‹ Introduction à l'étude des alliagesChapitre 3 sur 61 · L'HOMME. — L'INFLUENCE PERSONNELLE. —— LA PROPAGANDE · texte numérisé non relu

L'HOMME. — L'INFLUENCE PERSONNELLE. —— LA PROPAGANDE

Grand, beau et de cette beauté mâle dont le type se retrouve accompli chez les héros blonds des légendes : germaniques, le visage à peine fané ; le front haut, strié de rides singulières qui se groupent vers le nez, s'opposent, : et aident les caricaturistes à lui accuser on ne sait quel air méphistephélique ; rasé toujours de près et ne por-. tant que la moustache courte aux pointes dressées ; le. geste vif et de quelqu'un qui s’entraîne quotidiennement aux sports, le corps d’un athlète, M. von Bernstorff : est vraiment de ceux qui ne passent inaperçus nulle part. Plus encore que par son élégance, un peu excessive et. qui fait paraître le pli du fer jusqu'aux manches de la veste, il s'impose par son air de force, de santé, de domination, par son regard aigu, froid, mobile, par l'autorité de sa démarche, de son geste, de sa personne, par cette étonnante aisance qu’il porte partout, par son assurance

conquérante du monde et de soi.

> INTRIGUES ET DIPLOMATIES À WASHINGTON k

Très vite après son arrivée à Washington, ila su prendr

place et influence dans les milieux politiques et les diplo- 1

matiques. Il n’a cessé de développer cette influence depuis lors. Jusqu’ avant la guerre, il a entretenu des relations, qui, de sa part, ont paru toutes de franchise, de cordialité ou d’amitié avec un grand nombre, et les plus influents, des membres du Congrès. Au Metropolitan . Club, à l'heure du cocktail, il s’est arrangé pour avoir.

5 FA dc ER PT Se, TT

toujours un petit cercle d’interlocuteurs et d'amis. Dans . tous les salons il a été accueilli; dans beaucoup il a été.

recherché, fêté.

Ces salons de Washington sont certes parmi les plus k

curieux, quelques-uns parmi les plus attrayants qui se”

puissent rencontrer. Leur influence, pour petite qu’elle soit, n'est pas nulle. Le même monde s’y retrouve. Cha="

cun pourtant garde sa physionomie propre.

tout, s'ouvrent peu, à époques fixes, et ne comptent

Sans parler des officiels, qui sont ici ce qu'ils sont par- | É

guère, les plus recherchés sont assurément les diploma-.

tiques. Ceux-là aussi, depuis la guerre surtout, ne s'ouvrent … que rarement. Cependant, ils s'entr'ouvrent quelquefois et.

souvent. Une fête de charité, la réception d’une mission

extraordinaire, l’accueil et la présentation d’un philo-. sophe de marque, de quelque politicien éminent, ce sont. là raisons toujours suffisantes pour forcer les réceptions.

et qui ne manquent point. Tous les jours, en plus petit”

comité, on y prend le thé et fait courir le dernier potin.…

Quel que soit le moment, la raison, tout le monde, ;

entendez le meilleur, s’y précipite.

Puis viennent les salons que la fortune a faits et qu ‘elle impose. Les titulaires, femmes de magnats de l'huile ou de la viande conservée, filles de fondateurs de grands. magasins de nouveauté ou de propriétaires d'usines, toutes personnes haut montées du négoce, de l'in dustrie ou de la spéculation, possèdent et offrent généreu-« sement tout ce que l'argent peut assurer, mais ne pos-

sèdent, n’offrent que cela. Quiconque figure sur la Diplo- matic list sera prié chez elles deux fois l’an. Il y sera

reçu en cohue, dînera bien et à la française, parfois ne

dira pas deux mots, attendra dix heures en bâillant et

sortira à l’esbrouffe. Tout le monde va là à cause de ce

tribut que tout le monde et l'esprit doivent à la fortune, L’agrément et l'intérêt restent à la porte.

Deux salons, très décoratifs, pas trop solennels, sont aussi très exclusifs. N’y fréquentent, hormis quelques artistes et écrivains connus, que les « gens de qualité »

résidents et venus de Boston. En ceux-ci, l’on garde jalou-

sement les traditions et l’on exagère à peine la bonne éducation et la dévotion aux choses de l'esprit qui, ainsi que : chacun sait, appartiennent de droit exclusif à la Nou-

velle-Angleterre et à Boston. L'accent anglais est là beau-

- coup plus pur qu’à Londres. On y parle, on y sourit à

bout de lèvres. On n’y égratigne que son prochain le plus voisin. On n’y méprise que tous les gens de ce monde

qui, n'étant pas nés par fortune en Nouvelle-Angleterre,

ne possèdent, pour leur malheur, ni résidence, ni famille,

ni relations à Boston. L'esprit s’y montre parfois et souvent guindé. Il tient à ses traditions, qu’il garde jusque dans la plaisanterie. Mais il a toujours grand air et on lui sait gré d’être l'esprit.

Il est enfin un salon, qui est tenu de familière et Re. |

façon par trois sœurs charmantes, et qui est le Salon de Washington. C’est celui où l’on potine plus encore que l’on ne cause ; où toutes les nouvelles se font aussi vite qu'elles se défont ; d’où elles sortent blanches, où, après un tour, elles rentrent grises et repartent bien vite noires ;

où, nées de rien, elles se multiplient spontanément, s’am-

plifient à ravir. Là, tout se sait de ce que personne ne sait. ”

Tout s'explique, se complique et se dévoile avant que d’avoir seulement pris le temps de se cacher. La pro-

chaine note du président est analysée là, commentée, …

critiquée, ridiculisée à souhait, avant que le président ait

encore songé à l'écrire. L’attitude de l’Angleterre, dans l’épineuse question de l'Irlande, est connue, précisée, réglée, avant que Lloyd George se soit prononcé. Le Secrétaire d'État y donne sa démission environ deux fois la semaine ; et l’on sait toujours, de source sûre, que le rappel de tel ambassadeur, tel ministre, n’est plus qu’une question d’heures. Ce salon, au bref et d'accord unanime, est le troisième moyen de communication rapide entre

deux ou plusieurs points éloignés, les autres étant le télé-

phone et le télégraphe. Cependant, pour la rapidité et la multiplicité des nouvelles, le félé-salon de l'avenue Massachusetts l'emporte de beaucoup, au dire de tous, sur les deux premiers.

L'on ne mentionnera que pour mémoire les quelques

salons des femmes de conseillers ou d’attachés d’ambas-

sades, d’assistants secrétaires de la marine ou de l’État, où l’on retrouve le charme, la bonne grâce et la simplicité des vrais salons français. S'ils sont les plus agréables, ils n’ont point la cote. Ils ne comptent guère.

Hormis ces derniers, qui sont pour lui sans utilité, le comte von Bernstorff fréquente assidûment tous les autres. Il y apporte sa politesse, à peine excessive, son urbanité de grand seigneur, surtout son entrain, son verbe haut, son rire sonore, gai, jeune, qui secoue ses larges épaules, enfin son imperturbable aisance. Dès qu’il entre, il accapare, il centralise l’attention, cela comme ingénument et contre son gré : il s’impose sans y paraître. Il supplée au mieux à l'effacement décoratif de l'ambassadrice, qui se tient aux premiers rangs, observe sa tenue, parle peu, semble penser moins encore. Il se dépense, se multiplie, fait autant de frais auprès de la jeune femme du second secrétaire de l'ambassade de France qu’auprès de la femme du Secrétaire d’État 7 dans son palais florentin, auprès de la reine de la con-

ection.

Son activité mondaine et sociale ne s'arrête pas là,

SLIASNHIOVSSVN HANAHAV fANOVAATIV,Œ AUVSSVAINV

*SuiMg 30 step {q 3q8114do

Mélomane averti, il est l’abonné ponctuel de la grande série des concerts d'hiver. Il se montre aux courses, au théâtre, ne dédaigne pas les Movies (1), est vu enfin partout où l'on peut être vu. Et, partout, il est vu l'œil allumé, la figure riante, la main tendue, le geste qui. accueille, dans un rayonnement de réussite et de triomphe.

A Newport, où il fuit, durant l'été, la dure chaleur et le vide de Washington, il est, plus qu'aucun, répandu dans le smart set, le clan des milliardaires. Pour se reposer, et six semaines durant, il mène la vie de golf, tennis, courses en automobiles ou en motor-boats, de thés et diners-dansants au club, de danse et de soupers-dansants partout, qui est le courant à Newport et prend toutes les heures du jour.

Il a toujours de multiples invitations, pour le moment des chasses, dans les Adirondacks. Mais c’est toujours avec le même plaisir qu’il retrouve, à l’automne, l’ambassade de style lourd de l’avenue Massachusetts et la vie et la ville de Washington.

De Washington, il aime non seulement la société mais les monuments, le Capitole imposant, les rues et avenues larges, toutes plantées d'arbres aux essences rares et. qui, à cette époque, joignent leurs feuillages en berceaux riches où se nuancent tous les ors. Il en aime l'aspect merveilleux enfin, de jardin, de parc, émaillé de cottages et de palais.

A peine de retour il se reprend au travail. Et l’un de ses tout premiers soins est de recevoir les correspondants de journaux.

Il est peu ou point de diplomates qui aient compris

l’autorité de la presse, qui aient jamais su se servir de

la presse comme le comte von Bernstorff. S'il classe ses

occupations, celle de se concilier la presse est certes au

(x) Cinématographes.

J ù = $ : Fr d & l È 1 L RESTE PTE IE = Te

EE

tout premier rang. Il sait comment très bien faire avec elle ; et il fait toujours mieux.

. Il reçoit les correspondants presque à toute heure. Son accueil est plus que cordial ; il est amical, familier. Si plusieurs journalistes se présentent au même moment, il les fait monter au premier étage de l'ambassade ; il veut les entretenir dans l'intimité de son salon de travail; il

les conduit dans la pièce très vaste, aux tentures et aux

lourds rideaux de soie rouge, meublée de fauteuils profonds de cuir sang-de-bœuf. Il les précède. Il fait les honneurs. La compagnie est-elle nombreuse? L’ambassadeur la fait asseoir en demi-cercle, assis lui-même devant son bureau riche, carré, lourd, d’acajou massif, incrusté d'argent. N'’a-t-il que peu de visiteurs? Il se dirige, avec son habituelle aisance, vers la haute cheminée à foyer ouvert et qu’entoure une barrière basse de marbre blanc rembourrée de coussins de cuir rouge. C'est là qu'il s’assied, une jambe sur l’autre, un pied dans sa main. Il croise les bras, tapote son coude ou bien porte la main à

son nez, que, dans un geste habituel, il semble aiguiser

de ses doigts joints. Quand il ne lance pas la conversa- -

tion, c’est toujours lui qui la guide. Il discute familière-

ment, fait celui qui ne sait rien, mais désire tout apprendre. Bien que lui-même boive peu, fume rarement, il a soin de faire circuler à tout instant les cigares, les liqueurs. Il plaisante, rit haut, et de tout le buste, comme il paraît

faire de tout son cœur. Il interpelle chaque correspon- «

dant par son nom ; il rappelle à point le mot, l’anecdote qu'un jour tel d’entre eux lui a contée et dont il rit encore. Quand chacun se sent à l’aise et quand l’atmosphère de cordialité est ainsi bien établie, c’est alors que, légèrement, comme sans y penser et comme on fait entre intimes, il glisse la nouvelle fausse, ou seulement faussée et pour le bénéfice de l’Allemagne. Il assure qu'il

. vient de l’apprendre. Il la croyait déjà connue. Il regrette

de l'avoir dite puis qu’elle ne l'était point ; et, pour elle

MAI T DR NT UN , s en Ce OT LE COMTE VON BERNSTORFF È Tr

maintenant, il demande le secret. Parfois, et alors en

mystère, il communique l'information vraie. Il glisse, dans un murmure, qu'il la tient de son gouvernement, voire du Département d'État. Mais il se garde surtout de laisser paraître qu’elle doit embarrasser le Département, aller peut-être contre le désir de son gouvernement

et pour lui forcer la main, enfin qu'elle doit très bienet seulement servir les intérêts allemands et les siens. Cette :

information, bien entendu, n’est pas pour être redite. Si on la répète, qu'on ne dise pas surtout que c’est de lui qu'on la tient. Il quitte les correspondants dans une excellente humeur. Deux heures après, l'information : paraît tout au long dans un « Extra ». Il envoie aussitôt le démenti préparé et qui ne dément rien, mais qui proteste bien haut contre la fuite des documents secrets et

l'espionnage anglais. L’impression reste. Le tour est

joué et bien joué.

Tel se présente l’homme dans son entourage immédiat. Mais que ce serait lui faire tort de croire son influence et son activité limitées à cet entourage! Il a étudié, à Londres et de longtemps, le terrain politique des EÉtats- … Unis. A peine y est-il arrivé qu'il s’y est trouvé chez lui.

I1 a étudié, tout de même, l’œuvre de ses prédécesseurs. …

Il l’a déjà étendue, enrichie, accrue.

Bien avant août 1914, en effet, et par les très bons. offices deses ambassadeurs successifs LL. EExc. Holleben, von Sternberg, l'Allemagne a commencé de tendre acti-

vement sur les États-Unis son réseau compliqué d’in-

trigues. Méthodiquement elle a divisé le pays suivant les quatre grandes zones géographiques naturelles. Chacune a été, de sa part, l’objet de particulières avances, En chacune elle a adapté sa propagande aux conditions spéciales, topographiques et de production. En toutes elle s’est fait des alliés, elle a eu des partisans.

Ses alliés naturels ont été d’abord, partout, les pro-

germains, c’est-à-dire les Allemands, naturalisés ou non,

résidant aux États-Unis et les Américains d’origine allemande. Ses partisans, souvent plus enragés que les premiers, ont été les Irlandais-Américains, anti-français parce que catholiques et à cause des persécutions religieuses qu’ils reprochaient à la France, anti-anglais par tradition et irréductibles de 48; l'Allemagne les a aisément persuadés qu’elle seule, par sa puissance militaire, par sa dévotion à la cause des opprimés, était capable d’arracher à l'Angleterre l’affranchissement de l'Irlande. Et

l'Irlande a voulu la croire. L'Allemagne a compté, en

outre, de précieuses sympathies parmi les Israélites, très puissants dans la grande banque de New-York, anciens et mortels ennemis de la Russie, fortement liée aux destinées de l’Allemagne par de gros intérêts financiers.

. Mais la propagande de l’Allemagne et de son ambassadeur ne s’en est pas tenue aux éléments qui lui étaient déjà acquis. Elle s’est adressée au peuple américain luimême, à son intelligence et à son cœur. Elle a essayé de s'implanter dans ce qui lui a paru être les deux meilleurs centres réceptifs et de rayonnement : les écoles et les

LS

universités. En imprégnant, en contaminant lentement

l'esprit de la jeunesse des Etats-Unis, elle a cru gagner le pays de l'avenir à la Culture allemande, à la Cause allemande et de telle façon que, lorsque le moment lui paraîtrait enfin venu de déclancher la guerre européenne, elle pourrait compter que l'Amérique serait avec elle. Dans les écoles, les professeurs allemands ont été chargés d'introduire des livres dans lesquels les enfants ont trouvé contes, poèmes, histoire et extraits tous savamment choisis pour imprimer, affirmer dans ieur esprit l’idée de la magnificence et de la supériorité de la culture prussienne. Tel poème glorifiait la faterland et chantait les louanges de l’empereur Guillaume. Ce morceau choisi reproduisait une lourde plaisanterie et un mauvais jeu de mots du kaïiser. Un autre faisait pénétrer dans son intimité, racontait par exemple comment Guil-

2 OP 27 CEE OO ONCE EPRRET ES

laume enfant aimait beaucoup à être salué par les sentinelles de garde à la porte du palais, mais avait une aver- | sion marquée pour l’eau froide et comment son précep- . teur, pour le forcer à surmonter cette aversion, ordonna que les sentinelles ne salueraient le futur empereur que lorsqu'il aurait pris un bain. Avec le ton de la bonhomie . tudesque, le narrateur concluait que, de la mortification qu'il eut à n’être point salué par les gardes, datait l’habitude de grande propreté corporelle qui le pousse à prendre un bain « hiver comme été, chaque semaine, et quel que soit le temps, propreté qui est une des moindres qualités de l’empereur qui les possède toutes ».

En ce « livre d’histoire », les jeunes lecteurs trouvaient un long récit des faits et gestes des Allemands en Amérique, mais rien sur les persécutions de 48 qui décidèrent tant d’Allemands à s’en aller chercher refuge en Amérique. Le même livre, qui décernait aux Allemands toute la gloire des victoires remportées par l'Amérique . au cours de ses guerres depuis la révolution jusqu’à la guerre espagnole et portait aux nues le baron von Steu- ben, ne disait pas un mot des Hessiens et oubliait de stipuler que von Steuben n’était qu’un mercenaire loué et à la solde de Beaumarchais.

Dans les grandes Universités, à Harvard, Yale, Columbia, Princeton, Berkeley, toutes les autres, il n’est pas d’avances que l'Allemagne n'ait faites, au cours des

dix années qui ont précédé la guerre, aux étudiants et aux professeurs. C’est elle qui a mis à la mode les échanges d'étudiants ; elle qui, infatigablement, à des intervalles régulièrement espacés, et dès le mois de janvier, à bombardé étudiants et professeurs des plus alléchantes invitations à venir passer le temps des vacances ou

davantage aux Universités d’Iéna, de Bonn, de Berlin.

Les conditions pécuniaires s’y offraient exceptionnellement avantageuses. A l'invitation, aux tarifs, aux prospectus, des itinéraires différents étaient joints, métho-

Cu

KE

ST +4 : E Mois NA 1e TIES À WASHINGTON

diquement tracés, détaillés, précisés, tarifés, qui résolvaient par avance toutes difficultés, devaient enlever tout

souci. Jusqu'à la question des pourboires était traitée et …

résolue dans le détail : tant était accordé au « brilleur

des bottes » de l’hôtel, tant à « la personne en charge

dans les familles privées et si l’on a souffert d’indigestion ».

La propagande à l’Université même n'était pas la

moins soignée. Elle s’opérait par correspondance entre professeurs, entre anciens pensionnaires et étudiants actuels, enfin par les livres. A la bibliothèque, et alors que les rayons réservés aux littératures françaises et étrangères étaient dégarnis ou pires, le rayon allemand s’offrait toujours pourvu en abondance. Non seulement

tous les ouvrages littéraires s’y trouvaient, mais de nom-

breux traités, tracts, brochures, tous dûment munis d’index, de courbes, échelles, tables de comparaison, et qui pouvaient donner l’idée sinon la plus exacte, du moins la plus favorable de la puissance, de l’efficiency de l’Empire allemand. Des études comparées, toujours avec statistiques, tables, chiffres, sur les armées, marines, commerces, industries, colonisations, des grandes nations

d'Europe, des tracts aux couvertures voyantes, aux.

titres aguichants, étaient placés, en piles, sur les tables :

à la disposition de l'étudiant, du passant.

Les tracts étaient renouvelés ou changés chaque

samedi. Les cadeaux, dons aux musées et aux universités, …

peintures, objets d’art, livres anciens, parvenaient avec

une égale ponctualité, deux fois l’an. 2

En toutes ces organisations, l'Allemagne et ses ambassadeurs ont fait paraître le même esprit de méthode et de discipline qu'ils ont imposé ailleurs et partout. Nul, parmi ces ambassadeurs, n’a su, mieux que le comte von Bernstorff, accroître les ressources d'influence morale de l’Allemagne aux États-Unis. Son initiative s’est mon-

trée nombreuse, toujours efficace. Nul mieux que lui n’a

Page 1