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Nessavi, p

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ni un dinar, ni un dirhem. Il me sufGrait pour cela d'en demander un à chacun des palefreniers des haras du Sultan , répandus dans le pays, et le chiffre se monterait à plus de trente mille. »

Jusqu'à la fin ce mourant, ce fugitif, ce banni, se comporta en grand roi, tenant sa cour et distribuant les grftces. « A tous ceux quiy durant ces derniers jours, lui apportèrent à manger ou autre chose, le Sultan délivra des décrets les nommant à une situation ou leur assignant une importante concession. Souvent même la personne était obligée de rédiger ellemême le décret, car le Sultan n*avait plus auprès de lui de secrétaire pour libeller ces décisions prises dans l'Ile, et qui toutes, d'ailleurs, étaient soumises à l'approbation de Djelal ^ Ed-Dine. Quand ces décrets furent présentés à Djelal Ed-Diae- | lors de son arrivée au pouvoir, il les contresigna tous. En ^ outre, lorsque ceux qui avaient reçu un sabre ou un foulard du Sultan comme gage d'une concession ou d'un emploi les présentèrent à Djelal Ed-Dinc, celui-ci baisa ces objets et confirma les engagements dont ils étaient Tindice, en signant

les nominations qui lui avaient été indiquées Lorsque

la mort vint frapper le Sultan dans Die et qu'il dut payer à Dieu réchéance de sa vie, son corps fut lavé par les soins des principaux personnages de sa suite, Chems Ëd-Dinc Mahmoud le tchaouich (huissier du palais, ministre de la police), et par Mokarrib Ëd-Dine (surintendant des surintendants, chef des valets de la chambre). Comme on ne trouvait pas de quoi ensevelir le corps, Chems Ed-Dine donna sa chemise pour servir de linceul. Le Sultan fut enterré dans l'Ile en l'année 617 (8 mars 1220-25 février 1221) <. »

Nessavi affirme qu'avant de mourir» le Kharezm Chah avait expressément désigné et fait reconnaître par les assistants

i. Nessavi, p. 70 h 81.

Djelal Ed-Dine pour son successeur. II lui fait dire : « Noire ennemi lient Tcmpire dans ses griffes et le déchire à belles dénis. Nul autre que mon fils Meungberdi ne saurait me venger el effacer cet affront. Je Tinstilue mon successeur ^ » Avant d*aller mourir dans Abeskoun, le fils du Batailleur avait tcnlé un simulacre de résistance, sur le pré de Devlet Abad, où il eut son cheval tué sous lui; sa mère, Turkane Khaloun, avec ses pelits-cnfants, fuyant d'Ourguendj, alla se cacher au château d'Ilal, se croyant oubliée; le trésor suivit une autre route, fut dissimulé dans le petit chftlcau d'Erdcline, près de Bistam en Tabaristan ; mais Djébé n'était pas homme à s'égarer sur une fausse piste; il fit bloquer les deux châteaux, et quand les gardiens du trésor, effarés, quand la grande Khaloun, affolée, demandèrent miséricorde, il retourna les prendre. Dans celle méthodique armée mongole, on ne négligeait rien; Nessavi raconte qu'avant d'expédier les caisses du trésor au Tchinghiz Khan, Djébé fil venir le trésorier, et sceller minutieusement les

coffres par-devant témoins.

La mission accomplie, après cette course furieuse, il fallait se ravitailler, et demander de nouvelles instructions. Avec les nouvelles, le trésor, les prisonniers de marque, on envoya au Tchinghiz Khan un beau rapport et un projet soumis à son approbation; les Chinois parlent du projet, et l'attribuent à Souboutaï. « Il demanda la faveur d'être autorisé à conquérir la contrée des Kiptchak'. » En attendant la réponse, lui el Djébé conquirent la Perse du Nord et TAzerbaïdjane, pour vivre plus à Taise sur le pays, garnir leurs troupes, et les tenir en haleine. Rayi, Koum, Ilamadan — l'ancienne Ecbatano, — Kazvin Tilluslre, Zendjan, furent

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