‹ Introduction a L'etude des Idées Morales Dans l'Égypte antiqueChapitre 50 sur 123 · CONSÉQUENCES NATURELLES. CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES NATURELLES. CLASSIFICATION

minent par des anathèmes analogues. Le sacrilège, qui enfreindrait l’ordre du dieu, sentirait s’appesantir sur lui sa colère et sa vengeance. Amon le réduira à la misère, lui fera voir son héritage entre les mains d’un autre, sa femme enlevée, ses serfs en fuite, sa clientèle esclave de ses ennemis; il l’atteindra de maladies dans sa chair, le percera de ses flèches et le torturera. Pour les biens des particuliers, il n’en va pas autrement que pour ceux des temples ou des princesses. On prie Dieu d’appliquer la loi du talion à quiconque violera ou respectera une stèle funéraire‘. On invoque le châtiment du roi et des dieux contre quiconque empièterait sur la propriété d’un champ ou déplacerait les bornes qui le limitent”. Au reste, ces sortes d’imprécations ne sont point particulières à l'Égypte.

Des sanctions espérées ou redoutées, les unes apparaissent comme la conséquence naturelle des actes ; les autres, comme le fait de rétributeurs surnaturels. Il en est de plus ou moins immédiates, de plus ou moins lointaines. Beaucoup atteignent l’homme sur la terre, dans la vie présente; certaines, et non les moins graves, l’attendent après la mort dans une existence posthume. Suivons les Égyptiens dans tous leurs enseignements sur ce sujet. Donnant surtout des préceptes sur la conduite à tenir envers les hommes, règles de savoir vivre et de savoir faire, ‘les moralistes exposent principalement les avantages que l’obéissance à leurs préceptes assure dans ce monde.

de Makéri, Amon le poursuivra, le jettera nez contre terre et l’exterminera. — De même dans la stèle de l'apanage des princesses d’Ethiopie, quiconque la respectera, « qu’il » jouisse des faveurs d’'Amon et que son fils demeure à sa place », quiconque y toucherait, « qu’il tombe sous le tranchant d’'Amon-Rä ou sous les feux de Sokhmit. » Stèle d’Aspalout, Louvre (PrerreT, 24. Eg., I, 1873, 103; Scaærer, Æ. Z., 1895, 107; Urk., III, 106-107).

1 « Si quelqu'un écarte mon nom pour mettre le sien à la place, Dieu le lui rendra » en détruisant son image sur la terre; s’il vénère mon nom (gravé) sur cette stèle, » Dieu le traitera comme lui il m'aura traité ». Stèle d’Abydos (MarreTTE, Catal. Boulaq, 1864, p.76, n° 51; Brucscu, Æ. Z., 1865, p. 89-91 ; Maspero, Enquête, p. 572).

2 « En ce jour tu donnes des terrains aux fils du sacrificateur de Bastit, Horkheb. » Celui qui changera la stèle de place sera chätié par le roi, fortement ; il sera abattu » sur le billot de Sokhmit, celui qui déplacera la stèle. » Stèle de Florence (Scxiapa- RELLI, Cat., n° 1806 (Daressy, À. Tr., XV, 175).

Souvent ils montrent les conséquences immédiates des actes qu’ils conseillent ou défendent. A l'égard de l’homme bon ou du méchant, vertus et vices provoquent dans son entourage, sa famille et la société où il vit, des réactions naturelles dont la prévision encourage ou retient. Les vices trouvent bientôt en eux-mêmes leur punition naturelle et les vertus engendrent leur propre récompense. Ptah-hotpou et Ani (ou Khons-hotpou) le savent et en donnent souvent des exemples, dont voici quelques-uns : € Z’ac- » tivité, dit le premier, produit la richesse et la richesse ne » dure pas quand l'activité se relâche.» — Le voleur, « ses en- » fants sont un objet de malédiction, de mépris et de » haine »?. — « Ecoute le discours du requérant... Le moyen » d'obtenir une explication sincère, c'est d'écouter avec bien- » veillance?. » — « Garde toi d'approcher de la femme...; des » milliers d'hommes se perdent pour jouir d’un moment court » comme un réve, tandis qu'on gagne la mort à la connaître. » — Si l’on s’emporte, « on se crée une affliction pour le moment » où l’on sera de sang froid »*. Ani (ou Khons-hotpou) recourt au même genre de considérations, notamment dans les préceptes suivants : « On ne recueille point le bien en disant le malŸ. » — Fais les offrandes funéraires à tes parents : « si tu le fais, ton » fils le fera pour toi semblablementS. » — « Que ton œil soit » ouvert (vigilant, actif), de peur que tu ne deviennes men- » diant\» — « Situ es bon, tu sera regardé; que tu sois dans » un cercle nombreux ou que tu sois solitaire, tu trouves tes » gens et on exécute ce que tu dis°. » — « Les pains sont » stables à qui agit charitablement®. »

Les premiers devoirs prescrits tant envers les dieux qu’envers les hommes, consistent à entretenir de bonnes relations avec tous 1 Prau-Hotrou, Préceptes, $ 11 : Pap. Prisse, var, 40 (ViREy, p. 51); cf. xni, 4; (p. 72.)

2 Jbid., vu, 6, (p. 116). s 8 Jbid., 1x, 4, 7, (p. 59-60).

1 Jbid, x, 8, (p. 67).

5 Pap. Boulaq IV, xix, 12 (AMÉLINEAU, max. 28, p. 256).

6 Zbid., xvu, 7 (max. 12,àp. 254).

7 Jbid., xvux, 13, (max. 21,-p. 255).

8 Jbid., xx, 3-4 (max. 34, p. 256).

9 Zbid., xxx, 5-6 (max. 41, p. 258).

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