I. Uenri Mo^*r^, p. il! T
:S. Scrairélchc, en ruttse.
3. Ed lurc, UalOj Tdte, — la plaine; — on mongol, haluf^ Talai, — la mer.
16 INTRODUCTION A l/llISTOIRE DE L'ASIE
ici, OÙ le s aksaoul hérisse la terre durcie, c'est le Tougaî, « la brousse », là-bas, où sur la plaine semée de cristaux salins, la lumière promène ses mirages, c'est le lalguine^ « le miroitant, le mirage » ; ailleurs, c'est le vrai désert, le Tcheul, « là dehors » : — Tcheuldéy « dehors » — Euîdé^ « à la maison ». C'est le Talir, le « pré », en dialecte kirghiz, le pré aux acres senteurs aromatiques, où paissent les bandes bariolées des chevaux :
Achchinning boiy aï tatir, Alali djylky djoussa tir^
Acre et vaste, o pré ! — Multicolores, les troupes de chevaux s*y ali^meni *.
Us ont adopté jusqu'à des mots iraniens pour tout dire : Maidaney « la pelouse », Dechiy « la lande ». Le vocabulaire français n'est pas assez riche pour traduire celle multitude de noms par lesquels les Turcs et les Mongols ont défini, caractérisé, dépeint toutes les variétés, toutes les nuances de terrain, précisé le modelé du sol dans la plaine. La tempête la balaye sans s'y heurter à nul obstacle. Rapide, dans les bouffées du vent déchaîné, le Daguerlak, la grande hiron^ dolle des steppes ' fend l'air, el son vol siffle comme une flèche. J'ai tiré un Stjtrhaple de Mongolie aux iles Féroé; la tourmente l'avait emporté depuis la Chine jusqu'à la mer dislande.
Aux flancs des vallées qui remontent, à longue pente, du bassin occidental, vers la Montagne du Ciel et la crèle d*où l'on redescend, à pente rapide, sur le bassin oriental, les eaux découlant des glaciers ont imbibé, mélangé les détritus calcaires au Ihoprak et au lerreau des végétations pourries, formé la terre noire des zones forestières. C'est le
1. KadIolT, Proben dvr VMMteratur der TtnkLchen Siawmf, t. lU. p. 61, Irad. 52, texte : • La complainle du Kalmouk sur son pays. •