‹ Introduction à l'étude de la phonétique égyptienneChapitre 33 sur 43 · Voir plus haut, p. 99 du présent volume · texte numérisé non relu

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ainsi une explication des pluriels s(-miti(jues. Pour ce qui est du duel cananéen, il en est de même que pour les pluriels : la terminaison duelle D^i de l'hébreu classique se rattache à une terminaison plus ancienne a;, (jui elle-même est en cananéen -ama, comme le montre l'équivalence S/iou-HA-yiA ^= D»t (duo habitacula)' . La transcription égyptienne JdtT 1k , TtT(T ^= 1 ~^, correspond exactement à l'orthographe

cananéenne H1ioa-na-^\\, et cet exemple, ainsi que les exemples cités plus haut nous donnant pour le cananéen des finales en -ma, nous prouve que dans les finales ,

û D, , O's^' ^*^^ transcriptions égyptiennes le signe o, °0'^v' '^""~

vrait un phonème, toujours le même que l'orthographe cunéiforme montre avoir été un A.

Résultats auxquels nous conduit l'examen des signes (1, ^^ , o, de l'époque

copte au XVI'' siècle avant notre ère. — Si maintenant nous cherchons à résumer les faits que nous a révélés l'étude des transcriptions alphabétiques ou syllabiques pour les trois signes (j, "vx , o, nous obtenons les résultats suivants :

1° A mesure qu'on remonte dans les siècles, (1, qui correspondait à toutes les voyelles de l'égyptien, semble se ramener à deux valeurs principales, a et, surtout devant '^, i : toutes les autres valeurs paraissent se déduire de celle-là par le jeu de la langue c]ui se modifiait.

2° Il en est de même pour ^^ à cette nuance près que la tendance à représenter un son A parait être encore plus forte pour ^^ que pour (1.

3° Enfin a marque la même propension vers a que les deux signes précédents,

mais en y ajoutant, au moins à l'époque ramesside, un élément guttural qui le rend propre à rendre le son de u-c. ou à être rendu par celui-ci aux yeux des Égyptiens ou des Sémites. Ce n'est pourtant pas un r-j- véritable, car on le rencontre en égyptien dans des endroits où jamais celui-ci ne s'est rencontré dans les langues sémitiques, et alors il correspond aux sons purement vocaliques que la notation massorétique marque par des points -:-, -n-, -f-, -f-, -^, etc.

4° A l'époque ptolémaïque, ils .semblent ne pas avoir répondu à des différences phonétiques sensibles, mais le (I et le ^^ paraissent s'employer presque indilïéremment

pour les mornes voyelles greccjues, et plus tard, à l'époque romaine, le a échange

avec les deux autres pour transcrire les noms propres étrangers, et les orthographes

des mots communs de la langue en (1, en *^, en a, ne sont plus ([u'atïaire de tz'a-

dition : le copte traduit celles-ci par les mêmes voyelles grecques articulées de la même' façon pour les trois signes.

Toutefois, pour compléter cette étude, il nous reste à examiner ce qu'il en advient d'eux lorsqu'ils .se combinent les uns avec les autres, û'^. , i . 0^^, "> ^k,']'

1" Le groupe 0'^. est le plus fré(iuent, surtout dans les temps anciens de la langue, où il figure comme variante tantôt de (1, tantôt de"*^; ainsi l'on a, dans l'égyptien du temps des Pyramides et du premier empire thébain, 0"vv® Mtl '^ côté de

1. Dhormes, La Langue de Canaan, dans la RcL-ue biblique, 1914, p. 353-356.

^^ :' "'"^- <"i.^^. ^\zm-- ^w^n \%^: «< ^

etc. Si r(in reclieix'lio ce (|ne les mots ainsi écrits sont devenus en copte, on voit que les uns n'y ont plus à l'initiale qu'une voyelle simple, O'mx® >>(i\r^ '* ■^^■- '\^^ ^iWf" cAooAc T. *.AoAi M. *.A«.«.Ai /?., tandis ([u'un certain nombre d'autres ont conservé sous forme de diphtongue en ei T. i .1/. initial les deux phonèmes couverts dans l'orthograpiie antique par n et P^r^^. 0^,^ ^M' O 1|||f «oite 7'. M-reT. M.

■"* ■"- ^\im- tj;:—- ■* ■'■■ -'^^ ^i7° \n-\n'-

iHc J/. Il faut tirer de cette constatation cette double conclusion : dans le premier cas, l'un des phonèmes couverts par [ et par ^^ s'est assimilé à l'autre, et i^^^O y>m Jj par exemple est devenu 'A/-, i^; dans le second cas, les deux phonèmes se sont maintenus et sont représentés en copte, (1 par ei, i, ^^^ par co, o et «., (I ^^^ ||||| euoTe.

On remarquera dans cette deuxième éventualité que les variantes en (I avec suppression graphique de "^^ deviennent presque générales à mesure qu'on descend vers la basse époque, si bien qu'il est impossible de distinguer d'après la seule orthographe hiéroglyphique les mots qui ont conservé la diphtongaison antique. Le copte nous fournit à ce sujet les renseignements indispensables, même pour des mots dont nous ne connaissons pas encore l'original hiéroglyphique, ou dont cet original ne nous est pas connu jusqu'à présent avec l'initiale O^^. ainsi ei*.A T. ia.A M., spéculum, ciotA 7'. M. eoTs-A .1/., cervus, iwfe M., lactuca, supposent un prototype ayant commencé par la combinaison U "^^ ei-i + «- pouvant devenir ot, puis w, selon la règle. D'autre part, les rendus coptes «wt T. Ak/ini. icot T. M. Ak/nn. pour 0 ^ »f pater, et eiwT T. iiot T. M. B. pour \\ hordeum, nous prouvent l'existence à une époque antérieure de formes qui se seraient chiffrées, (]%\ «Vi^ et ' O'^^v , si ces mots n'avaient pas été, pour ainsi dire, stéréotypés par la tradition dans les orthographes lj^^,'=^.oou(l ,il .„û. Les formes précoptes Vott, précédant les formes coptes en u», «iot-kot, nous permettent de remonter à un *iat, dont la vocalisation en a se retrouve au pluriel de presque tous les dialectes, ««.Te T. Aklim. ««.-t Akhin. B. m^^ B. à côté de eioTe T. io-\-, iot^- M. D'autre part, la variante Q, de (]<=^, nous indique pour ce mot une voyelle finale, ce qui est conforme à ce que nous donnent les autres langues pour cette expression enfantine de l'idée père, a-Ta, atta, en grec et en latin par exemple; — remarquons, chemin faisant, que l'orthographe ^. Q, pourrait également marquer une prononciation TA rappelant l'autre expression -ixot, en latin tata du langage enfantin pour la même idée. La forme plurielle dissyllabique met partout une brève eioTe, eii^Te, eii.'f, la.'t. «°i", '°^^ à la tonique, et il est probable qu'au singulier antique de la zoivr; ramesside, (]'=>^. prononcé *Iata, iate, devait avoir une brève à la même place : la chute de la voyelle finale aurait entraîné par compensation l'allongement de la tonique *lA.ta,

112 INIRODUCTION A L'ÉTUDE

*Ioi:ti, lîyCt, eiwT-iwT au singulier. Si, en dehors de la question de vocalisation, nous résumons les faits qui ressortant de cette étude, nous verrons que la combinaison graphique (l'^^aux bas temps partie s'est résolue sur (1, partie s'est maintenue en la forme diphtonguée ia, iou, iô. C'est là un reste d'un phénoini'ue commun aux temps antérieurs, et si nous remontons jusqu'à l'âge des Pyramides, nous y trouvons la combinaison û'^à l'initiale très fréquente comme variante de il ou même de "^simples. Conservant provisoirement la vocalisation copte, le fait matériel nous permet de dire qu'à l'âge memphite un grand nombre des mots qui eurent plus tard à l'attaque un phonème simple couvert de préférence par H commençaient par un double phonème vocalique cuo, eio, iot, i*., auquel répondaient les signes [1 et ^^.

I! V a de même alors, et quekjuefois dans la suite, un emploi de 0^^ qui donne

à cette combinaison la valeur de a ou une valeur très proche de celle ipTil convient

-fl ^ -e> ^

d'attribuer à cette lettre. Les mots très usités '^Sj, aA, ^^ , sont écrits çà

et là dans les Pyramides et ailleurs (I^^-T"^. ^^°°|)- fl^ V ^^f 1'

et ce ne sont pas là des exemples isolés. L'équivalence o = O^^est conlirmée par

les alternances citées plus haut des finales - o et il^è\ dans les transcriptions des

noms géographiques hébreux'. La preuve de la présence possible d'un double phonème

enregistré sous o ou sous sa variante «-=» nous est fournie, comme je l'ai dit", par

des écritures telles que n -^ | ^s^'m."'^' ^'m^'^"''^*' évidemment ■><=-, ou d^\

JqM)S à côté de '^\°M' "\^^' \ "^ ^* ^'^^^- ^^^ — a"^^- 0» s^'it que la

variante ancienne de —-J est parfois ^^, et l'on rencontre "^^ 1» P^r

exemple, a côté de ^^^, ^^S^f^^ =i côté de ^ffl'^l^^, '^ - à côté de ^ ^\ il' ''^ dans les transcriptions de noms propres sémitiques

,pX) ''2y à côté de ^^ Jl^ ■ Cette double !)atterie de variantes pour a et

son équivalent o-^ semble bien nous montrer, en premier lieu, cjue le phonème couvert

par 0 était de nature telle qu'il semblait aux Égyptiens pouvoir se décomposer en

deux i)honèmes exprimés le plus souvent par a -f ^^ - niais quelquefois par (J-h^s I

en second lieu, qu'il cachait deux nuances du son, l'une plus forte et qui était la fondamentale, rendue par "^l» l'autre plus faible et qui était probablement secondaire,

rendue par 0^. ■ Si l'on cherclie à définir la nature de o par ces observations, on

remarquera tout d'abord que ce dédoul)lement d'un plionème unicjue en deux phonèmes conjoints nous rappelle ce qui s'est passé en France par exemple lorsqu'il s'est agi de transcrire le ^ des noms arabes : nous trouvons dans des livres du XVIP siècle le orthographié Aa// avec deux a, et il faut croire que cette façon d'exprimer le son du f- est naturelle, car, ayant prié récemment deux officiers du Service des Antiquités en Egypte de me figurer en caractères latins les prononciations dialectales de certains

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