Karamzin, III, p. 530 et suiv
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gardes '. Les deux héros ramenèrent ce qui restait de leurs vingt-cinq mille par le nord; à Tsarytsin, ils franchirent le Volga, battirent les Saccasin — les Saxini ou Saxi de Plan Carpin, — puis étrillèrent les Bulgares de la Grande Bulgarie, sur la Kama, et se donnèrent Tagrément de passer sur le ventre à des Turcs Kankli établis de ce côté, et de tuer leur Khan, qui avait la fatuité de leur barrer le passage. Finalement ils revinrent par Imil, le Tchougoutchak actuel, et rentrèrent en Nan-Lou, au pays oïgour et mongol, à TOrdou du Tchinghiz Khan. « Us revinrent bien contents, dit naïvement Aboulghazi, le Khan approuva le rapport qu'ils lui firent et leur accorda de hautes récompenses. » Djébé, fourbu, mourut peu de temps après. Souboutaî survécut à tant de fatigues et de gloire. Les peuples étaient si bien réduits, sur le chemin, que Djoudji, parti d*Ourguendj, put aller, avec rinvestiture de Tempereur, prendre possession en Kiptchak sans coup férir.
Le Tchinghiz Khan eût été le plus ingrat des hommes s*il n'avait pas apprécié, à sa juste valeur, le service que venaient de lui rendre ces deux élonnants servileurs, Souboutaî et Djébé; comme un réseau d'acier, souple et tranchant, ils avaient entouré l'empire naissant, l'avaient protégé contre toutes les attaques, à l'ouest, au sud, au nord. A l'abri, derrière eux, le Tchinghiz Khan compléta la conquête, prépara l'assimilalion de tous les pays où, depuis si longtemps, Perses et Turcs luttaient ensemble, Iran contre Touran ; cette fois, et pour longtemps, Touran l'emporta. Un moment, il y eut une furieuse révolte; sur le passage du champion héroïque de l'Iran, de Djelal Ëd-Dine, les villes conquises, les peuples domptés, se levèrent en masse contre le « Maudit ». Ce retour offensif fut si terrible que dans la légende mongole et dans