‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 107 sur 212 · b'Ohssoii, <raprê9 Rachid-Ed-Dinc et Djouveini, I, p. m · texte numérisé non relu

b'Ohssoii, <raprê9 Rachid-Ed-Dinc et Djouveini, I, p. m

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mans, les volontaires nestoriens accourus d*Âlmalik, les capitaines et les hommes d'armes kéraït, devant les chrétiens; il y avait assez de chenapans tibétains dans les vieilles bandes de Djébé, traînant leurs lamas à leur suite, pour convaincre les bouddhistes. Au nom de Christ, de Mahomet, de Manès, de Bouddha, de Dieu, du Diable, les bonnes gens des Six Villes se soulevèrent contre Guchlug Timpie, contre Guchlug le tyran. Kachgar lui ferma ses portes, les ouvrit aux Mongols. On était au pays oïgour, de vieux loyalisme envers le maître de Karakoroum, le descendant authentique de la Biche Miraculeuse; les purs Kara-Khitaî venus de TEst ne pouvaient qu'acclamer leur vengeur, le Bordjiguëne qui leur avait rendu le Liao, qui avait abattu leurs ennemis, les Niu-Tchi. En perdant la bataille, Guchlug perdait tout; il ne put tenir nulle part, s*enfuit jusqu'en Badakhchan, sur les Pamir, « Terrasse du Monde ». Djébé le serrait de près; ce fut Ismaïl qui le rejoignit et lui coupa la tête. Maintenant, il ne restait plus un ennemi debout, en face du Tchinghiz Khan, depuis la Corée jusqu'aux marches de Turkestan et de Transoxiane, depuis Textrëme Nord, vide d'hommes, jusqu'au Hoang-Ho, jusqu'aux plateaux déserts du Tibet et jusqu'aux glaciers du Kuen-Lun.

Il fallait que le sultan de Kharezm, de Perse et de Transoxiane fùl vraiment aveugle pour ne pas voir approcher l'orage. C'était, d'ailleurs, une pauvre tète, avec tous les défauts de sa race, vrai Turc, ivrogne, emporté, tèlu, sans aucune des qualités qui ont fait d'autres Turcs si grands, le sérieux dans la conduite, la sûreté dans le coup d'œil politique et militaire, le solide bon sens. Depuis qu'il s'était fait appeler <( deuxième Alexandre » après la victoire que l'alliance de Guchlug, la bravoure des reltres kankli et kalatch venus de Turkestan et de ses États héréditaires, lui avaient value sur le Gour Khan vieilli et trahi, Mehemed ne doutait

plus de rien. D*abord, il voulut jouer au Mahmoud de Gazna, recommeucer une croisade dans Tlnde; son expédition s'arrêta juste au point d*où Mahmoud avait pris son essor, à Gazna même, qu'il conquit en 1216. La Perse méridionale, TAfghanislan, les Marches de llnde étaient partagées entre une quantité de seigneurs féodaux, la plupart Turcs d*origine, se donnant le titre d'Atabek, » gouverneurs » ', et se réclamant, envers et contre tous, du souverain spirituel, du Khalife de Bagdad, qui leur vendait le privilège de sa suzeraineté. Mehemed lui-même n*était que le délégué du Khalife sur Théritage des Seldjoukides. Attaquer les Atabek sans demander au pape de Bagdad son autorisation, c'était se révolter contre lui, c'était commencer une querelle des investitures. Le pape protesta, le fils du Batailleur se fÀcha, soutint que le Khalife intriguait contre lui, minait son auto* rite, et, dans un accès de colère, marcha tout droit sur Bagdad. La querelle des investitures commençait entre Tempereur d'Asie et le Khalife ; les Mongols la terminèrent à leur manière; en 1252, Houlagou supprima le Khalife et le khalifat.

Nessavi, l'ami, le compagnon d'armes du prince Djclal-Ed- Dine, fils de Sultan Mehemed, donne le détail de la rupture. Le Sultan faisait valoir ses droits sur l'empire des Seldjoukides; il se posait en protecteur du Khalifat, s*imposait comme avoué à leur place : « Il se préoccupa de réclamer aux Beni-Seldjouk l'autorité qu'ils détenaient, ainsi que Tcmpirc de Bagdad. A de nombreuses reprises, il expédia des ambassadeurs chargés d'exposer ses demandes, mais il no reçut aucune réponse des Seldjoukides qui savaient combien il était occupé avec les tribus qu'il avait devant lui dans la Transoxiane et le pays des Turcs... Un nouveau grief

1. Pères-Beigneiirs, père étant prit au sent figuré. Voir plut haut.

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vint s*ajouter aux précédents : les Seldjoukides traitaient avec mépris les sujets du Sultan qui se rendaient à la Mekke, et Ton avisa même le Sultan que les pèlerins du chef des Ismaéliens étaient mieux traités que les siens. Ce dernier trait produisit TefTet que ferait une piqûre sur un ulcère, ou du sel sur une plaie \ »

Ce furent précisément les Ismaéliens, « les hérétiques de la mort », qui fournirent au colérique et vaniteux Mebemed le prétexte d*une rupture avec le Khalifat : « Les Ismaéliens assassinèrent Âghelmich (Ogoulmich) TAtabek, qui avait été le lieutenant du Sultan dans l'Irak.... La Khotba ayant, à ce moment, cessé d'être faite au nom du Sultan dans Tlrak, ce prince se mit alors en marche vers cette province pour la ramener sous sa domination '. >i

Qui avait désigné l'Atabek, lieutenant de Mehemcd, aux poignards des Assassins? Il y avait eu, avant le meurtre, une discussion très vive entre le Sultan, et le légat du Khalife; le Sultan avait répondu à toutes les arguties théologiques du légat citant des Hadits (traditions du Prophète; à peu près nos Pères de TÉglise, et un peu, aussi, nos Décrétâtes) : « Bien que je ne sois qu'un Turc, peu familier avec la langue arabe, j'ai cependant compris le sens du Hadit que tu viens de réciter. Pour ma part , je n'ai jamais fait de mal à aucun des descendants d'Abbas et n*ai jamais conçu de mauvais desseins à leur égard, mais on m'a rapporté qu'il s'en trouvait un 1res grand nombre dans les prisons du prince des croyants... Si donc le Cheikh répétait aux oreilles du prince des croyants ce même Hadit, il ferait une chose plus convenable, plus utile, plus efficace et plus saine. » Ncssavi ajoute : « Une longue discussion s'engagea alors... Mais je ne la reproduirai pas, car le silence sur de

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