CHAPITRE III
Le géomètre considère souvent des points sans étendue : le physicienne peut s'arrêter à de pareilles abstractions; il envisage donc des corps, c'est-à-dire des collections de points liés les uns aux autres, qu'il appelle systèmes. Les liaisons, en mécanique, sont toutes les conditions géométriques auxquelles satisfont les diverses parties d'une machine les unes par rapport aux autres. Ainsi une sphère suspendue par un fil à un point fixe et dont le centre est conséquemment assujetti à rester à une distance de ce point moindre qu'une
longueur donnée, et au plus égale, est soumise à une liaison. Il en est de même des diverses particules qui composent un corps rigide et qui, par suite, sont supposées maintenues entre elles à des distances invariables.
Le propre des liaisons est de gêner les mouvements et généralement de restreindre le nombre des trajectoires permises aux parties constituantes du système. Tandis que le centre d'une balle libre dans l'espace peut occuper tous les points de cet espace, le centre d'une balle suspendue à un fil non rigide ne peut décrire que des trajectoires situées à l'intérieur d'une sphère dont le rayon égale la longueur du fil ; le centre d'une balle suspendue à un fil