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Paléologue, VArt chinois

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personnage que Inandj Koullouk Oloug-Mclka (ce sonl les titres de Nacir Ed-Dine, vizir de Djelal Ed-Dine).

En cinq mois, sans une seule bataille rangée, après deux gros combats sous Bokhara et Samarkande, contre cent mille hommes, au moins, mal commandés, mal organisés, mais 1res braves, les Mongols avaient conquis le Turkestan, la Fergana et la Transoxiane; leurs quatre armées se rejoignaient tranquillement sous Samarkande, avec une telle assurance que le Trhingliiz Khan renvoya les contingents oîgour, toujours favorisés, dans leurs bourgs et dans leurs villages, et qu*il forma un détachement de vingt-cinq mille hommes, réduisant ainsi son armée d^opérations de trentecinq mille hommes, quand le Khorassan et le Kharezm restaient à conquérir. Il est vrai qu'il avait derrière lui une réserve de recrutement inépuisable, tout le pays turc oriental, et que le détachement de vingt-cinq mille hommes allait préparer la besogne à. tout le monde; c'étaient Djébé et Souboutaï qui le commandaient.

Je ne connais rien, dans Thistoire militaire, qu'on puisse comparer à cotte fantastique chevauchée des vingt-cinq mille, depuis Samarkande jusqu'à Théodosie et au Don. Cest la plus extraordinaire folie qu'on ait jamais faite à la guerre, une extravagance savante, un . j:i2JD[ian mathémalii}iMment calculé, une absurdité raisonnable. Fourriers de la grande^ / conquête, ils couraient au galop, marquant le logement des \ armées qui mirent quinze années à les suivre. Les Persans, les Turcs d'Azerbaïdjan, les Arméniens, les Géoi^iens, les Circassiens, les Alains, les Turcs du Kiptchak, les Vénitiens de Crimée, les Russes, les Bulgares, les Bachkirs de la Magna llnngaria virent passer, dans un tourbillon de poussière, l'Étendard mongol, infaillible, toujours victorieux; il fallut encore de rudes eiïorts pour dompter celte foule de nations, mais ce fut en dehors de la route sur laquelle Djébé et

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Souboutaï avaient marqué les étapes de la conquête. Sur la pisle même de leur chemin, après leur passage, personne n osa plus regarder en face le drapeau mongol.

Le compagnon de Djelal Ëd-Dine, le fanatique patriote qui a chouanné jusqu'au bout contre le « Maudit », comme il l'appelle, Nessavi lui-même ne peut retenir un cri d'admiration :

u Âvez-vous jamais ou! dire qu'une bande partie du point où le soleil se lève ait parcouru la terre jusqu'aux portes Caspiennes, traversant le pays de Kiptchak, portant le ravage au milieu de ses peuples, semant la mort sur son passage? Point de terres qu'elle n'ait foulées sans les piller; point de villes qu'elle n'ait rencontrées sans les détruire. Puis retournant vers son maître en suivant la route du Kharezm, malgré cet immense circuit revenant saine et sauve, les mains chargées de butin, après avoir passé au fil du glaive tous les habitants! Et tout cela en moins de deux ans M »

Les instructions de Djébé portaient de serrer de près Sultan Mehemed, de lui couper le chemin du Kharezm, de l'acculer, et de le prendre, mort ou vif. Djamouka, Tokta Begui, Guchlug, avaient appris au Tchinghiz Khan ce que pouvait un ennemi, tant qu'on ne le tenait pas; d'ailleurs, le Sultan était le souverain légitime; lui vivant, le méticuleux Témoudjine ne se croyait pas en règle pour gouverner ses États. D'autre part, la conquête du Khorassan, du Kohistan, du Kharezm, restaient à faire, celle de la Transoxiane à organiser; on ne savait pas ce qu'était devenu Djelal Ed-Dine; il fallait surveiller les avenues de Gazna, d'Afghanistan, par 011 un retour offensif était à craindre; enfin, on devait, par-

1. Nessavi, p. 76. — M. Boudas Iraduit par > horde • le mot arabe tayiffff que je traduis par « bande ■ ; les Turcs et les Iraniens emploient fréquemment tayifé dans le sens de bande : on dit par exemple : Koul tayifésif • le corps des Janissaires «; Balyktchy (ayifési, > un équipage de poche •.

dessus tout, garder les communicatioas avec le Nan-Lou, le Pé-Lou, le pays mongol et la Chine où Moukliouli élait engagé. Pour toutes ces raisons, le Tchinghiz Klian établit son Ordou, « quartier général et impérial », à la fois camp militaire et siège des bureaux et du gouvernement, dans la résidence d*été du sultan Mehemed, un peu au sud do Samarkande, entre la ville et les montagnes; belles prairies, verdoyants pâturages, eaux courantes, chasses superbes; Bàber appelle ce pays Kan i Gul^ « la Mine de roses ». C'est de là que partit Djébé,avec Souboutaï en sous-ordre, et Tougalchar Koungrad — deux corps réguliers, un auxiliaire, vingt-cinq \ mille hommes en tout — pour en finir avec le Sultan. La place de Termiz leur barrait le passage de l'Amou Darya * ; ils franchirent le fleuve en aval, sur des trailles qu'ils improvisèrent. Sur la rive gauche, ils se séparèrent, par prudence, pour se flanquer Tun l'autre contre un retour oITensif de Djelal Ed-Dine, qui pouvait venir du nord ou du sud, et pour couvrir plus de terrain, prendre plus do renseignements et nourrir plus facilement leurs chevaux, sur deux pistes à fourrage que sur une seule. Ils intimidèrent Merv, la grande ville, emportèrent Zaveh au passage, insultèrent Thous, Tancienne Suze; à Nichapour, ils se réunirent; le Sultan y avait laissé grosse garnison; de suite, à la course, ils donnèrent l'assaut; Tougatchar y fut tué, sans prendre la place; mais l'assaut avait été si furieux, que personne de la garnison n'osa plus sortir des murailles *. Ils se séparèrent encore, Djébé niant par le nord, Souboutaï par le sud; devant Rayi, le Téhéran actuel, ils se rejoignirent, sûrs que le Sultan n'avait pu se sauver du côté du Caucase ou de Bagdad, et qu'il devait être au nord ; alors , tenant la piste , ils coururent

4. Los Mongols ne prirent Termiz que cinq mois plus tard, après dix jours de siège.

5. Les Mongols, sous Touloul, ne prirent Nichapour qu'un an après.

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ensemble jusqu'à la CaspieDoe» « la Mer des Corbeaux » *, comme rappelaient, douze cents ans avant eux, leurs ancêtres les reitres lurcs du Chinois Pan-tchào. C'est là qu*ils le laissèrent, mort, dans Tilot d'Âbeâkfiun, proche Tembouchure de la Gourgane; on venait de Tenterrer, si dénué de tout qu*il ne se trouva même pas un linceul pour Tenvelopper; un de ses fidèles donna sa chemise; ses dernières paroles furent de piété : « Nous appartenons à Dieu, et nous retournons vers lui. » Nessavi vieilli, « le cœur ulcéré, Tesprit aflaibli et malade* », a écrit un tableau saisissant de cette fin tragique; les Mongols serraient le Sultan de si près qu'il eut tout juste I le temps de s*embarquer. « Des flèches lancées par les Tatars tomBèrent dans la barque et un certain nombre de ces maudits se noya en poursuivant avec acharnement le Sultan pour s*en emparer... Plusieurs personnes qui se trouvaient avec lui dans la barque m*ont fait le récit suivant : Nous conduisions Tembarcation tandis que le Sultan, qui souffrait d'une fluxion de poitrine au point de désespérer de son retour à la santé, se tenait étendu et montrait la plus grande affliction : « De toutes ces régions de la terre dont j*ai été le souverain maître, disait-il, il ne m'en reste pas même deux coudées pour y creuser ma fosse et en faire ma tombe! » Dans Tlle, le fils du Batailleur eut des joies d'enfant et des caprices de malade : (c Sa maladie allait toujours croissant. Des gens du Mazanderan venaient chaque jour lui apporter à manger et tout ce qu'il désirait. Un jour il dit : « Je voudrais bien avoir un cheval qui brouterait près de cette tente... » Or, avant ces derniers événements, le grand écuyer du Sultan avait rassemblé dans les écuries royales trente mille chevaux, et disait : a Je n'en ai sous ma direction que trente mille, mais si je le voulais, j'en aurais soixante mille sans avoir à débourser

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