J. BERNSTORFF
nil LS
Dès la publication du document, c’est, partout, une explosion de satisfaction, des transports d’allégresse. Les journaux les plus graves de New-York, le Times, le Tribune, le Sun, le World, le New-York Herald, portent des manchettes en capitales énormes : « L'Allemagne cède...
. L'Allemagne s’humilie... L'Allemagne accepte les condi-
tions imposées par les États-Unis », et que reproduisent ou exagèrent les journaux locaux. C’est un air de succès, de triomphe qui paraît maintenant sur tous les visages, dans les rues, au club, dans les salons.
Et, dans le même temps qu’on se félicite que les États- Unis aient ainsi courbé la volonté de l’Allemagne, on se plaît à reconnaître l’habileté, la bonne volonté, le désir de conciliation de l’ambassadeur allemand. On rend hommage à son savoir-faire, à son tact, à sa délicatesse. C'est l’adversaire d’hier à qui, le duel terminé, on éprouve le besoin de serrer la main, dont on vante le courage, la loyauté, et dont on veut faire son àmi.
On ne va pas jusqu’à proclamer ouvertement que c’est l’ambassadeur d'Allemagne qui a sauvé la situation. Mais déjà les pacifistes l’accordent entre eux ; et les renseignés, qui, dans les moments de crise, sont les trois quarts du public, le laissent entendre et le croient, L’ambassadeur apparaît désormais comme celui sur qui on pourra compter plus tard. Il est véritablement l’homme du jour et de demain.
Au bref, on lui fait généralement crédit pour la moitié, ou plus, de la « victoire diplomatique » que les États- Unis viennent de remporter sur l’Allemagne. Sans doute partage-t-il l'opinion générale et s’accorde-t-il une part plus grande encore dans cette victoire, voire s’il ne la place pas du tout du même côté. Æ
Dans le même temps enfin que l’opinion américaine se réjouit de s’être si bien imposée à l'Allemagne et sait si bon gré à l’ambassadeur allemand de l'y avoir aidée, ce même ambassadeur se félicite du succès qu'il vient
ps û ormais de conduire cette opinion. en Fonte
| oudra qu’elle soit, Que la vérité puisse être souvent é
gale distance de deux contraires, sans pour cela se ouver le moins du monde entre les deux, les annales de plomatie l’ont montré plus d’une fois.