‹ Introduction A L'Étude Du Droit Musulman AlgérienChapitre 9 sur 40 · LE FAN · texte numérisé non relu

LE FAN

Pa Tr : ] tu, np ER] MA VE

à HA

CT

là

Are

IIT

LE DROIT MUSULMAN. --- CHR’A ; FIKH ; K’ANOUN

$ 1. — Sources du droit musulman, $ 2. — Écoles ou rites orthodoxes ou sounnites ; Rite malékite. — Sectes hérétiques ; Rite kharidjite abadhite; Rite chiite.

$3. — Caractères fondamentaux du droit musulman. $ 4. — Codification du droit musulman algérien. 13. — Le droit musulman.— Le Chr'a ; le Fik'h ; le K’anoun,.

Par ces mots : Droit musulman, nous n'entendons pas désigner l’ensemble des lois applicables, en un pays musulman déterminé, aux musulmans de ce pays.

En tout pays musulman, en effet, on distingue le Chr'a, — le Fik’'h, — le K’anoun.

Le Chr'a s'entend de toute disposition législative contenue dans le Coran ou la Sounnat (1). Le Coran, c'est le livre qui groupe les révélations d'Allah à son Prophète Mahomet. — La Sounnat, c'est l’ensemble des traditions relatives à certaines paroles, à certains actes de Mahomet inspiré par Dieu, « imprégné d'une grâce divine particulière », °t, aussi, à son silence approbatif. — Le Chr'a c’est, en somme, la loi révélée explicitement ou implicitement ; c’est la loi divine.

Le Fik’h (2), c'est l'ensemble des solutions déduites du

(1) Ibn Khaldoun ; Prolégomènes ; texte Quatremère ; t. IT, p. 1. — Riad Ghali : De la tradition considérée comme source du droit musulman ; p. 14 et suiv.

(2) Dans un sens très large, Fik'h signifie : connaissance, science. Le fak'ih est celui qui sait. — Sur le sens du mot Fik'h, Cf. Carusi : Il problema scientifico del diritto romano, p. 11 et suiv.; p. 34 et suiv. ; D. 44.

Ph

Chr'a, selon les principes posés par la loi divine, par les fouk’aha qualifiés à cet effet (1), à qui a été reconnu le droit de fixer l'interprétation à donner du Chr’a, à qui, en un mot, à été reconnu le droit de légiférer par voie d'interprétation du Chr'a-(2).

Le K’anoun, c’est le règlement édicté par le Souverain, pour remédier aux lacunes du Chr'a et du Fik’h, pour régler les situations nouvelles ou pourvoir à des besoins nouveaux.

Les règles du Chr’a et du Fik’h trouvent leur fondement dans la religion. Elles sont théoriquement applicables en tout pays musulman. Et, en tout pays musulman, l'application en est conférée à un tribunal religieux, le tribunal du Cadi.

Quant aux règlements rentrant dans la catégorie des K'anoun, ils varient d’un pays à l’autre, avec les besoins auxquels ils sont destinés à satisfaire ; et, les juridictions qui ont pour mission de les appliquer, sont des juridictions purement laïques, dont l’organisation et le fonctionnement sont laissés à l’arbitraire du Souverain (3).

Or, par droit musulman, nous entendons désigner unique: ment le ©hr'a et le Fik’h, c’est-à-dire l’ensemble des règles qui ont été révélées ou suggérées au Prophète Mahomet implicitement ou explicitement. — ou qui ont été élaborées par les juristes à qui la puissance législative a été reconnue, — et qui, théoriquement, demeurent applicables en tout pays musulman.

Page 1