Ecoles ou rites orthodoxes ou Sounniltes
Les Ecoles orthodoxes sont appelées Sounnites (2). Il n’en faudrait pas conclure que, seules, elles admettent la Sounnal au nombre des sources du droit. Les Kharidjiles et les Chiites, en eflet, qui sont des hérétiques, s'accordent, ainsi qu'on le verra par la suite, sur ce point, avec les Orthodoxes ; eux, aussi, ils ont des {raditions ; seulement, ce ne sont point abso- Jument les mêmes (3) et, en se qualifiant de sounnites, les Orthodoxes n’entendent point affirmer que, seuls, ils ont une sounnal ; vraisemblablement, ils veulent simplement dire que seuls, ils sont en possession de la vraie Sounnat.
À l’heure actuelle, les rites orthodoxes ou Sounnites sont au nombre de quatre : hanéfite, malékite, chaféïte et hanbalite. Mais, il y en eut d’autres, ceux, par exemple, que fondèrent Sofian Servi, né en l’an 97 de l'Hégire, mort en l’année 135 (4), — et Aouza'i, né en l’an 100 de l'Hégire, mort selon les uns, cn l’année 157 (6), en l’année 162, selon d’autres (6), et dont casion de la combinaison des règles des rites hanéfite et malékite en matière de habous, Benoit Adda et Elias B. Ghaliounghi, Le Wakf ou immobilisation d'après les principes du rite hanéfite, Partie spéciale, D 6/7#et.8;
(1) Cf. Cheikh Mohammed Bekhit, Grand Moufti d'Egypte; Les limitations de la justice ; L'Egypte contemporaine, février 1919, p. 119 et 121. — Cf. Medjellat, art. 1801, al, dern. ; — lorsque, d'ordre souverain, l'opinion d’un docteur de la loi ayant été trouvée conforme aux intérêts du public et aux exigences des temps, il a été ordonné de juger conformément à cette opinion, les juges ne peuvent point valablement appuyer leurs décisions sur une opinion contraire ».
(2) Cf. Ibn Khaldoun, op. cît., t. I, p. 436 et t. III, p. 12.
(3) Dozy, Essai sur l'histoire de l’Islamisme, p. 437 et note, 1.
(4) Cf. Sawas Pacha, Etude sur la théorie du droit musulman, 1e partie, ch. I, p. 127
(5) Cf. Fagnan, Les Tabakat maékites, dans Homenaje à D. Francisco Codera, p. 107.
(6) Sawas Pacha, op. cit., 1re partie, ch. I, p. 127.
MB
les doctrines dominèrent, à une certaine époque, en Syrie (1) et pendant un certain temps, régnèrent souverainement en Espagne (2). On compta jusqu’à dix-huit Ecoles orthodoxes. Aujourd’hui, quatre, seulement, survivent ; encore est-il bon de remarquer que le rite hanbalite n’a plus qu'un très petit nombre d'adeptes (3). Quoi qu’il en soit, quatre Ecoles ont survécu, qui sont, comme il a été dit plus haut :
1° L'Ecole hanéfite fondée par Abou H'anifat en Noman ben Tsabit qui naquit probablement en l’année 80 et mourut en l'an 150 de l’Hégire (4).
2° L'Ecole malékite fondée par Abou Abdallah Malek ibn Anas, né en 97 et mort en 179 de l'Hégire ;
3° L'Ecole chaféïte fondée par Mohammed ibn Idris ech Chaf'éi, qui vécut de l’année 150 à l’année 204 de l'Hégire ;
4° L'Ecole hanbalite fondée par Ahmed ibn Mohammed ibn Hanbal, qu’on fait généralement naître en l’année 164 et mourir en l’an 241 de l'Hégire (5).
À côté de ces quatre Ecoles, aucune autre ne saurait désormais surgir, puisqu'ainsi qu'il a été dit précédemment, depuis le rv° siècle de l'Hégire, la porte de l’idjtihad se trouve fermée.
27. — Ces quatre Ecoles pourraient être, en réalité, ramenées à deux : l'Ecole de l'Irak’ et celle de Médine ; l'Ecole de l'Irak’ représentée par le rite hanéfite ; celle de Médine, par les trois autres rites orthodoxes (6).
Le rite hanéfite se sépare, en effet, des trois autres en ce qu'il
(1) Cf. Snouck-Hurgronje, op. cit., P. 28.
(2) El Makrizi, Description historique et topographique de l'Egypte, dans Vincent, Etudes sur la loi musulmane, p. 22. — Cf. Fagnan, 0. cit., p. 107.
(3) « Dans la mosquée al Azhar, le Hanbalisme est représenté par des professeurs et des étudiants en nombre relativement restreint ; en 1906, il y avait (sur un total de 312 professeurs et 9069 élèves) 3 professeurs et 88 élèves hanbalistes » (Encyclopédie de l'Islam ; v. Ahmed B. Muhammed B. Hanbal, p. 193, col. 2.
(4) Cf. Encyclopédie de l'Islam, v. Abu Hanifa, p. 9 et 98.
(5) Charani, op. cit., p. 24 et 25.
(6) Ibn Khaldoun, op. cit., t. III, p. 3. — Cf. Houdas, Sannoun, un jurisconsulle musulman du IIIe siècle de l'Hégire ; Centenaire de l'Ecole des langues orientales vivantes, p. 295.