‹ Introduction A L'Étude Du Droit Musulman AlgérienChapitre 36 sur 40 · ER · texte numérisé non relu

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confrérie des Tidjania se rattachent les zaouïas algériennes d'Ain-Madhi et de Tamelhalt, près de Témacin, au sud de 7ouggourt. — Quant à la confrérie marocaine des T’aibia ou Tauhama, c’est le chérif d'Ouazzan, depuis longtemps protégé de la France, qui en est le chef.

82. — Or, quelle est exactement l'influence dont disposent ces confréries ?

Certains, voyant dans ces confréries « de véritables sociétés

occultes dirigées par des chefs aveuglément obéis » ({}, ont tenu cette influence pour considérable, au point que pour concevoir la puissance de ces associations, ils ont estimé qu’il fallait « se reporter à notre moyen-âge, ère de foi ardente dont l'idéal social était la théocratie » (2).

A l'inverse, l’on a prétendu que nous nous étions singulièrement exagéré l'importance de ces confréries, et que, dans le désir où nous étions d’exploiter, à notre profit, leur influence, nous avions tendu à favoriser leur règne en Algérie, et contribué à leur faire, plus ou moins, prendre des allures de sociétés secrètes (à).

La vérité nous paraît résider dans une opinion intermédiaire. — Le danger résultant de l'obéissance aveugle des Khouan à leurs Chioukh et du groupement, en vue d’une action

commune, de toutes les confréries musulmanes obéissant à un.

mot d’ordre unique, parti de Constantinople, par exemple (4), — nous paraît tout à fait imaginaire. C’est, qu’en effet, il existe entre elles des rivalités profondes, à tel point qu’on a pu dire que ces confréries « sont plutôt un moyen de discorde qu’un

moyen d’unir les esprits dans une pensée commune et d'élever ;

les âmes au-dessus des préoccupations de la vie terrestre » F).— D'autre part, ces rivalités. se retrouvent au sein des confréries, entre züouïas du même ordre ; à la tête de ces zaouïas, sont, le plus souvent, des marabouts qui se jalousent et se disputent la

(1 et 2) Arnaud, Précis de politique musulmane, p.117. (3) Doutté, op. cit., p. 91.

(4) Arnaud, op. cit., p. 118 et 119.

(5) Houdas, op. cit., p. 249,

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clientèle, si bien, constate Doullé, « qu’il n’y a peut-être pas d'exemple d’une confrérie qui, dans des circonstances critiques, ait obéi avec ensemble à son chef : il y a toujours des rivalités intestines qui empêchent l’unité d'action. On l’a bien vu, en 1871, lors de la levée de boucliers des Rahkmaniyya : les importantes branches de T’olga et d'El-H'amel refusérent de se joindre aux révoltés » (1).

Et, cependant, il est, dans certaines zaouïas, des marabouts vénérés, disposant, sur les Khouan, d’une autorité absolue, dont, par conséquent, l'hostilité pourrait, à un moment donné, nous créer de: sérieux ennuis, et à l’égard de qui il importe, dès lors, de pratiquer une politique de surveillance bienveil-

lante » (2), mais, aussi, de surveillance étroite ; car, « s’il ne faut pas s’imaginer les confréries comme ourdissant une vaste conspiration permanente contre la civilisation européenne, il ne faut pas les croire toujours et partout inoffensives » (8).

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