I. — Gîtes stratifiés
Les couches et les amas stratifiés ont nettement le caractère de dépôts successifs formés au sein de Teau, ce sont des formations sédimentaires métallifères : ainsi la stratification bien nette des couches de fer carbonate, la présence des fossiles que Ton y rencontre, permettent d'affirmer que ce nainerai, plus ou moins mélangé d'argile, s'est produit partout où il s'est formé des dépôts dans des solutions carbona-
tées et ferrugineuses en présence de corps fortement réducteurs Si ces derniers sont absents, l'eau qui renferme du carbonate ferreux, dissous à la faveur d'un excès d'acide carbonique, dépose, lorsque celui-ci se dégage, de l'oxyde de fer plus ou moins hydraté à l'état de limonite compacte ou ocreuse, d'hématite brune, ou d'ocre jaune.
D'une façon analogue, la finesse de la stratification, la présence de fossiles, l'étendue du gîte, qui recouvre plusieurs milliers de kilomètres carrés, établissent clairement le caractère sédimentaire de la couche de schiste cuivreux du Zechstein allemand dans lequel les minerais (chalcopyrite, phillipsite, chalcosine, pyrite, etc.) se présentent sous la forme de concrétions métallifères. Us se sont vraisemblablement déposés en même temps que les boues charbonneuses qui ont formé, en se consolidant, le schiste marneux et bitumeux qui enveloppe les minéraux, car ils ne peuvent y avoir pénétré ultérieurement, après le recouvrement de ce schiste marneux par les couches plus récentes du Zechstein.
Si, d'une façon générale, on doit admettre que les minerais se sont séparés sous leur forme actuelle dans les dépôts stratifiés au moment de la formation de ceux-ci, il est cependant des cas où la roche a été réellement imprégnée de la substance métallifère à une époque postérieure à celle de sa production ; on en trouve un exemple bien net à Chessy, où le grès bigarré est rempli de minerais oxydés de cuivre là où il est en contact avec une roche éruptive chargée de pyrites, et là seulement ; de telle sorte, qu'il ne peut exister aucun doute sur l'origine dos minerais cuivreux contenus dans le grès.
Les amas stratifiés métallifères appartiennent, pour la plupart, à la formation primitive, et leurs remplissages sont généralement en stratification concordante avec les couches de la roche encaissante ; ils abondent surtout dans les schistes cristallisés, et ne se rencontrent plus qu'isolés dans les couches paléozoïques. Cela tient à ce qu'une atmosphère dense et une haute température favorisent la formation des minéraux métallifères ; il est fort possible d'ailleurs que ces minerais ne se soient pas déposés sous la forme en laquelle nous
les trouvons actuellement, et qu'ils aient subi, après leur dépôt, des modifications métamorphiques.
Indépendamment des gUes stratifiés formés à la suite de précipitaiiom chimiques, il en est d'autres qui sont des dépôts d'alluvion et dont la formation correspond à une préparation mécanique sous l'influence de la densité. En même temps que le travail de désagrégation des roches s'effectue, il se produit un classement de leurs éléments par ordre de densité, les minéraux les plus lourds étant entraînés moins loin que les matières légères qui flottent dans le courant, et tendant à s'accumuler au fond, dont les inégalités les retiennent. C'est ainsi que dans les placers de la Californie, on observe que la couche riche est au contact de la roche du fond et qu'elle est surtout abondante dans les fissures de cette roche ; de même l'étain de Malacca forme sur le fond des roches anciennes une couche au-dessous de laquelle on a souvent retrouvé presque directement les filons d'où il provenait.