‹ Introduction à l'étude de la spécificité cellulaire chez l'hommeChapitre 8 sur 11 · ER OVES · texte numérisé non relu

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la théorie transformiste, il prouve nettement contre l'opinion de Külliker, car si les particularités de forme, de structure des feui lets était due à l'adaptation de cellules indifférentes, à une certaine situation, à des conditions d'existence particulières, cette inversion ne pourrait évidemment pas se produire, puisque dans ce cas les cellules ectodermiques se trouvent placées dans les conditions de milieu habituelles des cellules entodermiques, et inversement celles-ci dans les conditions d'existence des cellules ectodermiques.

Un tel fait bien constaté, dont la réalité est admise par Kôlliker lui-même ne peut évidemment s'expliquer que par l’hynothèse d’une évolution spécifique s'accomplissant même dans des conditions défavorables.

Les partisans de l'indifférence cellulaire ont conclu de la similitude apparente des cellules embryonnaires qui constituent chaque feuillet à leur indifférence et à leur faculté de produire indifféremment les divers tissus qui en dérivent.

Mais faut-il répéter que rien n'autorise à conclure de la similitude extérieure des cellules à leur équivalence. Ne savons-nous pas que les divers embryons aux premières périodes de leur développement ne peuvent pas être distingués les uns des autres, et cependant quoique tous semblables en apparence, ils évoluent dans des directions très différentes déterminées par lhérédité ; ils sont tous nettement spécifiques.

D'ailleurs sous la similitude apparente de forme et de volume des cellules embryonnaires appartenant à chaque feuillet, Panalyse histo-chimique permet quelquefois de saisir des différences, mais les études de ce genre restent encore à l’état d’ébauches et ne peuvent nous fournir des données certaines sur le nombre et la qualité des groupes cellulaires embryonnaires, distincts, spécifiques.

En tout cas, l’indifférence cellulaire ne rend aucun compte du développement ultérieur si méthodique, si localisé dans certains cas des divers tissus qui naissent aux dépens de chaque feuillet.

Elle n’explique pas par exemple le développement exclusif de tous les éléments nerveux même les plus périphériques aux dépens de la gouttière médullaire, le développement centrifuge du système musculaire aux dépens des plaques musculaires.

Külliker il est vrai a prétendu que le tissu nerveux n’a pas seulement pour matrice la lame médullaire de l'ectoderme, mais aussi cer-

Ne

taines parties de sa lame cornée qui donneraient naissance aux cellules terminales des organes des sens.

Il importe de distinguer à ce propos dans les organes des sens, les cellules sensorielles de nature nerveuse, d'avec les cellules épithéliales qui jouent, par rapport aux premières le rôle de cellules de soutènement et qui leur forment des appareils de protection, de perfectionnement variés. Or si les cellules de soutènement sont manifestement de provenance épidermique, il n’est nuilement démontré que les cellules sensorielles dérivent de la même source.

Nous savons en ce qui concerne la rétine que ses cellules sensorielles proviennent par développement centriluge du névraxe.

D’après M. Ranvier (1) les disques et les ménisques tactiles sont constitués par le renflement d’un tube nerveux, et dans quelques cas assez rares du reste, il a vu dans les corpuscules du tact du canard le tube nerveux après s'être étalé pour former un disque, se reconstituer au pôle opposé, cheminer au-dessous de la capsule du corpuscule du tact pour atteindre Pespace intercellulaire supérieur et y former un disque terminal. Ces éléments se développent donc également aux dépens de la lame médullaire de l’ectoderme.

Il reste à considérer les cellules gustatives et olfactives généralement considérées comme des cellules nerveuses. Leur développement est inconnu, mais si leur nature nerveuse est confirmée, il est vraisemblablement le même que celui des éléments précédemment étudiés, comme tendent déjà à le faire présumer les analogies de développement entre l'œil et l'appareil olfactif. L'un et l’autre se développent semblablement aux dépens du feuillet externe qui se creuse d’une dépression spéciale pour chacun de ces organes. À mesure que ces dépressions se développent, la vésicule cérébrale antérieure envoie à leur rencontre deux prolongements qui sont la vésicule optique et la vésicule olfactive. Dès que ces parties qui marchent en sens contraire sont en contact, les deux organes sont constitués dans leurs parties fondamentales : l’une part la membrane nerveuse, d’autre part la couche épithéliale plus où moins modifiée (Cadiat).

Kolliker a également prétendu que la lame muscu'aire des protovertèbres n’est pas la seule préposée à la production du tissu musculaire : le feuillet cutané (muscles des extrémités, muscles pau:

(1) Traité technique d’histologie, 908.

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