CRITIQUE DES EXPÉRIENCES PRÉCÉDENTES
1° L'oléate de chaux est décomposé en quantité notable par l'acide acétique. dilué à 1/500 par a. fermentation: dela pomme deterre. :
2°Lessavons de chaux sontdécomposés également, mais .dans une proportion bien moindre par la fer-
mentation desmatières soitiin oétro, soit. dans lé: “cæcum:du chien.
Telles sont les propositions que nous permet. d'énoncer notre expérimentalion. On: voit que::sè. toutes deux s’accordent pour sauvegarder motre. hypothèse, la deuxième ne la défend plus: que faïblement. Si, en effel, les fermentations intestinales n’exercent sur les savons qu’une action aussi légère, celle-ci devient en pratique négligeable. Et cependant les mêmes -acides devraient avoir sur les mêmes savons une action identique. À quoi peut donc être imputable-une différence aussi sensible ? ‘
Disons tout d’abord que notre expérience sur le chien nepouvait donner de résultats importants, ainsi que nous nous en sommes aperçu par la suite.
Cét animal possède un cæcum extrêmement petit,
Ta »
d'un calibre sensiblement égal à celui du grêle et nullement différencié. De plus, la pomme de terre détermine chez lui une diarrhée de fermentation extrêmement intense. Et l'évacuation rapide du contenu cæcal vient écourter considérablement la durée d’action des acides de fermentation.
Donc chez le chien, cæcum très petit se vidant très rapidement. Conditions peu favorables à l’étude de la digestion cæcale, mais permettant cependant, grâce à l'évacuation rapide d’en saisir l’ébauche. Cette action si faible, que nous avons cependant mise en évidence,nous pourrons sans être trop hardi la supposer plus importante si nous lui donnons la faculté de se manifester plus complètement. Cependant, pour substituer à une hypothèse la réalité expérimentale, il faudrait opérer sur un animal à cæcum ditférencié, porc ou mouton.
Comparons maintenant les résultats de nos expériences in oitro.
La fermentation de la pomme de terre détruit l’oléate de Ca dans la proportion de 37,5 0/0 (Exp.», 2e série).
La fermentation des fèces détruit les savons éliminés dans la proportion de 12,4 o/o (Exp. 2, 3° série, la plus favorable).
Ainsi, la fermentation hydro-carbonée attaque dans les fèces trois fois même de savons environ que dans la pomme de terre seule. Nous avons cependant
.opéré dans les moins conditions de temps et de
température, D’autres facteurs sont donc intervenus
qui ont modifié les résultats. Nous avons spécialement étudié deux de ces facteurs.
Tout d’abord l'acidité. Il est évident en effet que si l’acidité des fèces est inférieure à celle que développe la pomme de terre,elle ne lransformera qu’une plus faible quantité de savons. Et l’acidité cæcale étant moindre que celle des fèces après vingt-quatre heures de fermentation, a fortiori ce phénomène sera-t-il plus atténué encoredans la digestion normale du cæcum.
Nous avons donc pratiqué un certain nombre de dosages comparatifs sur la pomme de terre fermentée et sur les fèces fraiches présentant le syndrome coprologique du contenu cæcal tel, que l’a décrit Goiffon (x).
Ces dosages, dont le détail sera exposé ultérieurement, nous ont montré que l’acidité cæcale (et par conséquent celle des fèces fermentées) était presque deux fois supérieure à celle qui résulte de la fermentation de la pomme de terre. Ce n’est donc point à l'insuffisance de l’acidité qu'était attribuablele défaut de concordance de nos deux séries d'expérience.
A ce moment nous avons été frappé de l’importance d’un fait qui jusqu'alors nous avait paru de peu d'intérêt. C’est que, dans la premiére série, nos recherches portaient sur la transformation de l'oléate de chaux, et dans la deuxième sur celle des savons contenus dans les fèces. Or les savons éliminés ne
1, R. Goiffon, Arch. des M. de l'app. digest., 1915.
SE ec
sont.pas.constitués par de l'oléate de chaux,mais par un n.6lapge d'oléate,margarale et stéarate de chaux et de magnésie. Dans ce mélange la proportion d'oléates est extrêmement faible. Nous. savons en effet que.le coefficient d'utilisation des graisses alimentaires.est en. raison inverse. de leur.point de fusion. Or d’après Arthus.(1) la trioleine pure est un.liquide incolore, huileux à la température ordinaire ; la tripalmiline et la tristéarine solides. à la tempéralure ordinaire fondent la première à 62 degrés, la deuxième à 7105. Donc.les résidus des corps gras seront surtout composés de palmitates et de stéarates. Voici d’ailleurs les chiffres donnés à ce-sujet.par R. Gaultier (2).
DLÉATIne. 27207 perte, pour 100: 86 à 91
Huile d'olives... perte;-pour 100: 2,80
On voit donc la faible quantité d'oléates qui se trouve donc les fèces par rapport aux autres savons, conclusion corroborée encore par ce fait que le point de fusion des graisses éliminées est beaucoup plus élevé que celui des graisses ingérées.
Ainsi, nous opérions d'une part sur les oléates avec des résultats importants, d'autre part sur un mélange de stéarates et de margarates avec des résultats bien plus faibles. a
La conclusion qui s’impose est que chaque savon
a une façon parliculière de se comporter vis-à-vis
5. M. Arthus, Précis de chimie physiologique, p. 28. 2. R. Gaultier, loc. eit., p.268.
EN pese
des acides de fermentation. Les cléates semblent se laisser décomposer plus facilement que les sféarates et les margarates. |
Le résultat de nos premières expériences nous a done amené à formuler une hypothèse plus précise :
L'acidité cæcale peut décomposer les savons alcalino-terreux.
Son action différente avec chacun d'eux semble d'autant plus importante-que:leur point de fusion est plus bas.
J'nvus reste “à vérifier -expérimentalement : cette mouvelle proposition.