‹ Introduction a l'étude des hiéroglyphesChapitre 16 sur 63 · I. Direction do récriture · texte numérisé non relu

I. Direction do récriture

La direction rationnelle de l'écriture est celle qu'après avoir abandonne l'usage du «boustrophédon», — ou écriture allant alternativement de droite à gaucho et de gauche à droite, — trop incommode pour la lecture, l'expérience du peuple grec a seule retenue et fait passer dans l'usage de tous les peuples occidentaux : le mouvement de gauche à droite. Cette direction a l'avantage, puisque l'on écrit de la main droite, de laisser en lumière les mots et les phrases au fur et à mesure de leur composition et de ne pas obliger la main à passer sur la lettre fraîche qu'elle vient de former. Les Chaldéens, imprimant leurs signes sur l'argile mou, ont, eux aussi, adopté la scription vers la droite et, d'une façon plus générale, c'est la même préoccupation qui a déterminé tous les peuples, quelle que soit la direction de leur écriture, à commencer à remplir par le haut la page où ils traçaient leurs caractères.

Mais cette direction rationnelle, recommandée par l'expérience, n'est pas la direction naturelle. La loi du moindre eflFort, ou plus exactement celle de la simplicité du geste, veut que, la matière à écrire étant posée d'axe devant le scribe, la main droite trace d'abord les caractères sur la partie qu'elle atteint naturellement pour s'éloigner par un effort progressif vers la partie gauche qu'elle veut remplir. Cette scription de droite à gauche a été et reste encore celle de la plupart des écritures sémitiques.

En principe l'écriture hiéroglyphique n'a pas de direction obligée. Ecriture monumentale^ dont chaque signe réclame une application spéciale de l'artiste et se trouve souvent sculpté avec autant de soin qu'un camée, elle obéit aux exigences des monuments qu'elle décore : se déroulant en bandes ou descendant en colonnes, ou courant de gauche à droite ou de droite k gauche^ elle remplit les vides laissés par les personnages, les objets ou les motifs ornementaux. Une loi absolue préside cependant k cet usage décoratif de l'écriture : lorsqu'il se

rapporte k un personnage quelconque d'un tableau^, le texte écrit aborde son interlocuteur imaginaire de la même façon que le personnage représenté l'aborde lui-même : tourné vers la droite, c'est-k-dire de droite k gauche, si celui-ci regarde vers la droite; tourné vers la gauche, c'est-k-dire de gauche k droite, si celui-ci regarde vers la gauche.

Dans ces différents emplois, les hiéroglyphes, qui conservent toujours la même position respective entre eux, s'inversent suivant les cas. La règle 'pratique de lecture est qu'il faut aller à la rencontre des personnages ou des êtres animés que renferme un texte hiéroglyphique.

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CHAP. IV : DISPOSITION MATÉRIELLE DE L'ÉCRITURE. 57 se lira de droite k gauche, mais

doit se lire de gauche à droite.

Pourtant lorsque la surface à remplir ne comporte pas de scène figurée ou qu'aucune situation topographique dans un ensemble ne vient commander l'économie du texte écrit, l'écriture hiéroglyphique prend naturellement tin sens : celui de la minute hiératique dont elle est pratiquement la transcription.

L'écriture hiératique, cursive des hiéroglyphes, s'écrit uniformément de droite à gauche. Les plus anciens textes, sans doute pour éviter partiellement le danger déjà signalé d'obliger la main du scribe à passer sur les lettres fraîchement tracées, dispose les groupes en colonnes verticales, alignées ellesmêmes de droite à gauche. Cette façon de faire, qui, à quelques exceptions près, est celle des papyrus d'Abousir et d'Eléphantine, ainsi que des graffitti archaïques de Hât-noub, a passé dans les textes hiéroglyphiques des Pyramides. Au Moyen Empire s'affirme la tendance k remplacer l'écriture verticale, qui suppose sous la main du scribe un déplacement constant du papyrus, par la scription horizontale qui laisse établir des colonnes plus larges, exigeant de moins fréquents déroulements : sur les tablettes de bois et les ostraca, cette façon d'écrire, où l'œil se repère plus aisément, permet de perdre moins de place et de serrer davantage le texte. Les papyrus d'Illalioun, les contes de Sinouhit et du Naufragé présentent, k côté de parties écrites verticalement, de longs passages écrits horizontalement et le papyrus Prisse est édité entièrement suivant la nouvelle méthode. Dans les hiéroglyphes, tandis que les textes religieux conservent les vieilles traditions, les stèles privées du Moyen Empire adoptent délibérément l'écriture horizontale des manus-

crits. Au Nouvel Empire^ tant dans les textes hiératiques que dans les textes hiéroglyphiques qu'une autre raison ne détermine pas, règne en maîtresse incontestée l'écriture en lignes horizontales.

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