S) H. N. XXXIII
V A, 'Fifuri**.
tout à coup au poids de deux onces de la livre romaine. Les as latins pèsent en f'énéral de huit à neuf onces; et les as romains, pendant In période de la j;uerre contre les Latins, paraissent avoir subi une diminution de poids assez rapide : le style des as du Latium est (;énéi-alement très-pur, et le travail ' J' distingue par autant de soin que d'élégance.
Sous ce dernier rapport, les as latins oll'i-cnt un contraste complet avec ceux de Home. On peut, à ce que nous croyons, rendre un compte satisfaisant de ce contraste. La rudesse des as romains était certainement alTectée : on se rappelle ■x* que nous avons dit plus haut du talent et de l'expérience des artistes qui les ont exécutés; ces cpialités percent malgré raOcctation de négligence qui caractérise leur travail ; était-ce la précipitation qui justifiait cette négligence? Rome n'était alors ni assiégée, ni pressée par scs ennemis : entre les Gaulois et nannilKil, elle n'a pu être réduite à fabriquer une monnaie imparfaite, comme sont les pièces obsidionalcs. Mais la rudesse des Romains entrait dans leur politique ; ils repoussaient les arts qui énervent les courages et corrompent les mo'urs; ils ne devaient donc employer les artistes monétaires qu'en leur imposant la condition de reproduire dans leur travail qucli|ue chose de l'austérité nationale. Chez les Latins, au contraire, les moeurs étaient plus portées à la mollesse et aux plaisirs; l'histoire des joueurs de Hùtc de Rome, réfugiés'àTibur (i), (3 II ans avant Jésus-Christ), qui pn’’cisément se rapporte à la période dans laquelle nous nous sommes circonscrits, donne une idée frappante de ce contraste des mœurs latines cl romaines. Sur la fin de la lutte , les Latins enlretinrenl des rapjiorls intimes avec les Campaniens, chez lestjucis l'art grec régnait alors dans toute sa puissance. Nous parlerons bientôt (§. Vlll) des belles monnaies qui furent frappi'es vraisemblablement à Capoue, au tiom des Romains, vingt ans npW-s la pacification du Latium ; les as latitis, malgré la grossièreté du procédé tie fusion, tt’oIPrent pas tnoitts de correction et de pureté dans le caractère des Uîtes.
Les as de I Jlrurie ne sont guère d'utie attributioti pitts facile que ceux du Latium, à l'exceptioti de la motitiaiede Vollerra (a), qui porte tout au long le nom éti’U3<|ue de celte ville. Il est vrai que les as de Volterra et leurs divisions sont d'un poids très-inférieur au reste de l'.il's gra\>e de l'Élrurie, ce tpii indique une époque plus récente de fabrication; et, en effet, les autres monuments qu'on découvie en gi'and nombre dans les tombeaux de Volaterræ
: i' 1 . Liv . I.\ y 3o.
//Æj clowe m*, tir. i.
']iarai»sent appartenir à des temps ou l'Étrurie approchait de sa dernière décailence. Quant aux auti-es as de la même contrée, ils sont sans épigraphes, comme ceux du 1/atium , qui , en celaj se conforment à l’usage romain , ou bien on n'y voit que des lettres isolées, parmi lestjucllcs on a cru distinguer les initiales de Camars, rancien nom de Clusium (i). En général , les as étrusques étant plus plats et décorés d’ornements plus simples que ceux du Latium , on est porté h leur attribuer une antiquité plus reculée ; mais le poids, qui en est assez faible, si ouïe compare aux plus lourds parmi lésas romains, prouve que cette apparence d’extréme antiquité est illusoire; et d’ailleurs les ornements , quoique simples, sont traités avec une pureté de goût qui dénote la belle époque de l’art. Les termes que nous avons fixés pour la fabrication des as dans le Latium •loivenl donc s’appliquer sans beaucoup de dilTérence à l’Étrurie.
Veïes ne fut détruite qu’un jietit nombre d’années avant la conquête de Kome par les Gaulois; les Étrustjues ayant abandonné la ville de Veïes à son propic sort , la lutte sérieuse et généialc de ce peuple contre les Romains ne commciua qu’après cet événement, quand les Étrusques, encouragés d’ailleurs par le désastre que Rome venait de subir, s’aperçurent des dangers stTÎeux que les progrès de la puissance romaine faisaient courir à leur indépendance. Le triomphe des Romains sur les habitants de Vulsiniuin et de Vuici, qui eut lieu 180 ans avant iiolic ère (a), fut le dernier événement mémorable de celte lutte d’un siècle, pendant laquelle les Étrusques disputèrent pied à pied le sol national, et c’est à la même limite que nous plaçons (sauf ce qui concerne Volterra ) la lin de l’émission de la monnaie pesante dans cette contrée.
Quant aux as de l’Ombrie, on en distingue surtout deux séries, toutes deux indubitables,'!! cause de la reproduction intégrale du nom des villes qui les ont fait frapper. Ces deux séries offrent au premier aspect un contraste complet. Les as de Ttuler(S) sont exécutés avec une fermeté, une finesse , une correction qui confondent d’étonnement , quand on songe à la position méditerranéc et distante de tout établissement grec connu, de la ville qui les a fait fabriquer; ceux A'Iguvium ( 4 ), au contraire, sont les plus simples et les plus rudes que nous possédions. Cependant le résultat de la pesée vient ici, comme pour les as étrusi|ues, détruire les apparences; les as d’Iguvium sont, en effet , moins
(1) Classe ui*, tav. 9. ( 3 } Classe 11*, lav. 1 , a.
(a) Fasti Capitol., de y uhinienjihut et.f^ul- (43 féïi/. lav. 3 , 4 -
eientiiuj.