‹ Introduction à l'étude de la phonétique égyptienneChapitre 28 sur 43 · Zeitschrift, 1S91, t. XXIX, p · texte numérisé non relu

Zeitschrift, 1S91, t. XXIX, p

particulier aux cavités buccales ou nasales, soit, lui aussi, la figuration de ce que nous appelons un son-voyelle. Comme le pronom étudié était stable dans sa prononciation, au moins pour chaque époque l'une après l'autre, si nous constatons que, pendant le cours des siècles, le son-voyelle s'est modifié, nous ne sommes pas autorisés à en conclure qu'il V avait là une voyelle vague; à l'époque où le signe (1 et ses variantes ont été employés pour la première fois à rendre le pronom de la première personne du singulier masculin, il avait une valeury?,re correspondant à celle du son de ce pronom, et si, dans cet emploi, le son a changé de valeur, il y a là un fait purement historique. Ce phénomène historique n'a pas plus modifié la valeur première du signe (1 que, par exemple, le changement de la prononciation du a// vieil-anglais en ô/ de l'anglais moderne n'a modifié la valeur primitive du signe a dans l'écriture d'origine latine et n'a fait de la voyelle fixe a une voyelle vagiœ du type arabe ou hébreu.

Dans l'orthographe régulière, le signe (1 se rencontre au milieu des mots, là seulement où la voyelle qu'il recouvre faisant hiatus avec la voyelle inhérente ou exprimée de la syllabe précédente, il forme ou formait à l'origine une syllabe indépendante de celle-là comme de la syllabe suivante : il se trouve alors dans la situation de Ta de crc\ture, miruAture, ou de l'o de créosote. Cela était fréquent surtout quand cette

0 .,^^ , par exemple, se décomposait mécaniquement en II -)- voyelle [1 marquant une voyelle formant syllabe indépendante, 'w^/v^A -{-voyelle finale qui dut disparaître après l'époque de la -/.ocv-/. Peut-être, comme on le verra, la lettre inhérente à J étant ai, déjà tombé au XVP siècle, la vocalisation contemporaine était BÂNE. la forme copte du mot fiion M. et en thél)ain avec redoublement de la voyelle, fitowit, nous ramène à une vocalisation antérieure en ci pour w, tow copte, suivant la l'ègle que j'ai indiquée plusieurs fois. 1 (1 .^^^ était trisyllabique à l'origine, mais la voyelle inhérente au caractère 1 étant atone tomba en premier lieu et réduisit le mot à la forme bâ-ne. De même que tous les substantifs et les adjectifs

masculins, il avait une terminaison en v\, ainsi que nous le verrons plus tard, terminaison qui, au second empire thébain, sonnait ï ou plutôt ê, comme le prouve la transcription AmânhatpÊ[ï] de [1 Mû, puis, cette finale tombant à son tour, il

se réduisit après avoir été un dissyllabe bâ -\-nc, et enfin qu'un mono.syllabe inMtiM. ou en thébain, la réduplication étant orthographique en pareil cas, Awiott. De même, le verbe .■■^^ ^^^ g7\, d'où dérive le nom du dieu ^, est écrit aux anciennes époques

1[ .^^ *^dans les deux cas, et la variante ' 'p'^^'j ^^^ QA nous montre que [l a ici la valeur sa; cet a inhérent à la consonne entrait en hiatus avec le phonème couvert par U, et la combinaison O^v , qui forme la syllabe du mot, nous prouve que cet 0 couvrait ici une voyelle e-a. Il fallait donc prononcer Saeâ-Saiâ très probablement; par malheur, nous ne possédons pas le dérivé copte, si bien que nous ne pouvons savoir si, dans la langue dérivée, le (1 n'a pas plus laissé de trace que celui de J (1 .^^^ feiôw» T. &u)n M. Si nous prenons un mot féminin, nous y constaterons le même phénomène. J (1 ^ était lui aus.si de trois syllabes J et voyelle inhérente -|- fl -|- ~^~^ et terminaison féminine <=, mais la voyelle inhérente au J tomba dans la prononciation,

l'o-io qu'on Iromc dnns lo (ii'i'ivé cojitc' tomu /'. oromi .1/. montre c|u'il y avait couvert par (1 un A accentué, et la linale at-et du l'eniinin complétait le mot derrière ~wva^^ le tout se lisant quehiue chose comme bSvnat-B'^Anet et, par chute du <=. féminin, b^Ana-bVvné. Au passage de l'A tonique à o-ô, cet o-ô se diphtongua en oi-ôi sous l'influence de la finale féminine i-e, aboutissant au copte èoihh 7\ oTiomi M. Ajoutons que sauf erreur du scribe le (1 de J (J ^^^^ s'écrit toujours, tandis (pie celui de J (1 M disparait souvent dans l'écriture, laissant subsister des orthographes telles que

^ ' M' ^^ '^*^" seulement il en est de même dans la plupart des mots (pii

renferment un (1 médial; mais beaucoup d'entre eux n'ont jamais marcpié dans l'écriture par (1 ou par un autre signe la voyelle formant hiatus dans le corps du mot avec la voyelle finale du signe précédent, d'où l'on peut conclure que l'introduction de (1 dans l'orthograpiie au milieu des mots est un fait secondaire et (pii ne se généralisa jamais. Ainsi le mot copte poeic 7'. pojic .1/. a toujours conservé l'orthographe n \, de la racine RÂs-pnc, ou I'a simple, adhérent au <=>, est conservé dans le mot p*.zosT. : l'orthographe archaïque, celle qui n'écrivait que les signes représentatifs des consonnes, s'est immobilisée et maintenue jusqu'au dernier jour. D'autre part, le verbe a pris depuis l'époque bubastite une orthographe secondaire h '^v^ 8(1' *'^'

entre en variante perpétuelle avec ~'*~' g]) dans les divers manuscrits du Licre des

Morts, et qu'il ne faut pas confondre avec le verbe voisin jj ^. iJ ' y>^' employé assez fréquemment au Papyi'us Pi'isse' . La présence en copte du mot ■2£«.eic Akhm. •xoeic T. a'oeic, s'oVc M. B., qui se rattache à l'une des formes de la racine S; J\ , nous achève

de prouver, ce que nous indiquait déjà l'orthographe, que le mot égyptien QA, à

partir d'une certaine i!'po(iue, renfermait un hiatus entre la voyelle finale de la première syllabe et la voyelle qui précédait le —«—. Cette époque dut être assez tardive, à en juger par la comparaison des orthographes grecques ^oTvi;, KoToiî, n/oTp'ç, etc., pour des mots comme J^ ^^^, "^J^, ^1^ I ^^1^' ^^^- ' ^'^^ indiqué ailleurs en passant' que cette introduction de l'i dans le mot devait être attribuée aux temps de la ■/.oiv/, ramesside, et en effet un texte de la XK** dynastie cité par Sethe' donne pour le nom Jg ^"^ l'orthographe J (||1 TK ^^-1 ^^ "V v^' '^^'^'' ^H "^~

tercalé correspondant à ■. du grec dans ï-oT- et la substitution de^^, Ë à^ qui explique la terminaison en t de -i?, comme Ousire-o-n-cipe Osiris, Ese-Isé-Hce Isis, Memphe-llîtqe Memphis, etc. Cette forme nouvelle a passé en démotique, où Spiegelberg en a signalé plusieurs variantes'. Toutefois l'orthographe spéciale pour exprimer l'i que ces documents emploient suUit à prouver que cette forme boïné-baïné du mot était postérieure à la forme bonou-bknou : si. en effet, elle avait été en usage aux temps antérieurs, on rencontrerait l'orthographe J (J o ^ 7^. JKJ "V ^= P^'r un (I au lieu de (1(1, et cette

1. Éd. Naville, Glanures, §1, dans Sphinx, VJli, t. XV, p. 193-200, et Dévaud, Sur le mot saito-ptolémaïque, i^sU I W) . dans la Zeitschrift, 1912. t. L, p. 127-128.

Page 1