‹ Introduction à l'histoire de l'AsieChapitre 12 sur 212 · Henri Moser, p. 31 et · texte numérisé non relu

Henri Moser, p. 31 et

Kounif et aux dépôts salins de la mer qui s^élcndait, autrefois, depuis la Caspienne jusqu*au Baïkal et au Fleuve-Jaune, il forme trois pâtes différentes, Tune d*argile compacte, imperméable, Tautre d*argile siliceuse, fluide, sablonneuse, la troisième de terre acre, imprégnée de sel, toutes trois dures et rebelles à l'homme.

Ver Kaliky asman iraky <» la terre est dure, le ciel est loin », dit le Turc. Entre les eaux courantes des grands fleuves, les canaux d'irrigation, les vallées boisées au flanc des montagnes, c'est la steppe à perle de vue, la lande argileuse, sablonneuse ou saline, rayée, dans le bassin oriental, par de longues stries de grève et de galets, dans le bassin occidental, par des amas de sables mouvants, des dunes barkane, « marcheuses )), comme les appelle le Turc, dans sa langue si souple et si vivante pour exprimer la forme et la vie de la terre. « M. de Richthofen divise les steppes en steppes do lœss ou de terre jaune, en steppes sablonneuses, steppes de gravier et steppes pierreuses. Celte classification comprend nécessairement les déserts arénacés et argileux dont Texacte délimitation n*est pas aisée à tracer *. »

Par endroits, la steppe argileuse est bosselée de « pelades », — c'est bien le sens du mot turc Takir^ — ou creusée « d'enfoncements » — Baikak — boueux et marécageux ; le mol do Balichik^ a boue », se trouve fréquemment, sur les cartes topographiques d'Asie, associé à celui de Katnych^ « roseaux, roselière », cl celui de Batkakj « enfoncement », au mot de Koum^ a sable ». Le Takivy la « pelade », est toujours absolument dénudé, ce Les Takirs sont impropres à toute espèce de végétation parce que leur sol est composé uniquement de terre argileuse, avec ou sans dépôts de sel, imperméable à l'eau qu'il laisse évaporer sans lui permettre

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de pénétrer dans le sous-sol et d*y entretenir une humidité suffisante à la vie d'une plante. La flaque d'eau hivernale ou printaniëre évaporée, il reste une cuvette à surface lisse où le pied des chameaux glisse aisément, où la chaleur bientôt fait craqueler Targile comme de la poterie au feu, mais où les graines, tombées par hasard, ne sauraient avoir ni le temps, ni la force de pousser leur radicelle à travers la terre cuite, en quelque sorte, sous Tardent soleil du premier printemps '. »

Loin des eaux courantes et des eaux stagnantes, aux endroits où les « pelades » n*ont pas formé leur croûte de terre cuite, à ceux où les » marcheuses » ne sont pas installées en maîtresses, où la grève et le galet n'étouITcnt pas la terre, partout ailleurs, la plaine est couverte de végétation. Dans les déserts des « Sables Noirs » et ceux des « Sables Rouges » — Kara Koum et Kyzijl Koum, — les Ta/dr et les Darkane font tache de lèpre au milieu des taillis et des landes qui avivent et verdoient le sol. « Il n'existe pas en Asie centrale de désert dans le sens absolu du mot, c'est-à dire une région dont la superficie soit entièrement dépourvue de toute végétation et dont le sol ne donne asile a aucun être vivant de la couverture végétale. » C'est d*abord, et partout, dans les deux bassins, le SaksaouL « Cette plante arborescente affectionne le Icrrain sablonneux sec, dépourvu d'humidité à la surface. Elle atteint jusqu'à quatre mètres de hauteur... Son bois est d'une dureté telle que la hache ne Tentame que difficilement, et cependant si cassant qu'un coup donné obliquement le casse sans grand effort... Lo Saksaoul est accompagné d'un certain nombre d'autres espèces de la famille des Légumineuses et de celle des Ombcllifères, qui font que ces déserts sont moins dépourvus

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