‹ Introduction à l'étude des vases peintsChapitre 14 sur 17 · III. Pto · texte numérisé non relu

III. Pto

de

nipllénUme • n K.’rurie.

I >i’mar.itr.

:i$so<:ic aux Iclli'Cü lalitin.s clans les culoiiies lomalnes de la Campanie, et se tépiidani ainsi, soit pr celte dernièi-e voie, soit pr .suite des rappris de la ligue latine avec la Campnie, jusejue dans le I.atium et Jusqu'aux pries de Rome (i), ainsi que le prouvent les lieaux as de la scn'ie latine, prmi lesc|urls il s'en trouve qui doivent avoir été modelés à Tibur.

Que les rappris des Grecs aient été moins nombreux, moins intimes avei^ l'Élrurie qu'avec l'ancienne Opique, c'est là un pint .sur lequel on ne put élever de cniileslalion. Rien cpie les Ëlriisijiies, cpii s'emprèrent de la Campanie à la lin du vi’ siècle avant notre ère, aient appaiicim à la même iialion que ceux cpii dominaient au delà du Tibre, leur pliysionomic prticulière ii'a rien de pronuiKx'*, et nous ne trouvons aucune trace distincte de leur séjour dans les campgncs cpi'arrosent le Liris et le Vultiirnc : on ii'y a signalé ni monumenls ni inscriplions étrusques ; tout y est grec, comme nous l’avons remarqué, jnsiju’à l’arrivée des Samnites. Au nord du Tibre, quoique le classciuciil des iiiuiiiimenls étrusques de tout genre oll're bien des difficultés, et que le plus graiHl nombre doive en être rangé à des épcx|ues compralivement léeentes, remprcinlc nationale laissée sur le pys par les Ëlruscjucs, depuis un temps l'orf icciilé , ne saurait être l’objet d’un doute. Aussi eomprenoiis-noiis cjue là où les Ëlriis(|ues n’étaient p.s réduits à un plit nombre, coiuine ils le furent vans doute en Campnie, si nous en jugeons par la proportion de leur inilucnce, là où ils formaient un corp de nation eouipcte et abondant, les Gices u’aient pu s'iiilrcxluire dans le pys qu’à des conditions dillércntes de celles qui favoristTenl leur établissement dans d'autres conti-ées.

Nous piivoiis juger sainement de cette dilférenee d'après les eircon.stances qui aecompgnèrcnt l’événement qui, le premier sans doute, lit cpi’iin Grec vécut an milieu des Ëlrusques. Tout le monde comprend cju'il s'agit ici de l’arrivée de Déinarate, et de son établissement à Tarquinies. Démarale était riiérilierdc la race royale des Baccliiadcs de Corinthe; ceux-ci ayant été renversés par les Cypsélides, Démarate s’enfuit jusque sur les côtes de la Tjrrliéiiie (a). Celle fuite eut-elle lieu sur des vaisseaux grecs ou sur des vaisseaux tyrrbéniens? c'cst ce que nous ne savons ps; mais il est certain que l'Ëti urie pssédait dè.s loi-s une mai ine puissante, et que les corsaires lyrrhéniens infestaient les mers de la Gicee, ainsi ipi'oii en put juger pr l'hymne homérique à Barcliiis (’v).

(a^ Pim*. it,ijf 4i Oiiinys. Hiilicani. Ant.

Rôtit. III, .(^i.

(3) Vers. :

...... àr» vii's;

A«î9Tflil jr&oyréovr-s «.mrr* nsvTO»

Tvj}9iovoi....

A L’ÉTUDE DES VASES PEUSTS. Üi

Dans l'hypolLèse qui fiiisall desremire les Étrusques de la Rliétie, la rréalion de la marine tyrrhciiieiiiie était un fait diflicilc à expliquer ; mais depuis que la découverte d’un grand nombiede monuments, évidemment exécutés sous riniluencedii goAt asiatique, amis à peuples hors de doute l’origine lydienne des Étrusques, on c.-omprend sans peine qu’une émigration, qui n’nvait pu se faire que par les voies maritimes, ait immédiatement donné lieu à l’établissement et à rentretien d’une marine. On sera conduit même à admettre que les Étrusques, grâce à leurs vaisseaux , n’avaient pas cessé de correspondre avec leur patrie originaire, et l'on s’expliquera mieux ainsi cette forte couche asiatique qui fait le fond de toutes les antiquités de l’Étrurie.

Cependant Démaratc, quoique fugitif, fut bien accueilli par les Étrusques; il avait conservé, dans sa mauvaise fortune, un cortège considérable; des hommes habiles dans l'art de la statuaire et de la peinture raccompagnaient. Son iniluence sur sa nouvelle patrie fut grande et décisive. Tacite (i) a même été jusqu'il dire que l’alphalict étrns{|uc dérivait de l’alphabet grec apporté par Démaratc en Ëtriirie. Dans un Ir.avail encore inédit, nous nous sommes attaché à étudier les éléments originaires de l’alphabet étrusque, et nous sommes arrivé à cette conclusion, qu’on ne pouvait rien adirmer d’absolu sur la question de savoir si les Étrusques avaient formé directement , comme les Grecs, leur écriture d’après celle des Phéniciens, ou si elle leur était parvenue par l’intermédiaire des Grecs. Quelques-uns des caractères étrusijucs paraissent avoir conservé, plus directement que ceux des Grecs, la physionomie phénicienne; d'autres semblent témoigner d’une modilication intermédiaire due à rinlervcntion des Hellènes.

Le résultat de ces observations indiijuc peut-être dans quelle proportion il faut admettre le témoignage de Tacite : Démaratc, en important l’alphabet grec en Klrurie, aura renouvelé l’écriture que les Étrus<jues tenaient déjà des Pheniciens; et c’est ainsi, en général, qu'il faut juger l’eU’et produit par le contact des Grecs avec les Étrusques : les souvenirs asiatiques conservèrent leur empire; ils ne permirent point que la nationalité étrusque fût complètement absorbée par l’iiilluence grecque; mais le fonds plus riche, plus vivant, plus séduisant de l’hellénisme n’eu parut pas moins, pendant longtemps, tout elfarer, tout absorber, dans les domaines de l’imagination et du goût. La discipline religieuse, la science secrète des Étrusques ne reçurent point d’atteinte ; mais l’Olympe grec fit irruption dans Part, et mit dans l'ombre les divinités

(i) Annnl. XI , l4>

62 ÜNTRODL'CTION

nationales. L’aristocratie étrusque maintint ses pririirges et sa puissante organisation : ce qu’il y avait de libéral et de populaire dans les institutions de la (îrèce, les jeux publics, les exercices du gymnase, les habitudes de l’adora ne se naturaliscrciit pas eu Ëtrurie ; mais ou prit à la Grèce tout ce qui pouvait charmer les sens et augmeiiler l'attrait des plaisirs : les festins et les fetes de l’Étruric s’enrichirent de mille emprunts faits au pur hellénisme. Les Étrusques, sans se faire grecs, devinrent véritablement plùlheltènes.

Deux faits successifs, et d’un caractère opposé, montrent dans quelle pioportion s’était faite l’ailianoc de l’élément grec et de l’élément étruscjuc. Uéroaratc n’avait pu entrer dans les rangs de l'aristocratie toscane sans renoncer à sa nationalité; dès la secoiHle génération, les noms d’Aruns et de Luciimon(i), (|iii apparaissent dans la famille, sembleraient faire entendre que toute trace hellénique en avait disparu ; cependant plus de quatre-vingts ans après l’aiTiiée de Démaralecii Italie, nous voyons Tartpiin le Supcibe, son descendant direct, quand il cul renoncé délinilivement à rentrer dans Rome, chercher une retraite, non parmi les Étrusques, mais à Cumes, au milieu des Grecs, auprès du tyran Aristüdèmc (a) ; comment s’expliquer complètement les motifs d'une telle détermination, .si l'on n'admet pas que la manière de vivre des Grecs avait un charme particulier pour un homme dégoAté des affaires et habitué aux jouissances du luxe?

La révolution qui substitua les Cypsélides aux Racchi.ndes eut lieu 58i ans avant notre ère; il faut placer iimmsliatemcnt ensuite rétablissement de Déinarate en Étrurie. Celui-ci n'introduisit pas le système monétaire des Grecs dans sa nouvelle patrie; pour produire ce résultat, il eût fallu que Démaratc fondfit un gouvernement grec en Étrurie, ce qui n’cul pas lieu, et qu'il intro diiisit en même temps dans le pays deux éléments qui n'y existaient sans doute pas, l'abondance des métaux précieux et l'activité commerciale; on peut croire, en elfet, que la piraterie si active des Étrusques portait beaucoup plus sur les hommes que sur les marchandises. Nous ne possédons d’niileuis aucun monument monétaire de l'Étrurle qui puisse remonter à une époque aussi reculée.

Mais, sous l'inlluence de Démaratc, les autres applicatioiis de l’art du dessin .se naturalisè'rent rapidement en Étrurie : en premier lieu, il faut placer tout ce qui tient à la céramique. Ceux qui ont étudié jusqu'à ce jour la question de

(i) T. l.iv. I, 34. (a) T. Lit. Il, ai.

l'origine lies vases de Vuici n'ont pas fait une attention suffisante h la liaison intime qui existe entre la céramograpbie et l'art de moilcler en terre cuite de grandes lignres, art dans lequel les Ètrusijues excellèixnit, suivant le léraoignage unanime des anciens (i). I..a base de ces deux arts est cependant la mt'me; c’est raijondancc et la bonne qualité de l’argile tpii en favorisent le dévcloppeineiit. Il faut donc admettre que, parmi les procédés déjà usités dans la Grèce et importés par Démarate, cciix-là prévalurent dont le pays fournissait abondamment la matière premièi'e. On dut exécutera cette é[io<{ue, et particulièrementà Tarquinies, un gi-and nombi'e de vases dans le style qui dominait alors en Grèce, et particulièrement à Corinthe; et tel est, en elfet, le caractère ipic nous retrouvons sur la plupart des vases diVvuiverts à Tarquinies, soit que ces monuments appartiennent à des temps voisins de l'aiTivée de Démarate, soit que dans un pays comme l'Ëtrui ie, où n’existait pas le vrai monvement des arts, les modèles laissés dans l’origine par les artistes grecs aient continué d'étre religieusement reproduits.

Cependant, sans de nouveaux rapports avec la Grèce, sans une nouvelle tv. fmimpttlsion, le llambeaii de l'hellénisme aurait fini par s'éteindre en Ëtrnrie.

Aussi, dans la pénurie où nous sommes de renseignements suivis et ciroonstancic’s sur l'hisloirc des Étrusques, devons-nous recueillir avec soin tous les

timeAvecIn

faits qui nous font voir cette nation dans un contact de plus en plus fréquent Nirilira. avec les Gi ccs.

I..6 résultat que d^ rapports pacifiques n’avaient point amené, la guerre sc chargea de l’accomplir. Tant que les Tyrrhéniens avaient tenu sans partage l'empire des mers, ils n’avaient d& considérer les autres peuples que comme une proie toujours prête, et la disposition où ils étaient alors n’était sans doute point celle où la guerre devient un véhicule de la civUiaation.

Les premiers ennemis sérieux contre lesquels les Ëtrusi]ues eurent à combattre furent les Carthaginois, qui, vers le milieu du vt' siècle avant notre ère,

|>ar conséquent fort peu de temps après rétablissement de Démaiate à Tarquinies, tentèrent de s’emparer de la Saixiaigne, à la porte même de l’Étruric.

Cette entreprise, longtemps entravée par les Tyrrhéniens, fut enfin accomplie peu d'années avant la bataille de Marathon (a).

En même temps, la marine des Grecs commençait à se montrer plut puis-

(i) Plin. H- N-, XXXV, 12,45. Praterea (2} Joitin. XIX, 1; K. O. Müller , Die elaboratam hanr artem /laiittf et masime Plru~ StrueJter, BU I, S. i85. rite.

Digiîizüd by Go^ oit:

.•.ante clans les mers de l'Ilalie. Au commencement du \* siècle avant noli'C ère, Aiiaxilas, tyran de Rlicginm, clicrcliait a leur fermer le détroit de Messine (i). Kn 480 , la double victoire des Athéniens, à Salamine, sur les Perses, et de Gélon, roi de Syracuse, n Himère, sur les Carthaginois, détermina l'ascendant et l’Impulsion générale de l'helléiiisme. Aussi vit-on, en /172, lliéron, frère de Gélon, paraître en souverain dans la mer Tyrrhénienne, et sa Hotte remporter une victoire signaice sur celle des Ëtrusqiies, auprès de Cumcs(a). La guerre commencée sous d'aussi heureux auspices fut continuée avec succès, et en 4o4> ^ l'épocjuc la plus llorissanle de l'admlnistiation de Périciès, les Syracusains, aiin de réprimer déGnItivement les pirateries des Étrusejues, avaient fait la ixniquétc de nie d’Elbe, située précisc'meiit en face de Populonia, le centre le plus im- (xvrtantde la marine des Étrusques (3).

Di‘s loi-s la prépondéianec de l’clcmcnt hcllcuiquc ne rencontre plus d’obstacle, elles Étrusques, pour se maintenir dans une situation tolérable, attaejués qu’ils sont d’ailleurs par les Gaidois an nord, les Samnites nu sud , et 1rs Romains au c:cnlre de leur empire, sont réduits, ou à pioliter des dissensions Intériemrs des Grecs, ou à olFrir, dans les moments de pch ll, leur appui à l'hellénisme. C'est ainsi que nous les voyons, eii4i6, soutenir les Athéniens dans leur entreprise contre Syracusc(4) , et un siècle plus tard , en 3oG, à une épocpic où sans doute le souvenir des anciens griefs de la marine étrusque contre les Syracusains s’était elfacé et où d'ailleurs la puissance croissante des Carthaginois liguait les peuples de l'Italie dans une crainte commune, les Étrusques envoyer une Hutte au secours d’Agathocle, assiégé dans sa capitale par 1rs forces pmii- (|ues(5). Dans l'intervalle pourtant, en 386, Uenys l’ancien, en brûlant Pyrgi, le port de Caere, avait fait rudement expier encore une fois aux Étrusques leurs anciennes pirateries (6).

Tous les faits que nous venons de rappeler sont d'autant plus précieux <pi’ils tombent tous dans la période où la plupart des vases découvcils en Ëtrnrie

(1) Strab. VI, p. aS7.

(a) Diod. XI, 4i; Piad. Pyth.^ I , 7 a, cd.

Korckti. Un casque de bronze consacré à celle (.cension por Hiérun b Jiipticr Olvuipien existe dans le Musée Drilanoîquc. Rocckb , Corpus htscr. grtte., t. 1, p- 34, n® ( 6 . A la même é'pssque , Uirrun furtiGa l’ile de Prothyti , aupiurd’bui Procida. Strab. V, p. o47s a4b.

(3) niod, XI, 88.

(4) Thocyd. VI, 88, io3 ; Vil, 53 , 54, 57 .

(5) Diud. XX, Cl.

(6) Ps. Arislol. OEconum.t II, 10 ; DIodor.

XV, 14 , et les autres autorités rasscmbltVs par K. O. MüUcr, Die Eirutker, Bd. 1, S. ic}8, D. 3i.

■ Digitizecfby Go'ôg^[e

A L’ÉTUDE DES VASES PEl.VTS. C5

tmt élë nécessairement exéculés, soit <(u’oii les ait importés des fabriipies greerjues à Vulci, soit (ju’il ait existe dans cette ville une fabri(|ue de poterie greccpie.

Or, si les circonstances qui nous montrent une si permanente hostilité entre les Étrusques et les Grecs semblent peu favorables à l'action régulièi'C et multiple du commerce, il n'en est certainement pas de même de l'inlluence des Grecs sur un peuple qui , Itabitué à les considérer comme des maîtres dans tous les arts agri'ebles, subissait chaque jour davantage leur ascendant politique.

Cet état de soumission et presque d’enchantement moral ne se bornait pas Y- P'"d’ailleurs aux Étrustpies; il s’étendait à toute l'Italie mojenne, si nous en jugeons rHclli<«>tiiir par ce qui arriva dans Rome, un an apres la conquête de l’ile d’Elbe par les’„,ji„,. Syracusains, quand le peuple soumit a l’examen des Athéniens le code des lois qu’il voulait se donner.

Cette dernière circonstance nous nippclle rét.at de trouble dans lequel se trouvait aloia la République romaine par suite de la discorde qui s’était établie entre les patriciens et les plébéiens. Sans doute ces dissensions avaient commence* avant les événemenisqui dchîuplèi-ent tout d’un coup l’ascendant extérieur de la Grèce; le peuple se retira, en 4gt, sur le Mont Sacré; mais l'-accroissemcnt prodigieux du pouvoir populaire à Rome coïncide d’une manière trop frappante avec l’éclat que jeta la démocratie alhénieuiie sous le gouvernement de Périclès, pour que nous consentions à considérer ces deux faits comme étrangers l’un à l’autre. C’est qu’avec les idé«s de la civili.sation , avec la séduction de l’art, l’esprit grec propageait partout la passion du gouvernement populaire : après la mort d Ilicron , la démocratie fut souv craine à Syracuse ; dans le même temps, elle s’établit à Rome comme un pouvoir rival de l’arisloci atie.

Un ébraidement si général pouvait-il rester étranger à l'Étrurle’? Sans doute vi.

7, * . . iLieprnumrr

un Ignore presque entièi'ement ce qui a pu se rapporter à la lutte des classes dans a» cette partie de l'Italie : ce n’est qu’après la soumission générale du pays aux Romains que nous voyons éclater la haine qu’une longue serv itude avait conl enti-ée dans les rangs inférieurs du peuple (i), et, si nous nous en rapportons à la physionomie extérieure de l'histoire, nous devons penser que la prépondérance de l’aristocratie étrusque $e maintint, sans lutte violente, tant que les populations delà Toscane formèrent un corps de nation indépendant.

( i) Voir daiiR Tit.«Liv. [XV, » >5; Wl, U< rrrtt lu révolu* dev esrlam à Vul»iiiiua).

G(i INTRODUCTION

Mais pour cuiiserver une telle suprématie, la force ne suffisait certainement pas aux Luciimons : si les niasses inférieures n'avaient pas été l'objet de faveurs jurticulières, leur longue soumissiou présenterait dans rhistoirc une énigme insoluble Or, on doit rappeler ici que, suivant l'opinion la plus confoiine à toutes les vraisemblances historiques, la masse soumise aux Liicumons d'origine lydienne se composait des anciens l’élasges-Tyrrhéniens, peuple étroitement apparente avec les Hellènes, (|ui leur ressemblait pour le foml <le la langue, la religion, les mcpiirs , l'aptitude et l’organisation intellectuelle. Cette classe la plus nombreuse avait dû conquérir des richesses et un certain ascendant par suite du développement de la marine: elle remplissait certainement les Hottes, et les capitaines qui consentaient à courir pour le compte des Lucuinons, après des expéditions fructueuses, ne devaient pas se trouver au retour sur le même pied qu'avant le départ. C'était chez les individus de race péla»gique que les idées importées de la Gièce devaient rencontrer le plus de faveur, et quand l’ai islocratic se montrait disposée h adopter les usages et à honorer les arts helléniques, une telle conduite contribuait sans doute à la populariser aiiprès des Pélasges-Tyrrhéniens.

On voit donc que tout n'est pas à i-ejeter dans le système de M. Millingen, si maltraité par la plupart des archéologues, et que, si la partie de la population qui possédait en Étrurie la suprématie politique était étrangère à la Gièce par son origine et ses prétentions nobiliaires, il n’en était pas de même des classes inférieures que plus d’un lien naturel rattachait à la population grecque. Ces artistes qui importaient riielléidsme, en conquérant la protection des grands, étaient assurés d'avance de la sympathie et, ju.S(|u'i( un certain point, de In coopération des petits.

vil. Lo Toutes ce* causes nous permettent de prolonger l’époejne de l’inlluence hellénique en Ëtrui ie, que nous ouvrons à l'arrivée de Démarate, vers 58:> avant Kiriirie. In- notre èic, jusqu'à des temps contemporains de la glande lutte de rÉlrinie iiqar. in. coiitie Romc. Tiois .'igcs bien distincts, l'asiatique, le grec et le romain, se révèlent à nos yeux dans les productions de l'Élruric. C’ftge asiatique est celui on les Élrusijues, encore peu éloignés de leur berceau lydien et continuant sans doute d'entretenir des rapport* avec la partie du monde dont ils étaient sortis, fondaient péniblement, sans guide et sans lois, un art d'une extrême imperfection, mais où rempreinte de* idées émanecs de l’Asie s'est gravée d’une manière iiudlacable.

Aiitniit ({lie nous en pouvons jii'^er par les reiuxxilres d'objets disparates (|iii se trouvent ii la fuit dans les mêmes tombeaux , l'aristocratie des Lucumons ne renonça jamais complètement .à ces traditions patriotiques : on {;aixla avec soin dans les familles les objets exécutés sous rintlaence asiatique, objets parmi les- <|uels il s'en trouvait peut-être qui avaient été apportés de l'Asie lors de la grande (nigratioii de Lydie en Toscane, ou qui plus lard, par les voies pi-écédemment indiquées, avaient passé de l’Asie dans la Péninsule Itali([iie (i).

On continua même, par esprit de tradition et d’imitation, d'exécuter des objets semblables ii une épo<{ue où dorainaieiil d’autres iiitlueiicrs , et ce ii'esl pas une vaine conjecture que celle qui place à Cliisium le ceuli-c ilorissant de cette industrie, quand déjà depuis longtemps l'art grec régnait plus près de la cé>te, à Tarquinies et à Videi. Notre jugement hésite devant les objets de goût asiatique (jiie l’on découvre en Êtrurie : nous ne pouvons distinguer ceux ejui appartiennent réellement à répo<}ue primitive des produits d’imitation fabrûptés à une époque comparativement plus récente : mais cette incertitude ne • peut nous empêcher d’assigner soii caractère distinctif an premier âge

qui en délinilive a produit toute une classe de monuments, soit directement avant l’arrivée de Démarate, soit depuis üémarale, par suite de l’inllucnco (|ue les anciennes idées avaient conservée en dépit du progrès de l’hellénisme.

Le second âge, celui de l’inlluence grectpie, est le plus important pour le sujet qui nous occupe; il comprend deux siècles, depuis l’arrivée de Démarate à Tarquinies jusqu’à la prise de Home par les Gaulois. Pendant ce long espace de temps, l’élément étrusque ne s’abandonna pas tout entier à la* mode étrangère : nous venons de voir que l’art asiaticpie avait continué de vivre, dans sa rudesse et dans son imperfection , à côté de l'art perfectionné de la Grè<%. La tradition nationale de l’aristocratie, la discipline religieuse et scienlllique sur laquelle sa suprématie était basée, eidin les privilèges de rai* <jui étaient la règle du gouvernement, n’ayant reçu aucune atteinte, on conçoit (jue l’hellénisme n’ait altéré ni la langue qui servait d’interprète à ces traditions, ni l’rériture instrument de cette langue. Ainsi on ne s’étonnera plus de ne point trouver

(i) Dadi le çrand tombeau de C«rc , déroo- juin « i&4*^s p* 354 Witte* Bull, de

vert eu i836, on n’a trouvé aucun mouumeiit FÂcodémU royaU de Bruxelles, t XI » part, i« qui porte l'rfnprrintc de l’art kellénique; tout p? ^46. On peut en conséquence re^rder ee aecuae dans le travail des bromes et des objets tombeau comme remonlniU à une époque autéd’orfèvrerie une iofluence purement asiatique* Heure à l’arrivée de Démarate à Tarquiot'es. Vttyf* Raoul Rwhelle, Journal des Sai'Unts , •

il'iiiscriptiüns giTcques en Élrurie : on regarder» paéme comme forl naliirel que les tombeaux dans lesquels ont été découverts les vases grecs ii’oHrcnt sur leur façade, sur les pyramides qui les recouvrent, et dans la décoration de leurs parois intérieures , que des inscriptions ctrustjues.

Maisque les Ëtrusqucs tpii repoussaient le grec, pour tout ce qui concernait l'état et la famille, aient accueilli avec passion, comme objets d'art , comme monuments d'une civilisation attrayante, les productions liellcniqiies; qu’ils aient favorisé parmi eux l’élablissement d'artistes capables de les multiplier en leur faveur, il n'y a rien là ()ue de très-naturel et irenlièrement conforme aux observations ({ue l'ensemble de l'histoire tyrrhciiienne nous a jusipi’à présent fournies.

VIII A cs^ ici le lieu de lépondre à la question posée si souvent jusqu'à ce jour, et ® *i vainement tâché de rcsondie. A quelles conditions les artistes grecs ''T*l 6"” travaillaient-ils pour les Etrusrjues? Nous craignons beaucoup qu'en s’exaltant vaille pour sur le caractèie de liberté et d'indépendance inhérent à l’art hellénique, on n'ait .|M««? ajouté une difficulté chimérique à un problème déjà si compliqué et si obscur.

A quoi bon en cllet cette condition de l’/so/W/t/V (i), c’est-à-dire de l’égalité des droits enire les Ëirusques et les Grecs établis au milieu d'eux'/ Est-ce que les artistes grecs n’étaient pas habitués, même à la plus brillante épo<|ae de l'indépendance hellénique, à travailler pour des inaiires? D’abord on ne doit pus confondre le foyer central auquel la liberté politique était nécessaire pour que l’inspiration filt incessamment activée, avec les ramifications innombrables qui, au milieu des inlluences et des entraves les plus diverses, subis-sjiient l'impulsion communiquée par le centre. Puis il faut reconnaitre, dans le foyer même de la liberté et de l’inspiration, l’existence d’un sentiment tpii, partant d’une république limitée, toujours génée dans ses finances et déchirée par les factions, se portait avec une disposition admirative et respectueuse sur les grandes monarchies, types de l’ordre, de la richesse et de l'autorité.

Qu'on juge par la lecture d’Hérodote de combien peu il s'en fallut que la Grèce n’acccptàt, comme un résultat avantageux pour tous, la suprématie politique du Grand lioi , et l’on admettra que, dans l’esprit de la plupart des Grecs, il y avait une capitulation toute préparée entre la passionde la liberté et une déférence intéressée envers la tyrannie. Cela estsi vrai, que la destruction du pres-

(i) Cf. Gcrhsf J , Rnpp. é'sfv. , n. p6ti^ Welrkvr, Rheinisdiei Mustttm /ûr ^ Btt

1 , y 833, S. 3.f i . Voir plus haut , p. il.

A LÉTUDE DES VASES PEINTS, lige de la toute-puiuance du roi de Perse ii'altéra (|ue fort peu le seulinicnt qui luttait dans le cœur des Grecs contre l'instinct de la liberlr. On savait alors à quel point le grand corps asiatique était vulnérable; inai.s on avait fait une cruelle expérience de la démocratie, et la plupart des lionnnes supérieurs en étaient dégoûtés. Xénoplioii , qui avait fait le mieux toucher au doigt la nature du mal qui minait le colosse et le précipitait vers sa ruine, n'en faisjiit pus moins du fondateur de la monarchie des Perses le héros d'un livre dans le<[uel il exalte sans cesse le despotisme aux dépens du gouvernement démocratique de son pays. Que l'admiration si naturelle et si vive que nous éprouvons pour la Grèce et pour ses artistes en porticulier ne nous entraîne donc pas h des illusions romanesques! Ne supposons pas un graveur de méilaillesou un peintre de vases plus difficile dans les comlitions de son établissement auprès d'un Lucumoii étrusque que ne fut Tbémistocle cher. Xerxès, Agésilas chez Inarus, Euripide chez Archélaüs, ou Platon chez Denys!

Car enfin, de ce que les rois de Macédoine ou d'Épii-e, les tyrans de Syracuse et d'Agrigcnte étaient Hellènes de race et de langue, il ne s’ensuit pas qu'on vécût auprès d’eux avec plus de garanties pour la conservation de la liberté, de la fortune et de la vie, que dans le palais d’un loi de Perse ou dans le camp d'un’ Scythe : l’histniie est là pour faire voir s'il y a de l'exagération dans notre langage. Ce n'est pas seulement parce que la satisfaction de vivie en pur hellénisme faisait pas.ser condamnation sur le teste que les artistes et les poètes affluaient à la cour des tyrans, c’est (tranchons le mot) parce qu’ils y étaient mieux payés que dans les républiques; or, il y avait un grand profit à vivre auprès des Barbares qui subissaient l’inlluence de l'hellénisme. Isocrate mourut de douleur en apprenant la chute de l’indépendance hellénique à Chéronée; et quarante ans auparavant la même plume qui fit le panégyrique d’Athènes avait écrit l'éloge du despote Ëvaguras.

La preuve que les artistes grecs d’un mérite éminent ont m'is leur talent au service, non-seulement des Étrusques, mais des Perses, des Scythes, des Carthaginois et d’aptres Barbares, existe sur une foule de monuments. A peine l'art grec commence-t-il à sortir des langes de sa longue enfance, dès avant la lutte contre les Pcr.sc.s, nous voyons avec étonnement que les médailles des l ois de Macédoine sont les mieux gravées, les plus pures et les plus avancées sous le rappoi t de l'art : c'est que l’ouverture des mines d’argent du mont Pangée avait fait des rois de Macédoine les princes les plus riches de l’Europe : les artistes

qui leur louaient leur talent ne s’inquiétaient guère des garanlics constàtuiionnelUs, comme nous dirions aujourd'hui , qui existaient ou n’exislaieut pas dans leurs royaumes. I.a suite monétaire des rois de Perse nous montre un certain nombre de beaux ouvrages exécutés certainement perdes Grecs, sans doute pur ceux de l'Ionie , alors esclave.

Les antiquités grecques qui ont été découvertes depuis quelques années sur le sol et aux environs de Patiticapée jettent un grand jour sur cette question ; à leur aspect, on reste convaincu que non-seulement les artistes athéniens établis aux environs du Bosphore Cimmérieii étaient en rapport avec les rois scythes et sarmates du voisinage, mais encore que quelques-uns d'entre eux étaient entrés au service de ces princes, et mettaient pour eux en œuvre les masses d’or que leur fournissaient les pentes de l’Oural.

Quelque chose de non moins important dans ce genre nous est fourni par 1rs iiombreiises et belles médailles qui furent frappées, soit dans les villes de la Sicile qui étaient tombées au pouvoir de Carthage, soit même, s'il faut s'en rapporter à l'ingénieuse interprétation lécemment donnée d’une légende punique frécpieramenl inscrite sur ces monnaies, dans les camps des Carthaginois (i). Certes, l'art grec n’avait rien perdu de sa puissance et de sa délicatesse pour s'ëtrc mis au service de ces Barbares, et si les inscriptions ne distinguaient pas les monnaies fiappées dans les villes grecques de celles qui furent alors exécutées pour les généraux de l’armée panique, nous n'aurions aucun moyen de démêler les productions de l'art libre d'avec les œuvres de l’art asservi.

Cette action du reste ne se borna point à la Sicile : les Carthaginois qui , dans leurs rapports avec les Grecs, s’étaieiit habitués à faire usage de monnaies, transportèrent sur le solde l'Afrique un art qui, sous leur domination , avait donné dans la Sicile de si roagniiiques produits. Le soufile de l'iirspiration grecque s’ab faiblit à Carthage, sans pourtant s’éteindre tout à fait: le style des monnaies happées dans cette ville a une roideur, une austérité qui les fait rcconnaitre au premier coup d’œil et rappelle les pi-oductions de l’ancien style: phénomène extraonlinaire au premier abord , mais qui se retrouve en Espagne , en Gaule , ilniis le Samnium pendant la Guerre Sociale, à Rome sous la République , partout enlin où l’hellénisme a poussé des rejetons, qui pendant quelques générations ont vécu déLaché-s du sol de In mère patrie. Cette dernière observation

(i) Vttir de Saulvy, Wémoire ttir ta Atamis- rr.f fie V fteartémie riea fneenftUtntf , l. Jt'", matiffue paai^ue , p. itl, rxlrsil des Mémot- »' purtie.

UC sera pas perdue pour iioli-e étude spéciale de t’influcuce grecque sur les ÉitruK|iies.

Et , eu effet, raalgi'é la quantité de rases découverts à Vuici, nous ii'avuiis pas ix. iiut* lieu de croire que la fabrique locale y ait duré fort longtemps. Ou a trouvé sur ces inoiiiimciits les noms de trente à quarante artistes, soit peintres, soit potiers : beaucoup de vases, sans noms d'artistes, ont été évidemment fabriques par ceux que nous connaissons ou sous leur dii-cction immédiate. Nous n'avons pas été assez heureux pour étudier toute ensemble la plus grande partie des vases découverts à Vuici : mais si nous pouvons prendre confiance dans le résultat des observations isolées et successives qu’il nous a été donné de faire , la fabrique de Vuici n'a pas dù compter en tout plus de soixante artistes. Entre les temps où llorissait la colonie amenée par Démnrate et ceux où une école de cernmographie s'établit à Vuici , il dut exister une lacune plus ou moins longue: car riivpothèse suivant laquelle les artistes de Vuici auraient été élèves de ceux de Tarquinies semble démentie par le nombre des peintures sur les<|uelles on trouve le reflet des grandes inspirations du style de Phidias. Si , en plein hellénisme, et il côté des chefs-d'œuvre que prorluisait l’école attique, lesÉginèles restèrent Gdèles à leurs traditions archaïques, à plus forte raison la primitive école de l'Étrnrie, dans le cas où elle se serait perpétuée de génération en génération, aurait continué de leproduire les types originaires. L’imitation du style ancien qui a exercé son influence sur tous les pays grecs n’a nulle part eu pins de faveur qu’en Ëlnirie : nous en avons déjà fourni des preuves, et nous y reviendrons plus tard tout au long.

Mais, d’un autre côté, comme il nous est impossible de rattacher à un fait, à une épotjue déterminée, l’établissement à Vuici des Grecs disciples de Polvgnote et de Phidias, il nous faut bien , en combinant avec les données historiques celles qui résultent de l’observation des monuments, estimer approximativement l’époque h laquelle dut avoir lieu cette reprise de l’ai t grec en É.truric. En choisissant pour point de départ la date de la conquête de l'ile d'Elbe par les Syracusains (454), nous ne courons pas risque de nous égarer beau- . •'•■i

coup. Delà justju’au jour où les Romains triomphèrent de Vuici vaincue, il ‘ '

s'écoula cent soixante tpinze ans ; c'est trop sans doute pour le développement et la durée de l’école de Vuici ; mais nous cchap|>eit)ns peut-être à cette difficulté en admettant, sous bénéfice d’intei-prétation, une partie de l'opinion deM. Millingen, suivant laquelle les Étrusque* auraient placé dans leurs tombeaux des

.X. I*utir- <(Uoi OD ne trouve que <{e« tujel* i;ree« lur le* rj«e»

.le Viilei.

vases et d'autres monuments coiiscrvës dans tes familles et exécutés à des époques antérieures. Sans prétendre qu’il en soit de même de tous les tombeaux de Vuici, ce qui est bien loin de notre pensée, l'admission partielle de cette manière de voir expliquera naturellement certains faits qu'on a observés, sans ]X>uvoir en expliquer la cause autrement que par l'hypothèse de l'importation étrangère. Un certain nombre de vases de Vuici portent des marques de restauration faites avec des tenons de bronae, et d'une manière qui saute aux yeux(i). Si ces restaurations avaient été faites en fabrique, elles auraient cuquelquc chose de bien maladroit : si le commerce avait jeté des masses de vases sur les côtes de l’Ëtrurie, on ne conçoit pas comment les marchands auraient trouvé le placement de vases souvent ti-ès-médiocres, brisés en route, et dont les tessons auraleutété gimssièrcmcnt rapprochés. Mais du moment qu’on établit que ces inoniimcntssc transmirent pendant plusieurs générations dans les mêmes iàmilles; que la fabrique qui les produisait ayant cessé dans lé pays, des objets d’un mérite secondaire avaientau moins gagtré le prestige de rantiqullé; qu'à leur valeur comme objet d’art déjà ancien (a) s’était joint un prix d’aU'ection et de souvenir, ces restairratlons, avec leur maladiosse et leur évidetree, rr'urit plus rien que de très-natur-cl.

Les circonstances commencèrent à devenir graves et diOicilcs pour les Ëtrusques à partir des invasions gauloises et ries progrès de Rome signalés par- la prise de Yetes (Sqt). L’époriue florissante de la fabrique de Vuici, probablemerrt close par ces événements, n’airrait donc été que de soixante à soixante dix ait.nées : qtt’elle ait duré utr peu davantage, c'est là- une hypothèse contre laquelle on ite peut rien dire de solide, et qui, dans le fond, n'a pas grande importance : il nous suffira d’avoir déterminé l’épocjue féconde de la production.

Quelques personnes ont voulu tirer un argument, contre la fabrique locale de V uici, de ce que les sujets représentés sur les vases, étant exclusivement grecs, ne pouvaient intéresser les Étrusques. Si ceux-ci avaient commandé des vases, a-t-on dit, ils auraient exigé que leurs tiaditions nationales y tinssent une place plus importante. Nous examinerons de plus près cette objection , quand il nous faudi a étudier le caractèie spécialement nttique de la plupart des vases de Vuici.

(t) De WiUe, Cat. Durttrui, ii" 819 «( Cat.

ilruJ^ue , n“ 1 34 ' fif Gerhard , Austrtesene griechisrlu yasenbitder ^ Taf. CXI.V.

(a) 11 ne taul pss hicn longlrinps [wur que

des produilB d'un art hon d’usage conquièrent ce vernis d’anliqutlé : léinoin notre rjrr/x Séi‘rti qui n’a |nis jdiis de soîxanu nn.r et qii’oii paye ou poids de l’or.

Pour le moment , et en nous boni.'int à cetjiii concerne la condition des artistes grecs clicz les Étrusques , il nous semble <|u’on pcrtl de vue In position réciproque des peintres et de leurs patrons : d'inic part, les protecteurs, subissant une inllucnre supérieure, ne pouvaient guère dominer, dans In direction de leurs travaux, les aiiislcs qu'ils employaient : ceux-ci , de leur côté, auraient-ils eu la souplesse d'invention nécessaire pour se prêter aux idées particidicies de leurs maitres? La faculté de produire, cher, les Grecs, n’aurnil été ni si étendue, ni si sûre, si cliaciin avait eu la i-esponsabilité de scs oeuvres, non-seulement comme exécution, mais encoi'e comme idée. L’.aisaiicc avec laquelle, depuis (pie nous connaissons un plus gi and nombre de monuments , nous formons des séries entières sorties d’un seul et même modèle, est une preuve sans rcpllciuc de la place (pie l'imitation tenait dans la prati(pie des arts chez les Grecs, surtout si l'on songe (|ue cesmcxièlcs, incessamment reproduits, n’élaient sans doute eux-mémes la plupart du temps (pic des copies d'originaux célèbres, exécutés plus en grand et pour de plus liantes destinations. .Ainsi les Étru$(pies ne pouvaient songera impoær des sujets aux peintres (pi'ils employaient : et ces peintres auraient été la plupart (lu temps hors d'état de rendre les sujets (pi'on leur aurait imposés.

Nous savons, il est vrai, surtout par l'étude des médailles, (jne les artistes secondaires, ne se sentant pas capables d’approprier de nouveaux types à de nouvelles destinations, ne se faisaient aucun scrupule de détourner des ligures consacrées de leur application première : ils auraient pu ainsi composer des sujets étrusques en les accompagnant d’inscriptions dans la langue des inaitics (|ui les employaient. Mais alors les vases auraient cessé d’étre grecs, ce (pii (Hait l’objet le plus important. Quand on possixiait déjà un va.^e apporté d’Athènes ou de la .Sicile, on tenait à multiplier scs richesses en ce genre : ceux (pii n'avaient pas de vases exécutés en Grrée en demandaient des copies exactes aux artistes qu'ils employaient: de là le soin tout naturel, et d'ail leurs parfaitement d’accord avec leur inclination, (pic prenaient les peintres, de reproduire aussi exactement que possible, et jiis((u'aux moindres circonstances, les monuments exécutés dans la Grèce elle-même. Pour atteiiidie ce but, les inscriptions grecques étaient tout à fait nécessaires; c’était même ce qui donnait aux imitations une apparence d’originalité plus séduisante : aussi les inscriptions sont-elles plus fréquentes à Viilci (pie dans les pays purement grecs.

Peu nous importe après cela que les Étrusques aient plus ou moins bien compris ces inscriptions : d’abord elles étaient en général fort courtes, et

74 INTRODUCTlOîi

■i l'cxccplioii tics Iimombiahles KAAOS, elles se bornent prestjiie toutes au lium (le l'artiste on à celui des personnages représentes : l’alpliabet grec ne s’éloignait pas assez de rélrtistpic pour qu’il fût dilliclle à ((uelqu’un qui n’aurait pas su b; grec de se rendre compte de ces inscriptions. Le petit nombre de phrases un peu plus développées qui se rencontrent sur les vases, se compose de formules très-connues, et qu’il était aussi facile aux Étrusques d’appremirc et de répéter, t(u’il l’est aux Turcs de placer dans la conversation cescitations [jcrsanes, ‘partie essentielle du Ircau langage à Constantinople, et qu’aucun homme bien élevé ne doit ignorer, même quand il ne sait p;is d’ailleurs les premières règles du persan. Il faut renoncer à comprendre la question qui nous occupe, si l’on n’y concède à la nu>de une trèrs-grande place : nous verrons plus Iws que cette place est en elict très-considérable.

Nous ne négligerons pas non plus de faire remarquer que la fiibrication des vases grecs étant une opération tout à (ait délicate, qui exigeait une adresse remarquable , une grande habitude et par conséquent une éducation spi-ciale; les artistes (jui employaient ce procédé devaient se le réserver comme un secret, et par conséquent conserver dans l'exécution de leurs travaux plus d’indépendance (juc s’il s’était agi d’opérations d’une exécution plus facile. Nous deruns croire i|ue les Grecs n’avaieiit guère conlié leur secret aux Étrusejues, si nous en jugeons par les Imitations ctrus(jues des vases grecs qui sont parvenues jiistpi'à nous, quels que soient l’flge et l’origine de ces imitations (i). Quand au contraire il ne .s’agissait plus de cette industrie mystérieuse des vases, l’action des maitres se manifestait plus aisément au dehors, et les Grecs faisaient moins dedillicultcs à SC donner des élèves étrusques , et à les associer à leurs travaux. De là le caractère mixte des bronzes, des peintures exécutées sur les murs, des sculptures et en général des travaux qui portant une empreinte plus décidément étrusrjuc, et montrant cette roideur, cette alfectation d’anatomie, cette pesanteur dans le galbe qui sont les signes distinctifs du style toscan, ne s’éloignent p>as assez cependant

étru&qucit. Voyez l(*s Monuments iHéiiits Je CInst, arch*, U II « p). YIll et IX. ^ou.« conv naissons aussi Jes exemples de vases étrus<{ues qni rcsscniblmt aux derniers produits de Taii hellénique dans la B«*tsilica(e. Voyez Cat. Du~ rond, n* 877 ; Micali, Monumenfi ineJiti a iU lustrât, délia, Çtoria de^li ant. pop. ///?/., lav. XXXVIII, I c a; Firenze, i844-

(1) £n général les vases imités par les Élrus* ques sont d’une terre moius bien préparée, d'une couverte moins brinnutc le dessin offre plus de rudesse, les inscriptions ^ecques (s’il s’en trouve) sont mal copiées, souvent inintelligibles, quelquefois même remplacées par des points.

Ceci s'oikierve surtout sur les vases à figures noiref. Les vases à figures jaunes ou rouges sont d’une teinte püle , plu-sieun ont des ioseripüons

Digitlzed by C

<le la source grectpie, pour qu’on en reporlc l'exécution à une époque diflérente <le celle des vases.

Ce caractère intermédiaire (qui du reste, comme on le verra plus lard, n'est pas tout à fait étranger aux vases) se montre plus mauilestement encore dans certains bijoux créés pour un usage tout national, cl surtout dans une série tellement dominante en Toscane cl si rare en Grèce (i) qu'on ne peut s’cmpt'i lier de la considérer comme principalement étrusque : nous voulons parler des scarabées de cornaline, d'agate ou de calcédoine sur le plat desquels on a gravé avec plus ou moins de soin un sujet, la plupart du temps rajlliologiquc.

Les inscriptions qui accompagnent ces sujets sont toujours étriiscjues , et cependant le travail en est souvent d’une fermeté rare et d'une grande pureté : ce sont là, en général , les productions les plus remarquables de l’art tyrrhénieii. Ces monuments, quelques bijoux admirables, des miroirs d’un travail également supv'-rieur, tels <pic celui de Phuphluns et de Semla (a) nous obligent à i-approclier sans interruption les travaux des Grecs en Etruric de ceux des artistes étrusques, et à faire remonter par conséquent leurs meilleurs ouvrages jusqu’au temps où les Grecs travaillaient cn Élruric. Ce rapprochement n’eut pas alors une inlluence ,

moins heureuse que, chez nous, sous le règne de François I*', l'association des maîtres italiens avec leurs disciples français. Nous sommes fiers avec i-aison do notre Jean Goujon, et pourtant cet habile sculpteur, le premicr .de notre renaissance au xvi* siècle, n’avait fait que transporter dans la statuaire le style des peintures du Primatice.

Deux causes principales durent limiter cette alliance de l’ait grec et de l'art -M. étrusque à un assez petit nombre d’années; d’abord le réveil des sentiments natio- siruir|u>. asnauxdans la Toscane pendant la lutte avec Rome, puis le cours que l'belléiiisme “'jj,”” ^ôîrë prit alors loin de l’Italie. Tant que les Etrusques avaient joui trànqiiillement de leurindépeiulaiice, ils s’étaient livrés sans scrupuleà tout l’attiait que leur inspirait un art étranger; mais du moment qu’il leur fallut défendre non-seulement leur liberté, mais encore leur existence comme nation, il sc manifesta un retour vers les traditions originaires et les vieilles coutumes, qui se montre dans tout ce <|ui nous est i-esté des productions étrusques du dernier âge. En général, on assigne pour époque à la majorité des pi-oductions de l'art étrusque le

(i) GeHiurd* Annales de CInst. arch,, IX, ( 2 ) Monuments inédits de Clnst, areh. 1, p. i44' A «jouter un seorabéo «le pl. LVI, A; Gerbard, Etruskischc Spiegelt

cornaline qui appartient i M. Geqrge Finla^. Taf. LXXXIII.

Bull, de F/nst. areh , l84o, p. i4o.

lemps qui s'cfcoula depuis la soumission des Étrusques aux Romains jusi|u'aux rvenemeuts qui , vers la fin de la République i-omainc, achevèient d'elîacer la dernière trace de rindépcndanceen Étrurie; mais toute distinction riijoureuse entre les productions de l'art étrusque, exécutées avant ou après rétablissement détinitif de la domination romninë dans le pays, est impossible à établir. Il en est des monuments comme des éeuvres littéraires : personne, jus(|n'icl, n'a pu dire si les vers yé.!ce///j<nj(i),qui étaient pour lesÉtrus(|uesce quelcsa/W/««e( étaient pour les Osques, doivent remonter jusqu’au temps de l'indépendauce nationale ou redescendre au-dessous. Vai ron ( 3 ) a cité des tragédies étrus<(ucs de Volnius ; mais on ne sait rien non plus sur le temps où ce poète aurait vécu. Tontes ces oljscurités, du reste, n’ont pas une importance capitale pour le but <|uc nous poursuivons. Nous avons distingué, parmi les monuments étrusques, ceux <jui peuvent être regardés comme contemporains des vases grecs exécutés dans la même eoiiti'ée, et ceux , au contraire, qui ont été exécutés très-longtemps après ; le débrouillement du surplus appartient à la ((uestion étrus<{ue proprement dite.

Si les préfci cnecs de l’esprit national , dont nous venons de rappeler les causes, n’avaient passuHi pour exiler l’art purement grec de l'Étrurie, la direction que prit riicllénisrae vers la fin du iv* siècle avant notre ère, aurait sulTi sans doute pour établir la séparation entre les Étrusques et les Grecs. On conuail le thème habituel des déclamations dans ranti({uité romaine, sur ce qui serait arrivé à Alexandre le Grand s’il avait dirigé vcrsTltalle le cours de ses entreprisr's. A en juger par la mauvaise fortuncd’.AIexandre d’ÉpIre et de Pyrrhus, l'Italie avait à opposer aux armées grecques îles oljslacles bien autrement sérieux qu’elles n'en rcnconti-aient en Asie. Sur une terre hérissée d’obstacles naturels, sans parler de Rome qui menaçait tout, se gioupaient des )x>pulations rudes et belliqueuses ; les guerriers du.Samnium , du Bruttlum et de la Lucanie auraleut fait chèrement payer lesentreprisesdirigées contre leur indépendance à toute autj'e pui-ssaneequ’à celle des Romains. Et d’ailleurs, quelle comparaison pouvait-il exister entre les trésors de l'Orient, si faciles à conquérir, et la pauvreté italiote, .si jalouse de sa lilierté’? Pyrrhus fut le dernier des Grecs qui nourrit l’espoir de triompher de l’Italie; après lui, Hannibal ne retrouva sur le sol de la Péninsule que des Gi'ccs ruinés, amollis et habitués à olrcir aux Romains. Pour soulever l’hellénisme contre Rome, il aurait fallu qu'IIannibal triomphât de cette fatale mollesse; il y

( 1 ) Serv. ati Virg. Æn. VII , 6ÿ5; Hornl. ( 3 ) De Ling.tat.^ V, 55, cj. MCitti-r.

Eptsi. 11 , 1 ,

A L’ÉTUUE DES VASES PEINTS, succoitba lui-même. Les con<|uêtcs d'Alexandre et plus taid son empire avec les monarchies qui en sortirent, absorbèrent toute l'aclivitc dont la Grèee était alors capable; aussi ne devons-nous pas nous étonner de voir, à dater de cettu époque , le Ilot de l’hellénisme s’éloigner tout à fait de contrées qui , comme l'Ëtrurie, n’avaient jamais qu’imparfaltcment participé à ses fécondes irrigations.

Il est làclieux, nous n'hésitons pas à en convenir, que pour étayer les indue- Xll. X'i>utions auxquelles nous avons dù avoir lecours en ce qui concerne la fabrique des 'û-eM' d'r'îâ vases grecs en Étrurie, nous n’ayons p.as en à notre disposition cette masse de monuments numismatiques qui, bien étudiée, jette un si grand jour sur les >cri« epnphases de l’art dans l'Italie méridionale; mais un a vu précédemment que, parmi monnaie <l> lésas étrusques, ceux dont l'attribution ne peut donner lieu à aucune incertitude doivent être postérieurs à l’époque des vases; ceux, au contraire, qui semblent plus anciens , sont si obscurs ou si indilTérenls sous le rapport de l’art , qu’on ne saurait en tirer aucun profit. Nous sommes donc réduits à la série des pièces d’argent de Populonia, dont l'ensemble et les détails n’ont rien qui ne se rapporte exactement aux remarques que nous avons faites sur les époques et le caractère de l’art en Étrurie.

D’abord la monnaie île Populonia constitue un système à part dont les auteius ont voulu imprimer à leur œuvre un c.vractère distinct, et qui pourtant ne dillêre pas du système hellénique dans ce qu’il a de plus essentiel, l’unité monétaire : c’est la drachme qui en est la base, avec de très-légères variations dans le poids, qui s’acixirdent avec les variations de la fabrique ellc-mcine.

Nous distinguons dans la sérielle Populonia trois époques: i* celle des monnaies sans inscriptions : il n’y en a que deux tic connues jusqu’à ce jour, la première à Paris, et la .seconde à Florence; l'une représentant un sanglier, l’autre un lion , avec le revers plat^et sans aucune trace d’ornement (i). Le style de ces monnaies est ancien, mais (brl soigné; le poids est exactement celui de deux des didr.ichmcs du système incus, frappés dans la Grande Grèce. Selon toute probabilité, ces tétradrachmes ont été exécutés dans la première moltiédu v'siècle avant notre ère, c’est-à-dire à l’époque où les poursuites de la marine giecque interrompirent les pirateries desTyrrhéniens et les obligèrent à cheielier dans le commerce des Isénéfices plus légitimes. L’intention de se distinguer des Grecs par la physionomie extérieure de la pièce, indique la vanité nationale des Étrusque;,; mais au

(i) Millingt'n, Considiratiùns sur ht Numis^ Supp. pl. I, n** 1 1 ; Mionnet, Suppl. I, p. stoo» maiiqtte de rancienne Ilalie, p. 164 et iG 5 , et n* 1^; khtkenj Mt(ltlitalien,'r»S. t uoJ 2,

fond ce!> pièces sont fabri(|uèes de manière à èti'e admises dans la circulation du commerce grec; et quant à l’absence d’inscriptions, elle est conforme à ce qui se passait aloi-s commmirmenl dans les ateliers du mont Pangée , les plus féconds de cette époque en émission de monnaies d’argent.

a* La seconde époque est celle des tridi'aclimes et des drndimcs, les uns avec la tête de Vulcaiii , les autres avec celle de Mercure, et derrière les têtes, le , initial du nom étrus<|ue de Pnplima; le revers est plat et sans ornements comme sur les pièces précétlculcs. Le travail de ces monnaies, quoiqu’un peu dur, a de la science et de la vie; il rappelle le monnayage de Damnstium, ville d’Épirc, où la dose de l’hellénisme n’était pas sans doute plus forte qu’en Etrurie. Le poids de la drachme sur ces pièces est sensiblement rciluit, ce que nous attribuons aux circonstances dilTiciles dans lesquelles se trouva le commerce de la Toscane, par suite de la prépondérance des marines grec(|ue et carthaginoise. Il faut donc placer la fabrication de ces pièces vers le commencement du IV* siècle de notre ère.

5° Dans la troisième série, de beaucoup la plus nombreuse et la plus variée, nous voyons figurer des doubles deniers, des deniers, àes quinaires et des sesterces, désignés par des marques peu dilTérentes de celles qu’on trouve sur la monnaie romaine. Parmi les doubles deniers, quelques-uns olFrent au revers des traces du nom étrus<|ue Aid , avec des ornements

et des symboles variés, ce cdté continuant d’étre plus plat que le principal. Les deniers, quinaires elseslerces n’ont d’autre légende que la marque de la valeur, et le revers ne diffère pas de celui des pièces de la première et de la seconde époque. Les marques du denier et de ses divisions indiquent-elles une. époque postérieure à l’introduction de la monnaie d’argent cher, les Romains? C’est là unequestion sur laquelle il sera bien difficile de se prononcer, tant que la critique n’aura pas décidé si les chilTres que nous appelons romains ont été en usage en Etrurie avant que les Romains en fissent emploi. Ce qui est certain , c’est que sur la belle cornaline étrusque du cabinet de France, qui représente un homme calculant avec l’abaque sur ses genoux , les signes X et V sont déjà employés avec la valeur que les Romains leur ont donnée, et cette cornaline appartient à la belle époque de l'art étrusque (i). Au reste, les deniers de Popnlonia ont exactentent le poids des deniers romains frappés vers'aSo avant J. C., poids qui est aussi ri-

(l) K. O. Hfillsr, Dû Etrusker, Bd. il , S. 3i8.

Digiti^ed

{Toui'euBCmcnl celui des drachmes athéniennes de l’époque à laquelle les Macé* doiiicns dofinnaient dans cette ville; ce qu) donne la preuve que la fabrique monétaire de Populonia se cotUinua pendant le iii* siècle avant J. C. , même après la soumission de rEtrurieaux Romains.

I>e travail de ces monnaies de la Iroisièinc époque, souvent fort habile , comme sur les pièces qui montrent une tâlc d'Hercuie de face , répond cependant en général au degré de mérite que Part avait conservé chez le^ Étru«jiies pendant le période de réaction nationale; mais, {>anni ces pièces, il en est plusieurs <jui peuvent donner lieu à une observation curieuse. La Icle de Méduse, vue de face, que ces monnaies nous montrent, offre une Imitation du style grec le plusancien, et un œil peu exercé pourrait facilement y voir un échantillon de la numis* matique primitive. \jc goût pi'onotic'é des Étruscjues pour les productions archaïques se retrouve donc dans la numismatique comme sur les vases. GrAce à rindication fournie par les médailles de Populonia que je viens de rappeler, ou peut SC défendre de classer parmi les productions les plus anciennes de Part élrus((ue le précieux tétradraclime que les PP. Marchi et Tessieri ont publié (i), et dont M. le duc de Luynes possède un superbe exemplaire. Cette pièce olfre au droit une Méduse ailée et courant, des serpents à la main; au revers une roue de char sans rayons, semblable à celle qu’on remarque sur une des uè’S-aiiciennes médailles d’Athènes publiées par Cousinéry (a) : une inscription étrusque de quatre lettres est tracée entre les jantes de celte roue. La Méduse a Paspect hideux qui appartient au style le plus ancien ; la roue du revers semble indiquer une époque de primitive ignorance clans la construction des chars. Nous aurions donc sous les yeux un monument numismatique d’une époque tout à fait reculée. Cependant ces longues légendes étrusques iPapparaissent, soit sur lésas, soit sur la monnaie de Populonia, que fort tard, et il peut bien en être de la Méduse debout comme de la tête de Méduse des doubles deniers de Populonia; Parliste étrusque aura cédé encore une fçjs au goût de sa nation pour l’archaïsme d’imitation.

Cette conjecture, si elle est fondée, peut jeter un jour inattendu sur

{\)\jÆtgrav*,\w. dî rappl.cIsM. III, 0 * 9 ; rare tétradraebine , l’nn avec fiiMcripltoii, cooduc de Loyne* , Choix de médaillej grecques, «erré au GoUé^ Romain, TaDlre, sans légende, pl. I , n* 5. Cf. Gapranesi , Annales de t Inst. faÎMnt partie de la coHection de M. le doc de flnA. Xll, ph P, n* i;Abekcn, MiüelitaUen, Luynea.

Taf. XI , 4« connaît deux exemplaire* de ce (a) Voyage en Macédoine, I. Il , p. is5.

l’Age de la série des as étrusques que les l’P. Marclii et Tessieri ont publiés classe III , planches x et xi de leur Æs grave, et que ces savants l'cligieux ont attribués h Cortone. Sur ces as et sur toutes leurs divisions on retrouve la roue primitive du tétradrachme et de la médaille d'Athènes publiée par Cotisinérr. Comme il existe d’auti'Cs as étriistpies dont le type est une roue à rayons d’une industrie plus avancée et d’un genre plus élégant , nous voyons sans surprise que les auteurs de \'Æs grave ont considéré les monnaies qui portent la roue la plus grossièie comme appartenant a une époque reculée; mais n’aurout-ils pas cédé cette fois à l’illusion que causent si facilement les ouvrages dans lesquels les Étrusques ont reproduit les types de l'ancien style? On nous pardonnera encore cette digression, qui peut avoir son importance pour le débrouillement d’une des questions les plus dilliciles que soulève l’étude des vases de Vuici (i).

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