‹ Introduction à l'étude de la phonétique égyptienneChapitre 30 sur 43 · Le Page-Henouf, Tlie Li/l' Work, 11, p · texte numérisé non relu

Le Page-Henouf, Tlie Li/l' Work, 11, p

tachée à leur prononcialion sans (in'il fût besoin de la marquer par un signe spécial, les scribes, écrivant l'un des mots cités ci-dessus, ne pouvaient faire autrement que d'en écrire la finale au moyen d'un caractère impliquant une voyelle prononcée à l'orjdinaire, et c'est cette voyelle qu'ils auraient par la suite notée par un des signes dont ils se servaient couramment dans leur propre langue pour indiquer des sons-voyelles. Cette explication trop ingénieuse a l'inconvénient de ne pas expliquer pourquoi, dans certains cas, ils ont mis, à '^^^^ par exemple, une terminaison en v:>, o ^- ^-^^ dans d'autres cas, une terminaison en <^, TK^ . Il vaut mieux se rappeler que le babylonien, dont la langue et l'écriture étaient une sorte de bien commun aux nations situées d'une manière générale entre le plateau de l'Iran ou de la Méditerranée avaient pour la plupart des noms propres ou communs une déclinaison à trois cas : -ou pour le nominatif, -I pour le génitif, -a pour l'accusatif, avec ou sans mimmation : les scribes babyloniens et leurs élèves les scribes cananéens écrivaient donc, selon les espèces, les noms égyptiens ^-ma-Nou-ouM, A-/nn-a-NOv, A-ma-NA, Aman-ap-PA, Aman-ap-pi, Ka-si, Ka-sA, Pou-khou-ROU, Pi-khou-UA, etc. Les scribes égyptiens, de leur côté, entendant les noms étrangers prononcés diversement à la finale et ne possédant pas de déclinaison analogue à celle des dialectes sémitiques, transcrivaient ces noms en leur écriture avec l'indication de la voyelle du cas auquel ils les avaient entendu prononcer, et, l'habitude une fois prise de les noter avec cette voyelle, ils la perpétuèrent par routine jusqu'au temps des Ptolémées. Le signe-voyelle^^ placé à la fin d'un nom sémitique transcrit marque donc la place d'une voyelle prononcée et qui correspondait à l'une des voyelles servant à rendre les cas en babylonien ou en cananéen, et on peut arriver à en fixer la valeur par approximation : ^' ayant, comme nous le verrons, la fonction de noter les phonèmes sémitiques tournant autour de ou et w, (1(1 final ceux qui dépendent de i,"^, sera l'équivalent de a et de ses nuances ordinaires, ou et e, et

nous avons déjà vu des exemples de ces valeurs en ou dans M ^^Akoiinovi et

Mai 1 ,, ., , Iaa.^.^^

' ^3:7 Kouihkou.

Les transcriptions des noms géographiques de la Palestine, et celles des noms

communs venus de ce pavs, qui renferment un 'èx , montrent en effet à toutes les places un a ou un e et ou-o dérivés d'un a. On aura donc : ^ SArouna, il-iB>,

](]^v-;,5,-»,n,=n9, ^m^ , fl^~J'^'°- i\ , i TS, rtc ; les eMmples abondent. On remarquera toutefois que là oi'i l'iiébreu ou une autre langue donnent des É ou des o pour équivalents à des a, l'assyrien ou une autre langue fournissent un a, ce qui permet de rétablir I'a dans la vocalisation cananéenne antérieure, et par conséquent de conclure que le signe ^^ répondait à un a dans les transcriptions de la XVIIP dynastie. Si en effet l'hébreu met c*ot en présence de ^^ TtTtT , le cananéen d'El-Amarna et l'assyrien donnent $Ai)iA.i; on a de même Ga/y/aw^/n/* vn assyrien à côté

DK i,A i>iioNi<':riQn'; I'Iiiyptienne loi

de KArk'Émis/i en !icl)riMi, c<'lui-ci juxtapnsant les di'ux valeurs ko! a; le latin a comiu la prononciation arcliaïque -SArra par un a ii cùto de la prononciation plus récente par un ou qu'ont notée l'assyrien, l'hébreu et le grec, Sour-rou, -\'\2, nà, TOpoç; l'hébreu a conservé pour 00 ^^J^, 0 0 '^ JLi le son a, Ikp/io, quand le grec a obscurci Ta en o, 'Htztzt,, et ainsi de suite. On en arrive donc à conclure pour ^^ comme pour (1 (|ue les valeurs vocaliques diverses, e^. e, h, i, o, co, on-, qu'on trouve dans les transcriptions là où il se trouvait dans les hiéroglyphes, ont été produites pour l'évolution naturelle du langage et peuvent fort bien varier selon les époques, sans que le signe ait besoin de changer : l'orthographe conservait celui-ci par routine à travers toutes les modifications du phonème. De plus ces équivalents diminuent en nombre à mesure qu'on remonte dans le temps, et la plupart d'entre eux se ramènent au son a vers la XVIIP dynastie. S'y ramèneraient-ils tous si nous pouvions remonter au delà? Avant d'aborder cette question, il sera utile de faire pour ^^ ce que nous avons fait pour 0, c'est-àdire d'attendre que nous ayons examiné ce que c'est que d et que nous ayons conduit l'examen jusqu'au XVP siècle avant notre ère.

^ fl depuis l'époque copte jusqu'à la XVJJI'^ dynastie.

Les premiers égyptologues n'ont guère distingué le son attaché au o, ^, de

ceux qu'ils attribuaient à (1 et — a, et c'est seulement peu à peu qu'ils ont dégagé des comparaisons des transcriptions hiéroglyphiques avec leurs originaux sémitiques une

valeur de a pouvant rendre approximativement celle de r ou de t- en hébreu ou en

arabe. E. de Rougé avait bien résumé, dans son Mémoire sur l'origine égyptienne de l'alphabet phénicien', les résultats auxquels l'avaient conduit ces travaux : « Il n'y a I) absolument rien dans la langue égyptienne qui puisse nous engager à supposer l'exis- » tence d'une aspiration gutturale analogue au u des Sémites. Les Coptes, qui ont con- » serve si scrupuleusement toutes les lettres égyptiennes propres à écrire les nuances 1) de prononciation que l'alphabet grec ne leur fournissait pas, ne possèdent, outre les » voyelles fixes, aucune autre aspiration que le g. ^ n, n et le ^ = n. Il est cependant » remarquable que la Bible ait employé fréquemment le u dans la transcription des

» mots égyptiens; c'est toujours au bras a que correspond alors cet c de la Bible....

» Il est extrêmement probable que les syllabes écrites en égyptien avec le bras o

» avaient une prononciation emphatique que les Hébreux ont indiquée en .se servant » du V. » Rougé cite ensuite divers exemples de transcriptions égyptiennes des mots hébreux, puis il ajoute : « Si nous groupons les renseignements groupés par tous ces » mots, nous trouvons que les Égyptiens ont traité le r de plusieurs façons; quelque- » fois ils l'ont supprimé et n'ont écrit que la voyelle; quelquefois ils l'ont changé en

» aspiration; souvent ils l'ont écrit par leur voyelle emphatique a; enfin, quand on

» a recherché une approximation plus exacte, on l'a transcrit par le sigle du mot .

» Tout ceci nous amène aux mêmes conclusions que l'étude de la langue copte, à savoir,

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