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CHAP. V : L'ANTIQUITÉ ÉGYPTIENNE

accentué naturellement, pour une époque beaucoup plus reculée, le début de la XVIIP dynastie. Deux tombes de la XII'' ont conservé des graffiti en cursive hiératique, émanant de visiteurs qui y inscrivaient leur noms enchâssés dans des formules stéréotypées. On constate avec surprise que la sépulture de Khnoumhotep à Beni-Hassan passait pour être le temple de Khéops, parce que ce cartouche entre dans la composition d'un nom de localité inscrit sur la muraille. De même, la syringe tliébaine d'Antefoqer, vizir sous Sésostris I", et de sa femme Senet, était attribué, avec un retard d'un siècle et demi, au temps de la reine Sebeknofrou, et peut-être à cette reine ellemême. De tels faits ne s'expliquent que si des gens, relativement experts dans la cursive servant aux besoins de tous les jours, se trouvaient embarrassés pour lire, couramment du moins, l'écriture monumentale.

La connaissance des écritures égyptiennes, même du démotique, paraît s'être perdue assez vite après le triomphe du christianisme et l'adoption de l'alpliabet copte. Los deux inscriptions bilingues grecques-démotiques de 453 émanent d'un prêtre d'Isis de Philae et sont datées à la mode nouvelle. Le fait que le conte démotique de Setna a été trouvé dans une tombe de moine ne prouve pas rigoureusement que la compréhension en ait été ouverte k son dernier possesseur antique. Si l'évoque saint Pésunthios déchiffre, à la fin du VP siècle, une liste de noms de momies entassées dans un hypogée, il se peut agir d'un document, soit grec, soit bilingue, à l'instar des étiquettes de momies. Hermapion et Horapollon, dont il sera parlé au chapitre suivant, puisqu'on n'a d'eux que des traductions grecques, apparaissent comme des exceptions et méritent même la qualification d'« archéologues».

L'Egypte ne nous a rien laissé de comparable, pour l'importance, aux séries de- tablettes cunéiformes où les valeurs des signes sont classées et comparées, tant pour le sumérien

Sottas-Diioton. 5

que iiour le babylonien et l'assyrien. Toutefois un papyrus, trouvé à Tanis, mallieureusement incomplet et relativement récent, fournit une longue liste de signes Inéroglypliiques, avec, en regard, leur correspondant hiératique et l'énoncé, également en hiératique, de leur valeur figurative. Ils sont visiblement classés par catégories, selon le principe même de nos listes modernes; pourtant, assez souvent, la raison de Tordre adopté nous échappe. Tantôt la signification donnée est unique :

i = I P (jambe)

Tantôt elle est double :

O = Ij 'lJ fB (disque solaire — jour).

/VWSAA

Tantôt elle est indiquée, non pas par un seul mot, mais par une expression complexe :

^ = ^ !] P ^e ^ (œil pleurant).

{0} = i\ ^iN^ M ^ 0° (clisque solaire resplendissant).

^5-;:^ (bois coupé).

On voit, d'après cette dernière catégorie, que la teneur du document est surtout descriptive et correspond, dans notre tableau, à la colonne de gauche rédigée en français, plutôt qu'à la colonne «signe-racine» où sont résumés les rapports entre les hiéroglyphes et le vocabulaire égyptien. - Bien que le papyrus ait été écrit seulement à l'époque romaine, la liste ne comporte pas toute la variété du système parvenu à ce stade. Il s'agit peut-être d'une adaptation d'un

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