‹ Introduction a L'etude des Idées Morales Dans l'Égypte antiqueChapitre 22 sur 123 · DÉFAILLANCES ET PROGRÈS · texte numérisé non relu

DÉFAILLANCES ET PROGRÈS

timents moraux ; pas plus que l’existence de théories n’empêcha jamais les actes immoraux. Dans notre société chrétienne et philosophique, il y a des assassins, des voleurs, des adultères, dont la philosophie et le christianisme réprouve également les crimes. Il y en eut de tout temps en Égypte, malgré les progrès de la morale. Même les progrès de la civilisation donnent lieu, là comme ailleurs, à de nouveaux crimes, comme aussi à de nouvelles vertus, et par suite à des analyses et des théories nouvelles. Pour juger cette société, il faut tenir compte non seulement des infractions qui s’y commettent mais aussi du blâme qu'ils y rencontrent, et, inversement non seulement des préceptes mais des exemples. Il ne faut perdre de vue ni l’état moral moyen du peuple, ni les envolées des sages qui tendent à en faire remonter le niveau. En effet l’équilibre de ces deux éléments est une condition essentielle du progrès constant ; si le peuple doit se guider sur le conseil des sages, le philosophe doit s’éclairer par l'observation des mœurs. Quand l'intelligence qui édifie la science morale veut marcher plus vite que le sentiment qui dirige la conduite, elle risque d'opérer à vide et de ne plus entasser qu'utopies et chimères. C’est ainsi que la spéculation égyptienne a fini par se perdre dans des subtilités nuageuses et infécondes. Mais avant d’en arriver là, que de progrès réels ses sages, fameux à bon droit, avaient fait accomplir à l'humanité !

Qu’étaient-ils donc ces sages si vantés ?

Page 1