Lnam serurim. • /6ic/., p. G
5. - Kao conrrctum cum sanguine. • (Thoman de Spalato, p. 607.)
6. • Cnum rotundum et levé corium in nijus summilale per rirrnitum rrebra<« fariiint an<.is, in i|uilius fiineni imponunt et »tritiK"nt ita (|iiod in circuitu ra«'iunt qumdam ventrcni, qiiem replent vt>stibu!« el aliis rehus... p4»^t hoc in m(*4lio poniint M'Ilas et alias re<^ duriure?*; homines cliam in medio »edent. • (Mii/., p. (î'.^O.)
1, • Marhinns hal>cnt multipliccs. recte et forliter ja«-ientoti. • ^.Mathieu Paris, i. IV.) 8. Voir pins loin, p. «il"».
taire mongol complât sur lui comme candidat de son choix à la succession impériale. Les chroniques chinoises attribuent à ce prince les principaux succès, la soumission des Kiptchak, des Mokcha, des Bachkir, des Bourtass, des Alains, des Bulgares (la capitale de ces derniers fut prise dès le commencement de 1237), et la capture du chef kiplchak Bachmane, qui tint tète longtemps aux Mongols, faisant la guerre de partisans à outrance; une des colonnes qui le traquaient passa les bas-fonds, à Tembouchure du Volga, soit & un-gflé, soit ^^ la nage, et finit par le prendre dans un Ilot de la Caspienne où il se croyait en sûreté. Les Chinois ont fait une légende à cette cavalerie mongole, qui traversait les mers au galop *. En décembre 1237, les lignes de communication étant assurées sur le Volga et au nord du Caucase, les grandes opéralions commencèrent. Les Mongols marchent droit sur Moscou. Le 21 décembre, Riazan est enlevé d'assaut, le prince Youri (Georges) est tué ; son frère Roman essaie de tenir à Kolomna; il est tué, la place emportée; le grand-duc Youri de Vladimir envoie son fils défendre Moscou; il est battu et pris. Le grand-duc assemble son armée sur la Siti, un petit affluent de la Mologa; il se croit couvert par sa capitale, Vladimir, bien fortifiée; les Mongols y arrivent le 2 février 1238, somment la place; elle se rend le 7; dans Tintervalle, leurs détachements prennent Souzdal; puis, dans le courant de février, Gorodetz, Galitch, Pereslav, Kostof, Yaroslav, etc. Le 4 mars, ils tombent sur Tarmée du grand-duc, postée derrière la Siti, et Tanéantissent. Cependant, leurs détachements emportaient Volok-Kamsky [Wolo-Kolansk] et Tver; Torjok capitulait le 5 mars. On croyait qulls iraient à Novgorod; mais ce n*était pas le plan de Souboutaï; maintenant, il tenait la Russie du Nord ; c'était TaiTaire de Batou,
i. Vie de Meungke Kaan, dans le Yuan Shij Brelschneider, p. 80. La biographie de Souboutaï allribue la capture de Bachmaoe au général.
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après ia campagne, d'y asseoir son aulorilé. Brusquement, il tourna vers le sud, où la révolte des Kiptchak, Ténergique résistance des Alains et des Circassiens, menaçaient sa ligne de communication. Peut-être y avait-il aussi d'autres raisons, soit la nécessité, après cette rude campagne d*hiver en pays boisé, de refaire les chevaux dans le Decbt i Kiptchak, dans les grands pâturages de Russie méridionale, où il avait triomphé, dix-huit ans auparavant; soit des négociations mystérieuses avec les Vénitiens de Crimée, négociations dont nous verrons les effets. Quoi qu*il en soit, après l'anéantissement des forces militaires de la Russie centrale et septentrionale, les Mongols changent leur base d'opération, et la transportent du moyen Volga sur le Don, avec le nord Caucase et le bas Volga pour route d^étapes.
A la fin de 1239, la soumission du Kiptchak et du Caucase était complète. C'est en 1240 que la grande armée mongole, réorganisée, prend son élan vers l'ouest; elle ne rencontre plus de résistance en rase campagne, jusqu*à la frontière de Pologne; c'est une guerre de sièges, assauts pour les grandes villes, échelage pour les petites, blocus pour les châteaux inaccessibles à proximité de la ligne de communication. A Plan Carpin, qui a su obtenir des confidences, les Mongols racontaient, en riant, Tineptie de leurs adversaires, qui s'enfermaient dans les places fortes : « Ce sont nos petits cochons à retable », disaient-ils '.
Maîtres en rase campagne, ils emportèrent Tchernigov, puis Kiev, la ville sainte; les princes Miecislav Glebovitch et Michel s'enfuirent en Hongrie.
Kiev n'était pas seulement une ville sainte; c'était le grand entrepôt commercial du Sud; les Mongols s'acharnèrent à le
I. • TarUri plus diligent qiiod hominet se in cÎTiUbus et castris claadant qiiam quod pui^nent cum eis in campo : dicunt enim illos suos este porcellos in h&ra conrliisos. • (Plan Carpin, p. 730.)
déiruire, à ruiner la roule commerciale par lerre. Pourquoi? Ils n^avaient point de haine religieuse; d'ailleurs, la consigne était de respecter I(?s lieux saints, de ménager les églises et les clergés. Pourquoi cet acharnement à Kiev? Si Ton veut bien considérer qu'à partir du sac de la route commerciale parterre en 1210, les Vénitiens de Crimée tiennent le monopole du commerce avec Textrême Orient, et qu'ils le prennent par la route de mer et le Caucase, on soupçonnera, peut-être, quels conseillers ont guidé les Mongols, les bons amis de Venise, dans leur dévastation systématique de la Kiovie.* A la même époque commencent les transportations en masse de jeunes gens kiptchak, achetés aux Mongols par des entrepreneurs vénitiens et vendus en Egypte, comme apprentis gens d'armes *; ce sont les Mamlouks liahariles^ « d'outre-mer » : double bénéfice; les Mongols se défaisaient des turbulents, ayant assez de recrues à leur choix, moyennant argent comptant, et les Vénitiens gagnaient leur commission. Parmi ces garçons kiptchak que le raccoleur mongol vendait au marchand d'hommes vénitien, il y en avait un qui s'appelait, par son nom des steppes, Deïhars « la Panthère » ; le capitaine qui l'acheta lui donna pour nom d'armes Bondohdar^ « l'Arbalétrier ». Dans les prières publiques, au Caire, à Damas, à la Mekke, on devait plus tard proclamer son nom Sultan Beïbars Ahmed Zahir Ed-Dine, « Épanouissement de la Foi » ; il combattit saint Louis à la Massoure, chassa les croisés de leurs dernières places de Syrie, le Krak et Sain t-Jean-d' Acre, et eut l'extraordinaire fortune d'arrêter, pour la première fois, les invincibles Mongols; ce fut lui qui rompit le charme, aux sources de Goliath , où fut battu et tué le général mongol chrétien, le bon vieux Kit Bouka.
i. Les Vénitiens achetaient des esclaves, ou exactement des recrues kiptchak pour le service militaire en Egypte dès la premiî>rc invasion mongole en 1223, mais à (partir de 1238 il y eut redoublement,
Kiev emporté, son défenseur Dimitri prisonnier', les princes mongols essayèrent de se dérober ; Meungke et fiouyouk étaient dévorés d'anxiété. Le Kaan était malade, on le savait; s'il allait mourir, si le Kouriltaï mené par les Chinois, ou par les Transoxianais, par les impératrices, Serkouteni la chrétienne, la populaire, Tourakina, Ténergique, et Tinlrigante Ogoul Gaïmich, brusquait l'élection en leur absence? De son côté, Batou en avait assez de faire des conquêtes et de gouverner des peuples plus qu*il ne lui en fallait; il n'était pas comme ses petits-cousins batailleurs, Kaïdou, Baïdar, Buri, des enragés, aiïolés de guerre qui ne demandaient que plaies et bosses, et ne juraient que par Souboutaï. « Le Débonnaire » cherchait sournoisement à s'en aller; il avait épargné Dimitri de Kiev, l'emmenait partout avec lui, lui accordait sa confiance h un tel point que, d'après les chroniques russes, Dimitri réussit à lui persuader d'envahir la Hongrie. En réalité, il songeait si peu à quitter la Russie qu'il retarda Souboutaï, pour arrondir son domaine, prendre la Volhynie, Galitch, la Podolie et Kamenetz. Le premier, Meungke réussit à s'échapper ; Gouyouk ne déserta qu'après la victoire, s'elTaça en attendant, fit le mort. Batou resta sous la main de fer, et dut marcher, bon gré, mal gré, suivre la consigne que lui imposait respectueusement son terrible serviteur, Souboutaï le Soldat, « Sibedei senex, qui dicitur inter eos miles »V Ce que « le Soldat » voulait, c'était la soumission absolue du Kipichak, du Bulgare, du Magyar; les Mongols tenaient la mère patrie sur le Yaïk, sur le Volga, sur le Kouban; c'eiil été une honte nationale de ne pas aller jusqu'au bout, de ne pas soumettre les essaims qui avaient
{, Dimilri oui ta vie saiivc pour son courage. Un ronnais^cur comme SouboulAî ni». poiivAtl pas faim couper la lèle h co hravp, armci bas.
i. Plan Carpin, p. MH. Sans doule, mile»^ en lanfra^e du xiii* ftirdo, signifie • clH'valicr », mais avrr* le st-ris <|u#» non** ailarlions .'i ■ soldai •.
émigré de la grande Hongrie, « Magna Hungaria terra Pascalir » — comme disaient les Latins — et de la grande Bulgarie jusqu'aux lointains pays de la Touna.
Plus d'une fois, pendant la campagne, qui fut rude, Batou, fatigué de gloire et de batailles, tenta des remontrances : « Si vous voulez vous en aller, répondait durement Souboutaï, je ne puis pas vous en empêcher; mais moi, je ne m'en irai pas avant d*avoir atteint la Touna, et pris la capitale du Magyar S » Le Débonnaire savait bien qu'il ne pouvait pas s'en aller; ses troupes ne Tauraient pas suivi.
L'expédition de Hongrie était préparée, le pays espionné partout, les Kiptchak réfugiés là-bas travaillés par les agents mongols, si bien que la zizanie se mit entre les purs Magyars et ces Turcs qu'on accusait de pactiser avec Tennemi. Les Hongrois en vinrent presque à se brouiller avec leur roi. Bêla, un assez pauvre sire; ils lui reprochaient, entre autres griefs, de favoriser les étrangers ComanSy « Cumani » — ce sont les Kiptchak, — « au point qu'un Magyar ne pouvait gagner procès contre eux » ^ Ces Hongrois aiTolés ne connaissaient plus rien; les Allemands et les mercenaires lombards qu'ils avaient appelés à la rescousse étaient les plus furieux; ils massacrèrent stupidement le grand chef des Kiptchak de Hongrie, Koutan, qui était chrétien, et roulèrent sa tète, avec celles de ses nobles, par les rues de Pest. Â Gran, au palais de Tarchevêché, les évèques batailleurs, Mathias, archevêque de Gran, Ugolin, évêque de Kalocza, tout le clergé à cheval, les excitaient. Bien qu'une comète annonçât malheur, et que Téclipse du 3 juin 1239 ne fût guère un bon présage, le clergé racontait au populaire qu'il n'y avait point de Tartares, que les Mongols étaient une invention du roi Bêla,