‹ Introduction à l'étude des vases peintsChapitre 16 sur 17 · III. Distinr · texte numérisé non relu

III. Distinr

litm «lr4 (apJli

lr^4lillr>rDCr> dp »! <| If

à \'ulci w>iil l'oui'i-age (Cnrtistfs ÿrrci accidentelhment é(ahlis uir les lieux ( i ). Cl! (jiic M. Raoul RocbcUc parait disposr à croire de la minorité Aei \ascs , nous le pensons du /‘lus grand nombre, et cependant nous liniiloiis la durée de celte fabriijuc locale, et le nombi-e des artistes qui y ont participé, beaucoup plus (|u’on ne l'a fait jusiju'à ce jour. On voit donc qu'avec un poudelvonnc vulonlé de la part de cet antiquaire distingué , il nous sera facile de nous rapprocher et de nous cnlemlre.

Cc|x*u<lanl une telle distinclion entre les fabriques de Vuici cl celles de l’Altiqiie, de la Sicile et de la partie méridionale de l'Italie, n’oIlVirail guère d'interet et d'utilités!, dans le style et le travail des vases eux-mêmes, il n'existait licsdillcrences appréciables et sur lesquelles il fût possible de s'entendre. Nous comprenons toute l'iinporUince de ce côté de la question, et pourtant nous n'espérons guère l’amener à un point d’évidence qui résolve tous les doutes et fasse cesser toute discussion. Le livre de M. Kramer est à nos yeux une triste preuve de l'impossibilité dans la<|uelle se trouvent certaines personnes d'occouliimcr leui's yeux à l’appréciation des objets d'art, et par conséquent d'ar(|iiérir la conscience des faits qui sont le résultat de cette appréciation. Si celui aiii|uel on présente à la fois un v.ise de Vuici et un vase d'Atliènes, un vase île Nola et un vase de Ruvo, n’est pas en état de faire la distinction immixliale des fabriques, toute l'érudition du monde, toute la subtilité possible ne pourront suppléer à r.absenie d'une faculté aussi essentielle. Sans doute il ne faut |us, en pareille matière , s’en rapporter à son propre jugement, ni sc Ligurcr qu'on jouisse seul d'une organisation privilégiée; on doit, au conlruiie, comparcr soiivent sa propre manière de voir avec celle despei'sonnes notoirement distinguées par le tact cl l'expérience ; mais i|uand on a renouvelé fréquemment celte épreuve, et qu’en lin de compte on s’est trouvé d’accord avec les juges les plus liabilcs, on peut dès lors assigner une valeur positive à des observations <|ue corroborent d'importanl.s sulFrages. Telle est, au reste, la loi que nous nous sommes toujours imposée; récemment encore, ayant comparé nos remarques faites depuis plus de dix ans, de conrert avec M. de 4Viilc, en France, en .Angleterre, en Italie et en Grèce, ii celles d’un connaisseur du premier oitlre, M. le duc de Lnyncs, nous nous sommes conlirmé dans la conviction qu’elles avaient nn fondement réel, et tout en renonçant à convertir M. Kramer, nous avons espéré qu’on accorderait quelque importance à notre témoignage, et qu’on finirait

(l) Annules de Vlnstiiut arthiolo^it^ue ^ VI y p. 290*

pur convenir avec nous de ce |X)inl cnpita) : c’est (ju’il existe aut,viU de dilfcmice, une diHcience aussi appréciable entre un vas<î de Vulci et un vase d’Alhènes, ciu'cntre un tableau yénitieii et up tableau de l'écoIc de Florence au xvp siècle.

Sans doute on ue peut cspéi'er de porter un jiigcmenl aussi positif de tous les monumenls sans distinction; les nuances cpii séparent plusictirs fabriques sont à peine appréciables, et même, si Fou peut assigner àqur|i|ucs types une valeur délcrrninéc, les iiiianceà de style et de travail qui conduisent par des gradations insensibles d’une fabrique h Foutre, jetlcnl souvent l’œil de l’observateur dans une grave |verplexilé.Enlin, Fenscmblc de la céramograplne est empreint d'une frappante unité, qui est celle de Flietténisme même. A enteudi'C les personnes qui présentent ces objections, il semblerait que la critique fiU réduite, en ce qui <x>ncei’ne les vases peints, à de plus dures extrémités que pour tout autre genre d’appréciation; mais si Fon se rend compte des dinicultcs qui, dans toutes les branches de Fart, tiennent si souvent en susjieiis Fari^t d’une critique judicieuse et prudente, on s’apercevra que les conditions sont les mêmes pour les vases peints que pour tout le i^estc. Ea comparaUon que nous faisions tout à l'heure est encore applicable ici; à côté des types tranchés des écoles italleimes de peinture, on a des intermédiaii-es fort embarrassants; mais de ce qu'on sem forcé de réserver son jugement à propos d’un certain nombic d'ouvi'ages, s’ensuit-il qu’on doive renoncer ii asseoir son opinion sur tous les autres? Les gens du métier se tiennent cii garde contre les surprises de cette natni'c; les plus habiles sont ceux qui se considèi'ent comme les moins infaillibles : pouiv^uoi en serait^il auli'ement quant » la critique des vases peints? La spontanéité et Fabondanec de FhelléiiUme se sont jouées de l’espace et même du (emps , nous le savons bien. La numismatique des villes synonymes, comme les Héraclée, les Magnésie, ue s’est débrouillée que fort lentement, et présente même encore des dilîicultés sans solution, h cause de la perfeclion générale des productions de Fart grec h une certaine époque : cette pei'fection a si ]>eu faibli pendant plus de deux cents ans, (|uc souvent les caractères qui doivent distinguer la fabrique du ni* de celle du ii* siècle avant notre ère échappent à Fncil le plus exercé. Ces incertitudes, bien connues de tous tes nuinismalislcs, ne. les ont pas empêchés pourtnnt de faire grand état des données qui résultent de la diiréreiice des styles et des fabriques selon les lieux et les temps; et bien leur en a pris ; car si l’impuissance de la critique, dans certains cas, leur avait fai tpeidre conhance et courage, la science aurait été privée de l’un de ses moyens d'investigation les plus pivf* cieux et les plus sûrs.

La prrsencc, Hans une nicme nécropole, d'objets provenant de diverses fabriques , ne doit pas nous iiitjuicter davantage. On a trouvé à Viilci des vases de Nola, d’Agrigeiitc, de I.ocres eld'Atliènes(i).; mais, par cela même qu'on a pu attribuer ces vases à des fabriques distinctes de celle de Vuici , il s'ensuit que cette dernière a son caractci-e propre et invariable. La question est donc de savoir si ces objets de provenance étrangci-e dominent à Vnici, ou si au contraire le plus grand nombre des vases exhumés de cette nécropole ne forme pas une série particulière, facile à distinguer des objets étrangers à la fabri(|ue locale. Cette dernière conclusion est précisément celle (jue M. Gerhard a tirée de l'ensemble des vases de Vuici, lorsqu'ils étaient encore presque tous réunis(a); et, pour notre compte, bien que nous n’ayons pu prendre connaissance de ces découvertes que peu .à peu et par portions détachées , nous devons déclarer encore une fois que notre impression a été exactement la même que celle de M. Gerhard.

Au reste, on est habitué, en numismatique, à de semblables expériences. Il est bien rare que dans les trouvailles de monnaies , des pièces étrangères ne figurent pas au milieu de celles de la localité. Malgré cela, l’attribution de bien des pièces sans inscriptions, ou accompagnées d'initiales susceptibles de lectures diirérentes, n’a ps eu d'autre motif que la connaissance du sol sur lequel on les découvre en plus grande abondance; la science s’est enrichie de cette manière d’un grand nombre de faits pres((ue toujours cotdlrmés pr des découvertes ultérieures. Nous croyons que l’étude des provenances doit conduire, en fait de v.iscs pints, aux mêmes résultats. Les vases étaient difficiles ou même impossibles à transprter en masse ; mais le déplacement des vases isolés n’a rien que de très-naturel et de conforme à toutes les vraisemblances. Ce n'était ps le commerce, sans doute, qui se chargeait de ces échanges entre les diverses fabriques : l'application des lois de l’hospitalité, l'habitude des consécrations religieuses, l'intérét qu'avalent à se faire connaître pr leurs oeuvres les artistes qui cherchaient au loin l’emploi de Içurs talents, la curiosité même, toutes ces causes, séprées ou réunies, sont de celles qu’un esprit juste et exercé accepte à cause de leur conformité avec les notions plus générales que nous possédons sur la société antique.

Il y a donc eu des fabriques locales, même en Étrurie; ces fabriques se distinguent entre elles pr des traits caractéristiques et faciles à saisir. Pour démon-

(i) Rapp. t’olc.j p. io4 seq.

(a) Cf. Cat. étrusque f Avertissement, p. vij et viij.

A L’ÉTUDE DES VASES PEINTS, ti-er complètement celle (ieruièfe proposition , il nous faut aclucllement embrasser dans son ensemble Thistoire des vases peints, en assignant à chaque fabrique sa valeur caiaclérislique. non-seulement sous le i-apport de la localité, mais encore sous celui de Tépoque. Nous avons traite par anticipation une partie du chapitre de Vulci j nous devions le faire, afin de résoudi'c d’avance la difliculté la plus grave que présente la donnée des fabriques locales ; mais celte reclicrche gagnera, nous l’espérons, en clarté et en intérêt, quand nous la i-emeltrons à sa plat* dans l'iiistoirc générale des diverses écoles. On se i-appelle d’ailleurs que nous avons l'éscrvé pour celle dernière discussion une partie des difllcullés du problème.

Page 1