‹ Introduction à l'étude des vases peintsChapitre 15 sur 17 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ue l’isipohtation des vases peikts et des fabriques iaicales.

I. tnvni- Les considérations qui précèdent ont eu pour objet de mettre en évidence deux nmportstion ^ttds contradictoires au premier aspect, cl qui pourtant se produisent parallèledans l’histoire de l’hellénisme à l’époque de son plus fécond développement. D’une part, un état de guerre permanent, fondosur des antipathies héréditaires, opposait d’invincibles obstacles à l'établissement d’un commerce étendu et régulier; de l’autre, l’attrait de la civilisation grecque était tel que l’action s’en faisait sentir presque simultanément à dcsdislances considérables, en dépit des dilTicultés inhérentes a un état de choses dans lequel la guerre était la règle et la paix l’exception. Ce cadre étant une fois solidement établi, il nous semble

(i) Nou» avions ve<le |>«r(ic de notre repose notre IravAÎl. Qaant à la disüidcnce qui

Irat'QÜ, quand nous avons eu connaissance de fa parnil rxîsler entre M. Lepsius et nous, nous dissertation par laqindle M. Richard Lc{>sius a ne craignons pas de nous en rapporter à »on voulu établir roHgine exclusivement étrusque propre Jugement ; apri^ avoir pris eoiinais«am*c du système de VÆs gra^e {Ü6cr die y'erhrrilung de notre travail , il s'apercevra &an& doute que , der Italùi-hen Münuystems von Etrurien auj; dans sa propre argumentation , il a trop restreiul Leipzig, i 842)> Malgré rautoritc du nom de le champ de scs remarques, et attaché une im> M. Lepsius, nous devons déclarer qu'après avoir portance exagérée h des points de détail qui lu sa dissertation , nous ne croyons avoir à mo* peuvent , sans inconvéniesl, s'expliquer de plu* diher aucune des propositions sur lesquelles sieurs manièrex diflérentrs.

A L’ÉTCDE DES VASES PELNTS.

que si l’on y pince le système cic rimportntlon en ('rniul des vases ^;rec8 en Étriirle, les impossibilil<?s d’un tel système doiTcnt prendre un caractère frappant d’évidence. Qu'on veuille bien examiner ensuite In sorte de marcliandisc (pi’on stipp(».se avoir été l’objet de transports si coiisidéiables» <|u'oii prenne en consiilération l'extrême fragilité de ces objets , et l'on en conclura que, meme dans les lenijis du commerce le plus ilori^saiit, on n'a pu songer à fonder une spéculation sur une vaisselle sujette à des ch.iiices de destruction aussi nombreuses. Si, lie nosjoui's, on fait qticUjues envois de porcvlaine anglaise ^ les soins <{ii*cxigc cette marchandise délicate en limite rexj)édition à un petit nombre d’objets; or, .sous un certain rapport, les vases grecs dont la pAlc irédiocrement cuite manque d'adhérence et de fermeté, sont encore plus exposés a la casse <|iic In porcelaine anglaise. I-a forme élancée ou exli-êmemenl ouverte de quelques-uns des vns€.H , rétranglemcnt du (x>! qui st'pnrc le corps du vase du pie^l <|tii le sup- {M>rte, l'écartcmenldes anses si imparfaitcuicnt attachées, exigent dans les transports un excès de précautions trop souvent inutiles. Eh quoi! dans les temps modernes , avec le pcifeclionuement des moyens de transport , il a etc impossible défaire passer aucune collection de vases d'mi pays h l'autre, sans qu'elle éprouvAt un déchet amsidérable! Nous avons vu l'homine le plus expei t en ces matièrc«, M. E. Durnml, après avoir fait emballer S’^us ses yeux les vases auxquels il attachait le plus de prix, et les avoir portés avec lui dans sa propre voiture, ne trouver en arrivant, nu lieu d’objets inlacis, que des tessons! Et l'on pourra supposer un seul instant que, dans le temps où la fabrication des vases eut lieu, on ait empilé les coupes de Vuici, si nombreuses et s! remarquables, comme des assiettes de faïence, qu’on les ait entassées à bord, qu’on leur ait fait subir les chances du roulis et du débanjuement, et qu’on les ait transportées de là jusque tlans l'intérieur des terres sans canaux et sans routes! l’on pourra croire qu’avec toutes ces chances les vases soient arrivés à destination aussi frais qu'en sortant de la fabrique! Nous avons peine à nous expliquer que des homme» habitués aux vases aient pu se complaire dans une hypothèse aussi invi'niseinhlable.

Ajoutez à cela que les anciens, accoutumés a vivre sur leur propi-e fonds pour tout le reste, n’avaient guère la pensée de s’approvisiouner ainsi au dehors, par les voies du commerce, d'objets destinés aux magniHceiices de la vie publique ou privée. Nous allons donner un exemple de l’étonnante imliircreuce des anciens à cet égard. Certes, il n'y a pas au monde de marchandise moins eticoiii'-

bninlcque lei marbres et d'un transport plus facile, surtout à In mer. Les pars occupes par les Grecs aboiideiit en marbres de la plus [grande beauté; ralrandaure en est telle (pi’cncore aujourd'hui la plupart des bAtiments prennent des blocs de marbre [jour lest. La facilité qu’on a de débiter cette matière en plaques d’une médiocre épaisseur, la rend applicable à toute espi‘ce de décoration. Si l'on veut éviter les frais et l’embarras du transport des {'rands blocs à des distances considérables, rien n’est plus facile que de recouvrir en marbre les massifs de rarcliitecturc. Eh bien ! à l’époc|ue du plein développement de l'aii j'i-ec , le transport des marbres était encore ou très-limité ou presque inconnu. A Phigalie, ou n'a trouvé lie marbre que les blocs qui ont servi à la frise intérieure du temple et aux métopes du portique; à üljmpic, cetlc capitale religieuse de la Grèce, les sculptures seules étaient en marbre, le temple était d’ailleurs construit avec la pierre poreuse du pays. Les temples d’Athènes étaient bâtis, il esterai, avec un marbre inagnitique; mais c’était la pierre de la contrée. En fait de marbre de couleur, on ne trouve dans les monuments de celte ville que celui d'Eleusis : rien pourtant ne le rendait digue d’un tel emploi; la pâte en est grossière, la teinte pâle et grisâtre; et pourtant on le voyait figurer dans la frise du temple de Minerve Poliade. Périclès, qui pour ses constructions épuisait la caisse des alliés, ne semble pas avoir eu même la pensée de leur demander quelques-uns des beaux marbres de couleur qu’on trouve dans les Iles et sur la côte d’Asie. Ce n’est qu'à partir des successeurs d'Alexandre, et surtout de la domination romaine, que le transport des marbres précieux destinés à l'architecture devint l’objet d'une recherche et d'une activité générales; jusque-là, la séparation resta aussi complète entie les peuples les plus rapprochés que s’il n’avait existé alors ni commerce, ni vaisseaux, ni artistes.

Il Smi Té- Nous n’ignorons pas <ju’on a été chercher dans les auteurs anciens des citations MTnrl'**iV«l« tlcstiusllcs il résulterait que les vases peints étaient, j>our certaines villes, l’objet ijii.ni .s ciié» ,1'nn commerce lucratif; mais dans l'application de ces textes l’on a , la plupart

h 1 dp * ' * *

TT -j.térar. du temps, OU confondu les épocpies, ou détourné les mots de leur sens véritable.

I.C nombre des passages dans lesquels il est vraiment question des vases peints est si peu considérable, qu’on se sent tenté d’en augmenter le nombre, au rist|ue d’aider fortement h la lettio; ainsi, dès qu’il est question dans un auteur de «oauoî ou de fictile, on rattache immédiatement ces expressions à la classe de monuments qui nous occupe; mais la vraie critique ne s’arrange pas de ces iii- . terprétations. Il y a déjà longtemps qu’on a démontré que la poterie d'Arétiuni,

dcfcrile par Pline (i), n’avDÎt aucun rapport avec les pi'ociuilsüe la céramograpliic. Pline (a) vante aussi les vases d'IImlria pour leur solidité» Cette seule indication rtulTit pour faire voir qu’il ne s’agit pas des va^s peints, c'est-à-dire de la poterie la moins solide qu'U y ait au monde. L'auteur latin imiique sans doute une fabri<|ue d'ainphorcs, ou d’autres vases usuels, et, comme U s’exprime au présent, il en faut conclure que le commerce dont il parle avait lieu de son temps, c'està-dire H une é|K)que où l’administration romaine avait créé dans la Méditerranée la sécurité du commerce maritime. Or, du temps de Pline, il y avait déjà longtemps que non-seulement le commerce, mais encot'e la fabrique des vases peints avaient cessé. La réputation de la poterie athénienne était de la plus ancienne date. Cêramus, fils du 7'ourà Potier (Tpoyô;) cl de la Terre ^ figurait parmi les divinités attiques (3)- On exploitait en grand l’argile tirée des inai-ais de Marathon, dans un faubourg d’Athènes, qui, de cette industrie, avait pris le nom de ('vramique» Tout cela prouve, en effét, que la poterie attique jouissait d’une grande célébrité; mais si nous en jugeons d’après le fragment deCritias , cité par Athénée (4)» celte poterie, placée parmi les industries utiles, immédiatement après le.re/de Carie, et dont le poêle C utilité domestique t ;0»îffiuw oijtovdfiioy, devait

plus consister en marmites et en tonneaux qu’en vases de prix. On a cru pourtant trouver dans le fi'agment de Critias la démonstration de l'origine attique des vases peints découverts en Êtrurie; nous ne comprenons guère, quanta nous, Je parti que les habitants de Vuici en auraient tiré pour leur cave ou leur cuisine.

Au reste, ce qui prouve la dilliculté que présente rhypolhese de l’importation en grand, c’est que ceux même qui l’ont mise en avant n’ont pu la soutenir jusqu’au bout. Ainsi M. Ki'amer, qui ne voit partout, même à Nola, même en Sicile, que vases apportés d'Athènes, se montre néanmoins disposé à concéder une fabrique locale à l’Apulie, dans les temps de décadence. De son côté, M. Raoul Rochette est tout prêt à convenir que quelques-uns des vases trouvés

(i) //. JV.,XXXV, ia,46. '

(x) //. jV., ibid. Si j’ai écrit à pluaicnr»

reprise» HadriA , et non Adria , pour signer la ville aoiiqae siiuée à renbouchure (le iTridan, je n'ai fait que me conformer i l’exemple donné par ploiieurs géographes biles, enir’autres CcUsrius et Clnverius, et l'on n’a pas le droit de me soupçonner d’avoir confondu \Hadria de la Vénétie avec l’Hadria du

Pieenatn , comme l’a fait un antiquaire fort habile, mais quelquefois peu indulgent.

(3) Critias, a/). Atbcn., I, p. DanN Pausanios (1,3, t } le héros Cinmuj est 61s de Dionjsus et d’Ariadoe. Celle dernière indication donne une valeur mjrdiologM|oe aux vers de Crttiae X Ts* tk Tpox«û, ts Knpiseu v* fx 7 *v»>

K>4(v6TaTev aipapov....

l^TROl)l:CTl()N

Page 1