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INFLUENCE DE L'ÉGYPTE

» verger d'Osiris », où « le royaume de Rä », et goûter les joies de l’existence en attendant sans crainte les lendemains de la mort.

La civilisation égyptienne a produit une vive impression sur les anciens Grecs; leurs écrivains classiques nous ont transmis le témoignage de l'admiration de leurs compatriotes. Mais la rencontre des deux civilisations égyptienne ét grecque, celle-ci aïeule de la nôtre, datait-elle de peu d’années au temps d'Hérodote ? Faut-il la faire remonter jusqu’à Homère, ou plus haut encore? Et, pendant ces quelques siècles, l’une et l’autre se sont-elles côtoyées, tantôt avec haine, crainte ou dédain, tantôt avec sympathie ou curiosité, sans jamais se pénétrer ? On à parlé autrefois de civilisation purement autochtone pour les Grecs, de développement « en vase clos » pour les Égyptiens : la vogue de ces théories touche à son déclin.

Est-il possible que, pendant trois où quatre mille ans, l'Égypte, renfermée sur elle-même, n’ait en aucune façon rayonné sur les peuples voisins ?

Comparer la civilisation des pyramides et des mastabas à celle des dolmens, répandue dans l'Afrique du nord et l’Asie antérieure comme en Europe, serait aujourd’hui encore prématuré. Peutêtre un jour y viendra-t-on. |

Dans l’histoire d'Égypte, les Libyens apparaissent seulement comme des vaincus, qu’on ne va point provoquer chez eux quand ils ne reviennent pas à la charge comme envahisseurs : on ne peut que soupçonner des contacts perpétuels. Le peu que nous sachions de ces peuples nous vient des sources phéniciennes d'Hérodote.

Plus encore que les Libyens, les Nègres furent matière à perpétuelles razzias. Puis les Égyptiens conquérants formèrent entièrement à leur image la Nubie et l’Éthiopie. Au-delà, les ondes de leur influence sur des populations sans histoire ont disparu. |

De bonne heure, l'Égypte prit contact avec l'Asie. Par l’isthme, elle dirigea, dès la mn dynastie, des expéditions militaires et minières dans la péninsule Sinaïtique? ; sous la vi°, elle allait audelà, par terre et par mer, pourchasser les Bédouins. Par la mer Rouge, dès l’ancien empire aussi, elle communiquait par intermittences avec l’Arabie et plus ou moins indirectement avec la Chaldée et l’Inde, tous pays compris sous le nom de Pouanit*. Les empires d'Orient ne s’entrechoquèrent que bien plus tard, au temps de la xvin* dynastie. Dans l’intervalle, entre l’Asie antérieure et Les frontières d'Égypte, ce fut un perpétuel va et vient de nomades, d’émigrants, de traficants et d’aventuriers. Bien avant les chocs armés, la Chaldée et l'Égypte luttèrent d'influence sur ce champ de bataille. Religions, mœurs, arts en Syrie reflètent les idées et les habitudes de l’une et de l’autre. Pour le mieux connu de ces peuples asiatiques, le peuple hébreu, de nombreux souvenirs de l'Égypte remplissentses livres sacrés ; mais la loi mosaïque empruntait bien des détails aussi à la législation chaldéenne. La question des contacts de Babylone et de la Bible (Babel und Bibel, disent les Allemands) a suscité toute une littérature. Par delà le peuple hébreu, la querelle se prolonge : assyriologues et égyptologues se disputent pour leurs clientes, Égypte ou Chaldée, le titre de mère des civilisations antiques.

Des textes de l’ancien empire font allusion déjà à des relations avec les peuples du nord, les Zaïounibou, c’est-à-dire le monde grec. Inversement, les fouilles de Crète ont révélé une Grèce préhistorique dont l’industrie, l’art, peut-être les idées, supposaient des rapports de voisinage et de commerce avec l'Égypte. Les Grecs se doutaient bien de certains emprunts ; nous les connaissons mieux depuis la découverte des prototypes.

Sans doute, le fond de la religion grecque semble plutôt apparenté à la Perse ou à l’Inde qu’à l'Égypte. Mais hien des élé-

! Ci. J. B.. Régime pharaonique, p. 206-211.

? CE Wir, Znscriptions ég. du Sinaï, R. Arch., 1903.

$ Mastaba de Safkhit-hotpou, fils de Khéops (L. D., II, 23). 4 Cf. J. B., Régime pharaonique, p. 204-205.

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