A^AA/NA
/WAAAft liiU
«ordre»
ra^^
« descendre »
«enti'er
etc.
A partir du ]\Ioycn Em])ire et peut-être sous l'influence de l'orthographe des papyrus, plus développée, comme il est naturel, une orientation nouvelle se dégage de la complexité des faits. Le déterminatif, élément autrefois un peu accessoire, tend il devenir indispensable. Hormis quelques termes très usuels, comme ^ ^\ szm «entendre», ^ lq)r «devenir», 9 (^^ (ch^ «ouvrir >, chaque mot devra se terminer par un ou plusieurs éléments idéographiques. Ceux-ci prennent une valeur plus générale que dans la période précédente et, par contrecoup, sauf le cas d'abréviation voulue, la partie phonétique se complète. La relation de cause k effet peut d'ailleurs être inversée. Quand le signe-racine est cantonné par des éléments
phonétiques, il semble perdre une part de sa valeur idéographique et se trouver réduit à un rôle purement phonétique. Il peut même disparaître, sans que, cette fois, le scrupule religieux y soit pour quelque chose.
Ex. : 0 ^^K ^^ p «voler», puis : A^< ^^ ^^, puis : -^ ^\ ^^ "* «voir», puis : .^ , puis :
Durant cette période la majorité des mots comporte d'abord la partie phonétique, puis le ou les déterminatifs. La dissociation des deux modes d'expression a progressé. Même un mot fréquent comme V\ nuct «mère» en viendra a s écrire ^ J). Le nom de l'inondation Mi-U ^ht, si souvent employé dans les dates, se conformera peu à peu aux nouvelles tendances en modifiant à peine sa disposition traditionnelle : J ^ I ^ L où O est déterminatif .
Il semble que, pour un même mot, on ait eu le choix entre plusieurs déterminatifs, simples ou complexes, de valeur très générale, et convenant également bien à l'idée exprimée. Cependant l'emploi n'en était pas tout à fait arbitraire et chaque période avait ses préférences. Ainsi le verbe 'X J ^\^> «fêter» était déterminé normalment par \ \ \ au Moyen Empire, va-^
ou sous la XVIIP dvnastie : sous la XIX'^.
A partir de l'époque saïte se manifeste une réaction, un retour vers les formes anciennes de l'écriture, comme d'ailleurs de la civilisation en général. Ce parti-pris exagère l'écart naturel existant entre les hiéroglyphes et la langue parlée et ne va pas sans de nombreuses inconséquences qui rendent l'orthographe souvent informe. Le système a cessé désormais
d'être quelque chose de vivant ; les traces de décomposition n'y seront que trop visibles.
Le pédantisme des adeptes de l'écriture savante se manifeste aussi en sens inverse, par des innovations systématiques. D'assez bonne heure apparaissent des jeux d'écriture comme j^E^ et ^^-^ pour les verbes 'q «entrer» et pr «sortir». Sous les Ptolémées et les Empereurs, ce procédé tourne à la facétie :
o nu <^or».
Jm>- ^^^ Tf ntrir «dieux
^^=^^11111^ //*■'■ «Osiris».
-H © trv nom de Denderah.
^^-Sa^'^n^ iihir «seigneurs».
^ ^ psd «briller ».
'"*:' pour "rnl ''>h ''''■ "/'■ élément de protocol
e royal.
Une orthographe comme ^ .^Qi^P^'^'^' Q]) """"^ «manger»
outre que l'on no se souciait ]>lus môme de la ])rononi-iation.
En ce qui concerne le vocalisme, une seule chose paraît certaine, c'est que les Egyptiens n'ont pas tenté, sauf de rares exceptions, de rexi)rimer complètement. Le rendu j)artiel au
moyeu des consonnes-voyelles ^^, 0, «•= — °, y n'e&t pas aisé
il saisir. En face de séquences chronologiques telles que
V5 ^ ^ V ft ^ démot. : /*"•/< »OTO «corde»,
on trouve :
"^^ D^^.c:^>^ démet, -.lit nevT «jambe».
[H (1 ''^"ù) ^ 1^ ^fe\ Q 4 '"^^^ ^ ^^^'"°^- • ^^y ?^^* «é]>oux».
Si l'on veut admettre les équivalences ^^^ = ô. et ^ = ot (voyelle), pourquoi cette fixité dans un cas et ces alternances dans les deux autres ? Il y a là une série de problèmes non encore résolus.
Il est cependant deux occasions, au moins, où le lecteur ancien ne pouvait restituer mentalement la vocalisation sans que l'écriture vînt à son aide. C'est quand le prononcé d'une formule, devait, dans nn but magique ou religieux, être rigoureusement fixé. C'est encore quand il s'agissait de noms propres étrangers ou de mots d'emprunt insuffisamment acclimatés.
1. Dans une conjuration contre les serpents conservée par les textes des Pja-amides^ on lit les mots ^\^'°^'^ [1 0» '^ \\u ^\ {] (*=îfi I (J où les variations d'orthographe semblent correspondre à des différenciations vocaliques entre vocables probablement vides de sens. On peut faire des constatations analogues à l'autre extrémité de l'histoire du système hiéroglyphique. Dans le papyrus magique de Londres et Leyde (IIP s. ap. J.-C.) les mots cabalistiques sont écrits avec un vocalisme plein et, pour plus de sûreté, glosés en lettres grecques.
Ex. : ''o-Vs'gr = o£id.ces.upev ; nijpttrmi/kh = uinTOir- A\.i^, etc.
2. L'Egypte conquérante en Asie au Nouvel Empire et l'Egypte soumise aux successeurs d'Alexandre se sont trouvées en contact trop étroit avec des peuples étrangers pour que la civilisation en général et la langue en particulier n'en subissent pas l'influence. L'écriture ressent le contre-coup et d'une façon
assez différente dans eliaque cas. En effet, les cunéifonues en usage dans l'Asie antérieure môme pour les besoins diplomatiques sont une écriture syllabique. L'Egyptien, par imitation, groupera deux par deux consonne et voyelle formant syllabe et souvent incorporera le signe-« voyelle » dans un signe bilitère.
Of ç — ts^r^ AAAAAA v
écrivain
char
e>.To7V.Te
lance
Aiepeo
liamath
Même en tenant compte dos variations phonétiques qui ont pu se produire entre temps, on doit avouer que le système se montre souvent incohérent. Ce sont peut-être ces imperfections qui l'ont empêché de se généraliser.
Cependant quelques mots d'usage courant obéissent h la mode nouvelle :
eur», opupe, écrit auparavant 'cJf.tme ('^) «avec», u€Avev=.
Les trauscri})tions d"é])oque grecque rendent sensible lin riiience du procédé alphabétique. Le vocalisme est rarement exprimé au complet. Le caprice règne quant au choix du signevoyelle, et même quant ii la présence ou l'absence de celui-ci.
(1) Transcriptions hébraïniies très postérieures.
AAAAAA I 1 <^ Vj
[1 ^ l^lé$avÔQog
A la même époque, on use quelquefois du même procédé^ avec aussi peu de conséquence, pour écrire les mots de la langue courante. Ex., en hiérog^lyphes, [I [I pour la finale i ou e ; en déniotique ^^, pour l'co de cco&e, etc.
Extrait bibliographique et références justificatives.
Outre les articles de Lacau et de Mo^cïet mentionnés p. 19 et les travaux cités dans la discussion sur. les origines : Ed. Meyer, Histoire de l'Antiquité (1912), l, § 119 sqq. — K. Faul- MAXN, Geschichte der Schrift (1880; pour les faits, non pour la théorie). — C. Mei>"hof, Zur Entstehnmj der Schrift, ap. A. Z., XLIX (1911). — J. E. QuiBELL & F. W. Geeen, Hierakonpolis (1900—1902), pi. 26 b, 29, 30—41, 58. — F. Ll. Grif- FiTH, Hierofjlyplis (1898). — G. Môller, Hieratlsche Palaographie (1909 — 1912 ; donne trois séries d'hiérog^lyphes correspondant aux trois grandes périodes). — H. Junker, Uber da.s Schriftssystein im Tempel der Hathor in Dendera (1903). — K. Sethe, Znr Eeform der Schriftlehre, ap. A. Z., XLV (1908). — A. Eeman, Ein orthographisches Kriterium, ap. .1. Z., LV (1918). — P. Lacau, Suppressions et modifications de signes dans les textes funéraires, ap. A. Z., LI (1913). — A. Ermak^, Z^ir Ugyptischen Wortforscliung, I et III, ap. Sitzungsherichte der Berliner Akademie, 1907 et 1912. — W. Max Mïjller, Die Spuren der habylonischen Weltschrift in Agtjpten (1912). — G. Maspero, Introduction à la plionétique égyptienne (1917). — J. E. A. = Journal of egyptian Archaeology. — B. J. F. A. (J. = Ihdletin de l'Institut français d'Archéologie orientale. Pour Becueil et À. Z , cf. p. 19.