongés à la tonique, les uns par compensation pour maintenir après lettre ou syllabe disparue la durée primitive du mot, les autres en partie par analogie avec ceux-ci : il en est sorti, dans la graphie alphabétique de la langue, le système des doubles voyelles qui, encore à peu près complet en thébain, l'est déjà moins en akhmimique et en bachmourique et n'existe plus en memphitique-alexandrin par conséquent dans le copte actuel. Il y a de même, pour l'i voyelle, ainsi que je l'ai indiqué et ainsi qu'on le verra plus loin, un i bref et un i long, qui se sont confondus dans le copte, l'i ancien devenant ei dans les dialectes du Sud, i dans ceux du Nord et quelquefois au Sud, sans distinction de qualité ni de longueur, mais l'équivalent de l'ancien i long étant parfois représenté par h prononcé î. Une observation semblable s'applique au timbre-voyelle ou-o, qui, d'abord long ou bref selon les cas et rendu en grec par ou, o et w, aboutit en copte à un son unique o prononcé aujourd'hui presque toujours bref. Les diphtongues .E, ai, aô, aou, éa, Éi, Éo, etc., ne semblent pas avoir été moins nombreuses dans cette zotvr,, mais elles se sont résolues en grande partie sur É, sur a, sur i, sur o, sur ou, etc. Et cette réduction des phonèmes vocaliques est allée toujours s'accentuant : déjà, au XVIIP siècle, «., e. H, ne sont plus que des orthographes diverses pour a, et e ou h ne conservent qu'exceptionnellement leur valeur É ou i, tandis que o et w se prononcent uniformément ou dans la plupart des cas, et que v est un É ou un i plus souvent qu'un ou à l'état isolé. Ainsi qu'on l'a vu, les diphtongues ont subi une semblable diminution. Je ne crois pas exagérer en affirmant que les dix-huit ou vingt nuances vocaliques qu'on est entraîné à conjecturer pour la /.oivr; tombent à une dizaine au plus dans le colite actuel et qu'elles étaient déjà réduites fortement dans le copte ancien.

1. Lacau, A propos des ooyeltes redoublées en copte, dans la Zeitschrift, 1911, t. XLVIII, p. 78 et note 2.

74 IXÏRODICTIOX A L'ETUDE

b. Examen, des signes correspondant aux sons-voyelles

de l'égyptien.

Le système vocalique du copte puis de la -/.om, égyptienne étant ainsi établi, il convient de rechercher quel est le signe qui correspond à chacun de ces sons, en en suivant autant que possible l'histoire à travers les siècles, de notre époque à celle de la XVIIP d\-nastie, au moyen des transcriptions étrangères en caractères de valeur vocalique fixe, et par delà la XVIIP dynastie, par conjecture appuyée sur les faits dégagés précédemment, s'il y a lieu. Je noterai d'abord (joe la plupart des savants qui se sont occupés de cette question n'ont point distingué suffisamment dans leurs raisonnements entre le phonème et le signe matériel qui le représente à l'œil, et que, seul avec moi, à ma connaissance, Xaville a insisté pour (ju'on fit soigneusement la distinction. Le phonème peut avoir une histoire et changer, sans (|ue le signe correspondant à sa valeur primitive en ait eu et se modifie. L'anglais en fournit de bons exemples. Le caractère a y représente aujourd'hui une demi-douzaine de phonèmes qui n'ont plus rien de commun avec le son bien défini qu'il possédait dans l'anglo-saxon et le vieux bas-allemand. L'a pur et plein, bref ou long, celui qu'on entend généralement en français et dans la plupart des langues continentales, tend à y devenir de plus en plus rare et à se confondre avec un e. Si la prononciation grammaticale de^father, niaster, hâve, suppose un a continental plus ou moins long, combien n'y a-t-il pas de personnes en Angleterre ou en Amérique qui répètent couramment ^ez/^/ie/', mêster, hëve, en donnant à Ta un son analogue à celui de nos e? D'autres a sonnent franchement comme nos E pour tout le monde, a, any, image, stable, tandis que d'autres encore ont pris la variété de son o particulière à l'anglais, water, hall, irar, et cette tendance s'accélère dans la langue des rues et dans les dialectes où l'on dit icôt, icôs, thôt. mon, pour ic/iat, icas, that, man. Si pourtant on retrace la destinée de ces mots dans le passé, on finit par les ramener à des moments de la langue où leur signe a se prononçait franchement a : si le phonème s'est modifié avec le temps, le signe est demeuré inchangé. Nul ne dira pourtant que le caractère' a en anglais est une voyelle vague, ou, comme préfèrent s'exprimer les égyptologues de l'école berlinoise, une consonne faible mue par sons-voyelles variables : on dira, au contraire, que les différents sons-voyelles existant actuellement pour le signe a dans l'anglais moderne se ramènent historiquement à un son unique a, qui avait été afïecté à ce signe a lors de l'invention pu de l'adaptation de l'alphabet dont l'Europe de nos jours se sert par routine, conservant la même graphie pour tous les phonèmes qui se sont succédé sur les mots. Je n'hésite pas à penser qu'il est nécessaire de soumettre l'égyptien à une analyse analogue, avant de se risquer à définir ce qu'étaient les signes rencontrés par nous, dans le système hiéroglyphique, à la place que pouvaient occuper les voyelles dans chaque mot. Le copte, • — ou plutôt les dialectes parlés par les indigènes de l'Egypte à l'époque chrétienne et musulmane, car il n'y a pas de langue copte comme il y a une langue française par rapport à nos dialectes locaux, — nous fournira un point de départ suffisamment solide

I)K I.A l'IKiXICriQUli liCYPllENNl-;

pour cette eii<iuéte, avec son alphabet emprunté au grec pour la plus grande partie. La transiiion de l'égyptien hiéroglyphique à ce que je continuerai par habitude d'appeler le copte s'est faite pour la transcription non pas du tout par l'intermédiaire d'un savant ou d'un corps de savants, qui, méditant théoriquement dans le cabinet, entre l'encrier et des ])iles de livres, se serait ingénié à rendre les sons de la langue signe à signe, une expression alphabétique pour chaque hiéroglyphe; elle a été accomplie à l'oreille, rendant les sons ou les groupes de sons par des lettres simples ou par des ensembles de lettres, sauf à ce que l'auteur la perfectionnât lui-même à la réflexion ou à ce (|u'elle fût perfectionnée lentement par d'autres après lui, comme cela a eu lieu. La preuve nous en est fournie par les documents précoptes, horoscope de Stobart, Papyrus Anastasi DLXXIV de la Bibliothèque 'nationale, papyrus magiques de Leyde, de Londres ou de Paris, etc. : le rendu des sons consonantiques propres à l'égyptien et celui de certains sons vocaliques y sont encore un peu flottants, assez constants toutefois pour que nous puissions nous appuyer sur lui. Partant de là pour monter plus haut, les transcriptions grecques, assyriennes, cananéennes, nous donneront la faculté de suivre la vocalisation de certains mots jusqu'à la XVIIL' dynastie, et d'en dériver certaines lois. Du temps présent au XVP siècle avant notre ère, trois mille ans largement passés d'histoire nous auront peut-être enseigné assez de faits pour que nous jouissions, sans trop de chances d'erreurs, essayer de calculer, pour ainsi dire, la trajectoire suivie par les sons égyptiens antérieurement.

Coup d'œil sur les doctrines relatives aux voyelles depuis ChampoUion. — Les signes-types auxquels les phonèmes vocaliques se rattachent sont dans le système hiéroglyphique [1, ^v , 0. 00, ^, auxquels se joignirent, dès l'empire memphite. II, W,

puis (2 et, à partir de l'époque saïte. XJ; comme j'aurai à revenir sur 0(1 et sur ^ à propos des sonnantes, je n'étudierai dans le j^résent chapitre que les trois premiers

de ces caractères (1 ."^. . d- L'origine de 1 1 est douteuse, et Ludwig Stern a contesté

que ce fût, au moins primitivement, un caractère réellement phonétique; c'aurait été d'abord en réalité un chiffre, le chiffre deux, qui aurait servi à indiquer le duel, mais comme il répondait à une flexion i-E dans la prononciation, on en serait venu à lui attacher graphiquement la valeur de ce phonème et à le lire i-e à la finale des mots. Cette hypothèse est fort séduisante, et elle a pour elle l'appui de ce fait que II, \\, est toujours employé en finales, et qu'on ne le rencontre jamais à l'attaque, sauf vers l'époque romaine, au temps où la fantaisie des décorateurs monumentaux bouleversa tout le système d'écriture. Le signe © est la forme cursive de^, régularisée par l'instrument du graveur ou du sculpteur. Enfin, le signe XJ est le godet à eau du scribe qui a pour nom ~^ , et voit, en y réfléchissant, l'enchaînement de faits qui a porté les gens des bas temps vers ce mot pour en employer le déterminatif \7 en doublet du caractère a.

Dès le même instant de la découverte, ChampoUion le Jeune, travaillant surtout sur des documents d'époque tardive qui attribuaient mainte valeur diverse à chacun de ces signes, crut devoir y reconnaître l'équivalent des voyelles vagues des écritures sémitiques, c'est-à-dire une aspiration très faible sur laquelle un son-voyelle

76 • INTRODUCTION A LÉTIDE

s'appuierait. « On peut », dit-il dans sa Lettre à M. Dacier, « assimiler l'écriture » phonétique égyptienne à celle des anciens Phéniciens, aux écritures dites hébraïque, » syriaque, samaritaine, à l'arabe cufîque et à l'arabe actuel; écritures que l'on pour- )) rait nommer semi-alphabétiques, parce qu'elles n'offrent, en quelque sorte, à l'œil » que le squelette seul des mots, les consonnes et les voyelles longues, laissant à la » science du lecteur le soin de suppléer les voyelles brèves'. » Et, renforçant sa pensée dans le Précis du Syi<térne hiàrofjhjphique, il écrivait deux ans plus tard : « Puisque » tous les caractères phonétiques. . . n'expriment évidemment, dans une foule de noms ') propres, qu'une simple consonne ou une simple voyelle^, j'ai dû en conclure que les » Égyptiens écrivaient à la manière des Araires, c'est-à-dire que leur alphabet était » formé de signes qui représentaient réellement des consonnes, et de quelques carac- » tères-voyelles qui, comme Vélif I, le irair j et le //« ij des Arabes, n'avaient pas » un son invariable et se permutaient dans certains cas". » Observant que, pour les grammairiens d'alors, les voyelles vayues sont, comme je l'ai rappelé plus haut, des aspirations très faibles, colorées diversement par les voyelles, la théorie de l'école de Berlin se retrouve indiquée en gros dans ces passages du fondateur de notre science, bien qu'il la formule en des termes différents de ceux qu'on emploie aujourd'liui et qu'il ne traite pas les caractères égyptiens de consonnes faibles; les voyelles cnynes jouent dans son esprit le même rôle que les consonnes faibles des Berlinois, et, bien que ceux-ci prétendent reconnaître là une différence de concept, il n'y a réellement qu'une différence de mots. Les premiers égyptologues se rangèrent à l'hypothèse de Cliampollion, et, peu après la mort du maître, dès 1837, Lepsius, entre autres, l'exposa, en la précisant, dans sa Lettre à Rosellini. <( S'il en était, vraiment, dit-il, de » l'écriture égyptienne comme des écritures sémitiques, où s, n, r n'étaient point des » voyelles complémentaires comme a, e, o le sont dans les écritures européennes, » mais de légères aspirations auxquelles certaines voyelles étaient inhérentes, il est » clair que les voyelles que nous trouvons au commencement des mots coptes doivent » toujours se retrouver dans les paroles hiéroglyphiques, parce que, au commence- » ment d'un mot, la voyelle ne peut point être complémentaire, mais doit former une » syllabe entière, savoir l'aspiration plus ou moins forte avec sa voyelle inhérente. » C'est ce que nous trouvons en effet; la règle est constante. » Lepsius examine ensuite le cas des voyelles internes, et il explique pourquoi, à son avis, la plupart ne sont pas écrites, tandis que d'autres le sont constamment avec des signes-voyelles au milieu des mots : « c'est que, dans ces cas, la voyelle écrite n'est point complémen- » taire, mais syllabe complète, où on entendait l'aspiration (ju'on devait représenter » aussi bien que chaque autre consonne ». Quant aux voyelles qu'on voit en grande quantité à la fin des mots, Lepsius donne plusieurs explications de leur présence, qui, toutes, aboutissent à la même raison. « On sent que des caractères, dont l'élément

1. Champollion le Jeune, Lettre à M. Dacier. MDCCCXXII, p. 34.

2. Les ilatUjues, ici et plus bas dans la citation de Lepsius, sont des auteurs eux-mêmes.

3. Champollion le Jeune, Précis du Système hiéroglyphigua, 1824, p. 58. Le pas^ajie est reproduit de façon identique daus la seconde édition de cet ouvrage (1828, p. 109-110), et la valeur voyelle de certains signes y est toujours proclamée (cf. p. 365-366).

» essentiel était originaii-cmcnt i'aspiiation et non pas la voyelle inhérente, pouvaient » aussi bien elianger de prononciation (|ue les lettres analogues des alphabets sémiti- » ques, (pioique, aussi bien ici (pi'aillcurs, la t'ail)lesse de cet élément consonantique » les ait préservées, plus que toutes les autres, de rinconstance de la voyelle inhé- » rente'. » C'est, en résumé, l'opinion de ChampoUion, présentée plus longuement et avec un appareil de considérations plus scientifiques d'allure, sinon de fond. Lepsius

parle de \ii Jaib/esse de l'élénient consonantique pour û.^^, a. et l'école berlinoise

traite ces signes de conson/ics J'aibles : c'est bien la même idée et pres(|ue les mêmes mots, et la part cjui revient à l'école berlinoise dans sa théorie (ju'cUe croit nouvelle consiste à avoir renversé l'ordre des termes qu'on lit dans la phrase de Lepsius. Faiblesse (le l'élément consonantique chez Lepsius est devenue consonne faible chez eux. Toute l'école suivit la doctrine de ChampoUion développée par Lepsius, admettant que les signes (1, ^, . etc., étaient analogues à Vélif\ et au ^j i/a arabe, et les traitant de voyelles vagues. Ce fut, avec des énoncés parfois différents et avec des nuances, l'opinion de Birch, de Hincks, de Leemans, de Brugsch, de Mariette, de Devéria, de Chabas, et Rougé la formula nettement, dès 1849, dans son mémoire sur l'inscription du tombeau d'Ahmès", puis la reprit, en 1866, dans le premier fascicule de sa Chveslomatliie égyptienne. Il y dit en effet, au chapitre intitulé Aspiration douce et voyelles vaques : « Les voyelles égyptiennes sont employées à deux usages distincts, » 1" comme aspirations ou initiales dans la syllabe, 2" comme voyelles vagues finales » ou médiales. Les Coptes n'ont noté aucune différence d'aspiration entre les voyelles » initiales des syllabes de leur langue qui répondent aux mots anciens commençant

» par (1, ^i^ ou - 0. Quand elles sont employées comme voyelles, ou mater lectionis,

» on ne voit pas non plus qu'une d'elles ait été employée par préférence pour un son » plutôt que pour un autre; elles restent vagues dans toute la force du terme: il n'en )) est même pas de cet a vague, comme de l'I de prolongation de l'écriture arabe qui » devient alors un a véritable. » Il parle de ^, (? , ou de ul], W. dans le même sens et il fait ressortir le vague de leur coloris vocalique si l'on en juge par les transcriptions du grec et de l'hébreu'. Je n'insisterai pas, car en voilà assez pour montrer quelle a été la doctrine des égyptologues de la première et de la seconde génération sur les caractères (|.^> . etc.; c'étaient pour eux des voyelles vagues, du genre de x, 1, 1. j, etc., sémitiques, qu'ils transcrivaient presque chacun à sa manière, â, d, a, etc., sans tirer de leur nature des conclusions sur la constitution de la. langue. Jusque vers 1892, on demeura assez indifférent à la question, et, bien qu'une partie des savants tendit à s'écarter de la théorie ancienne et à traiter (1, ^^ . etc., comme des voyelles pures, le gros s'y tint attaché et continua, comme elle, par habitude, à les considérer comme analogues à s, i, etc., sans trop approfondir la comparaison. Cet état de quiétude fut troublé lorsque, vers cette date, Steindorff, reprenant, avec des raisons beau-

1. R. Lepsius, Lettre à M. le professeur H. RoselUni, 1838. p. 36-42. .('ai abrégé sensiblement la discussion, .retranchant les exemples que Lepsius apportait à l'appui de ses affirmations.

2. Reproduit dans E. de Rougé, Œucres diverses, t. II, p. 12.

3. E. DE Rougé, Chrestomathie égyptienne, 1" partie, §§ 25-31, p. 22-27.

coup plus fortes tirées de letiide du vieil égyptien, une théorie défendue naguère par Benfev, publia dans le Journal de la Société asiatique allemande un article où, entre autres preuves d'un sémitisme égyptien, il invoquait la nature des signes (j.'^. etc.; ils auraient été, en résumé, des consonnes faibles mues par des sons-voyelles comme \ s, 1, r. Son essai de démonstration de la thèse générale ne peut trouver place ici : ce qui concerne sa théorie des consonnes faibles doit seul nous occuper. Accueillie avec quelques réserves de détail par Erman, pleinement adoptée par Sethe, Borchardt, Schàfer, et par tout ce que l'école berlinoise compte d'élèves ou de partisans à l'étranger, elle souleva, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie biblique, une discussion à laquelle prirent part brièvement un certain nombre d'égyptologues, Naville, Sethe, Bénédite, Montet, Breasted, Krall, Wiedemann, Loret, Revillout, et qui n'aboutit à aucun résultat décisif. Chacun, y compris tels autres qui n'avaient pas jugé utile de donner leur avis dans la discussion, resta inébranlable sur ses positions, et, tandis qu'Erman, SteindorfE, Sethe ou leur suite, bâtissaient, en s'appuyant pour une grande partie sur leur principe des consonnes faibles, un système de grammaire égyptosémitique, les autres, ne tenant aucun compte de ces idées, continuaient de pi'ogresser dans les voies diSérentes qu'ils avaient ouvertes : l'affaire en est là pour le moment. Des façons que le système hiéroglyphique pouvait avoir de rendre les sonsvoyelles graphiquement. — Rappelons, ce qui a été remarqué plus d'une fois, que la façon dont le système égyptien indiquait ou n'indiquait pas aux yeux les sons-voyelles ne peut nous fournir aucune preuve du sémitisme ou du non-sémitisme de la langue. Si, dans les temps présents, les Malgaches et les Javanais, — ne citons qu'eus ici, — se servent pour écrire d'un alphabet emprunté aux Araires, cela ne prouve nullement qu'ils parlent un idiome sémitique, et qu'il faille tacher de leur construire un système de grammaire sur le modèle arabe ou hébreu. Nous reportant à l'antiquité classique, on ne dira point que les Phéniciens et les Hellènes sont apparentés de langage, parce qu'ils emploient deux alpliabets de même souche, ni (jue les Achéens de Chypre ne sont pas de race grecque, parce que nous leur connaissons un syllabaire emprunté à l'une des nations asianiques qui avaient colonisé l'ile avant eux. Enfin, le cananéen, le babylonien, l'assyrien, qui sont inconstestablement sémitiques, usent d'un système graphique qui possède et des syllabi(|ues à voyelle fixe, et des caractères correspondant chacun à une voyelle ferme. >-/"| et ^JH y sont toujours ha et Oun>, jamais «ou et un qu'on rend par *^ et par i^>^^^^; jy est vraiment un a peureux, là où il n'est pas pris pour idéogramme; tÇ est un i; t-J} semble être un É et résulte peut-être graphiquement de la combinaison des deux précédents; t^Ult^ et ^ sont des ou, et cette existence de syllabiques et de voyelles à valeur stable ne saurait être invoquée comme preuve contré le sémitisme de la langue. Le fait de reconnaître qu'il n'y a pas de signes-voyelles dans l'ensemble des hiéroglyphes, mais d'admettre au contraire qu'on y distingue seulement des signes de consonnes faibles, ne pourra donc nous gêner en rien lorstiue nous aurons à décider de l'origine de l'égyptien et de ses affinités ; d'autre part, si nous parvenons à y constater la présence de vrais signes-voyelles, nous ne devrons pas préjuger légitimement le non-sémitisme de la langue. Nous ne nous sentirons autorisés à émettre

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un jugement sur ce point qu'après en avoir cherché les éléments dans l'examen de l'égyptien lui-ni("'mt\ Mais, avant d'cnlamer cette enquête, il convient de bien comprendre la nature dos phonèmes que l'école de Berlin intitule consonnes faibles . En gros, on peut rappeler (|uc le mécanisme d'où sortent tous les sons du langage humain consiste on deux appareils : une soufflerie, les poumons, qui, à travers la trachée artère, envoie l'air aspiré puis expiré, dans un tuyau à double anche membraneuse composé du larynx, de la glotte, de deux caisses de renforcement et de résonance formées par les cavités de la bouche et du nez. Avant d'arriver à l'anche, c'est-à-dire à la glotte, la colonne d'air expirée n'engendre aucun son, mais, à ce point, elle passe à frottement vif sur les cordes vocales plus ou moins tendues, et ce frottement provoque en celles-ci des vibrations plus ou moins rapides selon leur tension; les sons qui en résultent, intensifiés et variés dans la partie sus-glottique de l'instrument, produisent les éléments de tout idiome parlé, voyelles ou consonnes, et créent ainsi le langage par leurs associations. A ne considérer ici que les voyelles, la manière dont Erman et son école transcrivent les signes 0.^^. 0, auxquels elles s'attachent, montre qu'ils considèrent ces signes comme des aspirées très faibles, plus faibles que le Ql, échangeant très facilement l'une avec l'autre, et capables de s'associer indifféremment à tous les timbres vocaliques comme les aspirées fortes à partir de 01 et comme tout ce qui est vulgairement appelé consonne : "^^est en effet pour eux >, c'est-à-dire deux esprits doux du grec superposés, (1 qu'ils traitent en réalité comme une sonnante i-J est rendu dans ce qu'ils croient être son rôle

de voyelle par un i ordinaire surmonté de l'esprit ', î, et a, qu'ils placent à côté du

i"-p sémitique, est personnifié chez eux par un esprit rude '. En résumé, nous avons ici l'idée de Lepsius' et de Le Page-Renouf ', qui, déclarant que l'ensemble des signes phonétiques de l'égyptien constitue non pas un alphabet mais un syllabaire, considéraient 0.'^^ . - a, comme des syllabiques au même titre que r*^. par exemple. Un

seul signe suffit à exprimer la syllabe men, man, avec notre voyelle e ou a aussi bien qu'avec nos consonnes m et n, mais, pour l'égyptien, il ne saurait être question ici de voyelle ou de consonne : c'est le son entier de la syllabe man, unique pour l'égyptien et composée pour nous des trois éléments m~a-n, qui est figuré dans ces hiéroglyphes

par un seul caractère. De même pour 0.'^^ . a : si l'on voulait donner aux yeux

une idée complète de ce qu'ils représentent pour l'égyptien, il faudrait les noter en combinant, sur le timbre a par exemple, le système berlinois avec celui de Le Page-

Renouf, û par 'A.'^^par îa, a par 'a, i ' et ' marquant pour les Berlinois le souffle

produit par la colonne d'air sortant du poumon, et a le timbre vocalique. Remarquons seulement que, tandis que les Allemands font, en réalité, assez bon marché de cette aspiration, et admettent ([u'elle disparait aisément tout en laissant parfois des traces dans l'idiome postérieur, le copte, Le Page-Renouf ne s'inquiète pas de. ces prétendues diminutions de son du signe graphique : il lui conserve la valeur pleine jusqu'à la fin.

1. Lepsius, Standard Alphabet, 2» édit., 1863, p. 195-199; cf. p. 175, où ce que Lepsius dit de l'hébreu peut s'appliquer tout aussi bien à l'égyptien.

2. Le Page-Renouf, Are thore really no coiuels in Ihe Egyptian alphabet? (1892), dans The Life-work, t. II, p. 153-159.

80 INTRODUCTION A L'ÉTl'DE

et il ne voit dans les différences de vocalisation qu'on y peut observer avec le son attaché primitivement au signe, ou avec les phonèmes nouveaux qui s'y manifestent pour nous, par la suite, que des variations semblables a celles qui se sont introduites dans l'histoire des langues romanes, quand elles ont passé de leur commune origine latine à leurs formes actuelles. A bien examiner les choses, la théorie berlinoise des signes (1,'^K , etc., est en principe beaucoup moins originale qu'il n'a paru d'abord à la majorité des égyptologues : ce qu'elle renferme d'à peu près nouveau, c'est l'usage qu'elle a essayé de faire du principe posé par Le Page-Renouf pour édifier, à grand renfort d'hvpothèses, une théorie du verbe et du nom cju'elle a créée identique à celle du verbe et du nom sémitique.

Il me semble, à l'encontre de cette opinion, que chacun des caractères, grâce aux- ({uels les Égyptiens ont marqué originairement la place occupée par la voyelle dans le mot, représentait, à ce premier moment de son existiMice, un plionème unique parfaitement défini, et que, par conséquent, c'était l)ien là ce que nous appelons un signevoyelle pris alors à valeur fixe. Pour nous en convaincre, rappelons d'abord d'une manière générale que l'écriture égyptienne n'est pas, comme la plupart de celles qui sont usitées aujourd'hui dans notre monde, un système importé que les naturels de la vallée du Nil adaptèrent à leurs besoins, mais qu'elle s'est formée, modifiée, complétée par elle-même et sur elle-même, presque toujours sans influence étrangère. Les Allemands admettent, comme nous, que les inventeurs voulurent d'instinct rendre synthétiquement, par un seul caractère représentant l'objet, les mots qui constituent le fond de leur langage : voyelles et consonnes, tout était compris dans ce signe unique et sa vue suggérait au lecteur l'ensemble des sons qui pouvaient transférer l'idée à l'ouïe. « Toutefois, comme une » écriture qui procède seulement par images ne peut que mal exprimer des actions ou » des idées abstraites, on se tira d'afi'aire, lorsqu'il fallut rendre les mots correspon- » dants, en substituant au mot malaisé à noter par une figure matérielle quelque autre » mot de son pareil, — comme si, par exemple, nous employions une Tor (porte) pour » écrire le Tor (fou). . . Il suffisait pour cela que les mots eussent à peu près les mêmes » consonnes'. » — « Ainsi cr^i vaut pour toutes les formes du verbe prj, sortir de. . ., » et des substantifs pii, fruit, prt, hiver. Le signe-mot marque seulement les con- » sonnes qui constituent la racine et non pas une vocalisation particulière*. » Cette dernière affirmation esta la fois vraie et inexacte. Elle est vraie pour les états seconds de l'écriture, lorsque le système purement idéographique eut cessé d'exister : elle est inexacte pour les états premiers, au temps plus ou moins court où le système purement idéographique prédominait. Il fallait alors, pour que l'image pût servir à exprimer deux mots différents, que ces deux mots sonnassent exactement de même, non seulement les con.sonnes comme Erman le suppose, mais aussi les voyelles : pour me servir de l'exemple apporté par Erman, si l'on avait voulu rendre par le même signe la Tor et le Tor, il eût été néces.saire que non seulement les deux consonnes T-\-r, mais la voyelle o, fussent communes aux deux vocables. Ce fut seulement, plus tard, lorsque

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