‹ Introduction a L'etude des Idées Morales Dans l'Égypte antiqueChapitre 47 sur 123 · PROGRÈS MORAL KT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

PROGRÈS MORAL KT RELIGIEUX

» jouit de sa force ; il aime l’obéissance. J'observe les coutumes ; » j'accomplis les rites ; j'obéis aux prêtres, aux sages et aux » puissants. J'attends du dieu, en retour, protection en ce monde » et admission en son royaume ultraterrestre. » C’est un principe d'ordre social. — Cela veut dire encore : « Le dieu haït le men- » songe et le péché ; il aime la vérité, la justice, la bonté. Je ne » fais pas le mal. Je suis véridique et bienfaisant. Qu'il m'admette » parmi les justes ! » C’est une règle morale individuelle. — Enfin cela peut s’interpréter : « Le dieu aime le vrai, le beau, le bien. » Je veux en ce monde, sans nuire à personne, élever mon intel- » ligence jusqu à lui par la science, unir ma volonté avec la sienne » par la pureté du cœur, la piété et la vertu, et finalement fondre » mon âme Gans son essence parfaite. » C’est une aspiration mystique. — De là, pour clore la série des transformations, découlera la contemplation gnostique : « Dieu n’aime que le bien qui est »-tout en lui; le connaître, en me détachant du monde, est ma » fin dernière. »

En somme, le caractère impératif de la morale reposait, aux yeux de l’Egyptien, sur l'autorité des sages et sur la volonté des dieux. L'autorité des sages s’impose par le succès et par l'habitude ; celle des dieux se légitime par leur puissance d’abord, par leurs perfections ensuite. Mais ni l’une ni l’autre ne présentait un code immuable. Rien malgré les apparences n’est si peu fixe que la tradition morale et religieuse ; elle évolue sans cesse.

La crainte et l'intérêt, tout d’abord, arment l’homme de formules magiques pour combaltre ou amadouer les êtres divins, fétiches ou génies anthropomorphes:; et l’on voit poindre à peine encore Ja distinction du bien et du mal. Puis le culte devient calculé et implique l’idée d'équité dans l'échange. La piété devient franchement morale avec la notion de service volontaire. Peu à peu la notion de la divinité s'épure, se spiritualise et désormais la religion proposera à l’homme non plus une alliance et un commerce, mais la conformité de volonté dans la poursuite du bien et de l'idéal, limitation de la divinité dans toutes ses perfections,

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