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que l'incident des clubs ait été pour lui l’occasion d’aper-
cevoir, pour la première fois, le plus grand rôle qu'il pour-
rait jouer dans la conduite des affaires et de l'esprit
public de son pays.
Avec cet incident prennent fin les trop rares renseignements qui peuvent faire connaître la jeunesse, la formation morale, le caractère du président. Il est incontestablement plus aisé d'étudier l’homme dans sa vie … publique et dans son œuvre. Cette œuvre est nombreuse.
Pour plus grande clarté ou pour une meilleure com- - préhension du politicien et de l’homme d’État, on pourra considérer d’abord ce que cette œuvre doit à la spécu-
lation et à la pensée, ce que sont le philosophe, l’historien.
La pensée ou, si l’on peut dire, la philosophie de M. Wilson, est avant tout une philosophie vivante et sociale. Elle s’adresse à l’homme et à l’homme en société. Elle accorde peu de place à la spéculation ; elle est essentiellement positive, pratique. Elle est dispersée dans toute
son œuvre écrite, qui ne se sépare guère de son action.
On la retrouve dans ses innombrables adresses, dans ses
messages au congrès. Il semble cependant qu’elle s’ex-
prime plus particulièrement, qu’elle parvienne à une plus
grande coordination, sans toutefois atteindre le moins du
monde à la forme didactique et pédante dans deux petits
ouvrages : When a Man Comes to Himself et On Being
Human.
En ce dernier ouvrage, l’auteur remarque d’abord que c'était autrefois une affaire très simple d’être un homme et parce que la vie était simple. Mais aujourd’hui que la vie s'est compliquée et diversifiée à l'infini, être humain est devenu difficile à l'extrême. Ces complications, ces difficultés nouvelles pourtant, et qui résultent de la formation des sociétés, bien loin de diminuer la valeur humaine de chacun de nous, n’ont fait que l’accroître de l'humanité de tous les autres. La civilisation, au contraire de ce
qu'ont professé Rousseau et les encyclopédistes, est donc, à qui sait la voir et la comprendre, finalement un plus grand bien pour chacun de nous. Mais encore faut-il savoir la comprendre. Et elle n’aura tous ses bons effets qu’autant que chacun de nous gardera intacte son humanité primitive en même temps qu’il profitera des avantages qui découlent pour lui de la vie des autres
et pendant que, pour lui et autour de lui, « coule, comme dit le poète, croît, s’enfle et gronde la rivière plus large, plus rapide, plus écumeuse du Temps ».
« Mais les époques se succèdent et changent. Et avec elles doit changer notre idéal de l'humanité. Non que nous devions renier ce que nous avons aimé : mais nous. devons y ajouter sans cesse ce qu’une nouvelle vie exige. Dans un âge nouveau, les hommes doivent acquérir des : capacités nouvelles, être des hommes d’après une nouvelle mesure et avec d’autres qualités. »
Parmi les qualités anciennes que nous devons garder, l’auteur met en première ligne la nature première, la gemuineness qui n’est pas seulement la simplicité, mais « la simplicité douée de vitalité ». Et les nouvelles qualités à acquérir seront celles mêmes des grands hommes qui ont su garder leur nature première vivante en l’adaptant aux conditions successives de la vie du monde.
« L'art d’être humain, résume l’auteur, commence quand est pratiquée la simplicité naturelle et vivante, et . s'achève quand sont suivies les règles de conduite qui ont reçu l'approbation du monde. »
Ces règles de conduite sont fixées par « ceux dont l’envergure de pensée a été ou est assez vaste pour servir de direction et faire choisir la bonne route ».
Ceux ainsi désignés, ces grands directeurs de l’humanitéindividuelle et collective, ce sont les héros de la pensée et de l’action de tous les temps, dont la littérature et . l’histoire nous ont conservé les grandes œuvres et qu’elles … nous présentent en exemple. Chez tous, nous trouvons la
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