‹ Introduction à l'étude de la phonétique égyptienneChapitre 5 sur 43 · Voir p. 6 du présent volume · texte numérisé non relu

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raemphitique même les noms étrangers et les formes grammaticales, si bien qu'on trouve, dans les manuscrits copiés par Tuki au commencement du XVIIP siècle, «.tÇi, cÇitHo-y, tÇiti.g^'J-, a.<Çipi, THpç^, pour ô^qi. qttKOT. qui-o-^. «.qipi, THpq, et, en revanche, qp&n pour tÇp*.n ; on a ailleurs «.c&q, <çi, qA*.ccÇH»Ai*., ^poT^oc, «.qp*.^*-*!.. qA«.nTei, pour &.c«.(Ç. qi, £iAa.c«ÇH*ï.i«. , ÊpoTxoc , «.tpa-g^i^** , fe'A«.nTei. Ce ne sont là que des fautes d'orthographe répondant à des prononciations peu correctes des écrivains, mais elles doivent remonter assez liaut, car le scribe des lettres coptes »en caractères grecs de la collection Régnier dit déjà -zr^pt^ pour •»Hpq. Les transcriptions en f de Petrœus et de Rochemonteix, les transcriptions par ^J du texte copte-arabe de Galtier et réciproquement celles en q du ^ arabe dans le texte arabe-copte de Le Page- Renouf nous indiquent, pour l'ensemble de la population, la prononciation f de q = ^^=^; contre ces témoignages concordants, celui du vocabulaire français copte qui écrit net, nee&, nina.pa'cite^, bœuf, neuf, cif-argeiit, montre seulement par ses variations la difficulté qu'avait le drogman à bien saisir le son exact de f français.

Si maintenant on essaie de déduire quelque conclusion générale des faits particuliers relatifs aux signes-types □, J , ^^^-s^, qui couvrent les labiales en égyptien, on arrive aux résultats suivants.

Au commencement du second empire thébain, l'égyptien paraît avoir eu un système de labiales plus développé que ne l'indique son appareil graphique, une sourde forte non aspirée p et son aspirée ph, une douce sonore b, qui, s'aspirant à son tour en *BH, tendait vers la sonore spirunte v, et une spirante sourde f, qui, jusqu'aux derniers temps, demeura distincte de la sonore spirante v et surtout de la sourde aspirée PH. Les cinq prononciations premières étaient couvertes graphiquement par deux signes seulement, p et pu par D, b, *bh et v par J , et ce n'est pas, je pense, être trop téméraire de conclure de ce fait purement expérimental que, au moment où l'appareil graphique de l'Egypte se fixa, ces signes ne correspondaient chacun qu'à un seul pjionème, le Ll représentant l'articulation qui était très sensiblement notre sourde forte p, et le J étant l'occlusive sonore faiblement articulée e. Il est probable que, vers une époque certainement antérieure à la XVIIP dynastie, la tendance s'établit d'opérer de moins en moins complètement la fermeture du gosier pour les labiales • la sourde p et la sonore B prononçant leur aspiration en ph et en *bh, le changement, ainsi amorcé, gagna de plus en plus, puis il aboutit complètement dans le copte des derniers temps. La sourde non aspirée D p devient une sonore p, n, e en dialecte thébain, la sourde aspirée D PH donne presque partout une spirante sourde «ç dans le memphitique, la sonore douce ^, Ê, ne se maintient plus régulièrement que dans des places déterminées, et elle achève partout ailleurs de se transformer en spirante sonore fe v, ou même elle se vocalise et disparait. Quant à ¥~ , il semble n'avoir exprimé, depuis le commencement jusqu'à la fin, que le seul son de la spirante sourde F. On peut résumer cette histoire dans le tableau qui suit :

f PH -f tÇ, F.

BII ?,V A, V.

b. Dt' Il ta les.

La série des dentales est plus développée en égyptien que ne le donnerait à penser le petit nombre de caractères employé à la rendre dans l'écriture : les quatre signestypes, Cl, s=5, ^^ , <c^3, et leurs variantes, dont elle se compose, paraissent, en effet, autant du moins que j'en puis juger, couvrir sept ou huit sons différents selon les époques, sinon plus. Ce n'est pas là, pour eux, je crois, le maximum d'interprétation, et peut-être une analyse des documents, poussée plus loin que je n'ai pu le faire dans l'état actuel de la science, aura-t-elle pour résultat d'augmenter ce nombre.

Ce signe paraît avoir représenté très longtemps une occlusive sourde non aspirée, semblable à la forte non aspirée t du français ou de l'italien. Toutefois, de même que le son p du signe D a fini par passer au son de notre b, le '^i t a évolué vers la sonore et a fini par se prononcer d presijue partout dans les dialectes du Sud, ou par s'aspirer dans les dialectes du Nord et y sonner t -(- h, écrit 4», sans que, jamais à ma connaissance, ce ■» devienne dans les mots égyptiens une spirante analogue au h grec; encore a-t-il fini par perdre son aspiration, même là, et, tout en restant ■» dans l'orthographe, il n'a plus eu que la valeur de notre t.

1" Du XVP siècle avant notre ère à l'époque satte. — Les exemples de ^ égyptien, tiaduit par t cunéiforme, sont relativement assez fréquents sur les tablettes d'El-

Amarna.](||)u|Té,e, J ^flj^^ .Va/)Te>a, (j ^f^^ '-^''''-/'''-r/-

iV^ Pa/iainnûTci, R Jy "© HikoupTah: toutefois, la tendance à rendre ce ^ par D dans la prononciation se manifeste déjà par l'orthographe T;T)T ^ jL 5 souiboa. A la même époque et un peu auparavant, le syllabique | (1 est employé pour rendre le

son D dans ](]f[]^pr^,, j^.. , (Jl)] (] ^ '^1? , ^ ^^^^(j ^^=^ • ^ ] ^ V'''"-"' ' 1\ Il ^73», mais il exprime le son t dans ^~^ 1 1 ^ , qui présente au com-

mencement l'élément -ra, dans les noms qui renferment l'élément jh^.|' jf^^^l^ jT5, dans '] 11], de 1] ^^^ | i lu riag-n-s, et l'on trouve pour rendre le même son vocalisé différemment ^^ dans les pluriels .sémitiques, <^Vi,^^ nis-;|a, a"^;

M g7\ v\ ninKS, -R ^V>. n-}3.3, et ainsi de suite. On peut dire que les

exemples de ^ pour rendre le n sémitique sont des plus fréquents; au contraire, ceux où il est pour ta sont peu nombreux, et je crois qu'il faut les attribuer presque tous à la confusion qui s'est établie de bonne heure entre ^ et s=5, ainsi (jue nous le verrons plus bas, c.'^Jj!!!] pour ^^Jûû =112, ^ "^"^ '^^i^"' ^^"^^ ^^*^^'' ^°"^ ^'^ second empire thébain, à l'époque classi([ue de la y.o:-'r, égyptienne, la prononciation du carac-

tère-type ci et de ses variantes oscille fortement déjà entre celle de notre sourde t et celle de notre sonore d.

Mêmes constatations pour le siècle de Ramsès II, où, tandis que les transcriptions cunéiformes rendent les prénoms royaux 0 r"^ ^ et ^ ■ par MaupaluTanija et

Haiepiinntja, les orthographiques J "I^l^lj ^ ^^ J^IiMdA^ "^"^^ et "^ V' P'" exemple, alternent pour '^K-ur-n'? et nis?.

/V.AAAA

Mêmes constatations encore pour l'époque d'Asarhaddon et d'Assourbanipal : <^ y est rendu le plus souvent par les syllabiques du t assyrien = n, ^^^r 1^^ Ta/)-

nahti, .^^ larqu, J ^„ Harhiribi. ^ J\ U ^ V)^ Ipri/iardisou,

etc., etc., mais t intervocalique a déjà disparu d'assez longue date dans lorii-û pour (1 '^XCX;.- — D, ce qu'achèvent de prouver les variantes (1 /www, ^ , [l<:r>v\

'wvwv et autres qu'on trouve sur les monuments du second empire thébain, depuis la

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