‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 102 sur 212 · ATsÎD, p · texte numérisé non relu

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Celte paix malenconlreuse ne fut pas mémo une trêve; la nation ne voulut pas subir Thumiliation devant laquelle son roi courbait le front. Hiouen-t zong eut beau distribuer des faveurs et des titres, « accorder une amnistie complète à tous les criminels de son empire et une récompense à tous les fils et descendants de soldats morts en combattant », ce Tier peuple niu-tchi ne voulut rien entendre. <( Le cinquième mois, il annonça à tous ses sujets qu'il transportait sa résidence dans la capitale du Sud. Tout le monde, magistrats cl peuple, le suppliait de n*en rien faire ^ » Le malheureux prince n'osait prendre un parti; pour contenter son peuple, il laissa le prince héritier, avec garnison, dans la capitale du centre, à Pékin; les clients des Mongols, les Khitaï du Liao, réclamèrent; Hiouen céda encore : « Le septième mois, il entra dans Pian-King, et y fil appeler le prince héritier : — Ne faites point cela! dit un de ses conseillers, le brave Soulan,... il faut que le prince hérilier.demeure dans la capitale du centre.... » Iliouen-tzong, obstiné dans sa faiblesse, ne voulut pas céder; il rappela le prince. Alors, les patriotes du Nord se levèrent en masse, coururent sus aux fonctionnaires turcs et aux garnisaires mongols. Du premier coup, le Liao fut reconquis, le protégé de Témoudjine, un prince de la maison de Ye-Lou, culbuté, vingt villes reprises. Dans cette tourmente, on vit que Témoudjine était vraiment le Tchinghiz, « Tinflexible, l'inébranlable ». Il s'émut si peu qu'en pleine crise, il délachaiirinfaillible Djébé dans l'Ouest, pour prêter main-forte, s'il était nécessaire, aux quatre mille hommes qu'il avait laissés à Karakoroum sous les ordres de son beau-frère, Tougalchar de Koungrad; sur le Liao cl le Pé-tché-li, directement sur Pékin, il lança Moukliouli, avec Souboulaï pour flanqueur, Mingan pour avant-garde; en

i. AÏ!»in, p. 2t7.

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même temps, à l'autre extrémité, il prit les Kin à revers; un de ses meilleurs généraux, Samouka, partant de Ning-Hia, devait pénétrer au sud du coude du Fleuve-Jaune, et par la province de Chen-Si, attaquer les fameux défilés de Tong-* Kouan, au conQuent du Ho-Nan et du grand fleuve; c'est la porte du Ho-Nan, la vraie cuirasse de la Chine; quand Tennemi la perce à cet endroit, il fait une blessure mortelle ; la bète peut encore se débattre, donner des coups furieux dans les convulsions de Tagonie, mais le chasseur est assuré de la prendre. Frappée au cœur par Tépée de Samouka (prise des passes de Tong-Kouan, 1216-1217), déchirée par les Song qui avaient repris les armes, cruellement mordue par les gens de Hia qui couraient sur les flancs de larmée mongole, piquée en mille endroits par les insaisissables chouans en « habits rouges », la Chine des Niu-Tchi mit encore dix-huit ans à mourir, tant elle était forte et vivace; il fallut faire revenir de Touest Souboutaï en personne pour l'achever (1234).

L*arraée régulière des nationaux turcs-mongols commandée par Samouka était forte de dix mille hommes. Le Tchinghiz Khan, de sa personne, se tenait au centre, en Chan-Si, prêt à porter secours à sa gauche engagée en Pé-tché-li, à sa droite, lancée en Chen-Si, observant, gouvernant; il n'était pas capitaine, et le savait. Le plan d'ensemble de la guerre de Chine fut probablement combiné par Moukhouli, sûrement exécuté dans ses parties par Samouka, par Mingan, par Souboutaï, pour ne citer que les plus célèbres. L'Empereur Inflexible lui-même ne se mêlait pas de commander aux armées, qui étaient le rouage principal, mais un rouage, dans Fénorme machine d'Etat qu'il avait construite et qu'il dirigeait. « L'empire a été fondé à cheval, mais on ne peut pas le gouverner à cheval », lui disait le grand chancelier Yelou-Tchoutsaï, un Khitai de la maison

impériale des Khitai de Liao; leçon récitée par le ministre, et dictée par le souverain. Aux généraux, gens de métier, il demandait des plans, puis discutait le projet avec son clair bon sens, donnait carte blanche quand il Tavait accepté. « Il avait coutume de dire : Les commandants de corps d'armée ' chaque année une première et dernière fois me voient; mes instructions comprises, lesdites personnes prennent commandement des grandes armées en connaissance '. » Jamais ce conquérant ne se mêla de gagner des batailles; il lui suffisait de discerner ceux qui savaient les gagner. Au reste, toujours prêt à payer de sa t>ersonne quand il fallait montrer son autorité, inspirer la conGance; un Djébé, un Souboutaï, ne tiraient point Tépée, dans Faction qulls commandaient d'ensemble; lui, à Bamiane, « la ville maudite », après deux assauts repoussés et son petit-fils tué, il jeta son casque, et grimpa le premier à Téchelade, nu-tète, pour que tout le monde pût voir TEmpereur monter à la brèche '.

Le retour ofTonsif des Mongols fut terrible. « Le premier mois, l'armée de Hia (c'est le corps de Samouka) s'empara de Houn-tchéou. Le général Pousan d'Aïsin passa aux Mongols avec toute son armée. Ce même mois, le prince royal, fils de Hiouen-tzong, mourut.... Le général Li-Ing avait réuni les armées des deux provinces de IIo-Kien et Tching-Sang pour secourir la capitale. A Pa-tchcou, il but et s'enivra. En ce moment les Mongols vinrent Fatlaquer et mirent son armée en déroute; Li-Ing et tous ses soldats furent massacrés... L'armée de secours des deux généraux Tching-Cliéou

et Yong-Si s'enfuit en désordre Le cinquième mois,

larmée mongole prit la capitale du centre (Pékin); le

I. Litléralement • commandanls de dix mille •. Le • dix mille • eai le corps d*arm^e mongol.

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