‹ Introduction à l'étude de la phonétique égyptienneChapitre 25 sur 43 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

DK I.A PlIOXHlK^ni.; KGYPTIENNE 81

l'einpldi (In ini''ine sigiK^-mot eut servi à rcndi'o, \r.\v exempli;, dilTcJrentes formes du verbe caractérisées chaeune par un cliaiigeincnl de voyelle interne, (|ue l'on lit abstraction de la voyelle pour ne plus tenir compte <|ue des consonnes, et que [ZTD entre autres correspondit également à /m/v, /)Er, p\i\ etc. T,e contexte permettant alors de rctal)]ir dans la lecture la prononciation exacte, on n'estima pas cju'il fût utih^ d'intercaler dans r('Ciiture la voyelle intérieure initiale ou linale (|ui ne forma point syllabe séparée : on ne s'avisa de l'écrire (|ue lorsipie les besoins de la clarté rendinMit son addition indispensable. Je pense, sans en être bien cerlaiu, (|ue le signe c représente un petit tas de terre, (|ue cette valeur sonnait à l'origini- ta, d'où sa valeur syllabi(iue puis alphabétiiiue tà-t, et que, seulement après coup et [)ar suite d'un usage que j'ai indiqué depuis longtemps, il vint à sonner p,.t.\ : d'où dissimilation de sens et de son pour Ci figurant le mot te/'re et ^ figurant le mot pèi'e. Pour le sens terre, où le mot avait seulement voyelle finale, on ado|)ta un signe = valant ta; on conserva c pour le sens père et pour le son ata, et cette graphie se perpétua jusqu'aux bas temps dans la locution |. Toutefois, on voulut mieux marquer l'existence d'un son-voyelle initial dans le mot expressif de l'idée père, et on préfixa la feuille (1 au c, ^ . J'ajoute en passant que le même phénomène se reproduisit dans tous les mots de type analogue, où l'on fut anaené progressivement à donner un représentant visible au son de la voyelle initiale, sans toutefois s'interdire l'usage de l'orthographe acéphale, ^^^^jj, /wwva^, <=>,

^, ^, l en ligature j^, ^, etc., pour (j^^, (j ^^, (] "^, l]f ^. ^,

l| j] , j] . Sauf dans le cas de 1 , l) jj, i , les lectures postérieures montrent que [1

répond presque toujours à un a pour Aloiunu (ii-axoùrjirj,-), Ama?ie( (cf. 'A;;Ls-/6r,,-), A/v'-A/'é («.pHOT M. epHOT y. au pluriel), Ami. Anok («^hok), mais ^ eipe T.. l\ J\ïiT. en M., 1 citoT 7\ iioT M. Il faudra expliquer ces différences de vocalisation : en tout cas, c'est bien à des sons-voyelles que répond toujours la graphie (I, comme nous le verrons.

Il serait facile de continuer pré.sentement l'examen sur d'autres groupes de mots du même genre, mais cela me prendrait ici beaucoup de temps et d'espace sans utilité immédiate : on aperçoit en effet, dès maintenant, l'idée que l'analyse des faits connus m'a suggérée. Lorsqu'il y a cinquante ans, je commençai en tâtonnant mes études sur la grammaire égyptienne, il me sembla entrevoir qu'au début, chacun des

signes exprimant ce qu'on appelait alors les voyelles vagues, 0.^. . ". avait possédé

une seule valeur fixe ne variant pas dans d'autres limites que la valeur de nos voyelles fixes du français,  et  pour a, e, é, è, ê pour le signe e, ï et î pour le signe i, o et ô pour le signe o, ou et où pour la combinaison ou. Seulement lors(|u'une langue traîne son existence pendant des milliers d'années, elle ne peut pas ne pas s'altérer considérablement surtout dans la partie vocalique, et, au bout de très peu de temps, la phonation des signes-voyelles arrive à changer étonnamment sans que leur figure extérieure se modifie en rien. Le signe-voyelle a, qui marque toujours en latin un son d'A franc bref ou long, À ou À, sonne encore a dans Pa/'/s de PKrisii, mais il cède la place à È ouvert dans ptre et mÈre de pAtrein et de mktrem, il se diphtongue en ai et en ie dans mxin et chmri de mÂnuni et de cknem, il produit la diphtongue au prononcée

82 INTRODUCTIOX A LÉTUDE

actuellement ô dans ch.wid de CAÙduin-cÂhdum, et ainsi de suite. Supposons la prononciation du latin aussi peu connue que celle de l'égyptien antique, aurait-on le droit d'y transporter notre vocalisation française et de profiter des dérivations mk(rcm-mtre, mknum-m\in, pour en conclure que, dans l'écriture de Cicéron, a était un signe, consonne faible ou voyelle vague, dépourvu de valeur fixe et capable de couvrir, selon les mots, les valeurs a, è, ai, ie, au? De même pour l'égyptien. De ce que le signe \\ é<|uivaut en copte à un a dans «.non, à un É dans epwre, à un Ê dans npn, à un î-ï dans eipeipi, à un o-ô dans oci-ione, a-t-on raison d'en conclure <)Ui\ trois ou (|uatre mille ans

auparavant, quand les mots correspondants s'écrivaient 0 , 0 1 ^ 0 ^ . ^ .

0 (j- 0"^^— ^> i's avaient une ijrononciation identique à celle du VI" siècle après Jésus-Christ, et que, par conséquent, le signe (I représente une consonne faiblo ou une voyelle vague, peu importe le terme, susceptible de se vocaliser en toute circunstance a, é, ê, i, o, ou? Dans un pays où l'orthographe des mots s'est maintenue à peu près invariable.une fois formée, il était in(''vitable qu'un signe destiné d'abord à marcpier, disons A et rien que a dans l'écriture, demeurât immuable graphiquement tandis que la prononciation se modifiait, et cette modification du son ne change rien à sa qualité de signe ayant représenté à l'origine et représentant encore à l'occasion un timbre vocalique fixe. A de l'anglais aura eu beau passer de la prononciation a//, \Ue, de la vieille langue, où il sonnait comme notre a français, à la prononciation d'aujourd'hui, où il assume un son aboutissant à un o spécial qu'on peut noter approximativement par la combinaison Âw, il n'en continue pas moins à s'écrire all, et il ne viendra à l'esprit de personne de dire à ce propos que, chez les Anghds, a est une consonne faible qui n'a point débuté par avoir une valeur fixe. L'exemple de ce qui se passe pour l'anglais est tellement frappant, qu'en 190?, lorsque la discussion s'éleva de savoir ce que valaient les signes (1, ^^ , - o, etc., en égyptien, Naville le cita délibérément à Stein-

dorlï'. Pour moi comme pour lui, pour Golénischefï, pour tous ceux (|ui se sont refusés à admettre les affirmations impératives de l'école berlinoise, l'égyptien a possédé primitivement des signes de voyelles de la nature de ceux des modernes, mais, comme son système graphique s'est de bonne heure immobilisé presque entièrement, tandis que la langue parlée poursuivait son évolution sans arrêt, la langue écrite a gardé ses habitudes avec beaucoup d'obstination, et les signes-voyelles, pour des raisons (pie nous commençons seulement à entrevoir, ont pris liistoriquement des valeurs diverses qui ne semblent pas toujours se rattacher toutes à la valeur i)rimitivo. L'un des problèmes les plus graves de l'heure présente consiste donc, pour l'égyptologie, à essayer de retrouver la valeur qu'avaient ces signes-voyelles au moment où l'écriture hiéroglyphique se constitua et d'indiquer, autant qu'il est possible actuellement, comment les valeurs secondes se détachèrent de cette valeur. Aiin d'y parvenir, j'étudierai l'iiistoire de chacun d'eux en particulier, en commençant la recherche aux derniers temps où le système auquel ils appartenaient fut employé. Les dialectes coptes, devant être en effet considérés, dans leurs spécimens les plus anciens, comme représentant le décahiue

1. Proceedings of the Socicli/ o/ Biblical Archœology, 1903, t. XXV, p. 58 sqq.

DE LA PHONÉTIQl.'E ÉGYPTIENNE 83

à peu prés exact en caractères ulplial)cti(|ues des formes dcinicics de la langue écrite au moyen des caractères hiéroglyphiques, peuvent seuls nous offrir un point de départ solide pour nous pcruvttn^ de progresser dans cette recherche. Nous remonterons ensuite par degrés jusqu'au W'I" siècle, de la transcription copte aux transcriptions gi'ecques, des transcriptions grecques aux assyriennes et de celles-ci aux cananéennes d'El-Amarna : par delà, nous n'avons actuellement à émettre que des hypothèses plus ou moins fortement motivées.

Il me reste pourtant une ohservation importante à faire avant d'enlanier l'étude de chaque signe-voyelle en particulier. Champollion, désiiant délerniincr leur é(|uivalence au moment oi'i il aborda le déchili' rement, se servit surtout des documents de basse époque, époque ptolémaïque ou époque romaine, et il tira d'eux un tableau complexe de la valeur des signes vocaliques où régnait une grande confusion. L'impression en est restée dans l'esprit des égyptologues, même des plus récents, qu'il n'y a pas grand cho^e à tirer pour nos études de la façon dont les Égyptiens ont transcrit les noms latins ou grecs, ou dont les Grecs ont transcrit les noms égyptiens : les transcriptions grecques du Papyrus gnoslique de Leydê et des autres recueils magiques du même genre n'ont fait jusqu'à présent que confirmer cette impression. Je crois qu'il y aurait lieu de revenir sur elle au moins partiellement. Il convient, en effet, de rappeler que, déjà à l'époque grecque, mais surtout à l'époque romaine, les scribes ou les maîtres dessinateurs (jui avaient dressé au profit des sculpteurs les modèles des décorations murales que nous possédons encore pour ces temps-là avaient à un très haut degré le goût du précieux et du rare, tant dans l'expression verbale de leur pensée que dans l'expression plastique des caractères par les(|uels ils la figuraient. Non seulement ils se plaisaient à employer des mots oubliés ou des formes grammaticales plus ou moins archaïques, mais ils s'ingéniaient à rechercher les valeurs peu fréquentes des signes connus, à leur déduire des valeurs nouvelles, à trouver pour les mots qui revenaient souvent dans des endroits attirants à l'œil des combinaisons aussi variées et aussi inattendues qu'il était possible. Si donc on signale aux cartouches des smgularites comme [IIJ V;^ llU -^ ^^ww, p l'^f^^ ^^ s/ ""^

pour oÙET-ïTiïvo;, = pour aJ^oxpiTtoo, etc., qui nous montrent W employé avec les

valeurs e et a, il ne faut voir là qu'une fantaisie de scribe décorateur, qui a employé le signe par à peu près afin de diversifier l'aspect du mot. Erman a déjà remarqué avec plus d'un autre que ces orthographes risquées proviennent surtout d'Esnéh'. C'est là, en efïet, que les rédacteurs d'inscriptions ont pris le plus de libertés avec le système égyptien, et l'on voit sur telle colonne des légendes où le crocodile -^3^, par exemple, a, par de véritables calembours graphiques, remplacé une dizaine de caractères ordinaires; toutefois, le même abus existe à Kalabshéh, à Phike, à Resràs, à Thèbes, quoique à un degré moindre, pour les monuments d'époque romaine. Aussi bien n'est-ce pas aux inscriptions ornementales des murailles qu'il convient de de-

1. Erman, Altœgyptische Studien, dans la Zeitschri/t. 1881, t. XIX, p. 45, où sont recueillis d'autres exemples de la valeur \\ = e, a, aux basses époques.

mander les renseignements précis sur la force phonétique des signes correspondants aux voj'elles des noms grecs ou latins : c'est dans les inscriptions privées où le sculpteur n'avait pas à se préoccuper de l'effet pittoresque à produire, ni à faire preuve d'ingéniosité dans l'expression graphique des sons, c'est encore plus dans le démotique, inscriptions ou contrats, qu'il faut chercher des documents. Là, l'orthographe des noms est à peu près toujours constante, soit qu'ils gardent la forme traditionnelle, soit qu'à un moment donné, pour une raison ou pour une autre, on les ait décomposés puis transcrits en leurs éléments phonétiques.

U depuis l'époque copte jusqu'à la X VIII" dynastie.

Laissons de côté les formes dernières du copte, qui n'ont rien à voir dans la question puisqu'il s'agit ici de déterminer la valeur du signe (1 vers la fin de l'époque païenne, et recherchons quelles voyelles de l'alpliabet grec l'égyptien d'époque romaine a consacrées à l'expression de ce signe.

Et d'abord examinons ce qu'il en est de h initial.

1° h fait place à *. dans *. Akhm. B. et vieux T. de !\ •=>, *.t B. de û"^^^. *.fee T. de (I J «Sij^wwvA, i^fem T. «.to M. de (1 J va4 ^/^let, par chute du <=> féminin,

e.fioT M. de * , «.Ahot b. *,pH-5- T. de (1 -^3, «^AoAi M. «.Aa-Ai, e-Aewe^Ai B. de (] <=.

Ka f^ cri h |in' , £r^ cii fv

. «.Aiett+ AI. i^xximT., l'enfer, de fî , l] , i.T«.n 7". *.o-ir«.n .1/. de n

Kl eonleiiT, «.itoK, *.nK, «>np T. *.it*.K Aklim. M. de M ^, «.hoju M. de [

^^^^"ij^^, e.ii*.AiHi J/. de n "=> ^ ^ , *.ini n. de (I ..û , e^ntoT 7\ è.<çoT .17. de n D,

*.c r. de ()[1^, *.c^. T. 6.ci^, M. de \~^\, '^cot T. de (Kl^-^, "^^l- ^-m 7". M. iî. de [1 , t^onB. de Ofi^^- Joignez-y les formes précoptes e. pour e du COpte ordniaire, ô.p*.q = epoq = M g7\ i = n <:::=>, «>q*.mH = «.qetge =; [|qa«u=» l-^, *.peoT ^ 6.pHTr 7\ de (I V^i, etc.. formes qui se sont conservées dans le vieux thébain et dans l'akhmimique. Je n'ai voulu donner là (jue des exemples où l'équivalence est certaine entre le mot copte ou précopte et le mot égyptien. De plus, le nombre des équivalences certaines étant très restreint, je cite provisoirement, ici et dans la suite de cette étude vocalique, tous les dialectes indifféremment. Je me borne à rappeler que l'aklimimique, le fayoumique, et d'une manière générale les autres dialectes de la moyenne Egypte, que je confonds sous le nom de bachmourique pour ne pas rompre avec la vieille tradition de l'école tant qu'on n'en aura pas abordé l'étude sérieusement, ont une tendance à mettre un «., où le reste des dialectes emploie d'autres voyelles, e ou o, et réciproquement. C'est une marque d'archaïsme, car les découvertes nouvelles ont montré que j'avais raison, il y a plus de quarante ans, de considérer comme des plus caractéristiques pour l'étude des formes anciennes de la langue, ce dialecte que Revillout s'est obstiné jusqu'à la fin à considérer comme un patois informe.

AAAAAA

2" (1 est rondii e dans e 7\ M. i\ coté de «.de 1 , e«.Tc Akhin. H. à côté de *.t B., cooT T. toov M. coTio Préc. de (1 ^^ y^ > dans ete '/'. à côté de «.te B. de (1 j ,S:-^ ^^^ , cftoT 7". et eÊ«.T Alihm. à côté de *vfeoT .1/. de * , e*jïÛT T. eAieiiT M , ijnuche, occident.

à côté de jvjuiu+ .1/. «.«.nTe T., enfer, de ft , eAooAe T. à côté de «.'AoAi .1/. e.;\*.«.Ai B. de (l<:z=>'Wf", e-5-eit A/îhm. à côté de «.Ts-«.ti T. ».ot«.h. .1/. de (1 -^^ Kl , en forme cons-

1 ^^ I I 1 ^^^vv\ I I I

truite de (I , eue Jxxxc T. à côté de «.««juihi M. de 0 "^^^^^ '^^"^ S^n i . ^nc 7'. A/, de

(1 ntk "'^-, 1 im ^^ <=. Il .<->

H (I vj^. epHT 7'. Alxlim epHOT .17. à côté de «.Ahot B. «.pms- 7\ «.peor Préc. de (1

V^ I. €c B. à côté de e.c 7'. de 0 M '^ vieux, ec A/,/nn. de ml, e^ AI, /un. à côté de «.ig 7'. M.

de [1 , e^e T. .17. à côté do «.g^H 7?. de g Q ^fy|, e«'c T., poireau,, de h "^ , 0 ^^

^. Ainsi (lu'il a été déjà renianiué, i'akhmimique a une tendance à conserver des «.

antiques où les autres dialectes ont e, et à remplacer des «. par des e où ils ont conservé «w.

3° ( est rendu par h prononcé en ce cas Ê dans npn T. M. hXh B. de u , Hce T. Hci M. de n ', et dans H«'e à côté de ets'e 7\ htsi M. et dans le qualitatif hh T. M. de

4° (1 est rendu par i 71/. 7Î. ou par ei T. Ak/nn. à l'attaque du mot 0, (iT^, ciw, Vco, ei». T'. , V«., i«. Akhm. B. M. de [ Uaaa/vs gj^ie, ifee 7\ lÊi M. à côté de «.fee 7?. edcT. de n 1 ^i::-^ 'ww>A , cicfeT, letT T. AI. de 4 1 , eme T. A/x/im., eim, ini M. B., me T.

à côté de en T. M. B., H T. de |\, eioop, lop, loop T'. et eiepo, lepo T., i«.po, lopio i\/. , lepo Akhm., de (1 <=> ^^ï^ et de (J <=> î^!^!^ - — " avec chute du ^ raédial, eipe 7".

ipe T. B. ipi J/. lAi B., de ^s>-, H , eic T. ic yI/. à côté de ec Akhm., de (11, eiuT T. Akhm., VioT M. 7?., de 0 ^-0'=^^ oè/'e, eiwT 7"., iw 7. Af. de 0 on/e, eiiore,

iWTe r. M. iw4 M. de 0 ""^^ lif /-osée, eiTen 7Î. i-iTi r. iTen il7. de %*^ "~^ , log A/.

1 Q «Sisi (2 n 1

de 1 1^, eico^e, ico^e T. logi M. de (j | , i£ M., démon, esprit, de (l'^i.^. 5° (J est rendu par o ou par co dans wot M. à côté de «.t, e«.T Akhm. B. eooT T.

de û'^^ >>^' °^^ ''"• "^^ -'^-^- ^^ ^'^*'^ '■^^ ^^^' "^^' '^^ ^- **" ^' "^^ ^ J A5^^~w^A, ojfieii de (1 n ^ a/'(/î, otoe 7". de (I 9 , wrIi, orJû. 7^. oReM., wkcai M. de (1

1. J'ai cité, il y a quarante ans de cela, vin texte exégétique {Zeit/'chrift. t. XVIII, 1880, p. 42-43) qui prouve qu'au moins à l'époque ptolémaïque, le groupe [j était censé commencer par un [1. Nouit vient de mettre Isis au monde, et elle dit à sa fille en la voyant : (J ' 'j]'| « C'est donc toi ! n (j'avais traduit alors : C'est moi !), et on lui donna le nom d'« Isis », "lat; ou Hat;. Le jeu de mots entre (J 1 1 '^ Es-e, Is-e, et le nom d'Isis, Êse, \sé, donne pour le signe [j la valeur

forme secondaire de u "^^T^ ^ ^'"'''^ triste, endeuille, ton .1/. de fil tone T. Aklun.

wwue T. coiti i^/. jB. à côté de «.n*.-, ene- en composition, de (]'=', ong .1/. de (I

S ^ con r. .V/. 5. à l'actif à côté de hr 7'. .1/. au cmalitatif, de (I , oci M. de

^, wcK r. .1/. de (jO^I^, oq-til/., ramper, de (j^^-

Je n'ai choisi ici comme exemples que des mots coptes dont l'équivalence avec des groupes hiéroglyphiques est certaine ou à peu près; on y remarque, à première vue, un pêle-mêle de correspondants alphabétiques de [\, qui semble ne pas permettre de rien déduire pour déterminer la valeur vocalique de ce signe. Pourtant, à y regarder de plus près, le chaos se débrouille un peu. Faisons en premier lieu le tri des particuarités dialectales : pour nous borner actuellement à un cas, le bachmourique donne à initial comme substitut un *. dans «.Ahot, *.A«^Ai-*.A«.«.Ai, *.g^H, etc., tandis que le thébain peut posséder un e à côté de 1'*^, cpHis-, «.pH-s-, e'AooAe, et le mempbitique a de même «.pHo-s-, *.AoAi, etc., mais, pourtant, avec des formes coot, e^e, etc., contre «.-s- B. *.oH B., et lui-même nous montre ee^T avec un e à côté de «.is-, et l'akhrnimique a l'e de préférence où les autres dialectes ont «^, eo-s-en au lieu d'*.Tô.n T. *.oT«.n M., e^ au lieu de «^ig T. M. B. Nous aurons à revenir ailleurs sur ces distinctions dialectales à en expliquer les cas particuliers. Pour le moment, il nous faut ensuite tenir compte des distinctions vocaliques que l'usage grammatical a introduites entre les vocalisations diverses d'une même racine : puisque le groupe antique \\ J ^^ ^^-^ , (1 j ,S^7 ;ï^ , se présente dans les écrits coptes sous plus d'une demi-douzaine d'aspects, «.te, efce T. ek\ M., cifee, ifee 7". \kiM., oiizT. ohiM., il convient, après avoir écarté les doublets orthographiques tels que ifee pour eite en thébain, de nous rappeler que les types en €i-e représentent les formes absolues du copte eiÊe T. iti M., et les formes en o, leurs qualitatifs ofee T. ofei M. Reste à nous rendre compte de *.te-cfee que Peyron enregistre comme doublets thébains, mais qui peuvent se rencontrer dans des textes influencés par un des dialectes peu connus de la Haute Egypte, peut-être par l'akhmimique où c joue avec « T. et i M., ec et ecTe pour «c T. et icxe M. Ajoutez à cela que les doublets d'un même vocable ancien apparaissent parfois avec des vocalisations diverses, selon le sens dans lequel ils s'étaient spécialisés : ainsi ft est 3LAi.itTe T. aLiien'^- M. B. lors-

qu'il signiHe enfer, mais eAjûix T. eitenT il/, lorsqu'il signifie Oecident. Ici, le mot religieux avait conservé une prononciation archaïque du temps où (1 sonnait *. ^ a dans l'atone initiale.

Ces points indiqués, sans pousser plus loin actuellement l'analyse dans le copte, recherchons quel son-voyelle les transcriptions grecques mettent en face de il initial de l'égyptien, aux époques romaines puis ptolémaïques. J'ai tâché d'y retrouver au moins quelques-uns des mêmes mots coptes que j'ai cités pour la période précédente, ■et j'agirai ainsi, par la suite, de manière à reconstituer leur histoire phonétique à travers les âges. Je rencontre donc, soit dans les textes purement grecs, soit dans les rares textes égyptiens écrits en lettres grecques :

1° (j initial rendu par a dans 'Ai^iveTi?, A|jlvte', pour fî pris dans le sens d'enfer,

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