Syrrhaptes Pallasii
L'aSIE. — LE SOL 17
Fcrgana, le haut Syr Darya, d'abord : « H y a douze cents ans, environ, des forêts composées de sapins, de genévriers, de noyers, d'érables, de bouleaux, de pommiers et d'abricotiers sauvages couvraient d'un manteau presque ininterrompu les montagnes qui entourent le Fergana : elles descendaient même jusque dans la zone centrale, sur les bords des rivières. ...La plus grande partie de cette zone centrale disparaissait sous des massifs d arbustes, tels que le pistacliier, le tamaris, le néflier, le chèvrefeuille, etc. Il n'y a même pas plus de quatre-vingts ans, les vieillards s'en souviennent, que les buissons de pistachiers croissaient encore sur les hauteurs au nord de la ville de Namengan, hauteurs aujourd'hui absolument dénudées et devenues stériles. Au milieu de Tépaisse végétation qui couvrait la partie moyenne de la vallée, on trouvait, en beaucoup d'endroits, des puits et des sources abondantes, entretenues par la fonte des neiges. En même temps, presque partout, verdoyaient de vastes pâturages... Le bas de la vallée offrait un réseau presque ininterrompu de marais, de lacs, d'épais massifs de roseaux et de broussailles, et de vastes fourrés de Touranga (tamarix) \ » Le vieux chroniqueur de Bokhara, Abou Bekr Mohammed ben Djafar Narchakhi, qui écrivait en 332 de Fllégire (943), raconte que tout le pays de Transoxiane ressemblait, jadis, à la haute vallée du Yaxartes : » Bokhara était autrefois un bas-fond plein d'étangs et de marais, et couvert de roseliëres et de taillis. Les neiges sur les montagnes à l'orient, dans le pays où est maintenant Samarkand, enflaient chaque année rivières et ruisseaux, et débordaient sur le plat pays, qui ne valait guère pour le laboureur, davantage pour le pêcheur et
I. NaliTkine, p. 8, 9. Il faut ajouter à celle luxuriante végélntion, les amandiera, dont le nom est conservé dans Kendi Hadam, • le Vi liage aux amandiers •, et tant d^arbres dont parle Bâber : le Tahoulgou kVécocca rouge, l'Herbe aux ours, le Terek ou peuplier, elc.
lirrmODl CTION a L^lltSTOlRC DC l'\sis. 2
18 INTRODUCTION A L'HISTOIRB DE L'ASIB
le chasseur. Pourquoi, du lointain Turkestan, il arriva des gens en quête de chasse ' ; plus tard ils s'établirent et cultivèrent le sol, fondèrent les bourgs de Tarkamroud, Pervané, Azvané et Nour '. »
Au sud et de Vautre côté de THindou Kho, le sol se raffermit. A merveille, le conquérant fondateur de lempire des Grands Mogols, dans sa prose alerte, nous décrit le revers méridional des montagnes entre la Transoxiane et rinde « couvertes de pins, riches en sources, sillonnée de mamelons recouverts d*une terre molle. La végétation, et monts et vaux sont d'aspect uniforme et plaisant... » Plus loin vers Test, on voit « cyprès, chênes, oliviers, Icntisques... ce ne sont que monticules se succédant les uns aux autres sur une ligne continue, reposant sur durs rochers... A l'ouest... crêtes et hauteurs sans une touffe d'herbe... sommets plats où l'on peut galoper,... eaux courantes dans des ravins profonds, à pentes à pic, impraticables. C'est chose à remarquer que dans toutes les montagnes, les crêtes sont les plus difficiles à gravir, au lieu qu'ici, ce sont les pentes plus près du pied qui montent en escarpement...; en (véritable) Afghanistan, hauteurs médiocres, sol pelé, eau rare, végétation nulle, aspect triste et revéche; le pays ressemble à ses habitants ^. » On rejoint par là les landes arides et les ravins rocailleux de Beloulchistan et de Perse méridionale.
Au nord du Tian Ghan, au sud de la Haute Forêt,
1. Au xiii* siècle, on chassai l encore le cygne sur le lac Kara-Gueul.
2. Aboul Hassan ihn Mohammed Sichabouri^ cilé par Narchnkhi, dans la • Descriplion lopographique et hisloriquc de Boukhara. par Mohammed Ncrchakhy — texte persan publié par Ch. Schcfer, 18^2 •, p. 4 et 5, dans le texte. On trouve la traduction française de ce passage dans la • Helation de l'ambassade au Kharezm, par Riza Qouly Khan •, de Ch. Schefer, 1819, p. 259-260, — et en allemand, dans l'Histoire de liokhara, par Vambery. p. 1.