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II. Distribution des signes

Les signes, on l'a vu, s'accommodent à la direction de l'écriture, en s'inversant s'il est besoin. Cette direction déterminée, le scribe égyptien n'alignait pas ses caractères, comme nos lettres modernes, à la suite les unes des autres sur les lignes et dans les colonnes, en ayant soin, comme nous, de séparer les mots : d'autres lois d'esthétique président en effet à la disposition de l'écriture. Ces lois, très souples, qui dérivent de la conception ornementale de l'écriture hiéroglyphique, peuvent se résumer dans le souci d'éviter les vides disgracieux. La première application de ce principe est que, loin d'être séparés par des blancs, les mots sont bloqués de telle façon que, sauf certains cas où l'ornementation peut tirer parti d'une disposition contraire (1), rien n'indique à l'œil le rôle de chaque signe dans la constitution du mot. Sans qu'il y ait pourtant k ce sujet de règles absolues, la disposition des caractères ainsi confondus est régie, elle aussi, dans le détail par Vhoi'^'or vacui : lorsque dans la ligne un signe n'occupe pas toute la hauteur ni dans la colonne toute la largeur, tout se passe généralement (2) comme si le scribe avait déterminé mentalement un

(1) Par exemple les stèles funéraires où des noms propres, écrits en colonnes, sont disposés de telle sorte que tous les déterminatifs, au besoin sépares par un espace de leur mot trop court, soient écrits les uns audessous des autres, et les pancartes alimentaires de toutes les époques où, dans le sens vertical, une disposition analogue est observée.

("2) La distribution de détail des signes peut subir d'autres influences, par exemple la nécessité de faire tenir en peu de place un long texte, ce qui amène le lapicide à entasser les caractères :

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