‹ Introduction A L'Étude Du Droit Musulman AlgérienChapitre 35 sur 40 · S 3. — ORGANISATION DU CULTE · texte numérisé non relu

S 3. — ORGANISATION DU CULTE

76. — La religion musulmane est «la plus hermétiquement monothéïiste » 4) qui existe. Entre l’homme et Dieu elle n'admet pas d’intermédiaire. « Le fidèle en prière est considéré comme étant en tête à tête avec Dieu » (2). La prière et la purification sont, en somme, les seules pratiques rituelles qui lui soient imposées (3, Or, il n’est pas de lieu consacré dans lequel, obligatoirement, ces pratiques se doivent accomplir (4, de même qu’il n’est pas de clergé, de prêtres qui soient, obligatoire ment, appelés à présider à leur accomplissement. On peut prier seul à l'endroit où l’on se trouve (5).

A la vérité, la prière en commun est méritoire, et c’est faire œuvre pie que de se rendre de préférence le vendredi dans un oratoire {mesdjid) ou dans une mosquée (djam’a) (6) et d’y prier sous la direction de l’imam de cet oratoire ou de cette mosquée. Mais, point n’est besoin, pour prier en commun, de se rendre dans une mosquée ou dans un oratoire ; aux grandes fêtes, par exemple, dans le cas de nombreuse affluence, la prière se fait généralement dans un Ms’alla, «oratoire en plein vent dont le sol a été simplement mis à l'abri des souillures par un mur assez élevé pour qu'il ne puisse être franchi par les animaux » (7), — Et, si la prière en commun doit se faire sous la direction d’un imam, le premier venu, même à la mosquée, peut être improvisé 1Mmam.

Aussi a-t-on pu dire que « l'Islam est une religion sans

(1) Eod. loc. p. 197. — Sur les dogmes fondamentaux de l'Islam, Cf. Doutté, L’Islam algérien en 1900, p. 1 et suiv. — Gaudefroy Demombynes, Les institutions musulmanes, p. 49 et suiv.

(2) Houdas, op. cit., p. 124.

(3) Sur les obligations fondamentales de l'Islam, Cf. Houdas, op. cit. p. 89. Doutté, op. cit., p. 5 et suiv.

(4) Houdas, op. cit., p. 119. — Doutté, op. cit., p. 6.

(5) Houdas, 0p. cit. p.124. — Doutté, op. cit., p. 6.

(6) Ce qui différencie la djam'a du mesdjid, c'est que le premier, à la différence du second, possède une chaire (Minbar) où le vendredi se fait la khot'bat (le prône). CF. Houdas, op. eit., p. 135. — Doutté, op. cit., p. 109 et 110.

(7) Houdas, op. cit., p. 120 et 135.

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clergé où il y a des sacristains et des chantres plutôt que des prêtres » (1).

Il est, cependant, un personnel attaché aux mosquées : imam, moufli, h'azzab, mouderrès, mouedzdzin. L’'Imam a la direction de la prière et fait la khol’bat le vendredi. — Le {/oufli est un jurisconsulte reconnu et salarié par l'Etat, et dont la fonction consiste à délivrer des fetouas (consultations). — Le H’azzab est celui qui, du haut d’une tribune placée dans la Mosquée, est chargé de réciter un ou plusieurs h’izb ou sections du Coran. — Le Mouderrès est un professeur enseignant la théologie et le droit. — Le Mouedzdzin a mission d'appeler du haut du minaret les fidèles à la prière (2).

Mais le rôle de ce personnel est des plus effacés ; ce clergé est sans influence religieuse ni politique 3). La véritable influence, elle, appartient aux marabouts et aux Cheurfas, ainsi qu'aux Confréries religieuses.

77. — Marabouts et Cheurfas. — Le marabout est un saint. Primitivement, ainsi que le montre Doutté (4, le marabout était une sorte de moine-soldat servant dans un ribal, sorte de couvent fortifié établi, le plus souvent, à la frontière de l’Empire musulman et servant de base d'opérations pour la guerre sainte contre les infidèles ; et la période héroïque passée le marabout n’a plus été qu’un apôtre religieux ; il devint un saint (5).

(1) FAN Bernard, op. cit., p. 207.

(2) Doutté, op. cit., p. 117 et suiv. — Houdas, p. 120 et 134.

(3) Houdas, op. cit., p. 251. — Augustin Bernard, op. cit., p. 207. — Dès 1 début de notre installation en Algérie, nous avons mis la main sur les biens des mosquées et nous nous sommes attribué la désignation de leur personnel. Cette dernière mesure eût suffi à enlever à ce personnel toute autorité, s’il en avait eu une; quant à la première, « elle a toujours été très sévèrement jugée par les musulmans et a donné lieu, de leur part, à beaucoup de récriminations, Aussi, en 1882, lors de l’annexion du Mzab, le gouverneur général, M. Tirman se borna-t-il à déclarer que les biens et revenus des mosquées ibadites seraient considérés comme biens de fabrique et soumis, en principe, à la législation qui, en France, règle la gestion des biens de l’ Église » (Rinn, Martbous el Khouan, p. 9, note 2). — I1 n'apparaît pas que nous ayons eu à nous louer de notre générosité, et souvent, les revenus de ces biens, dont les mosquéee abadhites ont été ainsi maintenues en possession, ont été détournés de leur destination et employés à combattre l'influence française. )

(4) Les Marabouts. L'Islam algérien en 1900, p. 42 et suiv.

(5) Le sens du mot marabout s’est encore élargi par la suite; il a fini par désigner tout ce qui est sacré. — Cf. Doutté, L'Islam algérien en 1900, p. 43.

Au Maroc, le saint est, le plus souvent, appelé ouali (f) ; et l'on fait précéder son nom du titre de moulaye, mon maître, ou du titre de sidi, monseigneur (2).

La qualité de marabout s'acquiert par la commune renommée. Un homme s'isole, vit en ascète, ou bien se livre à des pratiques charitables, ou bien opère une guérison surprenante ; cela peut suffire pour qu’il soit sacré marabout. Souvent, aussi, l’on reconnaît la qualité de marabout à un idiot ou à un fou (), la folie ayant toujours été considérée par les peuples primitifs comme un mal mystérieux, une sorte de mal sacré.

Les femmes, elles aussi, peuvent devenir maraboutes. On les appelle, alors, comme en Orient, setti, madame, — et, le plus souvent, Lalla, maîtresse (4).

La qualité de marabout s’acquiert, également, par la naissance ; elle est héréditaire. C’est ainsi qu’il est, en Kabylie, des villages de marabouts, voire même des tribus maraboutiques (5).

Le marabout obtient des guérisons miraculeuses ; il fait tomber la pluie dans les périodes de sécheresse ; il joue le rôle d’arbitre ; il accorde sa protection (anaïa en Algérie, ze{’ata au Maroc) aux voyageurs et les met à l’abri des coups de mains (6). Le culte du marabout n’est point, à la vérité, gratuit, ni son intervention désintéressée. Le marabout reçoit des offrandes, ziara, et perçoit même, quelquefois, de véritables tributs sous les noms de s’'adak’at, de hediya ou de ghefarat (7). Mais il faut reconnaître, cependant, que, souvent, « les marabouts ont été pour les populations de véritables bienfaiteurs » et que, seuls, au milieu des guerres perpétuelles et de l'anarchie, ils ont représenté Q un peu de savoir, de justice, de clémence » (8).

Le chérif (sing. de cheurfa), lui aussi, est un saint, un mara-

(1) Augustin Bernard, op. cit., p. 199.

(2) Doutté, op. cit., p. 48.

(3) Cf. Doutté, op. cit., p. 44.

(4) Cf. Doutté, op. cit., p, 48.

(5) Hanoteau et Letourneux, op. cit., t. II, p. 83 et suiv. . (6) Doutté, op. cit., p. 49.

(7) Doutté, op. cit., p. 49.

(8) Augustin Bernard, Le Maroc, p. 208.

bout ; mais c’est un saint qui descend du Prophète par sa fille Fal’ma, épouse d’Ali (),

En Algérie, certaines tribus se considèrent comme la postérité de cheurfas; elles portent, alors, le titre de Oulad sidi, suivi du nom du chérif auquel elles prétendent se rattacher (2).

Au Maroc, les cheurfas se répartissent en Idrissites et en. Alaouîtes. Les uns comme les autres descendent d’Ali, le gendre du Prophète ; mais les premiers, tels les cheurfas d'Ouazzan, par exemple, en descendent par Moulay Idris, le fondateur de la dynastie idrissite, dont le fils a fondé la ville de Fez (3), et sont considérés comme étant de meilleure noblesse religieuse (4.

En Orient, à la Mecque, dans toute l'Arabie, les cheurfa comprennent non seulement les descendants de Mahomet, mais aussi les descendants de ceux de ses contemporains qui étaient issus des premières familles de la Mecque (5), et le mot Sayyid est celui employé pour désigner les descendants du Prophète (6),

78. — Le culte des saints se rencontre en tous pays musulmans; mais il a pris dans le nord de l’Afrique un développement extraordinaire. Les raisons de ce développement ont été remarquablement mises en lumière par Doutlé dans les termes suivants : € On s’explique facilement, dit-il, que le pur Islam, qui n’admet guère ce culte, n’ait pas suffisamment contenté ses sectateurs. Allah est trop loin du fidèle ; il en est séparé par un abîme et le musulman semble un jouet dans la main de son Dieu. Or, l’homme a la conscience profonde de l’affinité de sa nature avec celle de la divinité ; et la conception musulmane du dieu ne donne pas, sous ce rapport, satisfaction aux aspira-

(4) Le titre de cheurfa est quelquefois donné, au Maroc, aux descendants d’Abou Bekr es-siddik et d'Omar ; mais ils s’emploient, alors, pour préciser la branche de la famille et l’on dit : cheurfa siddikiin, cheurfa omariin. — Cf. L'aristocratie religieuse en Egypte, Rev. M. Mus., février 1908, p. 243.

(2) Doutté, op. cit., p. 45. — Cf. Trumelet, Les saints de l'Islam, p. 247,

note 1. É (3) Augustin Bernard, op. cit., p. 90.eb 199. (4) René Pinon, Les événements du Maroc, Rev. des deux Mondes, 1° mars

1903, p. 155 et 156.

(5) L'aristocratie religieuse en Egypte, Rev. M. Mus. fév. 1908, p. 243.

(6) Eod. loc.

tions du croyant. Cela suffirait à expliquer le culte des saints ;

. mais il y a plus. Ce culte, au Maghrib, a le véritable caractère d’une adoration de l’homme, d’une anthropolâtrie; et cette anthropolâtrie y est pratiquée depuis une haute antiquité » (), et «le vieux goût des Berbères pour le culte de l’homme n’a cessé d'étendre son influence » (2).

Et, à l’heure actuelle, ce culte n’a vu diminuer ni le nombre, ni la ferveur des fidèles. Les maraboults et les cheurfas ont conservé toute leur influence. C’est cette influence qui a tenu si longtemps en échec les influences européennes dans le nord de l'Afrique ; c’est parmi les marabouts que se sont toujours recrutés, en Algérie et au Maroc, les chefs de la résistance à la pénétration française, lors de la conquête, — les chefs d’insurrection, la conquête terminée. Et, aujourd’hui encore, au Maroc, Augustin Bernard constate que «les marabouts sont la plus grande puissance politique et que le peuple les révère infiniment plus que le sultan, malgré le caractère religieux de celui-ci » (à).

19. — Confréries religieuses (4, — Les confréries religieuses paraissent avoir été, à l’origine, des associations de soufis, c’est-à-dire de mystiques.

La simplicité de l'Islam ne pouvait convenir à tous ceux que l'Islam avait pliés sous sa loi. Cette religion « froide, austère, rigide des Sémites ne pouvait, par exemple, complaire à l’imagi-

(1) Op. cit., p. 40.

(2) Eod. loc., p. 38.

(3) Op. cit., p. 202.

(4) Rinn, Marabouts et Khouan. — Depont et Coppolani, Les confréries religieuses musulmanes. — Arnaud, Précis de politique musulmane, t. I, p. 108 eb suiv. — L’Islam et la politigne musulmane française dans l'Afrique occidentale. — Bul. com. Afr. fr., Rens. col., 1912, — Le Chatelier, L’Islam dans l'Afrique occidentale. — Les confréries musulmanes du Hedjaë. — Doutté, L'Islam algérien en 1900, p. 53 et suiv. — Augustin Bernard, Le Maroc, p. 203 et suiv. — Salmon, Confréries et saouias de Tanger, Arch. maroc., t. Il, p. 100 et suiv.— Joly, Les confréries religieuses et les marabouts en Algérie, Congrès de l'Afrique du Nord ; Compte rendu des travaux, t. IL, p. 414. — Delafosse, Les confréries musulmanes et le maraboutisme dans les pays du Sénégal et du Niger, Bul. com. Af. fr. — Rens. col., 1911. — Simian, Les confréries islamiques en Algérie, thèse, Paris, 1910. — Michaux-Bellaire, Le Gharb, Arch. mar.,t. XX, p. 233 et suiv.— Gaudefroy-Demombynes, op. eit., p. 57 et suiv.

nation ardente des esprits persans ; elle ne pouvait davantage convenir aux Hindous abîmés dans le panthéisme depuis des siècles » (1). Il était fatal « qu’une réaction se produisît dans le monde musulman sous la forme du mysticisme » (2). Et il était fatal, aussi, que le développement du mysticisme aboutit, en dépit de la parole du Prophète qu'il n’y a pas de vie monacale dans l'Islam (@), à la constitution d'associations mystiques, les exlases élant contagreuses et l'association favorable aux exercices mystiques (4),

Importées dans l’Afrique du Nord à une époque et dans des circonstances qu’il est difficile de préciser, ces associations, ces confréries, par leurs pratiques tendant à rapprocher l’homme de la divinité, à le mettre en communication directe avec elle, y ont contribué, comme partout ailleurs, — plus peut-être que partout ailleurs, le milieu étant plus favorable, — au développement du culte des saints et des lieux consacrés 5). Mais, elles ont contribué, également, à la propagation de l’islamisme, à la diffusion de l'instruction et aussi de l’assistance (6). Il en est, enfin, qui ne se sont pas cantonnées dans le domaine religieux et se sont essayées à un rôle politique, celle des l’aïbia, au Maroc, par exemple, et celle des Tidjania en Algérie (7).

80. — La confrérie se nomme l’rik'at. Quelques-unes ont été fondées par « un homme illustre par son savoir, sa science coranique, parvenu à la connaissance du Dieu suprême par les pratiques et l’enseignement des maîtres du soufisme, gardien fidèle de la tradition mohammédienne et observateur de la règle

(1) Doutté, op. cil., p. 55.

(2) Eod. loc.

(3) On prétend, cependant. que -la vie cénobitique remonte aux premières années de l’Hégire et que la première association religieuse s’est constituée du vivant même de Mahomet. — Cf. Rinn, Marabouts et Khoran, p. 24. — Cf. Goldziher, Le dogme et la loi de l'Islam, trad. Arin, p. 113.

(4) Doutté, op. eit., p. 6,

(5) Augustin Bernard, op. cit., p. 204. — Houdas, op. cit., p. 249.

(6) Augustin Bernard, op. cit., p. 204.

(7) Houdas, op. cit., p. 249. — Augustin Bernard, op. cié., p. 204 et 205. —: Sur le rôle politique des Confréries M à Cf. Depont et Coppolaui, op. cit., p. 207 et suiv.

établie par ses illustres devanciers » 4). Mais, la plupart l’ont été par des marabouts, par des saints (2).

Le fondateur de la confrérie se nomme cheikh. Il en élabore les statuts, fixe les conditions de l'initiation (ouerd), ainsi que les formules du dzikr, c’est-à-dire la série des litanies dont se compose la prière de l'ordre, et arrête les règles de la transmission de la baraka, c’est-à-dire de la direction de l’ordre (à).

Le cheikh fondateur a tous les pouvoirs, temporel et spirituel. Il justifie de son droit à les détenir par la selselat el ouerd, ou chaîne des saints de qui il a reçu son enseignement, laquelle, par l'intermédiaire du Prophète et de l'ange Gabriel, remonte jusqu’à Allah (#).

Le siège de la confrérie, où réside le cheikh, se nomme zaouïa. Ce mot, « pris au sens propre, signifie angle, coin, et par extension, cellule d’un reclus, monastère, hospice » (5). La zäouia comprend un séminaire où l’on instruit les novices (mourid), où l’on forme des prosélytes, - une école où reçoivent des leçons les enfants du voisinage, — une maison des hôtes, où trouvent à se faire héberger les voyageurs et les pèlerins, à se faire hospitaliser et assister les malades et les indigents (6).

Les successeurs du cheikh fondateur portent, également, le nom de cheikh. Ils justifient de leur droit à la direction de l’ordre par la selselai el-baraka ou chaîne, qui indique la succession des chioukh qui se sont « transmis, à la tête de la confrérie, la baraka ou bénédiction divine » (7).

Au-dessous du cheikh est le £halifa ou naïb, le lieutenant, le coadjuteur, le dépositaire des pouvoirs du cheikh pour les régions éloignées (8). Le khalifa ou naïb vit généralement dans une zaouia dépendant de la zaouïia mère (9).

(1 et 2) Depont et Coppolani, op. cit., p. 197.

(3 et 4) Doutté, op. cit., p. 67 et 68.

(5) Depont et Coppolani, op. cit., p. 205.

(6) Eod. loc. — Doutté, op. cit., p. 69.

(7, Doutté, op. cit., p. 68.

(8) Depont et Coppolani, op. cit., p. 194 et 195. — Doutté, op. cit., p. 66. (9) Depont et Coppolani, op. cit., p. 205.

Puis, au-dessous du khalifa ou naïb vient le mok’addem, sorte de vicaire cantonal, assisté d'agents spéciaux, tels que le rek’k’4b, sorte de courrier (1) ; lequel mok’addem est seul à se trouver en relations avec les affiliés à la confrérie et a mission de leur faire connaître les instructions du cheikh.

Enfin, viennent les affiliés à la secte, les khouan (frères) ou derouich ou fok'ara (pauvres) 2), qui se reconnaissent aisément entre eux à la disposition des 99 grains de leur chapelet, laquelle est révélatrice du dzikr ou prière spéciale à la confrérie (8).

Beaucoup de ces confréries admettent des femmes (4. Dans certaines, même, les femmes peuvent être appelées à la direction de l’ordre. C’est ainsi qu'il y a quelques années, la zaouïa d'El Hamel, près de Bou-Saada, de l’ordre des Rah’mania, était dirigée par une femme, : alla Zineb (5).

81.— Parmi ces confréries, certaines passent pour nous être très hostiles, celle des Derk’aoua (6), par exemple, et surtout celle des Senousstia (1), dont la zaouïa mère a été transférée, il y a quelques années, de Djaghboub à Koufra, c’est-à-dire de la frontière occidentale d'Égypte dans l’hinterland tripolitain.

Mais il en est, par contre, avec qui nous entretenons les meilleures relations; telles sont, par exemple, les confréries essentiellement algériennes des Rah’mania et des Tidjania (6), et aussi au Maroc celle des T’aibia ou Touhama 0.

De la confrérie des Rah/mania dépendent les zaouïas d'El Hamel et de Tolga en Algérie, de Nefta en Tunisie. — A la

(1) Depont et Coppolani, op. ci., p. 194 et 195 — Doutté, op. cit., p. 66 et 67

(2) Depont et Coppolani, op. cit., p. 195. — Doutté, op. cit., p. 67.

(3) Houdas, op. cit., p. 127 et 198. 6

(4) Doutté, op.'cit., p. 72.

(5) CE Doutté, Les Marabouts, p. 86. À

(6) Depont et Coppolani, p. 503 et suiv.

(7) Eod. loc., p. 544 et suiv.

(8) Eod. loc., p. 271. — Doutté, op. cit., p. 75 et suiv. — Augustin Bernard, op. cit., p. 205.

(9) Depont et Coppolani, op. cit., p. 284 et suiv. — Doutté, op. cit., p. 80 et 81, — Augustin Bernard, op. cit., p. 204 et 205.

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