IV NOTE DU TRADUCTEUR
de plus instant service que nous aider à jeter un pont sur le « ruban d'argent » qui nous sépare, pour mettre terme à ce divorce. Si nous admirons la politique des Anglais, si nous souhaitons introduire un peu de sa stabilité dans la nôtre, n'importe-t-il pas que nous commencions par nous pénétrer de leurs idées, par concevoir à leur manière les grandes notions de souveraineté, de légalité, de Droit naturel ou autre, sur lesquelles plus ou moins repose toute la fabrique gouvernementale ? « Il ne faut pas médire des lieux communs », disait un homme d'esprit, « car il faut des siècles pour en faire un. » Il ne faut pas railler ces grands mots ni les prononcer à la légère, ajoute notre auteur, « car il a fallu des générations d'analystes et de penseurs, pour en obtenir le vrai sens et mettre en évidence toute la portée. » Les Anglais ont pour eux que leur traduction , ou mieux leur interprétation, de ces premiers principes leur a permis de traverser sans naufrage des mers balayées de tempêtes et semées de brisants. Notre démocratie n'en est pas à se flatter d'un pareil succès ; aussi, plus que jamais aujourd'hui, gardons-nous le devoir d'éprouver ses dogmes et ses formules, dût-elle momentanément punir notre irrévérence de V « exil à l'in-
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térieur, » et ressusciter en quelque sorte contre nous la vieille mise hors la loi, YoiUlawry du moyen-Age. La force des choses, d'une férule immanquable, la remettra dans le droit chemin. Nous, en attendant, nous avons moins a lui plaire qu'à parfaire notre éducation; et nous n'en serons à ce point, suivant la belle remarque de Ruskin dans une page maîtresse, que le jour où « le sophisme politique froissera notre délicatesse d'oreille » comme une fausse note en musique, ou « comme un manquement aux règles de la versification *. »
L'auteur, avec une extrême patience, a luimême révisé le texte de notre traduction; sur son désir, nous y avons introduit quelques légères retouches, notamment dans l'étude sur/e Manoir anglais. Nous y avons joint encore, sous notre responsabilité, la plupart des éclaircissements et renseignements qu'il n'a cessé de nous fournir au cours de notre tâche, et dont nous ne saurions trop lui être reconnaissant. — Nous avons même cru pouvoir nous permettre de marquer çà et là une ombre de réserve contre telle ou telle doctrine2. Si, dans ce travail