‹ Introduction à l'étude des alliagesChapitre 46 sur 61 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

248 INTRIGUES ET DIPLOMATIES A WASHINGTON j

qu'on avait vu le comte Bernstorff sortir en se frottant les mains. Personne n’a vu, mais on imagine de reste, le sourire « bien petit » qui s’allumait au même moment dans les yeux du président.

Quoi qu'il en ait été, ou quoi qu’il en aurait pu être, la situation à la fin de janvier se présente ainsi :

Le président, dont l'idéal pacifiste n’a pas changé et

qui n’a pas caché son désir de jouer dans cette guerre le même rôle qu'a joué le président Roosevelt dans la guerre russo-japonaise, est parfaitement informé des conditions et désirs du peuple américain. Il sait que la majorité de ce peuple, par suite du renchérissement de la vie, commence à souffrir réellement de la guerre et en souffrira de plus en plus. Si fortement pro-allié que soit le sentiment de cette majorité, il ne va certainement pas jusqu’à lui faire admettre qu’elle doive souffrir pour la cause des Alliés. À travailler, non plus pour la paix, à laquelle il ne croit plus, mais pour l’ajournement de la guerre et pour organiser dans le silence, pour préparer, à force et sans en rien laisser paraître, cette guerre, le président croit travailler pour les intérêts présents et prochains des États-Unis, et aussi bien pour ceux des belligérants eux-mêmes, pour les plus hauts intérêts enfin de l’humanité. Le président se trouve donc naturellement porté à patienter, à écouter les promesses, à paraître les entendre, à retarder l'échéance.

. C’est alors qu’éclate, dans la froide soirée du 31 janvier, la nouvelle de la note-ultimatum de l’Allemagne annonçant la reprise de la guerre sous-marine à outrance, fixant les limites d’une zone de guerre et notifiant aux Américains les conditions auxquelles ils devront se soumettre pour être autorisés par l’Allemagne à traverser l'Atlantique.

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