‹ Introduction a L'etude des Idées Morales Dans l'Égypte antiqueChapitre 25 sur 123 · ORGUEIL CORPORATIF · texte numérisé non relu

ORGUEIL CORPORATIF

» doit prétendre. La sagesse est plus difficile à trouver que » l’émeraude ; car celle-ci c’est par des esclaves qu’elle est dé- » couverte parmi les roches de pegmatite'. »

En dépit des nombreux passages où les moralistes proscrivent toute innovation, on à interprété ces mots « on ne ferme pas la barrière de l’art », en supposant qu'ici Ptah-hotpou admettrait la possibilité du progrès *. J'y crois plutôt reconnaitre la négation de l'existence des castes, comme si l’auteur disait : « Le champ de la science n'est fermé à personne, et personne ne le connaît tout entier ; écouter tout le monde c’est se donner des chances de connaître une plus grande partie de la tradition immuable, et de vaincre plus sûrement ses rivaux. »

Cette leçon d'humilité vis-à-vis de la sagesse, surtout donnée par un puissant, ne semble pas tout à fait primitive. Pourtant le ton diffère bien encore de celui que plus tard prendront les scribes pour chanter leur cedant arma togeæ.

L’orgueil des sages montera, en effet, à mesure que leur condition sociale baissera. Au temps de Ptah-hotpou le sage occupait les plus hauts postes de la société féodale. Sous l’empire Thébain l'instruction se répand et la sagesse s’embourgeoise. Le sar cède la place au scribe, dn ou sekha : le lettré, fonctionnaire subalterne, hérite des connaissances et aussi de toutes les PIURn re du mandarin grand seigneur.

Les scribes * contemporains des Ramessides forment une corporation redoutable et arrogante. Dès les plus anciens temps, de grands personnages s’honoraient du titre de scribe : des fils de rois étaient hiérogrammates de leur père“; Antouf, premier mi-

1 Pap. Prisse, pl. v, 8-10 (Virey, p. 33-34).

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