CHER MONSIEUR LE SECRÉTAIRE
« Poussé par le désir d'obtenir une solution satisfaisante au sujet de l'incident de l’Arabic, mon gouvernement m'a communiqué les instructions suivantes : /
« Les ordres donnés par S. M. l’empereur aux comman-
dants des sous-marins allemands — et que je vous ai com-
muniqués en de précédentes occasions — ont été rendus tellement stricts que la répétition d'incidents analogues à l'affaire de l’Arabic n’a même plus besoin d’être envisagée.
« Selon les rapports du commandant Schneider du sous-marin qui coula l’Arabic, et suivant son affidavit, aussi bien que d’après ceux de ses hommes, le commandant Schneider était convaincu que l’Arabic avait l’intention de couler le sous-marin. D'autre part, le gouvernement impérial ne met nullement en doute la sincérité des affidavit fournis par les officiers anglais de l’Arabic, suivant lesquels l’Arabic n’avait pas l'intention de couler le sous-marin. L'attaque faite par le sous-marin eut donc lieu contre les ordres donnés au commandant. Le gouvernement regrette et désavoue cet acte et a donné avertissement au commandant en ce sens.
« Dans ces circonstances, mon gouvernement est prêt à payer une indemnité pour les vies américaines qui, à son profond regret, ont été perdues sur l’Arabic. J'ai reçu autorisation de négocier avec vous quant au montant de l'indemnité.
« Je reste, etc.