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de cellules plasmatiques, surtout aux confluents des des travées. C'est dans le stroma que circulent les vaisseaux sanguins, les amas cellulaires ne se nourrissent que par imbibition. Les travaux de M. Cornil ont établi que la cavité des alvéoles communique avec les vaisseaux lymphatiques de la tumeur et du voisinage ; cette découverte a donné la clef des faits d'accroissement et de généralisation du carcinome.
Nous rappelerons ici que, avec Vichow et MM. Cornil et Ranvier, on admet généralement en France, que la tumeur commence toujours par une prolifération des cellules fixes du tissu conjonctif, qui reviennent à l'état embryonnaire avant de devenir des cellules épithélioïdes.
L'épithéliome, de son côté, est constitué par des amas de cellules épithéliales ; il a son origine, sur la peau, les muqueuses et les glandes, dans une prolifération des parties composées d'épithélium. C'est ainsi que sur la peau, Tépiderme et surtout le corps muqueux de Malpighi, les follicules pileux et les glandes sébacées, les glandes sudoripares peuvent être le point de départ du néoplasme. Sur les muqueuses, les couches épidermiques et surtout les glandes de toutes sortes qui y sont annexées, lui donnent naissance. Enfin, dans les glandes, foie, testicule, ovaire, etc., c'est toujours, suivant l'opinion généralement admise, l'élément épithélial qui, par sa prolifération, produit le néoplasme.
L'épithéliome se présente le plus souvent sous quatre aspects différents ; deux d'entre eux ont reçu les noms d'épithéliome lobulé et d'épithéliome
tubulé. On connaît, dans le premier, la structure des masses de nouvelle formation : elles sont arrondies, ou ovoïdes : leurs cellules, les plus externes, sont allongées et implantées perpendiculairement sur les cloisons conjonctives interlobulaires, tandis que, plus en dedans, les cellules sont polygonales ou bien forment ce qu'on est convenu d'appeler les globes épidermiques ou épithéliaux. Les masses cellulaires de l'épithéliome tubulé sont beaucoup plus allongées ; elles ont la forme de tubes ou de cylindres simples ou ramifiés, terminés par des culsde-sac glanduliformes, contenant, soit des cellules épithéliales à contours nets, soit des noyaux volumineux, disséminés dans une substance granuleuse représentant un protoplasma qui ne s'est pas encore divisé en cellule.
Deux autres espèces d'épithéliome sont : l'épithéliome cylindrique qui constitue souvent des cavités kystiques tapissées d'une seule couche de cellules cylindriques ; et l'épithélioma perlé, espèce très rare, qu'on pourrait considérer comme une variété de l'épithélioma parvimenteux lobulé, dans laquelle les globes épidermiques seraient extrêmement nombreux et serrés.
Telle est l'idée générale qu'on peut se faire du carcinome et de l'épithéliome.
Nous pouvons maintenant aborder l'étude annoncée plus haut, des faits qui, pour nous, établissent une transition entre les éléments cellulaires des tumeurs d'origine connective et ceux des tumeurs nées dans des appareils épithéliaux.
On a vu dans notre premier chapitre, que, en l'état actuel de la science, la place que doit occuper le carcinome, dans la classification, est encore indécise ; les uns(Thiersch,Waldeyer, Rindfleisch,Lancereaux) en font une tumeur épithéliale, tandis que d'autres (Virchow, Cornil et Ranvier) le considèrent comme d'origine purement conjonctive. On a vu que, pour l'épithéliome, il n'y a pas de doute; tout le monde est d'accord sur son origine. Nous prenons la description classique du carcinome et de l'épithéliome, et nous posons les deux propositions suivantes que nous allons démontrer :
/o Entre les tumeurs conjonctives et le carcinome il existe des formes intermédiaires. Des transitions insensibles permettent ensuite de passer du carcinome à l'épithéliome ;
2° En suivant une marche inverse : entre les tumeurs conjonctives et Vépithéliome, il existe des formes intermédiaires. Des transitions insensibles permettent ensuite de passer de l'épithéliome au carcinome.
Nous allons aborder la démonstration de la première proposition. Nous avons à notre disposition plusieurs faits dans lesquels l'élément cellulaire nous conduit progressivement des tumeurs conjonctives au carcinome.
Examinons d'abord l'élément cellulaire du xanthoma (fig. 8). La constitution et l'évolution de cette tumeur semblent être parfaitement élucidées depuis le
travail de Chambard (i) et l'examen histologique fait par M. le professeur Pierret des deux cas publiés par le docteur Carry (2) . Les cellules du xanthoma ne sont autres, au début, que celles qui revêtent les faisceaux conjonctifs du derme, à l'état normal. A la périphérie des plaques ou des tubercules de la tumeur, ces cellules, contenues dans les espaces du tissu conjonctif,
Fig. 8. — Xanthoma (cas de M. Carry). — Ocul. i, Obj. 7.
1. Cellules tuméfiées. Les hachures indiquent les cellules en
dégénérescence. A la partie inférieure de la figure sont des cellules en partie envahies seulement.