‹ Introduction à l'étude de la phonétique égyptienneChapitre 37 sur 43 · Voir plus haut, p. 109 du présent volume · texte numérisé non relu

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5. M.ispERO, Le Papyrus de Berlin n" I. dans les Mélanges d'Archéologie, 1877, t, III, p. 139, note 5; cf. Maspero, Notes sur quelques points de </rammaire et d'histoire, dans la Zeitschrlft, 1884, t. XXI, p. 80 sqq.

De là, la valeur i de M a passé à l'école allemande, ainsi que celle de i diphtongue ou de jod que j'avais signalée pour [1(1, variante de [I ',M.\3PER0, Une Enquête judiciaire à Thébes, 1869-1871, p. 33, note 1|.

j'en vins plus tard à signaler des formes telles que jl ^ (] (1 pour la préposition "««^^^ que personne, sauf moi, ne s'était avisé de vocaliser ainsi jusqu'alors. On remarquera de plus que, dans les textes des Pyramides et des tombeaux memphites, il y a une tendance de plus en plus forte à faire alterner dans l'écriture la finale [j = (1(1 avec la finale^. Sans rechercber ici s'il y a addition des deux finales ou sul stitution de l'une à l'autre, contentons-nous actuellement de constater qu'alors on voit apparaître en finale de certaines catégories de mots un [1 auquel on finit assez rapidement par donner partout une variante fl(. Faut-il en conclure que cet (1 couvre la valeur i (]ui est celle que couvre l\i} pendant es siècles pour lesquels nous possédons des transcriptions vocalisées de l'égyptien? Ici, il n'y a point de réponse certaine à cette question, mais on peut émettre une hypothèse. Les langues, en vieillissant, alternativement restreignent et augmentent leur domaine vocalique. Prenons l'ensemble formé par le latin et par le français, qui s'est développé graduellement du latin, et rappelons-nous la remarque très ingénieuse de V. Henry : « Le latin nous paraît mort, tout uniment parce que » nous ne serions plus compris de Cicénm si nous lui parlions français: mais il eût » compris Quintilien, et Quintilien Lactance, et Lactance Grégoire de Tours, et Gré- » goire le scribe inconnu qui transcrivit à notre usage le texte du Serment de Stras- » bourg. Où donc finit le latin? où commence le français? » Pendant les vingt siècles et plus qu'a duré cette évolution, l'accroissement et le rétrécissement du domaine vocalique se sont produits en gros au moins trois fois. Les dix voyelles brèves ou longues À, À, î^:, È. ï, î, ô, ô, i3, u, et les trois diphtongues ae, oe, au, du latin classique se réduisent dans le latin vulgaire à sept voyelles ouvertes ou fermées i, É, È, a, ô, ô, u, et les trois diphtongues se sont résolues ae sur Ë, oe sur ô, au sur ô ouvert. Le nombre des sons s'accroît pendant le moyen âge de sons inconnus au latin : alors le français possède non seulement les sept voyelles du latin vulgaire, mais une voyelle orale mixte û intermédiaire entre i et u [ou], et des voyelles nasales I, F:, ô, û, des diphtongues orales Au, Eu, ou, ou, uo, ue, des diphtongues nasales ain, ein, oin, enfin des triphtongues orales eau, ieu, ueu. Le français moderne est en recul sur le français médiéval, tout en étant en avance sur le latin vulgaire et même sur le latin classique : on y rencontre en effet, outre les sept voyelles du latin vulgaire, un À (pÂte), trois voyelles palatales arrondies u, eu (cevx), œu (.sœu/'), quatre voyelles nasales À, È (ÔAm), V, ô, et une voyelle neutre, un E comme celui de bi-abis, en tout neuf voyelles étrangères au latin'. On pourrait faire des constatations analogues sur les autres langues romaines, mais l'exemple du français suffit. Je crois que l'égyptien a subi la même évolution. Il est certain qu'un moine copte du VI* siècle après J.-C. n'aurait pas compris Chéops, mais Chéops se serait fait entendre de Papi, qui, aurait pu converser avec un Amenemhaît, et ceux-ci se seraient entretenus sans trop de peine avec Amanhatpe I", bien (ju'il fût survenu entre les deux un changement analogue à celui (|ui .se produisit entre Lactance et le scribe du Serment de Strasbourg. Or, tandis t|ue le copte moderne tend à réduire au minimum les phonèmes vocaliques', le copte du VL siècle se

1. Nyrop, Grammaire hUloriquo de la lançiae française, 3' édit., l'.tlJ, p. 161-163. 8. Voir plus haut, p. 73 du présent volume.

révèle à iimus t'omnio possédant, outre les six voyelles a, k, m, i, o, ov, du grec en longues et eu l)ri'ves. un minibre assez considérable de diplilongues. Nous savons dès maintenant (|u'une (|uantité des sons notés en copte par a, e, ê, o, ô, se ramènent à des A dans la /.oivr; nimesside, ce qui nous engage à soupçonner pour cette /.o'.//; une simplicité plus grande de sons que celle (|u'on est forcé d'admettre pour la langue postérieure, mais en revanche l'usage qu'elle fait du o par exemple pour rendre le v-t-

sémitique [)i'ouve (|u'elle possédait eneore, au moins en certains cas, des sons inconnus entièrement au copte. Si l'on essaie de remonter plus haut, remploi des groupes

"K de l'âge memphite comparé à celui des mêmes groupes dans les transcriptions sémitiques au second âge thébain est de nature à montrer que des groupes qui étaient devenus monophtongues dans la xoiv/; étaient des diphtongues, parfois même des triphtongues antérieurement, comme j'aurai occasion de le dire.

On conçoit qu'essayer dans ces conditions de rétablir même très sommairement le système vocalique de l'égyptien memphite soit une entreprise des plus hasardeuses : ce système devait différer de celui du copte, autant pour le moins que le système vocalique du latin classique diffère de celui du français moderne. Un examen poussé plus avant nous permettra pourtant de juger qu'elle n'est pas aussi hasardeuse qu'on serait tenté de le croire de prime abord. Si une partie de la vocalisation française diffère grandement de celle du latin vulgaire ou du classique, une autre partie est demeurée la même à travers les siècles. Notre nul a la voyelle i du latin vulgaire tndus qui ne présente qu'une variation de durée avec celle du latin classique nidus. L'o ouvert tonique entravé du latin vulgaire, qui dérive lui-même d'un o fermé du latin classique, se retrouve inchangé dans le français de nos jours, côrnu-côrnu-cor, môrtem-môi'teinmort, côl hnn-collum-col , et I'a dans la même position ne se comporte pas différemment, iJ\rtem-pArt, brAcrhiiiin-brAS, cabA.IIiini-chec\l . Je n'insiste pas; le sort des voyelles en français dépend de celui des consonnes qui les accompagnent, et très probablement il en allait de même en égyptien, mais nous commençons bien juste à dégager leurs relations. Nous voyons, par exemple, que l'ou de l'égyptien sa'ite demeure généralement ot en copte sous l'influence des nasales tx et it, quand, partout ailleurs, sauf parfois dans des noms propres, il devient o-w /iA/a-/;ôiî/?'-itoTs-Te, \\ov\, Amkna- Aniôvnoa-^J^sixoi^n., mais Hkra-Hôûrou-'n^.rji, Swp, KÂs/ii-KUvs/ioa (-/.■j!ji;)-e(3'u)uj, AbôUdou ("Aêjorj,-)-efeu)T, Oùshifou ( raipii;)- Osip;? qui, en copte, redevient Oircipe par exception, et ainsi de suite'. Toutefois, comme tous ces ou remontent à des À ramessides, il est probable que cette règle est récente eu égyptien et ne vaut pas pour les temps antérieurs à la /.o:-//,. Il convient donc de n'admettre la plupart des observations qui vont suivre que comme des hypothèses, vraisemblables à coup sur, mais susceptibles d'être réformées d'un instant à l'autre.

J'ai dit plus haut* que, des faits observés, il résulte que ces valeurs vocaliques recouvertes à la tin du système hiéroglyphique par les trois signes (1, *^, a, allaient

1. La thèse A = OU = o-w n'est pas admise par Ranke (KeilschriftUclics Material. p. 74-76).

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