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AO INTRODUCTION

tement unie à Cumes par l’origine, le voisinage et l'iilsloire, des monnaies de bronze d'un style assez ancien et d’un très-petit module, nous pouvons avec conliance étendre ii Naples l’observation que le monnayage de Cumes nous a suggérai.

Mais après que la fabrication des espèces eut cessé dans la plus ancienne ville de rOpique, tandis que les restes de la population hellénique de cette malbeui-euae cité, transportés à Dicæardùa, étaient réduits à fabriquer pour les Samiiitcs, leurs nouveaux maîtres, des pièces au nom de Phistelis , sous lequel les Osques paraissent avoir désigné Dieæarchia , et qui devint le l’uteoli des Uatins, tout à côlé A' yllliha , qui, après avoir été grcctpic à l’époque llorissanle de Cumes, atlopta plus lai-d les légendes samnites, Naples, n’ayant pas subi le joug des Irarbares, continua sans interruption sou monnayage purement grec.

Ce monnayage, l’iin des plus étendus qui existent , oH'rc comme une histoire complète de toutes les phases de l’art grec avec leurs nuances et leurs transitions, depuis une époifue qui doit toucher à l’origine de la ville, jusqu’au temps d’.\ugustc, pendant à peu près cinq siècles. On conçoit donc quel intérêt il y aurait à pouvoir planter un jalon dans cette vaste série , de façon à ce qu’il fût possible d'affirmer que telle médaille a été frappée à une époque lixç, pour une circonstance déterminée. Nous croyons avoir atteint ce résultat, pour le temps qui nous importe le plus dans la recherche que nous poursuivons en ce moment, puisque c’est celui où l’émission des as italiotes parait avoir été In plus nombreuse.

A l’épotiue où les Romains, régularisant avec leur habileté et leur persévérance ordinaires la guerre d’extermination qu’ils poursuivaient contre les Samnites, prirent le parti d’occuper la Campanie, la position de Naples, qui entretenait avec les Samnites et les Tarentins des rapports inquiétants pour la République, ne pouvait leur être indilTcrente. Quatre ans avant l’éLablisscment des préteurs romains à Capoue, l’an .lai de notre calcul prolcptiquc ordinaire, le consul Publilius entreprit de réduire la ville de Naples ( i). La population en était foulée par la garnison samnite qu’elle avait appelée à son secours; un parti s’était formé pour livrer la ville aux Romains, et les deux principaux magistrats grecs de la ville, Charilaûs et Nymphitis , étaient à la tête de ce parti. L’ancienne Parthenope était alors divisée en deux quartiei-s diilérenis: Nenpoli.i, ou la f iUe-JSeuve, Paiceopolis, ou la f 'ieille-f 'ille; Charilaiis commandait dans la seconde; la première obéissait sans doute à Nymphius. Ce fut Charilaiis,

(i) T. Liv. VIII, a5 , sqq.

DigitizQd by.Gpogle

A L’ÉTUDE DES VASES PEINTS, qui, d’accord arec son collègue, iniroduisit les Romains dan» Palæopolis; au même instant, le gouverneur de Neapolia parvenait, par un stratagème, à expulser la garnison samnite. I.^ Romains, devenus maîtres de toute la cité, la traitèrent avec une générosité apparente, et les termes de la soumission des Napolitains furent consignés dans un acte aujourd’hui perdu , qui parait avoir été célèbre dans l'antiquité sou.s le nom de Fœdus NcapoUlantim. •

Or, on possède un grand nombre de médailles d’argent rpii portent le nom entier ou abrégé de Xj\PL\EüS (i). Le style et le travail de ces pièces .sont d’une exquise élégance, et indiquent l’épocjue à laquelle l’art grec avait atteint .son apogée. N’est-il donc pas vraisemblable que ces luoniiaies ont été frappées pendant la magistrature du Chttrilaüs mentionné par Tile-Live? Mais ce qui n’est qu’une conjecture devient une certitude, quand on compare les monnaies d’argent qui portent le nom de CliarilaUs avec la pièce de bronze publiée par Pcllerin (a), et qui joint aux types ordinaires de Naples la légende PQM.tlüN.

Dans la série napolitaine de bronze, les pièces du plus ancien style ont au droit la tête d’Apollon, et au revers la moitié du bocuj à Jace hunutine ; c^elles qui viennent ensuite nous montrent au levers le même taureau tout entier. I..a pii-ce avec la légende P 1 >M.\IQN appartient à la première catégorie; elle se classe donc commodément à l’épotpicde Charilaüs, en 3a ■ , dans un temps assez, reculé pour les espèces de bronze, lesquelles, comme on sait, ne commencent à dominer, chez les Grecs, que postérieurement à Alexandre; et d’ailleurs, à quelle épo<|uc pouvonsnous convenablement rapporter la pièce de Naples avec la légende PÜ.M.tlüN, si ce n’est à celle du Fœdus Xeapolitaniim? Car cette alliance du nom de.s Romains et du type de Naples doit avoir eu pour objet de célébrer une concorde, OMONOI .4 , de ces deux villes. Après ces observations, il est intéressant de

(1) Cjrelli f Catal. 10W107 ; Mionoct , t. I , p. 131 » n* 31 5 . La légende eat difficile è s^uppt. t. 1 , p. 243» n* et p. 243, n“ 3 o 2 ; lire ftir cette pièce ; mais U en exi»lc d’autres au lieu de XaÇIAS <|ue Mtonnet a vu sur cette exemplaire*. Voir Carelli , Catal.

dernière pièce f il faut lire XaFIAE. C’e»t celle devons avertir que le graveur a exagéré la diituu* que nous reproduison*. sion des lettre*.

(2) Suppl, t II » p. 23 ; 31 ionnet, Deteript,

comparer le travail des monnaies d'argent de Charilaüs avec la pièce de bronze qui porte la légende PÜMAIÛN : il n’y a pas seulement ressemblance dans le travail, mais identité; ces deux pièces sont évidemment l’ouvrage du meme artiste.

Dans la haute Campanie, sur les limites du Samnium, la numismatique de B(-névent, malheureusement très-limitée, va nous olfrir iin point de jonction entie rinilucncc grecque et riniluence latine. La ville de Benévent est mentionnée d’aboril par les historiens sous le nom de Maletvnlum(^i)} les Romains, ayant jugé le lieu propice à l’établissement d’une colonie, ne mirent [wirtant pas ce projet à exécution, sans avoir substitué à ce nom de mauvais augure dans leur langue celui de lienei'culum , qui rappelait le dieu Itonus Ëvmtus , si <'ré(|uemment invoqué dans leurreligion. On nu possède pas de munnaies au nom de Malevenlum; mais depuis longtemps un antiquaire napolitain, cité par M. .Avellino (a), a rapporté k eette ville des pièces qui portent la légende MALIE^A, Millingen (3) s’est réuni récemment k cette opinion, <|ui

nous semble, en elFet, très-vraisemblable. Une observation (jui parait avoir échappé k ce docte antiquaire, c’est que le nom de renferme, au moins

pour l’oreille (car 1a prononciation de la diphthongiic au n’a jamais varié), le mot grec xiva que les Latins traduisaient par Et'entiis; A/aliesa est donc bien , comme les médailles seules l’indiquent, l’ancien nom de Bénévent; de ce nom, qui devait avoir une origine opique, les Romains firent d'abord un composé hybride, moitié latin, moitié grec; et comme ce composé sonnait désagréablement k leur oreille, ils lui substituèrent un nom tout latin, qui pouvait en être considéré comme la contre-partie.

Les médailles de Mnliesa sont d'un travail très-délicat, et reproduisent le type ordinaire de la monnaie d’argent de Naples; au droit le buste de la njrmphe Parlhéaope, au revers le taureau à face humaine. La légende ne lèpond pas k cette grkee singulière du style; elle est tracée dans les mêmes

(I) T, I.ÎV. X\, 8. Considéjxuiona lur ta iVarnijmau^uc du

(a) fiat. ytt. A'am., ail vol . I. Suppl., p. 48. f anr. /la/à , p. 214.

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les raêines camctères que les inscriptions ullninienucs antérieures à l'archontat d’Euclide. Ainsi, les popidatinns ilaliotes portaient quelquefois jusque dans l’emploi du grec l’attai liemenl remarquable qu’elles montrèrent si longtemps pour leurs anciennes écritmes.

Du reste, l’imilation du type napolitain à Bénévenl n’a rien qui doive nous étonner, quand on a une fois reconnu que la numismatique grecque campa- , nienne n’était qu’un rcllet de celles de Ciimes et de Naples à leurs diverses <-po(pies. Ainsi , Nola , ville moins grecrjiie qu’on ne l’a jusqu’ici supposé , mais célèbre dans l'antiquité même par son attachement aux usages de la Grèce (i), après avoir, comme Capouc, dans l’origine, imité la monnaie d’argent de Naples

d'ancien style, et interrompu, ou plutôt ralenti, son monnayage hellénique lors de sa soumission aux Saranites vers la fin du v’ sic'clc avant notre ère, lui rendit plus tai-d toute son activité, sans doute à l’époque où les itomains occupaient depuis assez longtemps la Campanie, et reproduisit les monnaies de bronze qui avaient alorsfuvciirà Naples, c’est-à-dire l'ancien taureau à face humaine tout entier, au revers de la tête hturée d'^polhm. Celte dernière invasion de l'hellénisme dans la Campanie fut le résultat de l'anéantissement de la puissance samnite. Les Itomains , dès lors si formidables sous le rapport militaire, n’étaient pas encore en possession d'une iniluence civilisatrice cipable de contrc-balanccr, sous le rapport de l'art, celle des Grecs, toujours entretenue par l'opulente ville de Naples.

l,a colonie romaine de Bénévent date de l'an a6g avant Jésus-Christ; la monnaie ijuc nous possédons avec le nom de Bénévent doit appartenir aux premières années de cet établissement. Les Romains considéraient le nom de Maliesa comme un composé hybride de latin et de grec; la monnaie colouiah^ de Bénévent a aussi un caractère hybride dans ses légendes. Du ciité de la télé est l’inscription en vieilles lettres latines : BENVENTOR, et au revers une

(i) Dion. Mal. Exctrpt, p. a3l5. Nulâvwv, pévMv. Cf, K. O. Miillrr, dit Elrusktr, |V,

ôiMpbtv ôytarv , Mii

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