CHATIMENTS
« Il arrive, il monte, il s'élève, il confesse la vérité. Il est pur ; il fait que la » balance est en équilibré au sein des êtres en état de perfection... Il n’y a aucun » voile sur ce qu'a fait l'Osiris N.t »
La cause est instruite et plaidée. La sentence va être rendue. Les sanctions suivront. Le bon jouira de tous les privilèges que lui promettent Osiris et Rà. Le méchant subira un sort inverse. Aussi ce jugement est-il tour à tour désiré du juste qui en attend le bonheur? et redouté de quiconque par ses fautes à mérité un arrêt sévère ?.
En effet, ce n’est pas tout que de récompenser le bien; le mal doit recevoir un châtiment. Les Égyptiens ont-ils envisagé ce côté de la morale et attribué une sanction au mal comme au bien?
Certainement. À tous les âges, la privation des biens que méritaient la piété et la pureté, quel que fûtle sens de ces mots, constituaient une punition pour l’impiété et l’impureté. Le méchant, ennemi des dieux, ne doit pas compter sur leur concours, mais doit, au contraire, s'attendre à leur hostilité. Il ne peut pas se servir des formules cabalistiques en l’autre monde, de même qu’en celuici le magicien Satni-Khâmoïs perd son pouvoir, lorsqu'il a satisfait sa passion impure pour Thouboui et tué ses enfants pour satisfaire le caprice de la belle“. Le méchant n’évitera donc aucun des périls auxquels échappe le juste. Son corps tombe en corruption ; son âme, dévorée de faim et de soif, ne trouve pourse repaître que des ordures et finit par s’évanouir dans le néant. Le méchant ne peut naviguer à l'Occident, ni s’accrocher à la barque de Rà: il tombe dans des marais infects ou dans des lacs de feu ; il est la proie des grands serpents Apap et Sati ou des autres monstres. : Les dieux le combattent: leurs serviteurs s’acharnent contre lui? :
1 Livre des Morts, cxxv, 36-43 (Prenrer, Trad., p. 377-379).
2 « Je suis un sahou qui s’est complu dans la vérité et conformé aux lois du tribunal » de la double justice par moi désirées. » Stèle de Boka, XVIII: d:, 1.8: Turin n°49! (Crapas, B. Eg., XIII, 243).
3 « Les juges d'outre-tombe (zazasou) vont juger les propositions des hommes : sache » qu'ils ne sont pas indulgents le jour du jugement des fautes.» Pap. moral de St-Pétersbourg, ne 4416, $ 12 (GoLénicaerr, Æ. Z., 1876, 107).
4 Masrero, Contes, p. 193-204.
5 « Les inimitiés d'Ounas sont les inimitiés de Toum, ete. » Ounas, 1. 602-603, R. Tr.
les exécuteurs infernaux ! s'emparent de lui, le traînent au lieu du supplice et coupent sa tête? surle billot fatal ?, le mettent en pièces ou le précipitent dans leurs fournaisest. Dans la salle même du jugement se tient une bête fantastique, à la gueule béante, semblable à celles que l’on voit parfois sur nos porches de cathédrales et qui y représente encore la gueule de l'Enfer : c’est « /a Dévorante », Amâm, « celle qui détruit les ennemis en les dévorant, » la mattresse de l'Amenti, la béte de l'Amenti »*, l’aïeule du Cerbère grec.
De toute manière, le méchant est perdu : son nom disparaît ; sa personne est anéantie f ; il subit « la mort seconde », plus redoutable que la première, car elle est définitive”.
Cependant la perfection réside bien haut, le devoir est rude et là chair est faible. Qui donc ne sent point de fautes à se repro-
IV, 74. « Il anéantit les membres de tes ennemis ; il les met en piéces, Ô Osiris! » Pépi Ier, 1. 189 (R. Tr., V, 193), etc. :
1 Le Livre des Morts, notamment au ch. xvu, IL. 32-37, 54-58, 75-80, donne divers détails sur les bourreaux et les supplices des Enfers. Le livre de /’Amdouaït, les échelonne dans diverses heures des Enfers : à la 3 nommée « la Pourfendeuse des âmes » ; résident les « Massacreurs » ; l'âme élue « s’avancera à travers leurs rugissements et ne » tombera pas dans leurs fournaises » (JkquiEr, L'Hadès, p. 63-64).
? La décapitation, nécessaire dans les rites primitifs de la’momification, devient odieuse, quand on sut extraire la cervelle par l’ethmoïde brisé. Les ch. xzur et L du Livre des Morts, évitent aux morts d’avoir la tète tranchée. Dans le Livre de l'Amdouait, à la 7e heure, une déesse à tête de lionne décapite les impies liés et agenouillés (JÉQurER, L'Hadès, p. 94).
# Le billot infernal est souvent mentionné... « Je récite le Livre des 77 sur le billot du » serpent Apap : puisse mon âme échapper au feu, mon corps à l’avidité de la déesse » S'okhmit ! » Stèle de Mérirà, Vienne (BEeRGMANN, R. 7r., IX, 48).
‘ L'incinération semble avoir été usitée à une époque préhistorique (Morcan, Tombeau de Nagadah\; mais par un processus que j'ai déjà signalé, tout rite dépassé et désuet devient objet d'horreur. Aux Pyramides, les dieux gibier d'Ounas sont cuits pour le nourrir dans « le bassin de flammes » (Ounas, 1. 496, 315: R. Tr., IN, 59-61). Un souvenir matériel subsiste dans ce trou circulaire, où sont jetées et brülées offrandes et victimes avec la légende « St vient », au tombeau de Montouhikhopchouf, XIXe d. (Maspero, M.M.C.; N, 450-462, fig. 6-9 et 11). Le Livre des Morts mentionne à divers reprises le supplice du feu : I, 7; xvn, 53, 58, 66, 78 ; xvi, 40 : Lx, ©, 4: exLi, C 13-15 ; cxuinr, 4-5. À la 3° heure de l’Amdoudit, il est question des fournaises : à la 44e, des brasiers, gardés par des déesses armées, dévorant les impies (Jéqurer, p. 64 et 127). Dans le Chant des pleureuses, Horus « enchaîne le Malin et le tient dans son four à feu chaque-jour » (Pap. de Nésikhem, $ m1, Brit. Mus. ; PLevre, R. Tr, III, 39). La traduction de JHymne à Amon de Bologne : « Les coupables pour la chaudiére, les justes pour la droite », est erronée. (CuaBas, Mél. IV, 168-172: J. B., Régime pharaonique, p. 290).
5 Tableau du ch. cxxv (Prenrer, Livre des Morts, p. 386). Ch. exui, titre : « Le sauver » du Dévorant des âmes ». (p. 557).
$ Par « les bras de Ceux qui anéantissent dans la Demeure de l'anéantissement » (Sarcophage de Nési-Shou-Tafnouit, tombe de Ramsès VI, etc. BERGMANN, R. Tr., NI, 144).
7 Livre des Morts, ch. xziv : « Me pas mourir de nouveau » ; cf. xxx, 4: crx, 11: CxXX, 27; cxxxv, 3 ; CXXXVI, 18 ; cz, 9, e
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