‹ Introduction A L'Étude Du Droit Musulman AlgérienChapitre 20 sur 40 · NU RUE · texte numérisé non relu

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les raisons précédemment indiquées (1), elles eurent tôt fait de conquérir l'Afrique mineure (2) et l'Espagne, où elles n’ont cessé, depuis, de régner sans conteste (3).

Et cependant le rite malékite n’est pas le premier qui ait été introduit en ces régions. L'Espagne et les Maurétanies furent tout d’abord, soumises au rite d'Aouza’i (4) et, primitivement, l'Ifrikiia (5) obéit au rite d’Abou H’anifat (6).

Mais, de très bonne heure, le rite malékite pénétra dans l'Afrique mineure et en Espagne. D’après certains auteurs, il aurait été introduit en Espagne par Ziiad ben Abd er-Rahman Lakhmi, surnommé Chabatoun et mort à la fin du rr° siècle de l'Hégire (7). Selon d’autres, cette importation aurait été le fait

(1) V. Sup., n° 28.

(2) Par Afrique Mineure, on entend la Berbérie, soit la Tunisie, l'Algérie et le Maroc (Cf. Girault, Principes de Colonisation et de Législation Coloniale, 4e 6d., t. II, p. 1.

(3) Il ne semble pas, en effet, que les. bouleversements politiques qui se sont produits dans le Nord de l'Afrique, aient eu leur contre-coup dans le domaine du droit privé. En dépit de la fondation d’une dynastie chiite au Maroc, les habitants de cette région sont demeurés sounnites. A l'effondrement des empires, kharidjites et fatimite du Maghreb (les Fatimites se considéraient, d'ailleurs, comme musulmans orthodoxes du rite chaféite ; Cf. Artin-Bey, La propriété foncière en Egypte, p. 64, note 1) il ne semble pas qu'aient survécu des communautés kharidjites ou chiites (Cf. Huart, Histoire des Arabes, t. II, p. 177) et les efforts d’'Ibn Toumert et des premiers Almohades pour déraciner le malékisme (V. inf., p. 77, notes & et 3), sont derneurés vains.

(4) Makrizi, loc. cit., p. 8. — Cf. Fagnan, Les Tabakat Malékites, loc. cit, p. 107. L'Ecole Dh'ahirite eut également un certain succès au Maghreb et en Espagne (Cf. Huart, op. cût., t. V, p. 351) ; mais ce succès fut éphémère (Cf. Ibn Khaldoun, op. cit., t. III, p. 5). ;

(5) Par Ifrikiia, nous entendons avec Ibn Khaldoun (Cf. op. cit., t. I, p. 7, note & et p. 312, note 2) la partie de l'Afrique Mineure qui comprenait la province de Constantine, la Tunisie et la Tripolitaine. Nous croyons devoir nous expliquer sur ce point parce que le sens des mots : Maghreb, Ifrikiia, varient avec les auteurs. Tandis que pour Ibn Khaldoun, par exemple, le Maghreb est la partie de l'Afrique Mineure située à l’ouest de l’Ifrikiia telle qu'elle vient d’être définie (Cf. 0p. cit, t. I, p. 312, note 2), pour l'auteur du Kitab el-Istibçar, l'Ifrikiia « s'étend en longueur depuis Barka à l’est jusqu'à Tanger à l'ouest... » si bien que, pour lui, en fin de compte ces mots Maghreb et Ifrikiia sont Synonymes (Cf. trad. Fagnan, p. 6, 114 et 120).

(6) Makrizi, Loc. cût., p. 23.

(7) Eod. loc., p. 2.

AIM, d'en

d'El Ghazi ben Kaïs, de qui Chabatoun fut l'élève (1). Et c'est en Îfriktia, Sahnoun Abou Saïd ben Abdesselam et-Tenoukhi, mort en l’an 240 de l'Hégire, qui aurait fait connaître la doctrine de Malek (2).

Toujours est-il que, dès avant la mort de Sahnoun, la doctrine malékite prévaut en Ifrikiia et, qu'après avoir conquis l'Espagne sous le khalifat de l'Oméïade Hescham (3), elle ne tarde pas à envahir les Maurétanies et à y dominer.

33. — Ainsi, il s’est constitué, aux n° et im° siècles de l’Hégire, en Occident, — en Ifrikiia et en Espagne, — à Kairouan et à Cordoue, — deux foyers d'influence malékite qui ont rayonné sur toute l'Afrique mineure et ce sont les Ecoles de Kairouan et de Cordoue qui ont conquis le Maghreb au malékisme (4).

L'Ecole de Kairouan eut pour chef Sahnoun, dont il a été parlé plus haut, le disciple de Ben el-K’asim, le rédacteur de la Moudaououanat. — L'Ecole de Cordoue fut fondée par Abd el Malek ibn Habib, mort en l’année 238 de l'Hégire (5).

Les docteurs de Kairouan firent de la Moudaououanat la base de leur ensignement. Ibn Younès, El-Lakhmi, Ibn Mohrez, Et-Tounisi, Ibn Bechir, d’autres encore, donnèrent des abrégés

ou des commentaires de la Moudaououanat (6). Mais aucun de ces abrégés ou commentaires n'atteignit la réputation de la Risalat (7) d'Abou Mohammed ibn Abi Zeïd el-Kaïrouant, mort en l’an 390 de l’Hégire (8), ni celle du Tehdib (9) d’Abou Saïd el Beradaï (10), contemporain d’El-Kaïrouani. Le suocès de la

(1) Cf. Fagnan, Les Tabakat Malékites, loc. cit., p. 108. (&) Makrizi, loc. cil., p. 24 et 25.

(3) Eod. loc., p. 21 et 22. \

(4) Ibn Khaldoun, op. cit., t. III, p. 18 et 19. — « Sachez que, à raison de l'importance que l'on reconnaissait à Cordoue, sa jurisprudence faisait autorité dans le Gharb, si bien que l’on y disait dans les jugements : « telle a été la jurisprudence suivie à Cordoue » (El Makkari, cité par Vincent, 0p. cil., p. 89).

(5) Cf. Ibn Khaldoun, op. cit., t. IIT, p. 16, note 1, p. 17 et 18.

(6) Eod. loc., p. 17.

(7) Risalat : petit traité. Elle a été traduite par E. Fagnan ; Paris, 1914 ; 294 pp. 8°. | |

(8) Cf. Ibn Khaldoun, op. cit., t. I, p. 227, note 3, et t, III, p. 17.

(9) Tehdib : refonte.

(10) Ibn Khaldoun, op. cit., t. III, p. 17.

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