‹ Introduction à l'étude et à l'enseignement de la scolastiqueChapitre 2 sur 19 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

prêter, cependant, un sens doctrinal. C'est pourquoi nous avons consacré les derniers chapitres de ce livre à l'étude des caractères de la philosophie même de l'Ecole. Ces caractères se trouvent être précisément les points de brisure de la pensée philosophique moderne avec la scolastique. On voit donc tout l'intérêt qui s'y attache. Ce que nous en avons dit, bien que forcément succinct et général, pourra servir d'introduction à des recherches plus étendues.

L'Eglise, depuis l'Encyclique /Etevni patris jusqu'à nos jours, n'a cessé de promouvoir, de toutes manières, la restauration de la méthode et des prmcipes scolastiques. Notre modeste travail n'a pas d'autre but que de coopérer à ce mouvement, qui répond, croyons-nous, aux premières nécessités de l'apostolat chrétien de nos jours. L'infirmité et le désordre de la pensée sont tels, parmi nous, que notre retoui^' à plus de santé individuelle et sociale paraît être moins une question d'oeuvres qu'une question d'idées et de doctrine. Pour ce qui est de la scolastique, ce qui manque le plus, parfois même à ceux qui ont iliission de l'enseigner, c'est une vraie conviction de son excellence et de son rôle bienfaisant. C'est à faire naître et à consolider une conviction de ce genre que nous avons consacré nos efforts. Une estime

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profonde et raisonnée pour la méthode et les principes de la sagesse antique, voilà ce que nous voudrions, en un mot, communiquer au lecteur.

Notre présent travail a paru, en partie, dans la Revue Thomiste. Nous lui avons fait subir d'importantes retouches et l'avons augmenté de nouveaux chapitres. Comme le tout n'avait pas d'autre but que de disposer favorablement l'esprit à l'égard de la scolastique, on comprendra que nous ayons pu titrer notre ouvrage comme nous l'avons fait. D'aucuns regretteront, sans doute, que nous n'ayons pas fait une plus large place à l'érudition. Mais nous leur ferons observer que nous avons voulu surtout remonter aux principes et viser au pratique. On commence à se rendre compte, du reste, que ce n'est pas précisément l'érudition comme telle qui fera sortir les esprits du chaos des idées et des principes oii ils se débattent. •*

NOTE POUR Là SECONDE ÉDITION

L'étude de la méthode d'exposition propre aux écrivains scolastiqucs constituait primitivement la partie la plus importante de cet ouvrage. L'introduction à la doctrine n'y occupait pas la place qui lui revient. Nous avons comblé cette lacune dans cette nouvelle édition. On y trouvera, sous forme de propositions aussi claires et substantielles que possible, l'exposé sommaire des notions fondamentales et des caractères différentiels de la philosophie de l'Ecole. CVst dans ce sens, que nous avons remanié considérablement notre troisième partie. Nous la recommandons tout particulièrement à l'attention des professeurs et des élèves de nos collèges et Séminaires : elle leur fournira des vues d'ensemble, des principes directeurs qui leur permettront d'aborder, avec fruit et sans trop de difficulté, n'importe quel traité des grands maîtres scolastiques. Comme nous le disons dans notre dernier chapitre, rintelligence contemporaine, rebelle à toute discipline et livrée au (( momentaliisme », a plus besoin que jamais de revenir à la ferme raison, au solide bon sens de saint Thomas.

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